Les repères à connaître : environnement
Les dates du thème « L’environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire », rangées par période, avec pour chacune la phrase qu’elle permet d’écrire. 33 repères.
Pourquoi ces dates comptent
Une date seule ne rapporte aucun point. Ce qui en rapporte, c’est ce qu’elle permet de démontrer : chaque repère est donc accompagné de sa portée, c’est-à-dire de la phrase qu’il autorise à écrire dans une copie.
Comment les sociétés arbitrent-elles entre l’exploitation de leurs milieux et leur protection, et pourquoi cet arbitrage est-il devenu un objet de négociation entre États ?
Avant le XIXe siècle
| Date | Repère | Ce qu’il permet de démontrer |
|---|---|---|
| du XIVe au XIXe siècle | Le petit âge glaciaire en Europe | Il établit que le climat a varié avant l’industrialisation, et que ces variations ont pesé sur les récoltes, sur le prix du grain et sur l’ordre social. C’est le point de comparaison qui permet à une copie de dire ce que le réchauffement actuel a de propre, sa cause et sa vitesse, sans faire du climat une nouveauté du présent ni s’en servir pour tout relativiser. |
| 1669 (promulgation) | L’ordonnance de Colbert sur les Eaux et Forêts | Elle montre qu’une politique de protection peut naître d’un besoin d’exploitation : on ménage la forêt parce que l’État veut son bois longtemps, non parce qu’on la juge belle. C’est le repère qui sépare le plus nettement une gestion de la ressource d’une protection de la nature, et le point de départ obligé du jalon sur la forêt française. |
| à partir des dernières décennies du XVIIIe siècle | Le début de la révolution industrielle | C’est le moment où l’action des sociétés sur leurs milieux change d’échelle et devient planétaire, par les émissions comme par le commerce des matières premières. Il sert à discuter la question de rupture posée par le jalon, en la comparant au néolithique, et à situer le début de la période que certains proposent de nommer l’anthropocène. |
Le XIXe siècle
| Date | Repère | Ce qu’il permet de démontrer |
|---|---|---|
| 1815, avec des effets l’année suivante | L’éruption du Tambora et l’année sans été | Il montre qu’un événement physique lointain se traduit en crise alimentaire, en hausse des prix et en désordres sociaux à l’autre bout du monde. C’est la démonstration la plus courte que le climat est un objet d’histoire sociale, et pas seulement de science de la nature. |
| 1827 (promulgation) | Le Code forestier français | Il donne le conflit d’usage à l’état pur : ce que l’État nomme protection de la ressource est vécu comme une dépossession par ceux qui prélevaient là de quoi vivre. Il permet d’écrire qu’une mesure environnementale a des gagnants et des perdants, ce qui est exactement ce que le programme demande de montrer plutôt qu’une suite de règlements. |
| 1864 | Le Yosemite Grant | C’est la première fois qu’un pouvoir central réserve des terres pour leur seule valeur de paysage. Il date le moment où protéger cesse de vouloir dire gérer une ressource et se met à vouloir dire mettre à part un espace jugé exceptionnel. Il annonce directement le modèle du parc national, et il ouvre la question du niveau de pouvoir qui décide. |
| 1872 | La création du parc national de Yellowstone | Il fournit le cas d’école du modèle américain de protection : mettre un espace à part, le confier à l’échelon fédéral, et le présenter comme une nature restée vierge. Il porte aussi sa propre critique, puisque ces espaces étaient fréquentés et utilisés par des populations autochtones dont l’accès a ensuite été restreint : une copie qui le dit montre qu’un modèle de protection est une construction, pas une évidence. |
| 1905 | La création du service fédéral des forêts aux États-Unis | Il incarne le courant qui veut exploiter la forêt en la renouvelant, face au courant qui veut la soustraire à tout usage. C’est le repère qui permet d’opposer proprement deux façons de protéger, et de montrer que la ligne de partage ne passe pas seulement entre protecteurs et industriels, mais aussi à l’intérieur du camp des protecteurs. |
| 1913 | L’autorisation du barrage de Hetch Hetchy | C’est la controverse fondatrice entre ceux qui veulent soustraire un espace à toute intervention et ceux qui veulent en tirer un usage collectif jugé utile. Elle prouve qu’un statut de protection ne met pas un espace hors d’atteinte, et que l’arbitrage final est politique, pas scientifique. |
De 1914 à 1945
| Date | Repère | Ce qu’il permet de démontrer |
|---|---|---|
| 1916 | La création du service des parcs nationaux aux États-Unis | Il montre qu’une défaite des protecteurs peut produire une institution durable, et il installe une contradiction qui n’a jamais cessé : conserver un espace intact et y faire venir des foules. C’est le repère à donner quand un sujet demande comment la protection s’organise concrètement, avec des moyens, des agents et des arbitrages quotidiens. |
| années 1930 | Le Dust Bowl dans les Grandes Plaines | C’est la démonstration qu’une catastrophe dite naturelle a une cause dans les choix d’exploitation, et qu’elle appelle une réponse publique. Il sert à montrer que l’État fédéral intervient sur les milieux bien avant les grandes lois environnementales, et que la vulnérabilité d’une société se construit par ses propres décisions. |
De 1945 à 1990
| Date | Repère | Ce qu’il permet de démontrer |
|---|---|---|
| 1959 (signature), 1961 (entrée en vigueur) | Traité sur l’Antarctique | Il fournit le précédent auquel on compare l’espace et les grands fonds : un milieu que l’on renonce à partager, faute de pouvoir s’entendre, et que l’on ouvre à la science. Il en montre aussi la limite, puisque les revendications sont suspendues et non éteintes. |
| 1962 | Printemps silencieux, de Rachel Carson | Il marque le moment où l’environnement cesse d’être une affaire de paysages à réserver pour devenir une affaire de pollutions invisibles et de santé publique. C’est le repère qui date le passage d’une protection de la nature à une écologie politique, et qui montre comment un travail scientifique peut former une opinion puis peser sur une décision. |
| 1967 | Histoire du climat depuis l’an mil, d’Emmanuel Le Roy Ladurie | Il fonde le climat comme objet d’histoire et fournit la méthode qui va avec : on connaît le climat du passé par les archives des sociétés, sans instruments de mesure. C’est le repère à citer pour montrer que l’axe 2 est d’abord un travail d’historien, et pas un dossier de sciences du climat déposé dans un programme d’histoire. |
| 1968 | La tragédie des communs, de Garrett Hardin | Il donne le raisonnement le plus employé pour justifier une régulation, par la propriété privée ou par la puissance publique. Il est aussi le meilleur point d’appui pour une discussion, puisque des travaux ultérieurs ont établi que des communautés gèrent durablement des ressources partagées sans passer par l’une ni par l’autre. |
| 1970 | La création de l’Agence de protection de l’environnement aux États-Unis | Il montre que la politique environnementale américaine naît d’une mobilisation de la société et se traduit par un pouvoir de contrainte confié à l’échelon fédéral. Comme les moyens et le périmètre de cette agence varient fortement selon les administrations et se plaident devant les tribunaux, il sert aussi à mesurer les inflexions de la politique du pays. |
| 1971 (première campagne en mer), le nom étant adopté peu après | La première campagne en mer de Greenpeace | Elle donne l’exemple d’un acteur non étatique qui pèse sans territoire, sans armée et sans siège dans une enceinte internationale, en agissant sur l’opinion et donc sur les gouvernements. Elle permet de montrer que la scène environnementale ne se réduit pas aux États, et d’ouvrir la question de la légitimité de tels acteurs, qui ne sont élus par personne. |
| 1972 (adoptée le 16 novembre, entrée en vigueur le 17 décembre 1975) | La convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel | Elle internationalise la reconnaissance sans transférer la souveraineté : l’Unesco inscrit, l’État protège et paie. Le repère corrige d’un mot l’erreur la plus coûteuse du thème, celle qui fait de l’organisation la propriétaire ou la gardienne des sites. Il explique aussi pourquoi la liste dépend d’abord de la capacité des États à monter un dossier. |
| 1972 | La conférence de Stockholm et la création du Programme des Nations unies pour l’environnement | C’est l’acte de naissance de la diplomatie environnementale : la question entre à l’ordre du jour des relations entre États. La conférence fait aussi apparaître le clivage qui structurera toutes les négociations suivantes, entre pays déjà industrialisés soucieux de limiter les pollutions et pays en développement soucieux de ne pas voir leur développement freiné au nom de dégradations qu’ils n’ont pas causées. |
| 1972 | Le rapport Meadows commandé par le Club de Rome | Il installe l’idée de limites, qui commande tout le débat ultérieur sur le développement durable et sur la transition. Il permet aussi de montrer qu’un rapport d’experts devient lui-même un acteur du débat politique, et qu’il est aussitôt discuté, ce qui est le régime ordinaire de la connaissance dans ce thème. |
| 1986 | L’accident de la centrale de Tchernobyl | Il établit qu’une pollution majeure ne s’arrête pas aux frontières de l’État qui l’a produite, ce qui rend la question environnementale internationale par nature et non par choix. Il nourrit aussi la réflexion sur les risques que la technique produit elle-même, et sur ce que vaut l’information officielle en situation de crise. |
| 1987 | Le rapport Brundtland, Notre avenir à tous | Il fournit la formule reprise partout depuis : un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. C’est le repère qui date la notion, et qui permet d’en faire la critique, car sa souplesse même permet à des acteurs aux intérêts opposés de s’en réclamer tous. |
| 1987 (signature), entré en vigueur en 1989 | Le protocole de Montréal sur la couche d’ozone | C’est l’accord environnemental le plus souvent cité comme une réussite, et il en donne les conditions : une alerte scientifique nette, un calendrier contraignant, des délais accordés aux pays en développement, et des produits de remplacement disponibles pour les industriels. Il fournit ainsi le contre-exemple qui explique pourquoi la négociation sur le climat est plus difficile, le carbone étant au coeur de toutes les économies. |
| 1988 | La création du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat | Il montre comment une expertise s’organise pour servir de base commune à une négociation entre États. Son caractère intergouvernemental est à la fois sa force, puisque les gouvernements valident eux-mêmes les résumés qu’ils recevront, et le point qu’attaquent ceux qui contestent ses conclusions : c’est donc un très bon objet pour traiter le rapport entre savoir et décision. |
| 1990 | La gouvernance des biens communs, d’Elinor Ostrom | Elle donne la réponse argumentée à l’idée que la ruine d’une ressource partagée serait inévitable, et ouvre une troisième voie entre la privatisation et l’intervention de l’État. C’est le repère qui permet de nuancer une copie sur la gestion collective, en s’appuyant sur des enquêtes de terrain plutôt que sur une opinion. |
Depuis 1990
| Date | Repère | Ce qu’il permet de démontrer |
|---|---|---|
| 1992 | Le sommet de la Terre de Rio de Janeiro | C’est le repère central de l’axe 2 : il installe le cadre dans lequel se tiennent depuis lors les conférences des parties. Il énonce surtout le principe de responsabilités communes mais différenciées, qui reconnaît que les États n’ont ni la même part dans le problème ni les mêmes moyens d’y répondre. Presque toutes les tensions ultérieures des négociations tiennent dans ce seul principe. |
| 1997 (adoption), entré en vigueur en 2005 | Le protocole de Kyoto | C’est le modèle de la contrainte venue d’en haut : des engagements chiffrés, différenciés, assortis d’un calendrier. Ses limites font le meilleur argumentaire d’un devoir, puisque les États-Unis l’ont signé sans jamais le ratifier, que les grands pays émergents n’avaient pas d’objectif, et que rien ne retient un État souverain dans un traité. Ces limites expliquent le changement complet de méthode adopté ensuite. |
| 2005 | L’ouragan Katrina et l’inondation de La Nouvelle-Orléans | Il montre qu’une catastrophe ne frappe pas également tout le monde : l’aléa est le même pour tous, la vulnérabilité ne l’est pas. Il permet d’introduire la question de la justice environnementale à l’intérieur d’un pays riche, et de rappeler qu’un aménagement ancien des milieux, ici l’endiguement du fleuve et l’urbanisation de zones basses, fait partie des causes. |
| 2009 | La conférence de Copenhague sur le climat | C’est l’échec qui explique la forme prise ensuite par l’accord de Paris. Il montre ce que coûte la règle du consensus entre près de deux cents États, et l’impossibilité d’imposer des objectifs à des puissances qui n’en veulent pas. Une copie qui l’emploie explique pourquoi on est passé à des engagements que chaque État fixe lui-même. |
| 2010 | La marée noire de Deepwater Horizon | Il met en présence les trois acteurs de l’objet conclusif : une firme transnationale, un État fédéral qui autorise, contrôle et sanctionne, et des associations qui documentent les dégâts et portent l’affaire devant les tribunaux. Il sert à montrer que l’exploitation des ressources et la protection de l’environnement se disputent le même espace à l’intérieur d’un même pays. |
| 2015 (adoption), entré en vigueur en 2016 | L’accord de Paris sur le climat | Il illustre le changement de méthode après Copenhague : on renonce à imposer des objectifs pour obtenir la participation du plus grand nombre. Il fournit donc les deux moitiés d’une démonstration, la réussite diplomatique d’un côté, l’absence de sanction en cas de manquement de l’autre, ce qui ramène toute la question au principe de souveraineté. |
| 2017 (annonce), retrait effectif en 2020, retour en 2021, nouveau retrait engagé en 2025 | Le retrait des États-Unis de l’accord de Paris | Il montre que l’engagement d’un État dans un accord environnemental ne vaut que tant que son gouvernement le maintient, ce qui est la limite propre à une gouvernance fondée sur la souveraineté. Il oblige aussi à raisonner à plusieurs échelles, puisque des États fédérés, des villes et des entreprises ont annoncé, pendant les périodes de retrait, qu’ils poursuivaient les objectifs pour leur compte. |
| 2023 (adoption), 2026 (entrée en vigueur) | Accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas des juridictions nationales | Il ferme le jalon des ressources marines et en donne le mouvement d’ensemble : le droit a d’abord découpé des espaces au profit des États riverains, il tente ensuite de protéger ce qui n’appartient à aucun d’eux. L’écart entre l’adoption et l’entrée en vigueur rappelle une fois de plus qu’un traité ne vaut que par ses ratifications. |
Questions fréquentes
Quelles dates faut-il retenir sur environnement ?
Ce thème demande environ 33 repères. Les retenir sans savoir ce qu’ils démontrent ne sert à rien : c’est la portée qui se place dans une copie, pas la date.
Faut-il citer des dates précises en dissertation ?
Oui, un exemple daté et localisé vaut bien mieux qu’une allusion vague. Mais une date fausse coûte plus cher qu’une date absente : dans le doute, écrivez le fait sans l’année.
Pour aller plus loin
- Tous les repères Les onze thèmes du programme.