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HGGSP Révision

Les repères à connaître : les frontières

Les dates du thème « Étudier les divisions politiques du monde : les frontières », rangées par période, avec pour chacune la phrase qu’elle permet d’écrire. 38 repères.

Pourquoi ces dates comptent

Une date seule ne rapporte aucun point. Ce qui en rapporte, c’est ce qu’elle permet de démontrer : chaque repère est donc accompagné de sa portée, c’est-à-dire de la phrase qu’il autorise à écrire dans une copie.

Pourquoi les États tracent-ils des frontières, et que devient une frontière quand on la franchit, quand on la conteste ou quand on cherche à la dépasser ?

Avant le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
9 apr. J.-C.La défaite de Varus en GermanieLa limite naît ici d’un échec militaire, non d’un choix de tracé : Rome s’arrête là où son armée ne peut plus tenir. Le fleuve devient l’appui d’un dispositif surveillé et traversé, ce qui donne l’exemple le plus net d’une frontière conçue comme zone de contrôle et de contact, et non comme ligne close.
1494 (signature)Le traité de TordesillasUne ligne peut être posée avant toute connaissance du sol qu’elle traverse, et par deux puissances seulement. Le cas sert à établir que le tracé procède d’un rapport de force et d’un accord, jamais d’une évidence géographique.
1609Mare liberum, de Hugo GrotiusIl fonde le principe de liberté des mers, que le droit de la mer ultérieur aménage sans jamais l’abandonner. Les États n’ont cessé depuis de découper près des côtes des bandes de mer où leurs droits reprennent, sans jamais revenir sur l’ouverture du large.
1648Les traités de WestphalieIls installent l’idée que les relations internationales reposent sur des souverains égaux en droit, chacun maître chez lui. C’est ce qui rend pensables à la fois la guerre entre États et la paix par le traité négocié. On évitera d’en faire une naissance instantanée de l’ordre international : ce qu’ils dessinent se met en place lentement, et les États de l’Empire n’y obtiennent pas la pleine souveraineté.

Le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1884-1885La conférence de BerlinElle établit la procédure par laquelle des acteurs extérieurs se répartissent un continent sans les sociétés qui l’habitent. La copie doit préciser que les tracés viennent ensuite, par accords entre puissances et reconnaissances sur le terrain : la conférence donne la règle du jeu, elle ne dessine pas la carte.
1893La communication de Turner sur la frontière américaineLe texte impose un second sens du mot, celui d’un front mobile de peuplement qui avance sur un espace tenu pour disponible, distinct de la limite juridique entre deux États. Poser cette distinction en introduction évite le contresens le plus fréquent du thème, et permet de discuter la thèse elle-même, que les historiens ont critiquée notamment parce qu’elle laisse de côté les populations déjà présentes sur ces terres.

De 1914 à 1945

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1916 (accord secret)Les accords Sykes-PicotLe cas montre un partage négocié entre deux puissances extérieures avant même la fin du conflit. Il sert surtout à nuancer une idée reçue : les frontières du Proche-Orient ne sortent pas telles quelles de cet accord, elles résultent des mandats et des ajustements ultérieurs, et l’accord lui-même a été en partie écarté.
1945La conférence de PotsdamLa formule du provisoire est ici décisive : elle fournit pendant des décennies un argument juridique à ceux qui refusent de tenir la ligne pour définitive. Tout le jalon s’organise autour de cette question, du provisoire de 1945 à la reconnaissance négociée.
1945Le partage de la Corée au 38e parallèleLa ligne naît d’un arrangement d’occupation présenté comme provisoire, et non d’une limite historique entre deux sociétés. Elle sert à montrer comment une commodité militaire se durcit en séparation politique lorsque aucun règlement d’ensemble ne vient la remplacer.
1945La proclamation Truman sur le plateau continentalC’est le point de départ de l’avancée des droits étatiques vers le large, et elle est unilatérale avant d’être conventionnelle : un État se saisit, le droit codifie ensuite. Le repère sert à montrer que le droit de la mer n’a pas ouvert la mer, il a organisé son partage progressif.

De 1945 à 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1947La partition de l’Empire des IndesC’est le cas majeur d’une frontière tracée sur un critère religieux, et l’origine du contentieux qui pèse encore sur les relations entre les deux États. Il éclaire aussi le choix indien qui suit : reconnaître également toutes les confessions plutôt que d’en établir une.
1948La création de l’État d’Israël et la première guerre israélo-arabeCe repère ouvre la séquence des conflits israélo-arabes et fixe les questions que toutes les négociations ultérieures retrouveront : les frontières, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés. Il montre aussi qu’un armistice n’est pas une paix, puisque ce sont des lignes de cessez-le-feu, et non des frontières reconnues d’un commun accord, qui servent ensuite de référence.
1950 (signature)Le traité de ZgorzelecLa reconnaissance vient d’abord du côté oriental, à l’intérieur du même bloc, alors que l’autre État allemand s’y refuse. Le cas établit qu’une même ligne peut être reconnue par un voisin et pas par l’autre : la reconnaissance est un acte politique daté, pas une propriété du tracé.
1951 (signature), en vigueur en 1954La convention de Genève relative au statut des réfugiésElle pose la principale obligation qui borne le pouvoir d’un État de fermer sa ligne aux personnes : la maîtrise des entrées n’est pas absolue en droit. C’est l’appui pour montrer que le contrôle se règle sur deux exigences qui ne coïncident pas, la sélection des arrivées et la protection due à certaines d’entre elles.
1952 (signature)La déclaration de Santiago sur la zone maritimeLa distance de deux cents milles que le droit international a retenue plus tard vient d’une revendication d’États côtiers du Sud, et non d’une concession des grandes puissances maritimes. Le cas permet de traiter le partage de la mer comme un rapport de force négocié, ce qui vaut mieux qu’une récitation des zones.
1953 (signature)L’armistice de PanmunjomC’est le repère qui sépare l’arrêt des combats de la paix, distinction que les copies confondent. La ligne obtenue est une limite militaire issue d’un accord de cessation des hostilités, et non un tracé arrêté par un traité de paix : cela explique la permanence du dispositif et la difficulté à le normaliser.
1959 (signature), 1961 (entrée en vigueur)Traité sur l’AntarctiqueIl fournit le précédent auquel on compare l’espace et les grands fonds : un milieu que l’on renonce à partager, faute de pouvoir s’entendre, et que l’on ouvre à la science. Il en montre aussi la limite, puisque les revendications sont suspendues et non éteintes.
1961La construction du mur de BerlinLa ligne ne sépare pas ici deux États étrangers l’un à l’autre mais deux systèmes politiques à l’intérieur d’une même ville, et elle est faite pour retenir une population plutôt que pour arrêter une invasion. Le cas oblige donc à distinguer le mur, dispositif matériel de contrôle, de la frontière, qui est un fait juridique.
1963 (fondation)La création de l’Organisation de l’unité africaineC’est le cadre dans lequel les États issus de la décolonisation choisissent de conserver les limites héritées plutôt que d’en ouvrir la révision. Ce choix, et non le tracé colonial lui-même, explique la stabilité d’ensemble des frontières africaines.
1964La résolution du Caire sur les frontières héritéesLe texte transpose au continent la règle de droit connue sous le nom d’uti possidetis. Il permet de répondre à la question la plus fréquente du jalon : les États africains n’ont pas subi passivement les tracés coloniaux, ils en ont délibérément écarté la remise en cause pour éviter des conflits en chaîne.
1970 (signature)Le traité de Varsovie entre la République fédérale d’Allemagne et la PologneC’est l’étape qui fait passer du rapport de force à la diplomatie sans clore le dossier. Elle montre qu’une reconnaissance peut être partielle et conditionnelle, et qu’il faut distinguer ce qu’un traité admet en fait de ce qu’il arrête en droit.
1975L’acte final d’HelsinkiLe texte fournit la formule la plus citable du thème : l’intangibilité y est un engagement politique, pas une interdiction de tout changement. Il permet de tenir ensemble la stabilité des tracés européens et les recompositions qui ont suivi, sans se contredire.
1980 (ouverture à la signature)La convention-cadre de Madrid sur la coopération transfrontalièreElle marque le moment où le franchissement cesse d’être l’affaire des seuls gouvernements. Elle explique comment des instances transfrontalières ont pu se constituer et durer sans déplacer la ligne ni retirer aux États leurs compétences.
1982 (signature)Convention des Nations unies sur le droit de la mer, dite convention de Montego BayC’est le texte central du versant maritime du thème : il fait de la mer une source de droits économiques qui se mesurent depuis la côte. Une île, même minuscule, ouvre alors des droits sur de vastes étendues, ce qui transforme des points isolés en enjeux de souveraineté. La convention réserve toutefois ce bénéfice aux terres qui se prêtent à l’habitation ou à une vie économique propre, et c’est sur cette qualification que portent les litiges.
1985 (signature)L’accord de SchengenLa levée des contrôles commence donc hors des institutions communes, entre quelques États décidés à aller plus vite que les autres. C’est ce qui explique une chose que les copies manquent presque toujours : l’espace de libre circulation et l’Union européenne n’ont jamais eu exactement les mêmes contours.
1989La chute du mur de BerlinL’image sert souvent à annoncer un monde sans frontières, et c’est exactement là qu’il faut être prudent : la décennie qui suit voit au contraire le nombre d’États souverains, et donc de frontières, augmenter. Le repère vaut donc surtout par le contresens qu’il permet de corriger en introduction.
1990 (signature), en vigueur en 1992Le traité sur la frontière germano-polonaiseC’est le terme du jalon : la ligne posée en 1945 devient une frontière reconnue par les deux États quarante-cinq ans plus tard. Le cas donne la mesure du temps que demande une reconnaissance, et établit que c’est elle, et non le tracé, qui met fin à un différend territorial.
1990 (signature), appliquée à partir de 1995La convention d’application de l’accord de SchengenElle donne la mécanique du dossier : on ne supprime pas un contrôle, on le déplace et on le met en commun. C’est l’argument central de l’objet de travail conclusif, où l’ouverture intérieure et le renforcement de la limite extérieure sont les deux faces d’un même dispositif, et non deux mouvements contraires.

Depuis 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1991La disparition de l’Union soviétiqueC’est la démonstration la plus nette que la mondialisation n’efface pas les frontières : leur nombre augmente au moment même où les échanges s’intensifient. Le cas montre aussi le mécanisme du passage d’une limite interne au statut de frontière, et les contestations que ce passage peut ouvrir.
1995La levée effective des contrôles intérieursLe décalage est le fait intéressant : il a fallu bâtir les contreparties, surveillance commune de la limite extérieure, politique de visas, coopération policière, fichier de signalement, avant de pouvoir ouvrir. Une copie qui date l’ouverture de 1985 confond la promesse et sa réalisation, et manque ce que l’ouverture a coûté en dispositifs.
1997 (signature), en vigueur en 1999Le traité d’AmsterdamC’est le moment où une coopération menée à part devient une politique commune, avec ses institutions et son contrôle juridictionnel. Il explique pourquoi la limite extérieure cesse d’être l’affaire du seul État qui la borde pour devenir une responsabilité partagée par tous.
2004 (règlement fondateur), en activité depuis 2005La création de FrontexElle matérialise le déplacement du contrôle vers l’extérieur voulu en 1990. La précision est attendue : l’agence ne tient pas la ligne à la place des États, elle coordonne et appuie leur action, et les copies lui prêtent souvent une compétence qu’elle n’a pas.
2004L’élargissement de l’Union européenne à dix ÉtatsLe cas sépare deux appartenances que les copies confondent : entrer dans l’Union et entrer dans l’espace de libre circulation sont deux actes distincts, séparés dans le temps et soumis à des conditions différentes. Il montre aussi qu’une limite extérieure n’est pas fixe, puisqu’elle se déplace avec les adhésions et change d’État chargé de la tenir.
2009Transmission par la Chine de la carte en neuf traits aux Nations uniesLa carte donne une date précise à un différend souvent présenté comme immémorial, et elle montre comment se formule aujourd’hui une revendication maritime : par un document déposé auprès d’une organisation internationale, et non par une occupation. C’est cette revendication que la procédure arbitrale engagée plus tard par les Philippines viendra contester.
2011L’indépendance du Soudan du SudC’est le repère le plus récent pour établir que le nombre d’États continue d’augmenter. Il sert aussi à nuancer la règle africaine de l’intangibilité : la séparation s’est faite par accord entre les parties, ce qui ne renverse pas le principe mais en montre la limite.
2016Sentence arbitrale sur la mer de Chine méridionaleC’est le repère qui sépare le droit de son exécution : une juridiction internationale peut dire le droit, elle ne dispose d’aucun moyen de contrainte contre un État qui s’y refuse. À placer dans tout sujet portant sur les limites de la gouvernance des espaces communs.
2019 (signature)Le traité d’Aix-la-ChapelleIl montre que le passage ordinaire soulève des difficultés que la libre circulation ne règle pas : reconnaissance des diplômes, transports, secours, régime du travail et fiscalité restent nationaux. C’est l’exemple le plus récent d’un espace transfrontalier organisé par les États eux-mêmes, et non par les seules collectivités.
2020 (retrait effectif, période de transition jusqu’à la fin de l’année)La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneLe cas établit qu’une frontière peut redevenir un obstacle après avoir été effacée dans les faits, et que ce retour oblige à traiter en quelques mois des questions douanières, commerciales et politiques restées en sommeil. Le régime irlandais est l’illustration la plus nette du thème : plutôt que de rétablir la ligne, on a déplacé le contrôle ailleurs.

Questions fréquentes

Quelles dates faut-il retenir sur les frontières ?

Ce thème demande environ 38 repères. Les retenir sans savoir ce qu’ils démontrent ne sert à rien : c’est la portée qui se place dans une copie, pas la date.

Faut-il citer des dates précises en dissertation ?

Oui, un exemple daté et localisé vaut bien mieux qu’une allusion vague. Mais une date fausse coûte plus cher qu’une date absente : dans le doute, écrivez le fait sans l’année.

Pour aller plus loin