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HGGSP Révision

Les repères à connaître : puissances internationales

Les dates du thème « Analyser les dynamiques des puissances internationales », rangées par période, avec pour chacune la phrase qu’elle permet d’écrire. 45 repères.

Pourquoi ces dates comptent

Une date seule ne rapporte aucun point. Ce qui en rapporte, c’est ce qu’elle permet de démontrer : chaque repère est donc accompagné de sa portée, c’est-à-dire de la phrase qu’il autorise à écrire dans une copie.

Sur quoi repose la puissance d’un État sur la scène internationale, et qu’est-ce qui la fait grandir, se déplacer ou reculer ?

Avant le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1453Prise de Constantinople par les OttomansElle date le moment où un État jusque-là régional prend le contrôle du passage entre la Méditerranée et la mer Noire. La puissance ottomane se bâtit ainsi sur la maîtrise d’un détroit et sur l’héritage politique d’un empire vaincu, deux ressorts qu’on retrouve ensuite chez d’autres puissances.
1520-1566Règne de Soliman le MagnifiqueIl donne le sommet de la trajectoire ottomane, ce qui permet de dater un essor au lieu de l’affirmer. Il montre aussi qu’une puissance de premier rang tient trois choses ensemble : l’étendue du territoire, la force militaire et une administration capable de faire appliquer une règle commune.
1683Échec ottoman devant VienneElle fournit le point de bascule de la trajectoire ottomane en Europe. L’expansion s’arrête là : on passe d’un empire qui avance à un empire qui se défend, ce qui permet de dater un essor et un recul au lieu de les évoquer en général.
1699Traité de KarlowitzC’est le premier traité où l’Empire ottoman négocie en vaincu et abandonne des provinces entières. Il donne la date à partir de laquelle le recul devient territorial et non plus seulement militaire, et il sert à montrer qu’un déclin se lit dans des traités avant de se lire dans des batailles.
1756-1763La guerre de Sept AnsElle donne l’exemple d’une guerre conduite par des États pour un objectif politique mesuré, et close par un traité qui redistribue des possessions. C’est le cas sur lequel on montre ce que le modèle de Clausewitz explique bien. Son extension hors d’Europe sert par ailleurs à établir qu’une guerre entre puissances se joue déjà à l’échelle du monde.

Le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1814-1815Le congrès de VienneIl fournit le modèle d’une paix fondée sur l’équilibre des puissances et sur des rencontres régulières entre quelques grands États. Il permet donc d’opposer deux façons d’organiser la paix : le concert d’un petit nombre de puissances, et la sécurité collective ouverte à tous les États, qui ne viendra qu’au siècle suivant.
1823Doctrine MonroeElle fixe la première zone d’influence revendiquée par les États-Unis et fournit l’exemple le plus net d’un État qui se réserve un espace sans l’annexer. Elle sert aussi à rappeler que la tentation d’agir seul est ancienne dans la politique extérieure américaine.
1839Édit de Gülhane et début des TanzimatIl montre qu’un empire qui recule ne subit pas passivement : il se réforme pour tenir son rang, et emprunte pour cela aux États qui le devancent. La copie y trouve de quoi nuancer l’idée d’un déclin continu, et de quoi poser une question utile, celle de savoir si une réforme empruntée renforce la puissance ou la dépendance.
1869Ouverture du canal de SuezIl montre qu’un aménagement technique crée un point de passage stratégique là où il n’en existait pas, et que celui qui le contrôle pèse aussitôt sur le commerce mondial. C’est le modèle des passages resserrés que les puissances surveillent aujourd’hui.
1878Congrès de BerlinIl montre le sort d’une puissance déclinante dont les possessions se règlent dans une conférence dominée par d’autres. L’Empire ottoman n’est plus un acteur du jeu européen, il en devient l’enjeu, ce qui est la définition même d’un recul de rang.
1883Fondation de l’Alliance françaiseElle date le moment où la diffusion d’une langue devient une entreprise organisée et adossée à l’État. L’exemple évite de présenter la diplomatie culturelle comme une invention récente, et donne le terme de comparaison des réseaux créés depuis par d’autres pays.

De 1914 à 1945

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1918Les Quatorze Points du président WilsonC’est le moment où les États-Unis proposent au monde un ordre international, et non plus seulement une politique extérieure. Le repère prend toute sa valeur avec la suite : le Sénat refuse la participation du pays à l’organisation issue de ces principes, ce qui montre qu’une puissance peut concevoir un cadre commun sans s’y engager.
1920La Société des NationsElle est le premier essai de sécurité collective : une agression contre un membre doit appeler la réponse de tous. Ses insuffisances servent à expliquer ce que les fondateurs des Nations unies ont voulu corriger, en particulier l’absence de moyens de contrainte propres et le fait que plusieurs grandes puissances n’en aient pas été membres, ou ne le soient restées que peu de temps.
1923Traité de LausanneIl clôt l’Empire ottoman comme puissance et montre qu’un État vaincu peut faire réviser les conditions qu’on lui impose lorsqu’il en retrouve les moyens militaires. La fin d’un empire n’est donc pas la fin de l’État qui en était le centre, ce qui prépare le cas russe.
1944Accords de Bretton WoodsIls datent l’installation d’une puissance financière : la monnaie d’un seul État devient la référence des échanges mondiaux. Cela lui donne un moyen de pression durable, et fait de sa monnaie un attribut de puissance au même titre que son armée.
1945La Charte des Nations unies et la fondation de l’ONUC’est le texte de référence de l’axe 2 : il fait de la paix une affaire collective et réserve au Conseil de sécurité le pouvoir d’autoriser la contrainte. Le droit de veto des cinq membres permanents explique du même coup la plupart des blocages observés ensuite, ce qui permet d’expliquer l’action de l’organisation et ses limites par une seule et même cause.

De 1945 à 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1946Choix de New York pour le siège des Nations uniesIl permet de traiter le jalon sur les lieux de la puissance autrement que par une liste : accueillir sur son sol l’enceinte où siègent tous les États donne à l’État hôte une centralité durable et fait de sa ville un lieu de la vie diplomatique mondiale. On ajoutera aussitôt que le pays hôte n’en tire aucun pouvoir de décision supplémentaire, ce qui évite de confondre l’accueil et l’influence.
1947Doctrine TrumanElle date l’engagement durable des États-Unis dans les affaires du monde hors de toute guerre déclarée. Elle donne l’origine du réseau d’alliances, de bases et d’aides économiques dont le pays dispose encore, ce qui explique la solidité de ses points d’appui.
1949Signature du traité de l’Atlantique NordIl montre comment une puissance convertit sa force militaire en influence durable, par une alliance permanente, un commandement intégré et des implantations, plutôt que par la seule menace. C’est le cas type d’un point d’appui institutionnel.
1957Lancement de Spoutnik 1Il ouvre la course à l’espace et en donne d’emblée la clef de lecture : la fusée qui met un satellite en orbite est la même que celle qui porterait une charge militaire. Une réussite scientifique vaut donc aussitôt démonstration de puissance, et c’est cette ambiguïté qui traverse tout l’axe 1.
1962La crise des missiles de CubaC’est l’exemple de référence de la dissuasion nucléaire : l’arme n’est pas employée, mais sa seule existence commande la conduite des deux camps et les pousse à négocier. Le repère sert aussi à établir que l’affrontement direct entre deux puissances nucléaires est évité au profit de conflits menés ailleurs et par intermédiaires.
1968Le traité sur la non-prolifération des armes nucléairesIl montre une autre manière d’organiser la paix : non par le règlement d’un conflit, mais par le contrôle des moyens de le mener. Il en montre aussi la limite, car il inscrit une inégalité durable entre les États et n’oblige pas ceux qui ne l’ont pas ratifié.
1970Convention de Niamey et naissance de la francophonie institutionnelleElle date le moment où le partage d’une langue devient une organisation intergouvernementale. L’exemple sert à montrer qu’une aire linguistique se travaille comme une aire d’influence, et à nuancer aussitôt, puisque l’initiative vient largement de chefs d’État africains et non de la seule France.
1971La République populaire de Chine au Conseil de sécuritéElle date l’entrée de la Chine dans l’instance où se traitent les questions de sécurité. Elle fournit le point de départ d’une montée en puissance qui commence par la reconnaissance diplomatique, bien avant de se traduire en poids économique.
1990Bound to Lead, de Joseph NyeElle donne un auteur et une date à la puissance douce, ce qui permet de l’employer comme un concept discuté et non comme un mot passe-partout. Elle rappelle aussi que la notion naît d’un débat sur le déclin supposé des États-Unis, débat que l’auteur conteste précisément.

Depuis 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1991La disparition de l’Union soviétiqueC’est la démonstration la plus nette que la mondialisation n’efface pas les frontières : leur nombre augmente au moment même où les échanges s’intensifient. Le cas montre aussi le mécanisme du passage d’une limite interne au statut de frontière, et les contestations que ce passage peut ouvrir.
1991L’Inde engage la libéralisation de son économieLe repère explique l’essor des services informatiques indiens et l’installation de centres de recherche étrangers dans le pays. Il permet de montrer qu’un transfert de technologie suppose deux conditions simultanées : une main-d’oeuvre déjà formée, héritée des instituts publics, et un cadre juridique qui autorise les entreprises étrangères à venir la chercher sur place.
1995Entrée en fonction de l’Organisation mondiale du commerceElle montre une puissance qui accepte de se lier les mains : les États les plus forts gagnent un marché ouvert, mais peuvent être condamnés par une instance commune. C’est le cas concret à citer quand on soutient que le multilatéralisme n’est pas seulement un discours.
1er janvier 1995Entrée en vigueur de l’accord ADPICLe savoir devient un bien juridiquement approprié et défendu à l’échelle mondiale, ce qui donne à qui détient les brevets un revenu et un moyen de pression. Le repère permet de traiter le débat entre protection de l’innovation et accès aux technologies et aux médicaments, débat que la déclaration de Doha sur la santé publique, en 2001, a tenté d’arbitrer.
2001Entrée de la Chine à l’Organisation mondiale du commerceElle date le moment où la montée en puissance chinoise passe par les règles du commerce mondial plutôt que contre elles. C’est l’argument à opposer à l’idée qu’une puissance émergente se construit nécessairement contre les institutions existantes.
2001Création de l’Organisation de coopération de ShanghaiElle donne un exemple d’organisation bâtie en dehors des alliances occidentales, et permet de montrer que la multipolarité se dote de ses propres institutions. Elle sert aussi à mesurer les limites de la reconstruction russe, qui s’appuie ici sur un partenaire devenu plus puissant qu’elle.
2004Ouverture du premier institut ConfuciusIl date le passage de la Chine à une politique d’influence par la langue, sur le modèle des réseaux culturels européens. Il permet d’ajouter que ces implantations sont discutées dans plusieurs pays d’accueil, ce qui montre les limites d’une influence perçue comme pilotée par un État.
2008Conflit armé entre la Russie et la GéorgieLe repère date le retour de l’emploi de la force armée dans la politique extérieure russe après la décennie qui suit la disparition de l’URSS. Il sert à montrer qu’un État qui se reconstruit cherche d’abord à faire admettre une zone d’influence à ses abords, et à mesurer ce que vaut une reconnaissance que les autres États refusent.
2009Premier sommet des BRICIl donne une date à la revendication ouverte d’un monde à plusieurs pôles. Il sert surtout à distinguer un groupe qui pèse par sa démographie et sa production d’une alliance véritable : ces États ne partagent ni régime politique, ni engagement de défense, ni intérêts constants.
2010 (inscription le 16 novembre, session du comité à Nairobi)L’inscription du repas gastronomique des FrançaisIl donne l’exemple le plus net d’une candidature conduite comme une opération d’influence, avec un dossier, des soutiens et un calendrier. Le repère sert aussi à éviter un contresens répandu : ce n’est ni une cuisine ni une liste de plats qui est reconnue, mais une pratique sociale, ce qui est précisément ce que la convention de 2003 permet de protéger.
2013Lancement des nouvelles routes de la soieLe volet maritime relie l’objet conclusif au reste du thème : la Chine sécurise des routes et prend des participations dans des ports étrangers, ce qui donne à une politique commerciale une portée stratégique. À employer pour montrer qu’un investissement d’infrastructure est aussi un instrument de puissance.
2014Annexion de la Crimée par la RussieElle montre le retour de la contrainte armée dans la politique d’un État qui se reconstruit, et le prix qu’il en paie. L’annexion n’est pas reconnue et l’économie est visée : l’exemple permet de peser dans la même copie ce que la force fait gagner et ce qu’elle fait perdre.
2016Prise de contrôle du port du Pirée par un armateur chinoisIl apporte la preuve, sur le sol de l’Union européenne, qu’une puissance peut s’installer sur une route commerciale en achetant l’infrastructure au lieu de la conquérir. C’est l’exemple à opposer à l’idée que les nouvelles routes de la Soie ne concerneraient que des pays lointains ou pauvres.
2016Règlement européen sur la protection des données personnellesUne puissance impose ses règles à des acteurs qu’elle n’héberge pas, ce qui est une façon de reprendre prise sur un espace réputé sans frontière. Le repère est central pour la souveraineté numérique : il établit que le droit territorialise le cyberespace, et que la norme est une forme de puissance au même titre que la technique.
2017Bail de quatre-vingt-dix-neuf ans sur le port de HambantotaIl montre qu’un financement d’infrastructure peut se transformer en implantation durable, ce qui est le coeur du débat sur les nouvelles routes de la Soie. La copie présentera ce débat comme tel : certains y voient un endettement organisé, d’autres rappellent que les prêts chinois ne formaient qu’une part de la dette extérieure du pays et que le versement n’a pas éteint les prêts contractés pour le port.
2017Ouverture de la première base militaire chinoise à l’étrangerElle traduit en présence militaire durable ce que les routes maritimes valent pour l’économie chinoise : protéger ses approvisionnements suppose des points d’appui, donc une empreinte permanente loin de ses côtes. Le site, partagé avec d’autres armées, est aussi un bon cas de rivalités concentrées sur un même point de passage.
2017 (annonce), retrait effectif en 2020, retour en 2021, nouveau retrait engagé en 2025Le retrait des États-Unis de l’accord de ParisIl montre que l’engagement d’un État dans un accord environnemental ne vaut que tant que son gouvernement le maintient, ce qui est la limite propre à une gouvernance fondée sur la souveraineté. Il oblige aussi à raisonner à plusieurs échelles, puisque des États fédérés, des villes et des entreprises ont annoncé, pendant les périodes de retrait, qu’ils poursuivaient les objectifs pour leur compte.
2018Loi américaine sur l’accès aux données conservées à l’étrangerElle établit qu’un État peut étendre la portée de sa loi bien au-delà de ses frontières dès lors que les entreprises qui tiennent l’infrastructure relèvent de lui. C’est l’argument central de la souveraineté numérique, et il se retourne : la puissance ne tient pas ici aux serveurs, mais au droit qui s’applique à ceux qui les exploitent.
2018Retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranienLe repère réunit dans un seul cas l’unilatéralisme et l’extraterritorialité : un État se retire seul d’un accord négocié à plusieurs, puis impose sa décision aux entreprises des pays qui, eux, l’ont maintenu. Il démontre que la puissance financière, ici l’accès au marché et à la monnaie américaine, contraint aussi sûrement qu’un moyen militaire.
2022Règlement européen sur les marchés numériquesIl donne le repère le plus récent du bras de fer entre les États et les grandes entreprises du numérique. La copie peut y montrer une puissance qui n’a pas produit ces entreprises et qui tente de peser sur elles par la règle et par l’accès à son marché, tout en discutant l’efficacité réelle de ce moyen.

Questions fréquentes

Quelles dates faut-il retenir sur puissances internationales ?

Ce thème demande environ 45 repères. Les retenir sans savoir ce qu’ils démontrent ne sert à rien : c’est la portée qui se place dans une copie, pas la date.

Faut-il citer des dates précises en dissertation ?

Oui, un exemple daté et localisé vaut bien mieux qu’une allusion vague. Mais une date fausse coûte plus cher qu’une date absente : dans le doute, écrivez le fait sans l’année.

Pour aller plus loin