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HGGSP Révision

Les repères à connaître : espaces de conquête

Les dates du thème « De nouveaux espaces de conquête », rangées par période, avec pour chacune la phrase qu’elle permet d’écrire. 32 repères.

Pourquoi ces dates comptent

Une date seule ne rapporte aucun point. Ce qui en rapporte, c’est ce qu’elle permet de démontrer : chaque repère est donc accompagné de sa portée, c’est-à-dire de la phrase qu’il autorise à écrire dans une copie.

Comment l’océan et l’espace extra-atmosphérique, longtemps hors de portée, sont-ils devenus des lieux où se joue la puissance des États ?

Avant le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1609Mare liberum, de Hugo GrotiusIl fonde le principe de liberté des mers, que le droit de la mer ultérieur aménage sans jamais l’abandonner. Les États n’ont cessé depuis de découper près des côtes des bandes de mer où leurs droits reprennent, sans jamais revenir sur l’ouverture du large.

Le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1869Ouverture du canal de SuezIl montre qu’un aménagement technique crée un point de passage stratégique là où il n’en existait pas, et que celui qui le contrôle pèse aussitôt sur le commerce mondial. C’est le modèle des passages resserrés que les puissances surveillent aujourd’hui.
1872-1876Expédition du ChallengerElle marque la naissance de l’océanographie et rappelle l’ordre des choses dans ce thème : on explore d’abord, on exploite ensuite, on réglemente en dernier. Sans connaissance du milieu, il n’y a ni convoitise ni règle à écrire.

De 1914 à 1945

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1945La proclamation Truman sur le plateau continentalC’est le point de départ de l’avancée des droits étatiques vers le large, et elle est unilatérale avant d’être conventionnelle : un État se saisit, le droit codifie ensuite. Le repère sert à montrer que le droit de la mer n’a pas ouvert la mer, il a organisé son partage progressif.

De 1945 à 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1957Lancement de Spoutnik 1Il ouvre la course à l’espace et en donne d’emblée la clef de lecture : la fusée qui met un satellite en orbite est la même que celle qui porterait une charge militaire. Une réussite scientifique vaut donc aussitôt démonstration de puissance, et c’est cette ambiguïté qui traverse tout l’axe 1.
4 octobre 1957Mise en orbite de Spoutnik 1Un succès technique est lu comme la preuve de la supériorité d’un système de formation et de recherche, et non comme un exploit isolé. Le repère est le meilleur exemple du lien entre connaissance et puissance : la réponse américaine porte autant sur les écoles et les laboratoires que sur les fusées.
1958 (ouverture à la signature)Conventions de Genève sur le droit de la merElles prouvent que la codification a précédé de loin la convention de Montego Bay, et qu’elle a laissé sans réponse deux questions décisives : la largeur de la mer territoriale reste indéterminée, faute de majorité, et rien n’est prévu pour les fonds marins situés au-delà des juridictions nationales. C’est cet inachèvement qui rend nécessaire la conférence suivante.
1959 (signature), 1961 (entrée en vigueur)Traité sur l’AntarctiqueIl fournit le précédent auquel on compare l’espace et les grands fonds : un milieu que l’on renonce à partager, faute de pouvoir s’entendre, et que l’on ouvre à la science. Il en montre aussi la limite, puisque les revendications sont suspendues et non éteintes.
1961Premier vol humain dans l’espaceCette réussite oblige les États-Unis à se fixer un objectif plus spectaculaire encore, ce qui met à nu le ressort de la course à l’espace : chaque camp choisit l’épreuve où il peut prendre l’avantage, et l’orbite sert de terrain de comparaison entre deux modèles de société.
1967 (signature en janvier, entrée en vigueur en octobre)Traité sur l’espace extra-atmosphériqueC’est le texte de référence de tout le versant spatial du thème, et son silence est aussi utile que son principe : il interdit de s’approprier le milieu mais ne dit rien de l’exploitation de ses ressources. C’est dans cette brèche que se sont engouffrés des États et des entreprises.
1967Discours d’Arvid Pardo aux Nations uniesIl date l’entrée d’une idée neuve dans le droit international : certains espaces ne seraient ni à personne ni à prendre, mais à gérer en commun au profit de tous. Cette idée sera reprise pour les fonds marins internationaux dans la convention de Montego Bay, et invoquée depuis pour l’espace.
1969Premiers pas humains sur la LuneElle clôt au profit des États-Unis la phase la plus disputée de la course à l’espace et montre ce que la conquête produit d’abord : une image mondiale, retransmise en direct, qui vaut argument dans la rivalité des modèles. Le jalon ne s’arrête pas là, et une copie qui s’y arrête est incomplète.
1971 (admission au service actif), 1972 (première patrouille)Entrée en service du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins françaisIl donne le cas concret de ce que l’océan apporte à la dissuasion : un engin que l’on ne sait pas localiser ne peut pas être détruit en premier, donc la riposte reste possible et la menace reste crédible. La mer sert ici moins de route que de cachette.
1973-1982Troisième conférence des Nations unies sur le droit de la merElle donne la mesure de ce que coûte un accord sur un espace commun : neuf années, des groupes d’États aux intérêts opposés, et un compromis d’ensemble que personne ne pouvait découper. C’est l’argument à opposer à qui croit la négociation internationale rapide ou facile.
1975Vol conjoint Apollo-SoyouzPremière mission conduite en commun par les deux rivaux de la course à l’espace, il montre que la scène spatiale épouse l’état des relations diplomatiques : elle sert à se mesurer, puis, quand la détente le permet, à se montrer ensemble. La station spatiale internationale héritera de ce précédent.
1975 (signature de la convention), 1980 (entrée en vigueur)Création de l’Agence spatiale européenneElle établit qu’un accès autonome à l’espace est hors de portée d’un État européen seul et suppose la mise en commun des budgets et des industries. La coopération n’y est pas un idéal affiché mais une condition d’entrée dans la compétition.
1979 (adoption), 1984 (entrée en vigueur)Accord régissant les activités des États sur la LuneC’est le contre-exemple le plus utile du thème : un texte peut exister, être en vigueur, et ne lier aucun de ceux qui agissent. Il prouve qu’en droit international la portée d’une règle se mesure à la liste de ses parties, jamais à l’ambition de son article premier.
1982 (signature)Convention des Nations unies sur le droit de la mer, dite convention de Montego BayC’est le texte central du versant maritime du thème : il fait de la mer une source de droits économiques qui se mesurent depuis la côte. Une île, même minuscule, ouvre alors des droits sur de vastes étendues, ce qui transforme des points isolés en enjeux de souveraineté. La convention réserve toutefois ce bénéfice aux terres qui se prêtent à l’habitation ou à une vie économique propre, et c’est sur cette qualification que portent les litiges.

Depuis 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1994 (entrée en vigueur de la convention signée en 1982)Entrée en vigueur de la convention de Montego Bay et création de l’Autorité internationale des fonds marinsL’écart entre la signature et l’entrée en vigueur est en soi un argument : un traité ne produit d’effet qu’une fois ratifié, et il a fallu ici réécrire la partie qui déplaisait aux États industrialisés pour les rallier. À citer dès qu’un sujet demande les limites de la gouvernance mondiale.
1998 (premier module), 2000 (début de l’occupation permanente)Début de l’assemblage de la station spatiale internationaleC’est le cas d’école de la coopération demandée par le programme : d’anciens rivaux mettent en commun les coûts, les savoir-faire et les moyens d’accès à l’orbite, et l’ensemble ne fonctionne que si chacun tient sa part. Il sert aussi à en montrer la fragilité, car ce montage dépend d’une entente politique qui n’est jamais acquise.
2003Premier vol habité chinoisCe vol date l’entrée de la Chine dans un club jusque-là fermé et ouvre la séquence que le programme demande de suivre : la conquête spatiale ne s’arrête pas à la Guerre froide, elle change d’acteurs. C’est le premier maillon de l’objet conclusif.
2007Destruction d’un satellite par un tir antisatellite chinoisLe tir établit qu’un État peut priver un adversaire de ses satellites, donc de ses moyens d’observation et de communication, ce qui fait de l’orbite un terrain militaire. Il donne aussi l’exemple type du dommage commun, puisque les débris menacent tous les usagers, y compris celui qui les a créés.
2009Transmission par la Chine de la carte en neuf traits aux Nations uniesLa carte donne une date précise à un différend souvent présenté comme immémorial, et elle montre comment se formule aujourd’hui une revendication maritime : par un document déposé auprès d’une organisation internationale, et non par une occupation. C’est cette revendication que la procédure arbitrale engagée plus tard par les Philippines viendra contester.
2012Entrée en service du premier porte-avions chinoisIl date le passage d’une marine tournée vers la défense des côtes à une marine capable d’agir loin d’elles, ce qui est la définition même de la projection de puissance. L’origine étrangère de la coque sert en outre à mesurer le chemin parcouru depuis par les chantiers chinois.
2013Lancement des nouvelles routes de la soieLe volet maritime relie l’objet conclusif au reste du thème : la Chine sécurise des routes et prend des participations dans des ports étrangers, ce qui donne à une politique commerciale une portée stratégique. À employer pour montrer qu’un investissement d’infrastructure est aussi un instrument de puissance.
2015Loi américaine sur la propriété des ressources extraites dans l’espaceElle montre où passe la ligne que le traité de 1967 laisse dans l’ombre : le sol reste inappropriable, mais rien n’est dit de ce que l’on en extrait. Un État légifère seul là où le droit international se tait, d’autres suivent, et la pratique finit par tenir lieu de règle. La compatibilité de ces lois avec le traité est discutée entre juristes.
2016Sentence arbitrale sur la mer de Chine méridionaleC’est le repère qui sépare le droit de son exécution : une juridiction internationale peut dire le droit, elle ne dispose d’aucun moyen de contrainte contre un État qui s’y refuse. À placer dans tout sujet portant sur les limites de la gouvernance des espaces communs.
2017Ouverture de la première base militaire chinoise à l’étrangerElle traduit en présence militaire durable ce que les routes maritimes valent pour l’économie chinoise : protéger ses approvisionnements suppose des points d’appui, donc une empreinte permanente loin de ses côtes. Le site, partagé avec d’autres armées, est aussi un bon cas de rivalités concentrées sur un même point de passage.
2019Premier atterrissage sur la face cachée de la LuneC’est une première mondiale obtenue par la Chine, et non une performance rattrapée avec retard : l’argument interdit de traiter le programme spatial chinois comme une simple imitation. Il montre aussi que la Lune redevient un objectif disputé, un demi-siècle après la course à l’espace.
2020 (premières signatures)Accords ArtemisIls montrent une autre façon de faire du droit : non plus un traité négocié aux Nations unies et ouvert à tous, mais un cercle d’États qui s’accordent entre eux puis invitent les autres à s’y rallier. La règle devient un instrument d’alliance, ce qui est exactement l’enjeu diplomatique de l’axe 2.
2021 (module central), 2022 (modules de laboratoire)Début de l’assemblage de la station spatiale chinoiseElle offre le contrepoint exact de la station spatiale internationale : l’une repose sur un partenariat entre plusieurs agences, l’autre est nationale. Comparer les deux est la façon la plus économique de traiter un sujet sur la coopération et la rivalité dans l’espace.
2023 (adoption), 2026 (entrée en vigueur)Accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas des juridictions nationalesIl ferme le jalon des ressources marines et en donne le mouvement d’ensemble : le droit a d’abord découpé des espaces au profit des États riverains, il tente ensuite de protéger ce qui n’appartient à aucun d’eux. L’écart entre l’adoption et l’entrée en vigueur rappelle une fois de plus qu’un traité ne vaut que par ses ratifications.

Questions fréquentes

Quelles dates faut-il retenir sur espaces de conquête ?

Ce thème demande environ 32 repères. Les retenir sans savoir ce qu’ils démontrent ne sert à rien : c’est la portée qui se place dans une copie, pas la date.

Faut-il citer des dates précises en dissertation ?

Oui, un exemple daté et localisé vaut bien mieux qu’une allusion vague. Mais une date fausse coûte plus cher qu’une date absente : dans le doute, écrivez le fait sans l’année.

Pour aller plus loin