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HGGSP Révision

Les repères à connaître : espaces de conquête

Les dates du thème « De nouveaux espaces de conquête », rangées par période, avec pour chacune la phrase qu’elle permet d’écrire. 72 repères.

Pourquoi ces dates comptent

Une date seule ne rapporte aucun point. Ce qui en rapporte, c’est ce qu’elle permet de démontrer : chaque repère est donc accompagné de sa portée, c’est-à-dire de la phrase qu’il autorise à écrire dans une copie.

Comment l’océan et l’espace extra-atmosphérique, longtemps hors de portée, sont-ils devenus des lieux où se joue la puissance des États ?

Avant le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1609Mare liberum, de Hugo GrotiusIl fonde le principe de liberté des mers, que le droit de la mer ultérieur aménage sans jamais l’abandonner. Les États n’ont cessé depuis de découper près des côtes des bandes de mer où leurs droits reprennent, sans jamais revenir sur l’ouverture du large.

Le XIXe siècle

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1869Ouverture du canal de SuezIl montre qu’un aménagement technique crée un point de passage stratégique là où il n’en existait pas, et que celui qui le contrôle pèse aussitôt sur le commerce mondial. C’est le modèle des passages resserrés que les puissances surveillent aujourd’hui.
1872-1876Expédition du ChallengerElle marque la naissance de l’océanographie et rappelle l’ordre des choses dans ce thème : on explore d’abord, on exploite ensuite, on réglemente en dernier. Sans connaissance du milieu, il n’y a ni convoitise ni règle à écrire.
1890Alfred Thayer Mahan, The Influence of Sea Power upon HistoryC’est la référence qui transforme un exposé sur les mers en démonstration de géopolitique : elle donne le raisonnement selon lequel tenir quelques passages resserrés vaut mieux que tenir de vastes espaces, ce qui explique aussi bien l’Empire britannique de Gibraltar à Singapour que la stratégie de bases et de ports que la Chine déploie aujourd’hui. Elle a été lue et appliquée par plusieurs états-majors, ce qui interdit de la traiter comme une simple opinion d’auteur : le livre a produit des flottes. Dans une copie, il sert à établir qu’une doctrine peut être elle-même un facteur de puissance, et à dater la mer comme objet de pensée stratégique.

De 1914 à 1945

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1914Ouverture du canal de PanamaIl donne la date à partir de laquelle un passage artificiel réordonne les circulations mondiales, et il permet de montrer qu’un État peut détenir une emprise souveraine à l’intérieur d’un autre. Le transfert de l’ouvrage au Panama à la fin de 1999 fournit la suite du raisonnement : ce type de frontière se défait par traité autant qu’il s’était fait par traité.
1945La proclamation Truman sur le plateau continentalC’est le point de départ de l’avancée des droits étatiques vers le large, et elle est unilatérale avant d’être conventionnelle : un État se saisit, le droit codifie ensuite. Le repère sert à montrer que le droit de la mer n’a pas ouvert la mer, il a organisé son partage progressif.
6 et 9 août 1945Bombardements atomiques d’Hiroshima et de NagasakiC’est la rupture qui permet de dater le moment où la science devient un instrument direct de la puissance des États, la recherche fondamentale ayant été mise en programme, en secret et en industrie. Elle change ensuite la nature même de la guerre, telle que Clausewitz l’avait pensée : l’arme atomique n’a de fonction que si elle n’est pas employée, et la dissuasion rend improbable l’affrontement direct entre puissances nucléaires, ce qui déplace les conflits vers les périphéries et vers des formes irrégulières. Une copie sur la dimension politique de la guerre tient dans ce déplacement, et 1945 en est le pivot.
1942-1945Le projet ManhattanLe repère établit le lien le plus fort qui soit entre connaissance et puissance : un État qui concentre des savants, de l’argent et du secret obtient une capacité qu’aucun autre ne possède. Il montre aussi ce que la science doit à la guerre en matière d’organisation, avec le passage du laboratoire individuel à la recherche dirigée sur objectif et financée à une échelle inédite. Il porte enfin sa propre limite : le secret n’a pas tenu, l’Union soviétique disposant de l’arme dès 1949, et il ouvre le débat sur la responsabilité des savants devant l’usage fait de leurs travaux.

De 1945 à 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1er octobre 1949La proclamation de la République populaire de ChineC’est le point de départ obligé de tout sujet sur l’affirmation chinoise, et il vaut d’abord comme mesure : un État qui n’avait alors ni marine hauturière ni programme spatial est aujourd’hui présent sur la face cachée de la Lune et dans tous les océans, ce qui donne l’amplitude de la trajectoire en une phrase. Les vingt-deux ans écoulés avant le siège à l’ONU servent par ailleurs à distinguer les deux composantes de la puissance, les moyens et la reconnaissance, distinction sur laquelle se joue la copie.
29 août 1949Le premier essai nucléaire soviétiqueLe repère est le meilleur exemple de la connaissance comme enjeu de puissance : le monopole nucléaire américain tombe non par une percée isolée, mais parce qu’un savoir gardé secret a été dérobé. Il sert donc à démontrer qu’un État ne protège jamais durablement une connaissance, et que l’espionnage scientifique est un instrument de rattrapage aussi efficace qu’un programme de recherche. Il ouvre enfin l’équilibre de la terreur, puisque, les deux camps disposant désormais de l’arme, l’essentiel se déplace vers la capacité de surveiller l’autre plutôt que de le frapper.
1957Lancement de Spoutnik 1Il ouvre la course à l’espace et en donne d’emblée la clef de lecture : la fusée qui met un satellite en orbite est la même que celle qui porterait une charge militaire. Une réussite scientifique vaut donc aussitôt démonstration de puissance, et c’est cette ambiguïté qui traverse tout l’axe 1.
1957-1958Année géophysique internationaleC’est le repère qui interdit d’opposer la coopération et la rivalité comme deux périodes successives, faute que les correcteurs relèvent constamment : elle se déroule en pleine guerre froide, associe des chercheurs des deux blocs, et c’est pendant elle que le premier satellite artificiel est lancé, présenté comme une contribution au programme commun. Elle sert donc à démontrer qu’un même dispositif produit du savoir partagé et de l’avantage stratégique. Elle a d’ailleurs préparé le traité sur l’Antarctique et engagé les premières séries continues d’observation, dont vivent encore les sciences du climat.
4 octobre 1957Mise en orbite de Spoutnik 1Un succès technique est lu comme la preuve de la supériorité d’un système de formation et de recherche, et non comme un exploit isolé. Le repère est le meilleur exemple du lien entre connaissance et puissance : la réponse américaine porte autant sur les écoles et les laboratoires que sur les fusées.
1958Création de la NASACe repère date la réponse américaine au premier satellite soviétique et montre qu’une défaite de prestige suffit à faire naître une institution, un budget et un programme d’enseignement scientifique. Il permet d’expliquer la course à l’espace par le jeu des rivalités plutôt que par la seule curiosité savante.
1958 (ouverture à la signature)Conventions de Genève sur le droit de la merElles prouvent que la codification a précédé de loin la convention de Montego Bay, et qu’elle a laissé sans réponse deux questions décisives : la largeur de la mer territoriale reste indéterminée, faute de majorité, et rien n’est prévu pour les fonds marins situés au-delà des juridictions nationales. C’est cet inachèvement qui rend nécessaire la conférence suivante.
1958Création de la NASA aux États-UnisLe repère sert à établir qu’un État répond à un retard scientifique par une réorganisation institutionnelle et un effort de financement, et non seulement par un discours. Il se place utilement avec la réforme de l’enseignement des sciences engagée aux États-Unis dans les mêmes années.
1er décembre 1959Traité sur l’AntarctiqueC’est le premier régime d’espace inappropriable, et le modèle avoué de ceux qui suivront, du traité de l’espace de 1967 à la convention sur le droit de la mer : on ne tranche pas la question de la souveraineté, on la suspend, et l’on organise l’usage en attendant. Le repère sert donc à montrer qu’une coopération peut tenir précisément parce qu’elle laisse le différend intact, et à poser la question qui commande tous les sujets sur ces espaces : jusqu’où le gel résiste-t-il quand l’exploitation devient rentable ? Le protocole signé à Madrid en 1991, qui interdit l’exploitation minière pour cinquante ans, montre que la réponse a été jusqu’ici de repousser l’échéance.
1959 (signature), 1961 (entrée en vigueur)Traité sur l’AntarctiqueIl fournit le précédent auquel on compare l’espace et les grands fonds : un milieu que l’on renonce à partager, faute de pouvoir s’entendre, et que l’on ouvre à la science. Il en montre aussi la limite, puisque les revendications sont suspendues et non éteintes.
12 avril 1961Premier vol humain dans l’espace : Youri GagarineC’est le moment où l’Union soviétique prend une avance visible du monde entier, et où les États-Unis choisissent de déplacer l’épreuve vers un objectif plus lointain, la Lune. Le repère sert donc à montrer le ressort de la course à l’espace : chaque camp fixe la comparaison là où il peut prendre l’avantage, et une performance technique vaut argument sur la valeur d’un modèle de société. Il donne aussi la borne de départ de l’exploration humaine du milieu, à laquelle tout sujet sur la conquête spatiale se rapporte.
12 avril 1961Le premier vol humain dans l’espace : Youri GagarineIl donne le moment où l’avance soviétique devient visible de tous, et où les États-Unis, incapables de rattraper l’orbite, déplacent l’épreuve vers un objectif plus lointain, la Lune. Le repère sert donc à exposer le ressort même de la course à l’espace : chaque camp choisit le terrain où il peut prendre l’avantage, et une performance technique vaut argument sur la supériorité d’un modèle de société. Il fournit aussi la borne à partir de laquelle se comptent les nations capables d’envoyer un homme en orbite.
19 décembre 1961La création du Centre national d’études spatialesLe repère sert à sortir du récit à deux acteurs qui domine les copies : dès le début des années 1960, une puissance moyenne se dote des moyens de l’espace, et elle le fait par une décision politique explicite et non par retombée technique. Il ouvre en outre toute la suite du dossier français et européen, du centre spatial guyanais aux lanceurs Ariane, et il permet de dater le moment où l’accès autonome à l’orbite devient un attribut de souveraineté que l’on revendique comme tel.
1961Premier vol humain dans l’espaceCette réussite oblige les États-Unis à se fixer un objectif plus spectaculaire encore, ce qui met à nu le ressort de la course à l’espace : chaque camp choisit l’épreuve où il peut prendre l’avantage, et l’orbite sert de terrain de comparaison entre deux modèles de société.
1967 (ouvert à la signature le 27 janvier, en vigueur le 10 octobre)Le traité sur l’espace extra-atmosphériqueIl est le meilleur exemple d’une coopération juridique conclue entre rivaux au plus fort de leur rivalité : les deux Grands s’entendent sur les règles du terrain précisément parce qu’ils s’y affrontent. Il démontre donc que compétition et coopération ne s’excluent pas dans les espaces communs, ce qui est la nuance attendue sur ce jalon. Ses silences servent autant : il ne dit rien de l’exploitation minière des astres ni de l’encombrement des orbites, ce qui explique les lois nationales et les initiatives concurrentes du XXIe siècle.
1967 (signature en janvier, entrée en vigueur en octobre)Traité sur l’espace extra-atmosphériqueC’est le texte de référence de tout le versant spatial du thème, et son silence est aussi utile que son principe : il interdit de s’approprier le milieu mais ne dit rien de l’exploitation de ses ressources. C’est dans cette brèche que se sont engouffrés des États et des entreprises.
1967Discours d’Arvid Pardo aux Nations uniesIl date l’entrée d’une idée neuve dans le droit international : certains espaces ne seraient ni à personne ni à prendre, mais à gérer en commun au profit de tous. Cette idée sera reprise pour les fonds marins internationaux dans la convention de Montego Bay, et invoquée depuis pour l’espace.
21-27 décembre 1968La mission Apollo 8C’est le moment où les États-Unis prennent la tête d’une course que l’URSS menait depuis 1957, sept mois avant le premier alunissage : le repère permet donc de dater le renversement au lieu de le placer vaguement en 1969. Il a une seconde vie dans un tout autre thème, puisque l’image de la Terre entière et isolée a nourri l’idée d’une planète finie et commune, au moment même où se forment les premières mobilisations écologistes. Peu de repères servent ainsi dans deux thèmes sans être forcés.
1968 (ouvert à la signature le 1er juillet, en vigueur en 1970)Le traité sur la non-prolifération des armes nucléairesIl est l’exemple le mieux documenté d’un régime international qui limite un armement sans le supprimer, et qui le fait en inscrivant une inégalité dans le droit. Ses deux failles font sa valeur en copie : l’engagement de désarmement des puissances dotées est resté lettre morte, et plusieurs États sont devenus nucléaires en restant hors du traité ou en s’en retirant. Il permet donc de démontrer qu’un ordre de sécurité collective ne tient que tant que les grandes puissances y trouvent leur compte, ce qui est la réponse la plus solide à un sujet demandant si la paix est un objectif atteignable.
1969Premiers pas humains sur la LuneElle clôt au profit des États-Unis la phase la plus disputée de la course à l’espace et montre ce que la conquête produit d’abord : une image mondiale, retransmise en direct, qui vaut argument dans la rivalité des modèles. Le jalon ne s’arrête pas là, et une copie qui s’y arrête est incomplète.
24 avril 1970Dong Fang Hong 1, premier satellite chinoisCe repère interdit la faute la plus fréquente sur la Chine spatiale, qui consiste à la traiter en nouvelle venue des années 2000 : son programme est ouvert dès les décennies qui suivent 1949 et aboutit en pleine rupture avec l’Union soviétique, donc dans l’isolement. Il rend du même coup lisible l’obsession chinoise d’un accès autonome, que confirmeront plus tard l’exclusion de la station spatiale internationale et la construction d’une station nationale. Il rappelle enfin que le lanceur civil et le missile sont la même technique, ce qui explique pourquoi une réussite spatiale est toujours lue comme un message militaire.
1971 (admission au service actif), 1972 (première patrouille)Entrée en service du premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins françaisIl donne le cas concret de ce que l’océan apporte à la dissuasion : un engin que l’on ne sait pas localiser ne peut pas être détruit en premier, donc la riposte reste possible et la menace reste crédible. La mer sert ici moins de route que de cachette.
26 mai 1972Les accords SALT sur la limitation des armements stratégiquesLe repère relie le renseignement à la négociation, ce qui fait passer une copie du récit d’espionnage à l’analyse géopolitique : l’accord n’est signable que parce que chaque partie peut vérifier le respect de l’autre par ses propres satellites, sans inspection sur place ni confiance dans sa parole. Il montre donc que connaître l’adversaire sert autant à s’entendre avec lui qu’à le combattre, et que la surveillance technique est une condition de la détente. Il porte aussi sa limite : geler le nombre de lanceurs n’empêchait ni d’en améliorer la précision ni d’en multiplier les charges, ce qui explique la reprise de la course aux armements à la fin de la décennie.
1973-1982Troisième conférence des Nations unies sur le droit de la merElle donne la mesure de ce que coûte un accord sur un espace commun : neuf années, des groupes d’États aux intérêts opposés, et un compromis d’ensemble que personne ne pouvait découper. C’est l’argument à opposer à qui croit la négociation internationale rapide ou facile.
1975Vol conjoint Apollo-SoyouzPremière mission conduite en commun par les deux rivaux de la course à l’espace, il montre que la scène spatiale épouse l’état des relations diplomatiques : elle sert à se mesurer, puis, quand la détente le permet, à se montrer ensemble. La station spatiale internationale héritera de ce précédent.
1975 (signature de la convention), 1980 (entrée en vigueur)Création de l’Agence spatiale européenneElle établit qu’un accès autonome à l’espace est hors de portée d’un État européen seul et suppose la mise en commun des budgets et des industries. La coopération n’y est pas un idéal affiché mais une condition d’entrée dans la compétition.
24 décembre 1979Premier vol du lanceur européen ArianeCe repère établit que l’Europe a fait le choix de ne pas dépendre des États-Unis pour ses lancements, et qu’elle a placé cet outil sur un territoire français d’Amérique du Sud. Il relie ainsi la question spatiale à celle de l’outre-mer et permet de traiter l’autonomie technique comme une condition de la puissance.
1979 (adoption), 1984 (entrée en vigueur)Accord régissant les activités des États sur la LuneC’est le contre-exemple le plus utile du thème : un texte peut exister, être en vigueur, et ne lier aucun de ceux qui agissent. Il prouve qu’en droit international la portée d’une règle se mesure à la liste de ses parties, jamais à l’ambition de son article premier.
1982 (signature le 10 décembre en Jamaïque), 1994 (entrée en vigueur)La convention des Nations unies sur le droit de la mer, dite convention de Montego BayC’est le texte sans lequel on ne peut rien démontrer sur la mer : il transforme une étendue libre en un espace de droits mesurables depuis la côte, et fait donc de la moindre île un enjeu de souveraineté puisqu’elle ouvre une zone économique exclusive. Il explique l’étendue du domaine maritime français, deuxième du monde grâce aux outre-mer, et il fournit la règle au nom de laquelle des litiges sont portés devant un arbitre. Sa limite est aussi un argument : les États-Unis ne l’ont pas ratifiée, et un État peut ignorer une sentence rendue sur son fondement.
1982 (signature)Convention des Nations unies sur le droit de la mer, dite convention de Montego BayC’est le texte central du versant maritime du thème : il fait de la mer une source de droits économiques qui se mesurent depuis la côte. Une île, même minuscule, ouvre alors des droits sur de vastes étendues, ce qui transforme des points isolés en enjeux de souveraineté. La convention réserve toutefois ce bénéfice aux terres qui se prêtent à l’habitation ou à une vie économique propre, et c’est sur cette qualification que portent les litiges.
adopté en 1982, en vigueur depuis 1986Entrée en vigueur du moratoire sur la chasse commerciale à la baleineC’est l’un des rares cas où l’on peut affirmer qu’une décision internationale a produit un effet mesurable sur une ressource vivante, ce qui en fait un exemple précieux dans un devoir qui risquerait sinon de n’aligner que des échecs. Il porte pourtant sa propre objection, et c’est ce qui le rend utile deux fois : le mécanisme d’objection, la chasse dite scientifique, la poursuite de la chasse par la Norvège et l’Islande, puis le retrait du Japon de la commission en 2019 pour reprendre une chasse commerciale dans ses eaux, montrent qu’un engagement n’oblige que ceux qui l’acceptent et que l’on peut toujours en sortir.

Depuis 1990

DateRepèreCe qu’il permet de démontrer
1991 (signature le 4 octobre), 1998 (entrée en vigueur)Le protocole de Madrid au traité sur l’AntarctiqueIl donne le seul exemple où des États ont renoncé par écrit à exploiter des ressources qu’ils savent présentes, et c’est ce qui le rend précieux dans une dissertation sur la coopération : la preuve que le renoncement est possible, et la mesure de ce qu’il coûte. La date de révision est l’argument nuancé qui fait la bonne copie, puisqu’elle montre que l’interdiction est un délai et non une décision définitive.
16 novembre 1994La création de l’Autorité internationale des fonds marinsElle donne un corps administratif à la formule de patrimoine commun de l’humanité, ce qui permet d’établir qu’un espace non appropriable n’est pas pour autant un espace sans règles ni sans institution. Elle en montre la limite dans le même mouvement : elle ne dispose que des moyens que ses membres lui accordent, les États-Unis n’y siègent pas faute d’avoir ratifié la convention, et le code minier destiné à encadrer une exploitation commerciale se négociait encore quand les premières demandes se sont présentées. C’est l’exemple d’une règle commune plus lente que la convoitise.
1994 (entrée en vigueur de la convention signée en 1982)Entrée en vigueur de la convention de Montego Bay et création de l’Autorité internationale des fonds marinsL’écart entre la signature et l’entrée en vigueur est en soi un argument : un traité ne produit d’effet qu’une fois ratifié, et il a fallu ici réécrire la partie qui déplaisait aux États industrialisés pour les rallier. À citer dès qu’un sujet demande les limites de la gouvernance mondiale.
1996Création du Conseil de l’ArctiqueIl montre qu’un espace aux limites disputées peut être administré par la coopération plutôt que par le partage, et donne l’exemple d’une instance qui produit de la norme sans pouvoir contraindre. Il évite aussi la confusion la plus fréquente sur l’Arctique : ce forum ne délimite rien, les demandes de plateau continental étendu étant instruites ailleurs.
1998 (premier module), 2000 (début de l’occupation permanente)Début de l’assemblage de la station spatiale internationaleC’est le cas d’école de la coopération demandée par le programme : d’anciens rivaux mettent en commun les coûts, les savoir-faire et les moyens d’accès à l’orbite, et l’ensemble ne fonctionne que si chacun tient sa part. Il sert aussi à en montrer la fragilité, car ce montage dépend d’une entente politique qui n’est jamais acquise.
15 octobre 2003Premier vol habité chinois : Shenzhou 5Le repère sert à interdire la copie qui fait finir la conquête spatiale en 1991 : elle ne s’arrête pas, elle change de joueurs. Il montre qu’un programme spatial reste d’abord une démonstration de puissance adressée à l’intérieur autant qu’à l’extérieur, conduit par l’État et étroitement lié à l’armée. Il commande la suite, qui se cite en trois dates : la Chine, écartée de la Station spatiale internationale, construit sa propre station Tiangong, pose un engin sur la face cachée de la Lune en 2019 et se pose en concurrente déclarée pour le retour d’équipages sur la Lune.
2003Premier vol habité chinoisCe vol date l’entrée de la Chine dans un club jusque-là fermé et ouvre la séquence que le programme demande de suivre : la conquête spatiale ne s’arrête pas à la Guerre froide, elle change d’acteurs. C’est le premier maillon de l’objet conclusif.
2007Destruction d’un satellite par un tir antisatellite chinoisLe tir établit qu’un État peut priver un adversaire de ses satellites, donc de ses moyens d’observation et de communication, ce qui fait de l’orbite un terrain militaire. Il donne aussi l’exemple type du dommage commun, puisque les débris menacent tous les usagers, y compris celui qui les a créés.
8 décembre 2008Lancement de l’opération européenne AtalanteLe repère sert à établir que la liberté de circulation en mer n’a rien de naturel : elle est produite par des marines de guerre, et elle disparaît là où un État côtier s’effondre. Il permet de raisonner sur un détroit comme sur un point de vulnérabilité de l’économie mondiale, puisque c’est la route qui mène à Suez qui était menacée. Il montre enfin la coopération et la rivalité dans le même geste, plusieurs marines patrouillant côte à côte dans la même zone, et la Chine y ayant acquis à cette occasion sa première expérience de déploiement lointain, avant d’ouvrir une base à Djibouti en 2017.
27 septembre 2008Première sortie extravéhiculaire chinoise, mission Shenzhou 7C’est le repère qui prouve que l’usage politique de l’exploit spatial n’est pas un héritage de la guerre froide mais un procédé toujours actif : la mise en scène soviétique des années 1960 se retrouve intacte, avec les moyens d’une autre époque. Le choix du direct est le détail à exploiter, car retransmettre sans différé revient à afficher sa confiance dans le succès, à l’inverse exact de la pratique soviétique qui ne montrait que ses réussites accomplies. La date achève la démonstration, puisque 2008 est l’année des Jeux olympiques de Pékin, séquence entière de prestige adressée autant à la population chinoise qu’au reste du monde.
2009Transmission par la Chine de la carte en neuf traits aux Nations uniesLa carte donne une date précise à un différend souvent présenté comme immémorial, et elle montre comment se formule aujourd’hui une revendication maritime : par un document déposé auprès d’une organisation internationale, et non par une occupation. C’est cette revendication que la procédure arbitrale engagée plus tard par les Philippines viendra contester.
2012Entrée en service du premier porte-avions chinoisIl date le passage d’une marine tournée vers la défense des côtes à une marine capable d’agir loin d’elles, ce qui est la définition même de la projection de puissance. L’origine étrangère de la coque sert en outre à mesurer le chemin parcouru depuis par les chantiers chinois.
2013Lancement des nouvelles routes de la soieLe volet maritime relie l’objet conclusif au reste du thème : la Chine sécurise des routes et prend des participations dans des ports étrangers, ce qui donne à une politique commerciale une portée stratégique. À employer pour montrer qu’un investissement d’infrastructure est aussi un instrument de puissance.
2015Loi américaine sur la propriété des ressources extraites dans l’espaceElle montre où passe la ligne que le traité de 1967 laisse dans l’ombre : le sol reste inappropriable, mais rien n’est dit de ce que l’on en extrait. Un État légifère seul là où le droit international se tait, d’autres suivent, et la pratique finit par tenir lieu de règle. La compatibilité de ces lois avec le traité est discutée entre juristes.
12 juillet 2016Sentence arbitrale de La Haye sur la mer de Chine méridionaleC’est le repère qui montre la limite exacte du droit international de la mer : la convention de Montego Bay fonde les droits sur la distance aux côtes et non sur l’ancienneté d’un usage, la sentence l’applique, et rien ne contraint l’État qui la refuse. Il sert donc à établir qu’un État peut avoir ratifié un traité et en récuser l’interprétation sans en subir de sanction, faute d’exécution possible. Il permet aussi de tenir la position juste dans une copie sur la Chine, qui n’est ni de la condamner ni de la justifier : on expose la revendication, les revendications concurrentes des riverains et la sentence, et l’on montre que c’est le rapport de force, non le droit, qui règle la situation.
2016 (sentence rendue le 12 juillet)La sentence arbitrale sur la mer de Chine méridionaleC’est la démonstration la plus nette qu’un droit international de la mer existe, qu’il tranche, et qu’il ne dispose d’aucun moyen de contraindre une grande puissance. Elle permet à une copie de tenir ensemble les deux termes du sujet, l’ordre juridique et le rapport de forces, sans conclure ni à l’impuissance du droit ni à son triomphe. Elle sert aussi à montrer que les États faibles se servent du droit comme d’une arme, faute de pouvoir en employer d’autres.
2016 (sentence du 12 juillet)La sentence arbitrale de La Haye sur la mer de Chine méridionaleElle fournit le contre-exemple qu’exige tout sujet sur la coopération en mer : la convention de 1982 a bien produit un mécanisme de règlement des différends, et ce mécanisme n’a aucune force exécutoire. Une copie s’en sert pour montrer que le droit de la mer organise réellement la coopération là où les intérêts convergent, pêche, navigation, recherche scientifique, et qu’il cède partout où une puissance estime sa souveraineté en jeu. C’est la nuance qui sépare une copie informée d’une copie qui oppose simplement affirmation et coopération.
2016Sentence arbitrale sur la mer de Chine méridionaleC’est le repère qui sépare le droit de son exécution : une juridiction internationale peut dire le droit, elle ne dispose d’aucun moyen de contrainte contre un État qui s’y refuse. À placer dans tout sujet portant sur les limites de la gouvernance des espaces communs.
2017Ouverture de la première base militaire chinoise à l’étrangerElle traduit en présence militaire durable ce que les routes maritimes valent pour l’économie chinoise : protéger ses approvisionnements suppose des points d’appui, donc une empreinte permanente loin de ses côtes. Le site, partagé avec d’autres armées, est aussi un bon cas de rivalités concentrées sur un même point de passage.
3 septembre 2019Création du commandement de l’espace en FranceC’est la date qui permet d’écrire, preuve à l’appui, que l’espace est devenu un milieu d’opérations militaires et non plus seulement un terrain d’exploration ou de prestige. Le repère s’explique par la dépendance des sociétés à leurs satellites, pour le positionnement, les télécommunications et le renseignement : ce qui est vital devient une cible, donc doit être défendu. Il sert enfin à mesurer l’écart entre le droit et la pratique, le traité de 1967 interdisant les armes nucléaires en orbite et l’appropriation des corps célestes, mais non l’usage militaire ordinaire de l’espace, que ces commandements organisent.
décembre 2019Création de la Space ForceC’est le repère qui atteste que l’espace est traité comme un milieu d’affrontement à part entière, et non plus seulement comme un support de satellites : créer une branche militaire, avec un budget, un état-major et une doctrine, engage bien davantage qu’un discours. Il sert donc à démontrer la relance d’une compétition spatiale à finalité stratégique, au moment où la Chine se pose sur la face cachée de la Lune. Il donne aussi un outil de critique de documents, parce que sa date est un seuil : une couverture de magazine parue avant décembre 2019 annonce une course que cette création vient ensuite institutionnaliser, et situer les documents de part et d’autre de ce seuil vaut mieux que les commenter isolément.
3 septembre 2019La création du commandement de l’espace françaisLe repère date le moment où une puissance moyenne traite l’orbite comme un milieu d’opérations au même titre que la terre, la mer et l’air, et il fournit un cas français dans un dossier que les copies traitent d’ordinaire avec des exemples américains et chinois. Il impose surtout une distinction qui rapporte des points : surveiller, protéger et brouiller des satellites n’est pas stationner des armes en orbite, ce que le traité de 1967 interdit pour les armes de destruction massive et que nul n’a fait.
2019Premier atterrissage sur la face cachée de la LuneC’est une première mondiale obtenue par la Chine, et non une performance rattrapée avec retard : l’argument interdit de traiter le programme spatial chinois comme une simple imitation. Il montre aussi que la Lune redevient un objectif disputé, un demi-siècle après la course à l’espace.
2020Couverture mondiale du système de positionnement chinoisCette date établit que la Chine ne dépend plus du signal américain pour ses armées, ses transports et ses paiements. Elle donne une preuve concrète de l’affirmation spatiale chinoise, plus parlante dans une copie que les vols habités, parce qu’elle touche à une infrastructure dont dépend la vie quotidienne.
2020 (premières signatures)Accords ArtemisIls montrent une autre façon de faire du droit : non plus un traité négocié aux Nations unies et ouvert à tous, mais un cercle d’États qui s’accordent entre eux puis invitent les autres à s’y rallier. La règle devient un instrument d’alliance, ce qui est exactement l’enjeu diplomatique de l’axe 2.
12 octobre 2021L’annonce du plan France 2030Le plan établit que l’État reste celui qui fixe la direction et prend le risque, à un moment où le récit dominant confie la conquête à des entreprises : c’est l’argument à opposer à une copie qui conclurait trop vite au retrait des puissances publiques. Il vaut aussi parce qu’il range l’espace et les grands fonds dans une même catégorie stratégique, ce qui donne le fil d’un sujet portant sur les deux espaces. La prudence s’impose sur un point : une annonce d’investissement n’est pas un résultat.
15 septembre 2021Annonce du partenariat AUKUSCe repère sert à montrer que les alliances se recomposent autour de l’Indo-Pacifique et que la propulsion nucléaire, qui donne à un sous-marin son endurance et sa discrétion, est un enjeu de transfert de technologie autant qu’un choix militaire. Il fournit aussi un exemple daté de rupture de contrat entre alliés.
2021 (module central), 2022 (modules de laboratoire)Début de l’assemblage de la station spatiale chinoiseElle offre le contrepoint exact de la station spatiale internationale : l’une repose sur un partenariat entre plusieurs agences, l’autre est nationale. Comparer les deux est la façon la plus économique de traiter un sujet sur la coopération et la rivalité dans l’espace.
19 décembre 2022Cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-MontréalC’est l’équivalent de l’accord de Paris pour le vivant, et il en partage la faiblesse : des cibles chiffrées, aucune contrainte, et des États qui déclarent eux-mêmes leurs aires protégées, ce qui autorise à compter des espaces protégés sur le papier seulement. L’objectif de trente pour cent est le chiffre à citer, car il explique la multiplication récente de très vastes aires marines protégées, parfois fort loin des côtes de l’État qui les crée, où la protection et l’affirmation d’une présence vont ensemble. L’objection qui donne du relief tient au précédent : aucune des cibles fixées en 2010 n’avait été atteinte en 2020.
adopté le 19 juin 2023, ouvert à la signature le 20 septembre 2023, en vigueur le 17 janvier 2026Traité sur la haute mer (accord BBNJ)Il comble le vide que la convention de Montego Bay de 1982 avait laissé : celle-ci avait réparti les droits des États sur les eaux proches des côtes, et laissé la haute mer sous un régime de liberté qui ne protégeait rien. Le repère sert donc à montrer qu’un espace peut être approprié par le droit sans l’être par un territoire, et que la coopération avance à la vitesse de la ratification, puisqu’il a fallu attendre janvier 2026 pour que le texte entre en vigueur. C’est l’exemple le plus récent qu’une copie puisse opposer à l’idée que les mers ne seraient que des espaces de rivalité.
adopté le 19 juin 2023, en vigueur le 17 janvier 2026Traité des Nations unies sur la haute merDans un sujet sur les mers et les océans comme espaces de l’exercice de la puissance, il est le repère qui empêche la copie de n’aligner que des rivalités. Il montre que le droit reste l’instrument par lequel des États sans marine peuvent peser, puisqu’une aire protégée s’impose à tous une fois décidée. Il en montre aussi la fragilité : le texte ne crée aucune force de police en haute mer, et son application dépendra des marines qui y patrouillent déjà, c’est-à-dire des puissances mêmes qu’il prétend encadrer.
adopté le 19 juin 2023, ouvert à la signature le 20 septembre 2023Accord des Nations unies sur la haute merDans un sujet qui demande d’équilibrer rivalités et coopérations, c’est le repère qui tient la seconde moitié de la balance, et il est plus convaincant qu’une déclaration d’intention parce qu’il crée des obligations et un mécanisme. Il sert aussi à montrer le rythme réel de la coopération internationale, quinze ans de négociations puis deux ans et demi de ratifications, ce qui donne à une copie l’occasion de dire pourquoi la mer coopérative avance si lentement : chaque protection retranche quelque chose à la liberté d’exploiter, et ce sont les États les mieux dotés en flottes qui y renoncent le plus.
2023 (adoption), 2026 (entrée en vigueur)Accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas des juridictions nationalesIl ferme le jalon des ressources marines et en donne le mouvement d’ensemble : le droit a d’abord découpé des espaces au profit des États riverains, il tente ensuite de protéger ce qui n’appartient à aucun d’eux. L’écart entre l’adoption et l’entrée en vigueur rappelle une fois de plus qu’un traité ne vaut que par ses ratifications.

Questions fréquentes

Quelles dates faut-il retenir sur espaces de conquête ?

Ce thème demande environ 72 repères. Les retenir sans savoir ce qu’ils démontrent ne sert à rien : c’est la portée qui se place dans une copie, pas la date.

Faut-il citer des dates précises en dissertation ?

Oui, un exemple daté et localisé vaut bien mieux qu’une allusion vague. Mais une date fausse coûte plus cher qu’une date absente : dans le doute, écrivez le fait sans l’année.

Pour aller plus loin