Loi mémorielle et reconnaissance : quelle différence ?
Deux notions du programme de HGGSP que l’on prend l’une pour l’autre, travaillées dans les thèmes Histoire et mémoires. Voici ce qui les sépare, et comment employer le mot juste.
Ce qui les sépare
L’admission publique d’un fait peut passer par un discours ou un décret ; le vote parlementaire n’en est qu’une forme, la plus contraignante.
Vu depuis reconnaissance : L’acte peut prendre la forme d’un discours, d’un décret ou d’une cérémonie ; le texte voté n’en est que la forme la plus contraignante.
Loi mémorielle
Texte voté par un parlement qui qualifie officiellement un fait du passé, en reconnaît les victimes ou en interdit publiquement la contestation.
Ces textes sont discutés : les uns y voient une reconnaissance due aux victimes, les autres une intervention du pouvoir sur l’écriture du passé.
Reconnaissance
Acte public par lequel une autorité admet la réalité d’un fait du passé, en désigne les responsables et confère aux personnes qui l’ont subi leur qualité de victimes.
Un discours officiel qui nomme un crime commis par l’État marque souvent une étape décisive pour les familles.
Les deux côte à côte
| Loi mémorielle | Reconnaissance | |
|---|---|---|
| Nature | Notion | Notion |
| Au programme | Histoire et mémoires | Histoire et mémoires |
Les exemples qui les incarnent
- L’appel « Liberté pour l’histoire » La connaissance historique vit d’être discutable : une loi qui qualifie le passé énonce une vérité obligatoire, ce que les historiens tiennent pour une atteinte à leur liberté de recherche. Cet exemple met en jeu loi mémorielle.
- L’appel Liberté pour l’histoire Légiférer sur le passé revient à donner à un récit la force de la loi, ce qui met en cause la liberté de la recherche. Cet exemple met en jeu loi mémorielle.
- Le Kurdistan irakien Un peuple sans État peut obtenir une autonomie territoriale réelle sans jamais obtenir la reconnaissance internationale qui ferait de lui un État. Cet exemple met en jeu reconnaissance.
- L’UNRWA, agence des Nations unies pour les réfugiés de Palestine Il montre qu’un dispositif humanitaire conçu comme provisoire peut devenir une institution durable, et que cette durée est en elle-même la mesure de l’échec des tentatives de résolution du conflit. Cet exemple met en jeu reconnaissance.
Ne plus se tromper en copie
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre loi mémorielle et reconnaissance ?
L’admission publique d’un fait peut passer par un discours ou un décret ; le vote parlementaire n’en est qu’une forme, la plus contraignante.
Comment définir loi mémorielle ?
Texte voté par un parlement qui qualifie officiellement un fait du passé, en reconnaît les victimes ou en interdit publiquement la contestation.
Comment définir reconnaissance ?
Acte public par lequel une autorité admet la réalité d’un fait du passé, en désigne les responsables et confère aux personnes qui l’ont subi leur qualité de victimes.
Pour aller plus loin
- Le lexique de HGGSP Toutes les notions du programme, définies et distinguées.