Que dit Walter Lippmann ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose
Ce que soutient Walter Lippmann, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.
Sa thèse
Personne ne connaît directement le monde sur lequel il se prononce : chacun agit d’après les images qu’il en a dans la tête, images fournies par des récits, des habitudes et des raccourcis de pensée. La presse ne restitue donc pas la réalité, elle en propose une version simplifiée sur laquelle l’opinion se règle.
Elle est développée dans Public Opinion, 1922.
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Expliquer qu’une opinion peut se former solidement sur des faits mal établis : ce n’est pas le monde qui agit sur elle, mais la représentation qu’elle s’en fait.
- Ouvrir la critique d’un document en distinguant ce qu’il montre et ce qu’il donne à croire.
- Éclairer les jalons sur l’affaire Dreyfus et sur la guerre du Vietnam, où le récit de presse pèse autant que les faits rapportés.
Ce qu’on lui oppose
La conclusion qu’il en tire, confier le tri de l’information à des spécialistes, a été contestée dès sa parution, notamment par John Dewey : le remède au défaut de jugement du public serait de l’instruire, non de décider à sa place.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les citations de Lippmann, vérifiées
Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.
The pictures inside the heads of these human beings, the pictures of themselves, of others, of their needs, purposes, and relationship, are their public opinions.
Walter Lippmann, Public Opinion, 1922, chapitre premier
Une opinion ne porte jamais sur le monde lui-même, mais sur les images que chacun s’en fait. Le titre du chapitre le dit en deux temps : le monde extérieur d’un côté, les images que nous en avons dans la tête de l’autre. Le travail des médias consiste alors moins à décrire la réalité qu’à fournir ces images.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La conclusion que Lippmann en tire est discutée : il propose de confier le tri de l’information à des spécialistes. John Dewey lui a opposé qu’il fallait instruire le public plutôt que décider à sa place. Mobilisez la thèse, pas le remède.
Les notions rattachées à Lippmann
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Opinion publique Ensemble des jugements dominants qu’une population exprime sur les affaires communes, tel que la presse, les enquêtes et le débat le rendent visible.
- Information Ensemble de faits portés à la connaissance d’un public, après avoir été recueillis, vérifiés et mis en forme par celui qui les diffuse.
- Biais de confirmation Tendance à retenir les éléments qui vont dans le sens de ce que l’on croit déjà, et à écarter ceux qui le contredisent.
- Média Moyen technique et entreprise qui portent un contenu jusqu’à un large public : presse écrite, radio, télévision, site d’actualité.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| Information et médias | L’information dépendante de l’opinion ? L’affaire Dreyfus et la presse. | Montrer que la presse ne se borne pas à rapporter une affaire : elle la met en scène, la divise en camps et fait de l’opinion un acteur du débat politique. |
| Information et médias | Information et propagande en temps de guerre : les médias et la guerre du Vietnam. | Montrer qu’un pouvoir en guerre cherche à maîtriser le récit, et que l’écart entre le discours officiel et ce que rapportent les journalistes nourrit la défiance de l’opinion. |
| Information et médias | Les théories du complot : comment trouvent-elles une nouvelle jeunesse sur Internet ? | Montrer que les propriétés du réseau qui élargissent la prise de parole facilitent aussi la circulation de récits invérifiables, ce qui rend nécessaire un travail méthodique de vérification. |
Qui écrit, et à quelle époque
Journaliste et essayiste américain, 1889-1974.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit Walter Lippmann ?
Personne ne connaît directement le monde sur lequel il se prononce : chacun agit d’après les images qu’il en a dans la tête, images fournies par des récits, des habitudes et des raccourcis de pensée. La presse ne restitue donc pas la réalité, elle en propose une version simplifiée sur laquelle l’opinion se règle.
Que peut-on opposer à Lippmann ?
La conclusion qu’il en tire, confier le tri de l’information à des spécialistes, a été contestée dès sa parution, notamment par John Dewey : le remède au défaut de jugement du public serait de l’instruire, non de décider à sa place.
Dans quel thème de HGGSP citer Lippmann ?
La référence sert dans le thème information et médias. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.
Quelle citation de Lippmann retenir ?
« The pictures inside the heads of these human beings, the pictures of themselves, of others, of their needs, purposes, and relationship, are their public opinions. » Une opinion ne porte jamais sur le monde lui-même, mais sur les images que chacun s’en fait. Le titre du chapitre le dit en deux temps : le monde extérieur d’un côté, les images que nous en avons dans la tête de l’autre. Le travail des médias consiste alors moins à décrire la réalité qu’à fournir ces images.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème information et médias Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème information et médias Les notions du thème, définies pour être employées en copie.