La spécialité HGGSP, c’est quoi exactement ?
Quatre mots dans le nom, et trois disciplines dedans. La spécialité HGGSP n’est pas « plus d’histoire-géo » : c’est un autre exercice, avec ses propres attendus. Voici lesquels.
Ce que veut dire le sigle
HGGSP signifie histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques. C’est l’une des treize spécialités du lycée général, ouverte depuis la rentrée 2019. Le nom est long parce qu’il annonce un assemblage : on n’y fait pas de l’histoire d’un côté et de la géographie de l’autre, on croise les deux avec la science politique pour éclairer une question.
Le programme n’est donc pas découpé en chapitres d’histoire puis en chapitres de géographie. Il est organisé en thèmes, et chaque thème convoque les disciplines dont il a besoin. Le thème sur les frontières, par exemple, mobilise de la géographie pour les tracés, de l’histoire pour comprendre d’où ils viennent, et de la science politique pour dire ce qu’une frontière fait à un État.
La différence avec le tronc commun d’histoire-géographie
C’est la confusion la plus fréquente, et elle coûte cher à ceux qui choisissent la spécialité en croyant prolonger le cours du tronc commun.
| Tronc commun | Spécialité HGGSP | |
|---|---|---|
| Organisation | Des chapitres d’histoire, puis des chapitres de géographie | Des thèmes qui croisent les deux |
| Horaire | 3 heures par semaine | 4 heures en première, 6 heures en terminale |
| Ce qu’on demande | Connaître et restituer un programme | Problématiser une question et argumenter |
| Les exercices | Question problématisée, analyse de document, croquis | Dissertation et étude critique de document(s) |
| Le rapport à l’actualité | Occasionnel | Constant : les thèmes se nourrissent du présent |
La conséquence pratique : un élève très bon en tronc commun parce qu’il apprend bien ses cours n’est pas mécaniquement bon en spécialité. Ce qu’on évalue, c’est la capacité à construire un raisonnement sur une question ouverte, pas la quantité de choses retenues.
Comment un thème est construit
Tous les thèmes du programme suivent la même architecture, et la connaître aide énormément à réviser.
- Une introduction, qui pose les notions et le cadre du thème.
- Un axe 1 et un axe 2, qui prennent deux angles différents sur la même question, chacun appuyé sur des études de cas.
- Un objet de travail conclusif, qui applique tout ce qui précède à un cas précis, souvent le plus contemporain.
Cette structure explique pourquoi une dissertation de HGGSP se construit rarement en suivant le plan du cours : les axes sont des angles d’analyse, pas des parties toutes faites. Le sujet du jour demandera un autre découpage.
Ce que la spécialité demande vraiment
- Lire beaucoup, et lire des choses arides. Un traité, un discours, un rapport, un article de revue. La spécialité suppose qu’on accepte de lire un texte qui ne se donne pas tout de suite.
- Suivre l’actualité internationale. Pas pour la réciter, mais pour disposer d’exemples récents. Un devoir sur les conflits qui s’arrête en 1991 se voit.
- Écrire longuement. L’épreuve dure quatre heures et comporte deux exercices rédigés. Ce n’est pas un exercice de vitesse, c’est un exercice d’endurance.
- Distinguer les échelles. Local, national, régional, mondial : une bonne copie ne traite pas un sujet à une seule échelle.
- Nuancer. La géopolitique n’a presque jamais de réponse unique, et une copie qui tranche sans discuter est notée comme telle.
À qui elle convient, et à qui elle convient moins
Elle convient à qui aime comprendre pourquoi le monde est dans l’état où il est, accepte de lire, et écrit sans souffrir. Elle convient particulièrement à ceux qui visent un institut d’études politiques, le droit, le journalisme, les relations internationales ou les classes préparatoires littéraires et commerciales.
Elle convient moins à qui cherche une spécialité qui s’apprend la veille. Le volume à maîtriser est réel, et surtout il ne se restitue pas : il se mobilise. C’est le piège classique de la terminale, où des élèves qui avaient de bonnes notes en première voient leur moyenne chuter parce qu’ils continuent à apprendre au lieu de s’entraîner à rédiger.
Questions fréquentes
HGGSP, ça veut dire quoi ?
Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques. C’est une spécialité du lycée général, choisie en première puis éventuellement conservée en terminale.
Faut-il être bon en histoire-géo pour prendre HGGSP ?
Non. Les attendus sont différents de ceux du tronc commun : on demande de problématiser et d’argumenter plutôt que de restituer. Un élève moyen en tronc commun mais à l’aise à l’écrit y réussit souvent mieux qu’un élève qui apprend bien par coeur.
Y a-t-il des mathématiques en HGGSP ?
Aucune. Pas de calcul, pas de statistiques à exploiter. C’est la principale différence pratique avec la spécialité SES.
Combien d’heures par semaine ?
Quatre heures en première, six heures en terminale si la spécialité est conservée.
Pour aller plus loin
- Le programme de première les cinq thèmes, en détail
- Le programme de terminale les six thèmes
- La spé HGGSP est-elle difficile ?
- HGGSP ou SES : comment choisir