HGGSP et les écoles de journalisme
La spécialité ne remplace pas une école, et une école ne se prépare pas au lycée. Mais un thème entier du programme de première porte sur l’information, et il vous donne une avance réelle. Voici laquelle, et ce qu’il faut faire du reste.
Le thème sur l’information est déjà un cours de journalisme
Le quatrième thème de première s’intitule « s’informer : un regard critique sur les sources et modes de communication ». Sous ce titre administratif se cache le contenu le plus proche du métier que le lycée propose.
- Une histoire des supports : la presse écrite, la radio, la télévision, le numérique, et ce que chacun a changé dans la fabrication de l’information.
- La liberté de la presse : comment elle s’est conquise, ce qui la limite, et les endroits du monde où elle n’existe pas.
- La désinformation : la rumeur, la théorie du complot, la manipulation organisée par un État, et les méthodes de vérification.
Un futur journaliste y prend deux réflexes qu’aucun autre cours n’enseigne : demander d’où vient une information avant de la répéter, et séparer un fait d’un commentaire. Le reste du programme est décrit dans le programme de première.
Ce qu’une école attend vraiment
Les écoles ne recrutent pas des candidats qui « aiment écrire ». Elles cherchent quatre choses, et elles les évaluent séparément.
- Une culture générale solide : histoire, institutions, géographie, économie, littérature. Ce n’est pas un vernis, c’est l’outil qui permet de comprendre un sujet en une journée.
- Une connaissance suivie de l’actualité, française et internationale, construite sur des mois et non sur une semaine de bachotage.
- Une écriture claire : des phrases courtes, une information hiérarchisée, aucune faute. Un texte se juge en dix lignes.
- Un esprit critique : savoir remonter à une source, repérer l’intérêt qui se cache derrière une déclaration, distinguer un témoignage d’une preuve.
Trois de ces quatre points sont exactement ce que la spécialité travaille. Le quatrième, l’actualité, ne s’acquiert que par une pratique quotidienne, et c’est là que vous êtes seul.
Les écoles reconnues recrutent après une licence
C’est le point que la plupart des lycéens découvrent trop tard. Les formations reconnues par la profession recrutent en général à partir d’un premier diplôme de l’enseignement supérieur, le plus souvent une licence, et non directement après le baccalauréat.
Le recrutement se fait par concours, avec des épreuves écrites, un dossier et un entretien. La reconnaissance vient d’une instance paritaire où siègent des employeurs et des représentants des journalistes ; elle porte sur la formation, pas sur la réputation.
Il existe par ailleurs des formations privées qui recrutent dès le baccalauréat. Leur statut et leur coût ne sont pas les mêmes. Lisez les conditions avant de vous engager, et demandez toujours ce que devient le diplôme délivré.
Quelles études entre le baccalauréat et l’école
Aucune licence n’est imposée, et cette liberté déroute. Dans les faits, les profils admis viennent d’horizons variés : droit, science politique, histoire, lettres, langues, économie, parfois sciences.
Le raisonnement à tenir est simple. Choisissez une licence qui vous donne une matière à vous. Un journaliste capable de lire un budget, un arrêt de justice ou un article scientifique vaut mieux qu’un journaliste qui ne sait parler que de journalisme. La spécialisation se monnaie ; la généralité, non.
Un institut d’études politiques est un chemin fréquent, parce qu’il combine plusieurs disciplines et un contact permanent avec l’actualité. La page HGGSP et Sciences Po expose ce que ce type de cursus demande.
Ce que vous pouvez faire dès cette année
- Lire la presse tous les jours, et pas seulement les titres. Une source généraliste, une source spécialisée, une source étrangère si votre anglais le permet.
- Tenir un carnet d’actualité : la date, le fait, les acteurs, ce qui est en jeu. Trois lignes suffisent, c’est la régularité qui compte.
- Écrire réellement, et faire lire. Un compte rendu de match, une critique de film, le portrait de quelqu’un du lycée : le sujet importe moins que l’exercice et la correction.
- Rejoindre ou fonder un média scolaire, journal, radio, podcast ou site. C’est là qu’on apprend le délai, la relecture et la responsabilité de ce qu’on publie.
- S’entraîner à vérifier : prendre une information vue sur un réseau social et remonter à son origine. C’est exactement l’exercice que le thème sur l’information demande.
Ces cinq habitudes coûtent moins d’une heure par jour et se voient tout de suite, en copie de HGGSP comme dans un entretien quatre ans plus tard. Elles ne remplacent pas les notes, elles les accompagnent.
Ce que la spécialité ne fait pas à votre place
HGGSP n’est pas une formation professionnelle. Elle ne vous apprend ni à mener un entretien, ni à monter un son, ni à écrire une brève sous contrainte de signes. Ces gestes s’acquièrent en école et en rédaction.
Elle ne vous dispense pas des langues. Dans ce métier, l’anglais est un outil de travail avant d’être une matière du baccalauréat, et une deuxième langue vous distingue.
Enfin, elle ne remplace pas la décision d’écrire. Beaucoup d’élèves aiment l’actualité, peu s’assoient chaque semaine pour produire un texte et le faire corriger. C’est cette différence, et non la spécialité choisie, qui se voit le jour du concours.
Questions fréquentes
Faut-il prendre HGGSP pour devenir journaliste ?
Non, aucune spécialité n’est exigée. HGGSP est cependant la plus utile, parce qu’un thème entier de première porte sur l’information, l’histoire des médias et la vérification des sources.
Peut-on entrer en école de journalisme après le bac ?
Les formations reconnues par la profession recrutent en général après un premier diplôme du supérieur, le plus souvent une licence. Des écoles privées recrutent dès le baccalauréat, mais leur statut et leur coût diffèrent : vérifiez les conditions avant de vous engager.
Quelles spécialités choisir pour le journalisme ?
HGGSP associée à SES, à HLP ou à LLCE forme des combinaisons cohérentes : les institutions et l’actualité d’un côté, l’écriture ou les langues de l’autre. Aucune combinaison n’est exigée par les écoles.
Quelle licence faire avant une école de journalisme ?
Il n’y en a pas d’imposée : droit, science politique, histoire, lettres, langues et économie mènent tous au concours. Le critère utile est d’acquérir un domaine que vous saurez traiter mieux que les autres candidats.
Pour aller plus loin
- Quel métier avec HGGSP les autres familles de métiers
- Les combinaisons de spécialités avec HGGSP
- Le programme de première dont le thème sur l’information