Thème 2. Faire la guerre, faire la paix
C’est le thème le plus vaste du programme, et celui que les sujets visitent le plus souvent. Il porte sur deux gestes politiques : déclencher un conflit, et y mettre fin. Le second est de très loin le plus difficile.
De quoi parle ce thème
La question centrale est double. Qu’est-ce qui fait qu’une société entre en guerre, et qu’est-ce qui fait qu’elle en sort ?
Le thème part d’une idée exigeante : la guerre est un fait politique. Elle est menée par des acteurs qui poursuivent des buts, et elle se comprend en cherchant ces buts.
Cette idée se complique quand ces acteurs ne sont plus seulement des États. Un mouvement armé ou un réseau clandestin ne fait pas la guerre comme une armée nationale, et ne signe pas la paix de la même manière.
La seconde moitié du thème est la plus intéressante et la plus négligée. Arrêter les combats ne suffit pas : il faut un accord, des garanties, une justice, parfois une reconstruction. Une paix qui ne règle rien prépare le conflit suivant.
La structure du thème
Le montage est celui de tous les thèmes de terminale.
- L’introduction dresse le tableau des formes de conflits et des tentatives de paix dans le monde actuel.
- L’axe 1 porte sur la dimension politique de la guerre, des conflits entre États aux enjeux transnationaux.
- L’axe 2 porte sur le défi de la construction de la paix : traités, sécurité collective, médiation, justice, et les raisons de leurs échecs.
- L’objet de travail conclusif est consacré au Moyen-Orient, espace de conflits régionaux et de tentatives de paix impliquant des acteurs extérieurs.
Les notions à tenir
Ce thème est un thème de vocabulaire. Le mot juste vaut souvent mieux qu’un exemple de plus.
- Guerre. Un affrontement armé organisé, conduit par des acteurs qui poursuivent un objectif politique.
- Conflit interétatique. Un affrontement entre États, avec des armées régulières et un cadre juridique reconnu.
- Guerre civile. Un conflit armé interne, entre groupes qui se disputent le pouvoir ou le territoire.
- Conflit asymétrique. Un affrontement entre adversaires très inégaux, où le plus faible évite la bataille rangée.
- Guerre totale. Un conflit qui mobilise toute une société et efface la limite entre front et arrière.
- Acteur transnational. Un acteur armé ou politique qui agit par-dessus les frontières sans être un État.
- Guerre hybride. Une stratégie mêlant moyens militaires, pressions économiques, cyberattaques et actions informationnelles.
- Terrorisme. L’usage délibéré de la violence contre des civils pour produire un effet politique par la peur.
- Dissuasion. Obtenir la paix par la menace de représailles telles que l’adversaire renonce.
- Sécurité collective. Le principe selon lequel une agression concerne tous les États, qui y répondent ensemble.
- Maintien de la paix. Le déploiement de forces internationales, avec l’accord des parties, pour stabiliser.
- Médiation. L’intervention d’un tiers accepté par les belligérants pour les aider à s’accorder.
- Justice internationale. Le jugement des crimes les plus graves par des juridictions supranationales.
Les exemples et les études de cas qu’on rencontre
Cinq exemples maîtrisés valent mieux que quinze entrevus.
| L’exemple | Ce qu’il démontre |
|---|---|
| Les guerres napoléoniennes lues par Clausewitz | La guerre prolonge la politique par d’autres moyens, elle ne l’interrompt pas. |
| Les traités de Westphalie, en 1648, puis le congrès de Vienne, en 1815 | La paix s’organise par le droit et par un équilibre négocié entre puissances. |
| Le traité de Versailles, en 1919, et la Société des Nations | Une paix imposée et une organisation sans moyens n’empêchent pas le conflit suivant. |
| L’Organisation des Nations unies, créée en 1945 | La sécurité collective bute sur le droit de veto et sur la volonté des États. |
| Les attentats du 11 septembre 2001 et les conflits qui ont suivi | Un acteur non étatique peut entraîner des États dans des guerres longues et sans front. |
| La guerre en Ukraine | Un conflit interétatique de haute intensité est redevenu possible en Europe. |
| La justice pénale internationale, du tribunal pour l’ex-Yougoslavie à la Cour pénale internationale | Juger est devenu un instrument de sortie de conflit, réel mais limité. |
| Le Moyen-Orient | Des conflits imbriqués, des acteurs régionaux et extérieurs nombreux, des processus de paix inaboutis. |
Sur les conflits en cours, tenez-vous-en aux faits établis et aux positions des parties : une copie qui prend parti quitte le terrain de l’analyse.
Ce qui tombe le plus souvent
Les formulations ci-dessous sont des entraînements plausibles, et non des sujets officiellement tombés.
- La guerre a-t-elle changé de nature depuis la fin de la guerre froide ?
- Faire la guerre est-il encore une affaire d’États ?
- Peut-on construire la paix par le droit ?
- Les organisations internationales sont-elles capables de mettre fin aux conflits ?
- Le Moyen-Orient, entre conflits régionaux et tentatives de paix.
Pour l’étude critique, les documents habituels sont un extrait de traité, une résolution, un discours ou une carte. Demandez qui parle, à qui, quand et dans quel but.
Les erreurs classiques
- Raconter les guerres au lieu de les analyser. Partez de la notion en jeu, puis convoquez le conflit comme preuve.
- Confondre l’absence de combats et la paix. Une paix doit aussi traiter le territoire, la justice et la mémoire.
- Prendre parti sur un conflit contemporain. Nommez les acteurs et leurs objectifs, tenez-vous aux faits : expliquer n’est pas juger.
- Utiliser Clausewitz comme un slogan. Sa formule ne prouve rien tant qu’elle ne sert pas à éclairer un conflit précis.
Comment réviser ce thème
- Rangez vos exemples par forme de conflit. Conflit interétatique, guerre civile, conflit asymétrique, guerre hybride : quatre cases, un exemple solide dans chacune.
- Pour chaque tentative de paix, notez ce qu’elle a réglé et ce qu’elle a laissé de côté. C’est cette seconde colonne qui nourrit les parties nuancées.
- Rédigez des introductions sur les formulations ci-dessus. Vingt minutes chacune, et vous travaillez définition, problématique et plan à la fois.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un conflit asymétrique ?
C’est un affrontement entre adversaires aux moyens très inégaux, par exemple une armée régulière et un groupe armé. Le plus faible évite la bataille frontale et joue sur la durée et l’opinion.
Que dit Clausewitz sur la guerre ?
Il la définit comme la poursuite de la politique par d’autres moyens. Une guerre s’explique donc par l’objectif politique qu’elle sert, et cesse quand cet objectif est atteint ou abandonné.
Quelle différence entre maintien de la paix et imposition de la paix ?
Le maintien de la paix suppose l’accord des parties et un mandat limité d’interposition. L’imposition recourt à la contrainte, sans cet accord : c’est une décision bien plus lourde.
Quel est l’objet de travail conclusif du thème 2 ?
Il porte sur le Moyen-Orient, espace de conflits régionaux et de tentatives de paix auxquelles participent des acteurs extérieurs. Il réunit les notions des deux axes sur un même terrain.
Pourquoi ce thème tombe-t-il si souvent ?
Parce qu’il est le plus vaste et le plus riche en notions transversales, et qu’il se prête aussi bien à la dissertation qu’à l’étude de documents.