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HGGSP Révision

Thème 1. De nouveaux espaces de conquête

Deux milieux que personne n’habite et que tout le monde convoite. Ce thème demande de comprendre comment la mer et l’espace extra-atmosphérique sont devenus des terrains de puissance, et pourquoi le droit y arrive toujours après les faits.

De quoi parle ce thème

La question centrale est facile à formuler et difficile à trancher : à qui reviennent les espaces qui n’appartiennent à personne ?

On a longtemps traversé ces milieux sans pouvoir s’y installer. La technique a changé cela : on fore loin des côtes, on cartographie les fonds, on place en orbite des objets dont dépendent des économies entières.

Or un espace exploitable devient un espace disputé. La pêche, les hydrocarbures, les routes commerciales, les câbles qui portent les communications, les satellites qui guident transports et armées : tout cela se joue dans ces deux milieux.

La difficulté est juridique autant que politique. Le droit international a été pensé pour des territoires bornés par des frontières. Ici il arrive après les faits, il n’oblige que ceux qui l’ont ratifié, et personne ne peut l’imposer par la force.

La structure du thème

Le thème suit le montage commun à tout le programme de terminale.

  • L’introduction installe le décor : ce qui rend ces deux espaces particuliers, le rôle des progrès techniques, et l’état d’un droit qui peine à les encadrer.
  • L’axe 1 porte sur les conquêtes, les affirmations de puissance et les rivalités : pourquoi tenir une route maritime ou une orbite, c’est peser.
  • L’axe 2 porte sur les enjeux diplomatiques et les coopérations : traités, organisations, programmes menés à plusieurs.
  • L’objet de travail conclusif est consacré à la Chine, puissance maritime et spatiale à la fois. Il sert de cas de synthèse.

Les notions à tenir

Une notion sue est une notion qu’on sait employer dans une phrase.

  • Appropriation. Faire entrer un espace dans la souveraineté d’un État, donc le soustraire aux autres.
  • Souveraineté. Le pouvoir exclusif de décider sur un territoire, sans autorité au-dessus.
  • Eaux territoriales. La bande de mer bordant les côtes, où l’État côtier est souverain.
  • Zone économique exclusive. L’espace maritime où l’État côtier détient seul le droit d’exploiter les ressources.
  • Haute mer. La part des océans qui échappe à toute souveraineté et reste ouverte à tous.
  • Bien commun. Une ressource qui concerne l’humanité entière et que nul ne devrait accaparer.
  • Point de passage stratégique. Un détroit ou un canal dont le contrôle commande une route entière.
  • Câble sous-marin. L’infrastructure qui porte l’essentiel des communications mondiales, discrète et vulnérable.
  • Orbite. La trajectoire d’un satellite ; les orbites utiles sont peu nombreuses et se saturent.
  • Militarisation. L’usage militaire d’un espace, du renseignement à la surveillance et à l’armement.
  • Acteur privé. Une entreprise qui lance et exploite ce que seuls des États faisaient hier.
  • Traité international. Un accord qui n’oblige que les États l’ayant ratifié.

Les exemples et les études de cas qu’on rencontre

Un exemple n’a de valeur que si vous savez ce qu’il prouve. Retenez-les par paire : le fait, puis l’idée qu’il sert.

L’exempleCe qu’il démontre
La course à l’espace, de Spoutnik en 1957 aux premiers pas sur la Lune en 1969La conquête est d’abord une démonstration de puissance.
Le traité de l’espace de 1967Le droit interdit l’appropriation nationale sans rien régler des ressources.
La convention de Montego Bay, signée en 1982La mer est découpée en zones aux droits distincts, mais tous les États ne l’ont pas ratifiée.
La Station spatiale internationaleLa coopération existe entre rivaux quand le coût dépasse les moyens d’un seul.
La mer de Chine méridionaleDes îlots minuscules commandent des espaces maritimes immenses, d’où des revendications concurrentes.
L’ArctiqueLe recul de la banquise ouvre routes et ressources, donc de nouvelles rivalités.
Les câbles sous-marinsLa mondialisation numérique repose sur des objets matériels et exposés.
La Chine : marine, ports, programme spatialUn même État monte en puissance sur les deux fronts et lie commerce, science et défense.

Ce qui tombe le plus souvent

Voici les angles que les sujets empruntent le plus volontiers. Ce sont des entraînements plausibles, et non des sujets officiellement tombés.

  • Les océans, espaces de rivalités ou espaces de coopération ?
  • La conquête de l’espace est-elle encore une affaire d’États ?
  • Le droit international parvient-il à encadrer les nouveaux espaces de conquête ?
  • En quoi la maîtrise des mers reste-t-elle un attribut de la puissance ?
  • La Chine, une puissance maritime et spatiale.

Pour l’étude critique, attendez-vous à un extrait de traité, à une carte des revendications maritimes ou à un discours officiel. La critique porte d’abord sur l’auteur et son intention.

Les erreurs classiques

  • Faire un cours de sciences. Décrire les fonds marins ou expliquer une orbite ne rapporte rien en soi : chaque élément technique doit servir un argument politique.
  • Ne traiter qu’un seul des deux espaces. Prévoyez au moins un exemple maritime et un exemple spatial dans chaque devoir.
  • Croire qu’un espace international est un espace sans règles. Le problème n’est pas l’absence de droit, c’est son application inégale.
  • Réciter la Chine en bloc. L’objet de travail conclusif n’est pas un exposé sur la Chine : il sert à réexaminer les notions du thème sur un cas unique.

Comment réviser ce thème

  1. Faites deux colonnes, mer et espace. Notez dans chacune les acteurs, les ressources, le droit applicable, les tensions. Les symétries entre les deux colonnes fournissent l’essentiel des plans possibles.
  2. Apprenez trois textes juridiques et ce qu’ils ne disent pas. Leurs silences expliquent les rivalités actuelles, et c’est ce qu’un correcteur attend.
  3. Reprenez la notion de puissance vue en première. Ce thème en est une application directe, dans la mer comme dans l’orbite.

Questions fréquentes

Quels espaces étudie le thème 1 de HGGSP ?

La mer et l’espace extra-atmosphérique, deux milieux longtemps jugés inappropriables, devenus exploitables grâce à la technique et donc disputés entre puissances.

Qu’est-ce qu’une zone économique exclusive ?

C’est un espace maritime situé au-delà des eaux territoriales, où l’État côtier détient seul le droit d’exploiter les ressources. La navigation y reste libre pour les autres États.

Pourquoi l’espace est-il devenu un enjeu de puissance ?

Parce que les satellites conditionnent les communications, la navigation, l’observation et les opérations militaires. Perdre l’accès à l’orbite reviendrait à perdre une part de son autonomie.

Quel est l’objet de travail conclusif du thème 1 ?

Il porte sur la Chine, considérée comme puissance maritime et spatiale. Il permet de reprendre les notions du thème sur un seul cas, en articulant commerce, science et défense.

Le thème 1 tombe-t-il souvent à l’épreuve ?

Moins que le thème sur la guerre et la paix, mais il tombe, et il se prête très bien à l’étude critique de documents. Le négliger est un pari inutile.

Pour aller plus loin