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HGGSP Révision

L’environnement, entre exploitation et protection

Le thème le plus mal abordé du programme, parce qu’on croit qu’il parle d’écologie. Il parle de négociation, de souveraineté et d’inégalités. La question n’est pas de savoir si le climat change, mais pourquoi les États peinent à s’entendre.

De quoi parle ce thème

Un même milieu peut être vu comme une ressource à exploiter ou comme un héritage à protéger. Toutes les sociétés vivent cette tension et la tranchent différemment.

La question centrale est politique : par quelles décisions, et prises par qui, une société arbitre-t-elle entre exploiter et protéger ? Et quand le problème dépasse les frontières, comment des États opposés s’accordent-ils ?

Rien n’oblige un État à appliquer un accord international : il n’existe pas de gouvernement mondial. Chaque engagement tient tant que les signataires y trouvent leur compte.

La structure du thème

Le découpage est celui de tout le programme : introduction, deux axes, objet de travail conclusif.

  • L’introduction pose le rapport des sociétés à leur milieu et rappelle que les milieux étaient transformés bien avant l’industrie.
  • L’axe 1, exploiter, préserver et protéger, prend le problème dans la longue durée : gérer une forêt ou une eau, les crises anciennes, la naissance de l’idée de protection.
  • L’axe 2, le changement climatique dans ses approches historique et géopolitique, distingue deux choses : le climat a toujours varié, mais sa prise en charge par les États est récente et conflictuelle.
  • L’objet de travail conclusif porte sur les États-Unis : le pays des premiers parcs nationaux, gros émetteur, traversé de contradictions internes.

Les axes sont des angles d’analyse, pas des parties de dissertation toutes faites. Un sujet sur les difficultés de la négociation se traite avec les deux axes.

Les notions à tenir

Chacune en une phrase, avec un cas.

  • Environnement : le milieu où vit une société, et le rapport qu’elle a avec lui.
  • Anthropocène : une période où l’humanité serait une force géologique. Le terme est discuté.
  • Ressource : ce qu’une société sait et décide d’exploiter dans son milieu.
  • Développement durable : répondre aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures.
  • Transition écologique : changer de modèle d’exploitation, avec des gagnants et des perdants.
  • Bien commun : une ressource que nul ne possède seul et que l’usage de tous épuise.
  • Gouvernance mondiale : les règles par lesquelles des États traitent un problème qui les dépasse.
  • Accord international : un engagement négocié, qui n’a que la force que ses signataires lui donnent.
  • Justice climatique : les plus exposés au changement climatique n’en sont pas les premiers responsables.
  • Expertise scientifique : la connaissance qui fonde les négociations, et qu’on conteste parfois.
  • Souveraineté : le droit de décider chez soi, invoqué pour refuser une contrainte extérieure.

Les exemples et études de cas qu’on rencontre

Le casCe qu’il montre
Le petit âge glaciaire en EuropeLe climat a une histoire, avec des effets sociaux bien avant l’ère industrielle.
Les forêts royales françaises sous ColbertProtéger une ressource peut servir l’intérêt stratégique d’un État, ici la marine, non une conscience écologique.
Le Dust Bowl américain des années 1930Un mode d’exploitation peut détruire son propre support et forcer l’État à intervenir.
Le sommet de la Terre de Rio et les conférences climatiquesUn enjeu devient international quand il obtient une enceinte, un vocabulaire, un calendrier.
L’accord de Paris, où chaque État fixe sa contributionLa contrainte échangée contre l’universalité : presque tous signent, chacun choisit son effort.
Les États-Unis, sortis puis revenus dans un accord climatiqueUne position nationale change avec une alternance, et se heurte aux États fédérés.
L’Amazonie et la déforestationLe conflit type entre souveraineté nationale et pression internationale au nom d’un bien commun.

Ce qui tombe le plus souvent

Vous n’avez pas la liste des sujets, mais les formulations tournent autour de quelques angles.

  • Pourquoi la protection de l’environnement est-elle si difficile à organiser entre États ?
  • L’environnement : un enjeu de souveraineté ou un bien commun ?
  • En quoi le changement climatique révèle-t-il des inégalités entre les sociétés ?
  • Exploiter ou protéger : comment les sociétés ont-elles arbitré au fil du temps ?
  • Les États-Unis et la question environnementale : quelles tensions, quels contrastes ?

À l’étude critique, attendez-vous à une déclaration internationale, à un discours de dirigeant ou à une caricature. La question première : qui parle, pour défendre quel intérêt ?

Les erreurs classiques

  • Traiter le sujet en écologue au lieu de le traiter en géopoliticien. C’est le piège majeur. On n’attend pas un exposé sur les mécanismes du climat, mais une analyse des acteurs et de leurs rapports de force.
  • Militer. Une copie indignée n’est pas argumentée. Exposez les positions, expliquez-les par les intérêts qu’elles servent, concluez sur ce que les faits disent.
  • Inventer des chiffres. Un ordre de grandeur mal retenu discrédite tout le paragraphe. Sans certitude, écrivez la mécanique sans la donnée.
  • Oublier le temps long. Le thème ne commence pas dans les années 1990 : un exemple ancien montre que le rapport au milieu est une question historique.

Comment réviser ce thème

  1. Faites une carte des acteurs : anciens pays industrialisés, émergents, pays vulnérables, entreprises, associations, scientifiques. Pour chacun, ce qu’il demande et ce qu’il refuse.
  2. Tenez deux colonnes d’exemples, le temps long d’un côté, la négociation contemporaine de l’autre. La plupart des sujets en réclament un de chaque.
  3. Entraînez-vous à formuler une contradiction. Le pays des premiers parcs nationaux qui quitte un accord climatique : c’est cette tension que le correcteur attend.

Questions fréquentes

Faut-il connaître la science du climat pour ce thème ?

Il en faut les grandes lignes pour comprendre les débats, mais l’épreuve ne porte pas là-dessus : elle évalue votre analyse des acteurs, des intérêts et des négociations.

Pourquoi les États n’arrivent-ils pas à s’entendre sur le climat ?

Parce qu’aucune autorité ne peut les y contraindre, que responsabilités passées et besoins présents diffèrent, et que les efforts coûtent tout de suite quand les bénéfices profitent même à ceux qui ne font rien.

Qu’est-ce que l’anthropocène ?

Le nom proposé pour une période où les activités humaines modifieraient la planète à l’échelle géologique. Le terme est utile, mais il fait débat, y compris sur sa date de début.

Qu’est-ce que la justice climatique ?

L’idée que les populations les plus exposées au changement climatique sont rarement celles qui ont le plus contribué à le provoquer. C’est l’argument central des pays vulnérables.

Quels exemples utiliser pour le thème de l’environnement ?

Un exemple ancien, forêts ou petit âge glaciaire ; une crise, le Dust Bowl ; une négociation, les conférences climatiques ; et les États-Unis, objet conclusif du thème.

Pour aller plus loin