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HGGSP Révision

Que dit Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 2 citations vérifiées, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Détruire les monuments pris à la monarchie et à l’Église n’abolit pas l’Ancien Régime : cela prive seulement la nation d’un moyen d’instruction. Ces biens n’étant à personne en particulier, ils sont la propriété de tous, et un peuple libre se reconnaît à ce qu’il les conserve.

Elle est développée dans Rapport sur les destructions opérées par le vandalisme et sur les moyens de le réprimer, 31 août 1794.

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Dater le point de départ d’une politique publique de protection en France : elle naît d’une réaction à des destructions, non d’une admiration.
  • Montrer que la valeur d’un bien change quand son propriétaire change : confisqué, il devient national, donc à conserver au nom de tous.
  • Poser que le patrimoine est d’abord conçu comme un instrument d’instruction du citoyen, bien avant d’être une ressource touristique.

Ce qu’on lui oppose

Il n’emploie jamais le mot patrimoine, qui ne prend son sens actuel qu’au XXe siècle : lui attribuer la notion, c’est lire son texte à l’envers. Et la Convention qui le mandate est aussi celle qui a voté des destructions, ce qui interdit d’opposer simplement des révolutionnaires destructeurs et un Grégoire protecteur.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Grégoire, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

Les barbares et les esclaves détestent les sciences et détruisent les monuments des arts, les hommes libres les aiment et les conservent.

L’abbé Grégoire, Rapport sur le vandalisme adressé à la Convention nationale, 1794

La formule lie la conservation à la liberté politique, au moment même où la Révolution abat les emblèmes de la monarchie et de l’Église. Protéger devient ainsi un acte de régime, et la première politique patrimoniale française naît d’une réaction à des destructions, non d’une admiration.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Grégoire n’emploie jamais le mot patrimoine, qui ne prend son sens actuel qu’au XXe siècle. La citation date une politique publique, elle ne date pas la notion. Et la Convention qui le mandate est aussi celle qui a voté des destructions. Grégoire adresse trois rapports sur le vandalisme dans l’année 1794 : on date donc la phrase de 1794, sans lui attribuer un rapport plutôt qu’un autre.

Je créai le mot pour tuer la chose.

L’abbé Grégoire, Mémoires, tome I

Le mot en question est vandalisme, forgé en 1794 pour désigner et flétrir la destruction volontaire des œuvres. Nommer une destruction est déjà une manière de la combattre, et le procédé n’a pas vieilli : les qualifications juridiques employées aujourd’hui contre les atteintes au patrimoine en temps de guerre font le même travail.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le terme est polémique dès l’origine, forgé contre des adversaires politiques. L’employer sans précaution pour décrire un conflit contemporain revient à reprendre un jugement plutôt qu’à établir un fait.

Les notions rattachées à Grégoire

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Patrimoine Ensemble des biens, des lieux et des pratiques qu’une société choisit de conserver et de transmettre parce qu’elle leur reconnaît une valeur commune.
  • Iconoclasme Destruction volontaire d’images, de statues ou d’édifices par ceux qui refusent ce qu’ils représentent, au nom d’une doctrine religieuse ou politique.
  • Bien commun Ressource matérielle ou immatérielle dont l’usage profite à tous et dont la préservation engage l’ensemble d’une société, au-delà des intérêts de son détenteur.
  • Inventaire Recensement méthodique des richesses d’un territoire, qui les décrit et les étudie sans emporter par lui-même de protection juridique.
  • Patrimonialisation Processus par lequel un objet, un lieu ou une pratique ordinaire est reconnu comme digne d’être gardé, puis protégé, montré et transmis.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
PatrimoineLa construction et l’élargissement de la notion de patrimoine : de la transmission entre individus à l’héritage au profit de l’humanitéÉtablir que la notion a changé d’échelle et de contenu, du bien de famille au bien reconnu comme commun, et qu’elle est donc construite et datée.
PatrimoineLa gestion du patrimoine français : évolutions d’une politique publique.Suivre la formation d’un droit et d’une administration du patrimoine, puis le partage de la charge entre l’État, les collectivités territoriales et des financements privés.

Qui écrit, et à quelle époque

Prêtre, député, conventionnel, 1750-1831.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire ?

Détruire les monuments pris à la monarchie et à l’Église n’abolit pas l’Ancien Régime : cela prive seulement la nation d’un moyen d’instruction. Ces biens n’étant à personne en particulier, ils sont la propriété de tous, et un peuple libre se reconnaît à ce qu’il les conserve.

Que peut-on opposer à Grégoire ?

Il n’emploie jamais le mot patrimoine, qui ne prend son sens actuel qu’au XXe siècle : lui attribuer la notion, c’est lire son texte à l’envers. Et la Convention qui le mandate est aussi celle qui a voté des destructions, ce qui interdit d’opposer simplement des révolutionnaires destructeurs et un Grégoire protecteur.

Dans quel thème de HGGSP citer Grégoire ?

La référence sert dans le thème patrimoine. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.

Quelle citation de Grégoire retenir ?

« Les barbares et les esclaves détestent les sciences et détruisent les monuments des arts, les hommes libres les aiment et les conservent. » La formule lie la conservation à la liberté politique, au moment même où la Révolution abat les emblèmes de la monarchie et de l’Église. Protéger devient ainsi un acte de régime, et la première politique patrimoniale française naît d’une réaction à des destructions, non d’une admiration.

Pour aller plus loin