Le lexique de HGGSP : patrimoine
Toutes les notions du thème « Identifier, protéger et valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques », rangées par nature et définies pour être employées en copie. 71 entrées.
À quoi sert ce vocabulaire
Identifier un patrimoine, est-ce déjà le protéger, quand ses usages et sa valorisation nourrissent autant de tensions ?
La précision du vocabulaire est ce qu’un correcteur vérifie en premier, et elle se joue dès l’introduction. Ces définitions sont écrites pour être recopiées telles quelles dans une introduction de dissertation.
Le thème est présenté en entier sur sa page de programme.
Notions
- Acteur Personne, groupe, entreprise, association ou État qui dispose de moyens d’agir sur un espace ou sur une situation, et dont les décisions pèsent assez pour infléchir le cours des choses.
- Attractivité Capacité d’un territoire à faire venir et à retenir des habitants, des entreprises, des visiteurs et des capitaux, par ses équipements, son cadre de vie, son image et les avantages qu’il consent.
- Authenticité Caractère d’un bien dont la matière, la forme et la fonction sont restées conformes à ce qu’elles étaient, condition examinée lors des candidatures internationales.
- Bien commun Ressource matérielle ou immatérielle dont l’usage profite à tous et dont la préservation engage l’ensemble d’une société, au-delà des intérêts de son détenteur.
- Bien culturel Objet, document ou ensemble mobilier auquel un État reconnaît de l’importance pour l’archéologie, l’histoire, la littérature ou l’art, et qu’il protège à ce titre, notamment contre l’exportation.
- Capacité de charge Nombre maximal de visiteurs qu’un lieu peut recevoir en même temps sans que son état, ses équipements ou la vie quotidienne de ses habitants se dégradent.
- Classement Mesure de protection la plus forte du droit français, qui soumet tout travail sur un édifice ou un objet protégé à l’autorisation de l’État.
- Conflit d’usage Opposition entre des acteurs qui veulent affecter un même espace ou un même bien à des fonctions incompatibles entre elles.
- Développement Amélioration durable des conditions de vie d’une population : revenu, santé, instruction, libertés réelles. Il ne se confond pas avec la croissance, qui n’est qu’une augmentation de la production mesurée.
- Diplomatie culturelle Action extérieure par laquelle un État diffuse sa langue, ses arts et son enseignement afin de se rendre attirant et de se ménager des relais à l’étranger.
- Échelle Niveau d’observation choisi pour analyser un fait, du local au mondial, dont le changement fait apparaître des acteurs, des causes et des enjeux que le niveau précédent laissait invisibles.
- Espace protégé Territoire délimité où la loi restreint la chasse, la coupe, l’extraction ou la construction afin de conserver des milieux, des paysages ou des populations d’êtres vivants, sous la surveillance d’un gestionnaire.
- Héritage Ensemble de ce qu’une génération reçoit de celles qui l’ont précédée, biens, savoirs et traces, qu’elle l’ait voulu ou non.
- Histoire Récit du passé établi par une enquête méthodique, à partir de sources critiquées et datées, et soumis à la discussion des chercheurs.
- Iconoclasme Destruction volontaire d’images, de statues ou d’édifices par ceux qui refusent ce qu’ils représentent, au nom d’une doctrine religieuse ou politique.
- Identité Ensemble des traits par lesquels un groupe ou une personne se reconnaît et se distingue des autres, et que le passé sert souvent à fonder.
- Identité nationale Sentiment d’appartenance commune à un même peuple, entretenu par une langue, une histoire enseignée, des monuments et des célébrations partagés.
- Inaliénabilité Règle qui interdit de vendre, de donner ou d’échanger un objet entré dans une collection publique, tant qu’une décision du législateur ne l’en a pas fait sortir.
- Inscription Mesure de protection française de second niveau, qui oblige le propriétaire à déclarer les travaux prévus sur un édifice reconnu d’intérêt suffisant.
- Inventaire Recensement méthodique des richesses d’un territoire, qui les décrit et les étudie sans emporter par lui-même de protection juridique.
- Label Marque officielle attribuée à un lieu, à un produit ou à une pratique par une autorité publique, qui atteste une qualité et sert à la faire connaître.
- Mécénat Soutien financier ou matériel apporté par une entreprise ou un particulier à une action d’intérêt général, sans contrepartie commerciale directe.
- Mémoire Rapport vécu et sélectif qu’un individu ou un groupe entretient avec son passé, chargé d’émotion, et qui se transforme selon les besoins du présent.
- Monument historique Immeuble ou objet mobilier que l’État français protège par une décision officielle, en raison de l’intérêt public qu’il présente du point de vue de l’art ou du passé.
- Patrimoine Ensemble des biens, des lieux et des pratiques qu’une société choisit de conserver et de transmettre parce qu’elle leur reconnaît une valeur commune.
- Patrimoine commun de l’humanité Statut juridique reconnu à certains espaces et à certaines ressources qui échappent à toute appropriation nationale, dont l’exploitation est encadrée et dont les bénéfices doivent profiter à tous les peuples.
- Patrimoine immatériel Ensemble des pratiques, savoir-faire, fêtes et expressions orales qu’une communauté reconnaît comme siens et transmet, sans support physique durable.
- Patrimoine matériel Ensemble des biens physiques hérités du passé, édifices, sites, objets et oeuvres d’art, que l’on peut voir, toucher et localiser.
- Patrimoine mondial Liste tenue par une organisation internationale, sur laquelle sont portés les biens dont la disparition serait une perte pour l’humanité tout entière.
- Patrimoine naturel Sites, formations géologiques et milieux abritant des espèces menacées, protégés pour leur intérêt scientifique, esthétique ou écologique.
- Paysage culturel Portion d’espace façonnée durablement par le travail d’une société sur un milieu, et retenue comme une oeuvre commune des hommes et de la nature.
- Pillage Vol organisé d’objets anciens sur un site archéologique, dans un musée ou dans un édifice de culte, souvent à la faveur d’un conflit.
- Politique publique Ensemble cohérent d’objectifs, de règles, de moyens financiers et d’administrations qu’un pouvoir met en oeuvre dans la durée sur un problème donné, et qui ne se confond pas avec la somme des mesures prises au fil des urgences.
- Puissance Capacité d’un État à imposer sa volonté aux autres, à résister à la leur et à peser sur le cours des affaires du monde.
- Puissance publique L’ensemble des autorités qui détiennent le pouvoir de contraindre au nom de l’intérêt général : gouvernement, administrations, collectivités. Elles seules peuvent interdire, autoriser, taxer ou exproprier, ce qu’aucun acteur privé ne saurait faire.
- Rayonnement culturel Attrait exercé hors de ses frontières par la langue, les arts et les manières de vivre d’un pays, indépendamment de son poids économique ou militaire.
- Site patrimonial remarquable Périmètre urbain ou rural protégé en bloc pour l’intérêt historique et architectural de ses édifices, et soumis à un plan qui encadre les travaux et les constructions.
- Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.
- Surfréquentation Moment où le nombre de visiteurs dépasse ce qu’un site peut recevoir sans s’altérer et sans que la vie de ses habitants s’en trouve désorganisée. Ce seuil n’est pas une donnée physique : il se fixe par une décision, ce qui en fait un objet politique.
- Surtourisme Fréquentation d’un lieu par un nombre de visiteurs supérieur à ce que son espace, ses équipements et ses habitants peuvent supporter.
- Tourisme Déplacement volontaire hors du lieu de vie habituel, pour au moins une nuit et pour l’agrément, la découverte ou le repos, et ensemble des activités économiques qui en vivent.
- Tourisme culturel Forme de voyage d’agrément dont le motif principal est la visite de sites, de monuments, de musées ou de fêtes qui témoignent du passé et des arts d’un lieu.
- Tourisme de masse Forme de déplacement d’agrément pratiquée par un très grand nombre de personnes, organisée en séjours standardisés et concentrée sur quelques périodes de l’année et quelques lieux.
- Trafic Commerce clandestin de biens dont la vente est interdite ou réglementée : ici, objets archéologiques et oeuvres volés ou issus de fouilles illégales, qui rejoignent un marché légal après falsification de leur origine.
- Valeur universelle exceptionnelle Importance culturelle ou naturelle d’un bien jugée si grande qu’elle dépasse les frontières d’un pays et concerne l’humanité présente et à venir.
Processuss
- Aménagement Action d’organiser et d’équiper un espace pour l’adapter à un usage : accès, chemins, bâtiments, signalisation, équipements d’accueil. Le geste rend le lieu praticable et le transforme en même temps, ce qui le rend toujours discutable.
- Aménagement du territoire Action publique qui organise la répartition des équipements, des activités et des populations dans l’espace national afin d’en corriger les déséquilibres.
- Conservation Ensemble des mesures qui maintiennent un bien dans l’état où il se trouve et ralentissent sa dégradation, sans rien reconstituer.
- Décentralisation Transfert par l’État de compétences, de moyens financiers et de responsabilités à des collectivités élues qui disposent d’un budget propre et d’une assemblée délibérante.
- Développement urbain Croissance et transformation d’une ville : bâtir des logements, des bureaux, des équipements et des transports, étendre l’agglomération ou la refaire sur elle-même, ce qui met le neuf au contact du bâti ancien.
- Gentrification Transformation d’un quartier populaire par l’arrivée d’habitants plus aisés, qui fait monter les prix et pousse les anciens résidents au départ.
- Mondialisation Processus d’intégration croissante des économies et des sociétés, par la multiplication des échanges de biens, de capitaux, d’informations et de personnes à l’échelle de la planète.
- Muséification Évolution d’un lieu habité qui, à force d’être protégé et montré aux visiteurs, perd ses fonctions ordinaires et ne vit plus que de sa propre visite.
- Patrimonialisation Processus par lequel un objet, un lieu ou une pratique ordinaire est reconnu comme digne d’être gardé, puis protégé, montré et transmis.
- Patrimonialisation de la nature Processus par lequel une société décide qu’un site, un paysage ou une espèce forme un héritage à conserver et à transmettre, et le soustrait par une règle aux usages ordinaires, en traçant un périmètre et en triant ce qui y reste permis.
- Reconversion Transformation d’un espace ou d’une activité en déclin pour lui donner de nouvelles fonctions économiques, sociales ou culturelles.
- Renouvellement urbain Reconstruction de la ville sur elle-même : on démolit, on réhabilite ou on réaffecte un tissu bâti existant plutôt que d’étendre l’agglomération sur des terres agricoles, ce qui économise le sol et remet en jeu l’héritage bâti.
- Restauration Intervention qui remet un édifice ou une oeuvre dans un état antérieur choisi, en réparant, en consolidant ou en remplaçant ce qui manque.
- Restitution Retour d’un objet culturel à l’État ou à la communauté dont il provient, après un accord, une décision de justice ou une loi.
- Transmission Passage d’un savoir, d’un souvenir ou d’une pratique d’une génération à la suivante, par l’école, la famille, l’archive ou le témoignage ; sans ce relais, un héritage cesse d’exister pour ceux qui viennent après.
- Valorisation Ensemble des actions qui font connaître un bien, le rendent accessible au public et en tirent un bénéfice culturel, symbolique ou économique.
Acteurs
- Architecte des Bâtiments de France Fonctionnaire de l’État qui donne un avis sur les travaux prévus aux abords d’un édifice protégé ou dans un espace ancien préservé.
- Collectivités territoriales Communes, départements et régions, personnes publiques élues qui administrent leur territoire et détiennent une grande part des édifices protégés.
- Propriétaire privé Personne ou entreprise qui détient un édifice protégé, en assume l’entretien et supporte les contraintes attachées à cette protection.
Institutions
- Cour pénale internationale (CPI) Juridiction permanente siégeant à La Haye, née d’un traité, qui juge des individus accusés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’agression. 1998.
- Icomos Organisation non gouvernementale d’experts qui examine les dossiers de candidature culturels et rend un avis à l’instance chargée de décider. 1965.
- Ministère de la Culture Service de l’État français chargé de la protection du patrimoine, du soutien à la création artistique et de l’accès du plus grand nombre aux arts. 1959.
- Unesco Institution spécialisée de l’Organisation des Nations unies chargée de la coopération entre États dans l’éducation, les sciences et la culture. 1945.
Concepts
- Lieu de mémoire Unité matérielle ou immatérielle, monument, date, texte ou personnage, que la volonté des hommes a chargée d’une valeur symbolique où une communauté se reconnaît. Rattaché à Pierre Nora.
- Soft power Capacité d’un État à obtenir des autres qu’ils veuillent la même chose que lui, par l’attrait de son mode de vie, de ses œuvres et de ses valeurs plutôt que par la contrainte. Rattaché à Joseph Nye.
- Tradition inventée Pratique d’apparence ancienne, en réalité établie récemment, qui donne à un groupe le sentiment d’une continuité avec un passé lointain. Rattaché à Eric Hobsbawm.
Ce qu’il ne faut pas confondre
Ces distinctions sont celles qui coûtent le plus de points. Chacune a sa page, où les deux notions sont définies et confrontées.
- Acteur et acteur non étatique : La forme non étatique est une catégorie particulière, définie par ce qu’elle n’est pas : ni État, ni organisation créée par des États.
- Acteur et acteur privé : Le caractère privé dit qui possède et qui décide ; le mot seul ne préjuge de rien, un ministère y entre au même titre qu’une entreprise ou une association.
- Aménagement et aménagement du territoire : Le second est une politique nationale de répartition des activités entre régions ; le premier est le geste local d’équiper un lieu, et il se pratique sur un massif ou sur un monument.
- Aménagement et valorisation : La seconde vise à faire voir et comprendre un bien ; le premier n’est que le moyen matériel d’y parvenir, et il peut aussi servir la production ou la sécurité.
- Aménagement du territoire et reconversion : La première notion désigne l’organisation d’ensemble d’un pays ou d’une région ; la seconde désigne ce qu’on fait d’un site précis dont l’activité s’est arrêtée.
- Aménagement du territoire et conflit d’usage : L’une est la politique qui répartit les fonctions dans l’espace, l’autre l’opposition qui naît quand deux fonctions incompatibles visent le même lieu.
- Architecte des Bâtiments de France et collectivités territoriales : Le permis est délivré par le maire, mais un avis de l’État s’impose à lui dans le périmètre protégé, ce qui crée bien des tensions locales.
- Architecte des Bâtiments de France et ministère de la culture : La règle est nationale ; son application au cas par cas, sur un projet de fenêtre ou d’enseigne, relève de cet agent en région.
- Attractivité et soft power : Le second s’exerce entre puissances et vise des comportements politiques ; la première vise des flux d’habitants, d’entreprises et de visiteurs sur un territoire.
- Attractivité et rayonnement culturel : Le second est une notoriété, qui peut être forte sans aucune conséquence économique ; la première se mesure à des arrivées et à des implantations.
- Authenticité et restauration : Une intervention lourde peut faire perdre au bien ce caractère : rebâtir à l’identique ne rend pas la matière d’origine.
- Authenticité et tradition inventée : Pour un objet, la question porte sur la matière conservée ; pour une pratique, elle porte sur la date réelle de son apparition.
- Bien commun et patrimoine : Tout ce qui est protégé n’est pas partagé : un édifice privé protégé reste à son détenteur, même si sa préservation intéresse tout le monde.
- Bien commun et souveraineté : Dire qu’un site concerne l’humanité entière ne le soustrait pas au droit de l’État sur le territoire duquel il se trouve.
- Bien commun et propriété intellectuelle : Le premier suppose un accès partagé sous conditions ; la seconde organise l’exclusion de tous au profit d’un titulaire.
- Bien commun et science ouverte : Le premier est une manière de qualifier une ressource ; la seconde est le mouvement concret qui applique cette idée aux savoirs.
- Bien culturel et monument historique : L’un est mobile et peut franchir une frontière, ce qui explique tout le droit du trafic et de la restitution ; l’autre est attaché au sol et relève du droit de l’urbanisme.
- Bien culturel et patrimoine matériel : La catégorie juridique désigne les objets qu’un État protège et fait circuler sous conditions ; la catégorie descriptive englobe tout ce qui est tangible, immeubles compris.
- Capacité de charge et surtourisme : L’un est un seuil que l’on estime pour décider d’une politique ; l’autre est la situation dans laquelle ce seuil est dépassé.
- Classement et inscription : Le degré fort exige une autorisation avant tout travail ; le degré moindre n’impose qu’une déclaration préalable au représentant de l’État.
- Classement et inventaire : L’un décrit et étudie sans rien imposer ; l’autre protège et contraint le propriétaire.
- Collectivités territoriales et ministère de la culture : La protection est décidée par l’État, mais la propriété, l’entretien et une bonne part du financement reposent sur les élus locaux.
- Collectivités territoriales et mécénat : Les unes agissent avec de l’argent public et rendent des comptes aux électeurs ; l’autre est un apport privé, libre de son choix.
- Conflit d’usage et surtourisme : Le nombre de visiteurs n’est qu’un cas parmi d’autres : le logement, le bureau, la circulation et la protection s’opposent aussi sur le même espace.
- Conservation et restauration : D’un côté on maintient l’état existant ; de l’autre on intervient pour revenir à un état antérieur, ce qui suppose un choix toujours discutable.
Questions fréquentes
Quelles notions faut-il connaître sur patrimoine ?
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Faut-il apprendre les définitions par coeur ?
Il faut pouvoir les écrire sans hésiter en introduction, ce qui n’est pas la même chose que les réciter. Une définition sue à peu près se voit immédiatement dans une copie.
Pour aller plus loin
- Le lexique complet Les onze thèmes du programme.