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Les citations à connaître : patrimoine

Les citations du thème « Identifier, protéger et valoriser le patrimoine : enjeux géopolitiques », rangées par ce qu’elles servent à faire dans une copie, avec pour chacune sa source et l’amorce qui la relie au sujet. 18 entrées vérifiées.

Ce qui compte n’est pas la citation, c’est l’amorce

Une citation ne rapporte aucun point par elle-même. Ce qui en rapporte, c’est la phrase qui la suit : celle qui dit pourquoi elle est là et ce que le sujet en fait. Chaque citation ci-dessous est donc donnée avec son amorce, déjà écrite.

Une citation posée sans lien avec le sujet est un ornement, et le correcteur la sanctionne : il y voit un élève qui a appris une phrase et qui cherche où la caser. Mieux vaut aucune citation qu’une citation plaquée.

Toutes les formulations ci-dessous ont été confrontées à une source, et la source est donnée. En cas de doute sur les mots exacts, écrivez l’idée sans les guillemets : une citation approximative, ou mise dans la bouche du mauvais auteur, est la faute qu’un correcteur voit le plus vite.

Identifier un patrimoine, est-ce déjà le protéger, quand ses usages et sa valorisation nourrissent autant de tensions ?

Pour ouvrir une introduction

Ces citations se placent en première phrase. Posez le texte, puis reliez-le au sujet dès la phrase suivante : c’est ce lien que le correcteur attend, et il ne se devine pas.

Le mot et la chose sont modernes.

Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, tome 8, article « Restauration », 1866

Six mots suffisent à dater une pratique que l’on croit de toujours. Rétablir un édifice ancien au lieu de le laisser vieillir, de le remployer ou de le remplacer est un geste du XIXe siècle. La protection du patrimoine a donc une naissance, des promoteurs et des doctrines rivales, ce qui la rend discutable et non évidente.

Ce que soutient Eugène Viollet-le-Duc par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La phrase ouvre un article de dictionnaire, pas un manifeste. Viollet-le-Duc ne dit pas que la restauration est illégitime parce qu’elle est récente : il constate qu’elle est neuve, puis en donne aussitôt une définition très large qui autorise son propre travail.

Le patrimoine s’entend, au sens du présent code, de l’ensemble des biens, immobiliers ou mobiliers, relevant de la propriété publique ou privée, qui présentent un intérêt historique, artistique, archéologique, esthétique, scientifique ou technique.

Code du patrimoine, Article L1

La définition légale n’exige ni ancienneté ni beauté : elle demande un intérêt, dont la liste est longue et comprend le technique. C’est ce mot qui a ouvert la protection aux chevalements, aux terrils et aux cités du bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais, objets qu’aucune définition patrimoniale du XIXe siècle n’aurait retenus.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Un texte de droit dit ce qui peut être protégé, non ce qui l’est. Entre l’intérêt que reconnaît la loi et le classement effectif, il y a une procédure, une commission et un budget, et c’est là que se décide le sort d’un bien.

Au cours de ces années [1980], la vague patrimoniale, en phase avec celle de la mémoire, a pris de plus en plus d’ampleur jusqu’à tendre vers cette limite que serait le “tout-patrimoine”.

François Hartog, Régimes d’historicité, 2003

L’élargissement de la protection n’est pas un goût d’époque. Il traduit un rapport au temps où le présent, incertain de son avenir, garde tout ce qui passe. Cela explique que des lavoirs, des usines et des savoir-faire soient entrés en quelques décennies dans un domaine longtemps réservé au château et à l’église.

Ce que soutient François Hartog par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La thèse cadre un devoir, elle ne le démontre pas. Elle n’explique pas pourquoi tel bien est protégé et tel autre non, question à laquelle seuls des acteurs et des procédures identifiés répondent. Une copie qui s’en contente reste au commentaire général.

Les barbares et les esclaves détestent les sciences et détruisent les monuments des arts, les hommes libres les aiment et les conservent.

L’abbé Grégoire, Rapport sur le vandalisme adressé à la Convention nationale, 1794

La formule lie la conservation à la liberté politique, au moment même où la Révolution abat les emblèmes de la monarchie et de l’Église. Protéger devient ainsi un acte de régime, et la première politique patrimoniale française naît d’une réaction à des destructions, non d’une admiration.

Ce que soutient Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Grégoire n’emploie jamais le mot patrimoine, qui ne prend son sens actuel qu’au XXe siècle. La citation date une politique publique, elle ne date pas la notion. Et la Convention qui le mandate est aussi celle qui a voté des destructions. Grégoire adresse trois rapports sur le vandalisme dans l’année 1794 : on date donc la phrase de 1794, sans lui attribuer un rapport plutôt qu’un autre.

Je créai le mot pour tuer la chose.

L’abbé Grégoire, Mémoires, tome I

Le mot en question est vandalisme, forgé en 1794 pour désigner et flétrir la destruction volontaire des œuvres. Nommer une destruction est déjà une manière de la combattre, et le procédé n’a pas vieilli : les qualifications juridiques employées aujourd’hui contre les atteintes au patrimoine en temps de guerre font le même travail.

Ce que soutient Henri Grégoire, dit l’abbé Grégoire par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le terme est polémique dès l’origine, forgé contre des adversaires politiques. L’employer sans précaution pour décrire un conflit contemporain revient à reprendre un jugement plutôt qu’à établir un fait.

Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous.

Victor Hugo, Guerre aux démolisseurs, Revue des Deux Mondes, 1832

Hugo sépare deux droits sur un même mur, et de cette séparation naît toute politique de protection : si la beauté d’un immeuble appartient à tous, la collectivité peut limiter ce que son propriétaire en fait. La loi de 1913, qui permet de classer un immeuble sans l’accord de son propriétaire, en tire la conséquence.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Hugo plaide, il ne décrit pas un état du droit. À sa date, aucune loi ne protège l’édifice ordinaire, et ce sont précisément ses pamphlets qui contribuent à faire naître ce principe.

Avoir accompli cette œuvre, c’est avoir été grand comme roi et impartial comme philosophe ; c’est avoir fait un monument national d’un monument monarchique ; c’est avoir mis une idée immense dans un immense édifice.

Victor Hugo, Choses vues, sur l’inauguration du musée de Versailles en 1837

Hugo dit en une phrase ce que fait Louis-Philippe : il ne restaure pas un château, il en change la signification. Versailles cesse d’être la maison d’une dynastie pour devenir le musée d’une nation réconciliée avec elle-même. C’est bien la mémoire que l’on réaménage, non les murs.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le propos est celui d’un invité de l’inauguration, et il sert la légitimité du roi des Français. Il faut le lire comme une pièce du dispositif, non comme un jugement porté de l’extérieur sur lui.

Il y a entre les deux hommes la différence qui sépare l’amateur éclairé du spéculateur.

François Queyrel, Le Parthénon. Un monument dans l’Histoire, Bartillat, 2008

Les deux hommes sont Choiseul-Gouffier et lord Elgin, tous deux ambassadeurs auprès du sultan et tous deux amateurs d’art grec. Ce qui les sépare n’est pas l’intention affichée mais le résultat : un monument endommagé d’un côté, un profit recherché de l’autre. Le jugement porté sur l’acquisition se distingue ainsi du titre de propriété invoqué.

Ce que soutient François Queyrel par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Établir les torts du XIXe siècle ne règle pas le contentieux du XXIe. Le droit applicable, les conditions de conservation et le précédent créé pour d’autres collections sont des arguments distincts, qu’une copie doit tenir séparés.

Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France. Il y a des explications historiques à cela mais il n’y a pas de justification valable, durable et inconditionnelle, le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens.

Emmanuel Macron, Discours à l’université de Ouagadougou, 28 novembre 2017

Un chef d’État reconnaît ici qu’une collection peut être détenue légalement et rester contestée. Le conflit sur les frises du Parthénon obéit à la même logique : la discussion s’est déplacée du titre de propriété vers les conditions de l’acquisition, puis vers l’usage diplomatique que chaque partie fait de la restitution.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le discours porte sur les collections africaines conservées en France, non sur les marbres du Parthénon. On l’emploie comme terme de comparaison, jamais comme une prise de position sur le contentieux entre la Grèce et le Royaume-Uni.

La notion de patrimoine urbain historique s’est constituée à contre-courant du processus d’urbanisation dominant.

Françoise Choay, L’Allégorie du patrimoine, 1992

La ville ancienne n’a été reconnue comme patrimoine qu’au moment où l’urbanisme entreprenait de la remplacer. Protéger et aménager ne sont donc pas deux politiques séparées qui se croiseraient par accident : l’une est née contre l’autre, et Paris en offre le terrain le plus visible.

Ce que soutient Françoise Choay par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Choay n’oppose pas un urbanisme destructeur à une protection vertueuse : elle soutient que les deux aventures sont solidaires. Elle reproche par ailleurs à l’extension continue de la protection de vider la notion de son pouvoir de désigner.

L’altérité de Venise a continué à fonctionner comme un puissant facteur d’attraction pour toutes les classes sociales.

Andrea Zannini, Il turismo a Venezia dal secondo dopoguerra ad oggi, revue Laboratoire italien, 2014, dans la traduction française donnée par la ressource Éduscol du thème

Ce qui attire à Venise n’est pas seulement une accumulation de monuments, c’est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Le patrimoine y est donc à la fois la ressource qui fait vivre la cité et la raison pour laquelle elle se vide de ses habitants, les logements devenant des locations de vacances et les palais des hôtels.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La citation explique l’attraction, elle ne juge pas le tourisme. Le sujet attend une balance : les recettes et l’emploi d’un côté, l’usure des lieux et le départ des résidents de l’autre. Juger en bloc est la faute la plus répandue sur ce jalon.

Les atteintes portées aux biens culturels, à quelque peuple qu’ils appartiennent, constituent des atteintes au patrimoine culturel de l’humanité entière, étant donné que chaque peuple apporte sa contribution à la culture mondiale.

Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, La Haye, 14 mai 1954, préambule

Le texte est écrit au lendemain des destructions de la Seconde Guerre mondiale, et il fait d’une atteinte locale une atteinte à tous. Ce raisonnement fonde encore la mobilisation internationale au Mali, où des biens détruits au cours d’un conflit interne ont été traités comme une perte pour la communauté internationale entière.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La convention réserve une dérogation en cas de nécessité militaire impérative. Elle protège les biens culturels, elle ne les rend pas intouchables, et un second protocole, en 1999, en a précisé les conditions.

avoir dirigé intentionnellement des attaques contre des bâtiments à caractère religieux et historique à Tombouctou

Cour pénale internationale, Jugement du 27 septembre 2016, affaire Ahmad al-Faqi al-Mahdi

Ce sont les termes du chef retenu par la Cour pénale internationale en 2016, après la destruction de mausolées et de la porte d’une mosquée à Tombouctou. Pour la première fois, une atteinte à des biens culturels était jugée comme un crime de guerre en elle-même, et non comme le dommage accessoire d’une opération militaire.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La condamnation vise la destruction de biens, non l’ensemble des faits reprochés au groupe armé. Elle ne dit rien du sort des personnes, et une copie qui en fait le procès du conflit malien se trompe d’objet.

On entend par « patrimoine culturel immatériel » les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire […] que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.

Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, Unesco, 17 octobre 2003, article 2, paragraphe 1

Le critère décisif n’est pas l’ancienneté d’une pratique mais sa reconnaissance par ceux qui la vivent. Le repas gastronomique des Français en relève : ce qui est inscrit n’est pas une cuisine ni une liste de plats, c’est un usage social que ceux qui le pratiquent reconnaissent comme le leur.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La liste du patrimoine culturel immatériel relève de cette convention de 2003, et non de celle de 1972 qui institue la liste du patrimoine mondial. Deux textes, deux procédures, deux listes : les confondre est le contresens le plus fréquent sur ce thème.

Pour poser une notion avec l’autorité d’un auteur

Ces citations ne remplacent pas une définition, elles la prolongent. Définissez d’abord avec vos mots, citez ensuite : l’inverse donne une copie qui récite sans comprendre.

Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné.

Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, tome 8, article « Restauration », 1866

La définition est franche : restaurer produit un état du monument, cela ne le retrouve pas. Toute copie qui parle d’authenticité doit donc commencer par admettre que ce que le visiteur prend pour du Moyen Âge date souvent du XIXe siècle, de la cité de Carcassonne à la flèche de Notre-Dame de Paris.

Ce que soutient Eugène Viollet-le-Duc par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : On la cite volontiers pour condamner son auteur, alors qu’il l’écrit pour justifier sa méthode. La critique est venue d’ailleurs, des doctrines de conservation postérieures, qui prescrivent de consolider et de rendre l’ajout reconnaissable plutôt que de compléter d’après une hypothèse.

Dans toute société le patrimoine se reconnaît au fait que sa perte constitue un sacrifice et que sa conservation suppose des sacrifices.

Jean-Pierre Babelon et André Chastel, La notion de patrimoine, 1980

La définition déplace la question : ce qui fait un patrimoine n’est pas l’âge d’un bien, c’est le prix qu’une société accepte de payer pour le garder. Le sujet cesse alors d’être une affaire de goût pour devenir un problème d’arbitrage, entre des budgets, des usages du sol et des habitants.

Ce que soutient André Chastel par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Mesurer le patrimoine au sacrifice consenti avantage les sociétés qui peuvent payer. Un État dont la protection dépend d’une aide extérieure n’a pas moins de biens à garder, il a moins de moyens de les tenir.

En respectant pleinement la souveraineté des États sur le territoire desquels est situé le patrimoine culturel et naturel visé aux articles 1 et 2, et sans préjudice des droits réels prévus par la législation nationale sur ledit patrimoine, les États parties à la présente Convention reconnaissent qu’il constitue un patrimoine universel pour la protection duquel la communauté internationale tout entière, a le devoir de coopérer.

Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, Unesco, 16 novembre 1972, article 6, paragraphe 1

Le texte pose les deux termes du problème dans une seule phrase : la souveraineté de l’État demeure entière, et le bien est pourtant reconnu comme universel. Toute la difficulté du patrimoine mondial tient dans cet écart, entre un devoir de coopérer et l’absence de tout pouvoir de contrainte.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La convention ne transfère ni propriété ni compétence. L’Unesco n’est ni propriétaire ni gestionnaire des sites : l’inscription est demandée par l’État sur le territoire duquel se trouve le bien, et c’est à lui que la protection revient.

Chacun des États parties à la présente Convention reconnaît que l’obligation d’assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel et naturel visé aux articles 1 et 2 et situé sur son territoire, lui incombe au premier chef.

Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, Unesco, 16 novembre 1972, article 4

La charge revient d’abord à l’État sur le territoire duquel le bien se trouve. C’est la réponse la plus économique à l’erreur la plus répandue sur ce thème, celle qui fait de l’Unesco la gardienne des sites, et c’est aussi ce qui explique qu’un État sans moyens dépende ensuite d’une assistance extérieure.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’article se poursuit en prévoyant l’assistance et la coopération internationales. Il institue une responsabilité première, non une responsabilité exclusive : lire « au premier chef » comme « seul » fausse le raisonnement.

Ces citations savent aussi poser une notion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « Le patrimoine s’entend, au sens du présent code, de l’ensemble des biens, immobiliers ou mobiliers, relevant de la propriété publique ou privée, qui présentent un intérêt historique, artistique, archéologique, esthétique, scientifique ou technique. » Code du patrimoine.
  • « On entend par « patrimoine culturel immatériel » les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire […] que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. » Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Pour formuler la tension du sujet

Ces citations disent un paradoxe. Elles servent à écrire la problématique, et non à l’illustrer une fois qu’elle est posée.

Ces citations savent aussi formuler une tension. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « Le mot et la chose sont modernes. » Eugène Viollet-le-Duc.
  • « Restaurer un édifice, ce n’est pas l’entretenir, le réparer ou le refaire, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé à un moment donné. » Eugène Viollet-le-Duc.
  • « Dans toute société le patrimoine se reconnaît au fait que sa perte constitue un sacrifice et que sa conservation suppose des sacrifices. » Jean-Pierre Babelon et André Chastel.
  • « Je créai le mot pour tuer la chose. » L’abbé Grégoire.
  • « Il y a deux choses dans un édifice : son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde, à vous, à moi, à nous tous. » Victor Hugo.
  • « Il y a entre les deux hommes la différence qui sépare l’amateur éclairé du spéculateur. » François Queyrel.
  • « La notion de patrimoine urbain historique s’est constituée à contre-courant du processus d’urbanisation dominant. » Françoise Choay.
  • « L’altérité de Venise a continué à fonctionner comme un puissant facteur d’attraction pour toutes les classes sociales. » Andrea Zannini.
  • « Les atteintes portées aux biens culturels, à quelque peuple qu’ils appartiennent, constituent des atteintes au patrimoine culturel de l’humanité entière, étant donné que chaque peuple apporte sa contribution à la culture mondiale. » Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.
  • « avoir dirigé intentionnellement des attaques contre des bâtiments à caractère religieux et historique à Tombouctou » Cour pénale internationale.
  • « En respectant pleinement la souveraineté des États sur le territoire desquels est situé le patrimoine culturel et naturel visé aux articles 1 et 2, et sans préjudice des droits réels prévus par la législation nationale sur ledit patrimoine, les États parties à la présente Convention reconnaissent qu’il constitue un patrimoine universel pour la protection duquel la communauté internationale tout entière, a le devoir de coopérer. » Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel.

Pour fermer une conclusion sans pirouette

Ces citations ouvrent sur une question voisine, jamais sur une morale. Une conclusion qui élargit vers un problème réel vaut mieux qu’une conclusion qui commente le monde.

Ces citations savent aussi fermer une conclusion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « Au cours de ces années [1980], la vague patrimoniale, en phase avec celle de la mémoire, a pris de plus en plus d’ampleur jusqu’à tendre vers cette limite que serait le “tout-patrimoine”. » François Hartog.
  • « Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France. Il y a des explications historiques à cela mais il n’y a pas de justification valable, durable et inconditionnelle, le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens. » Emmanuel Macron.

Les auteurs de ce thème

Une citation se cite mieux quand on sait ce que son auteur soutient par ailleurs. Chaque page donne la thèse, ce qu’elle démontre et ce qu’on lui oppose.

Questions fréquentes

Quelle citation utiliser sur patrimoine ?

Celle dont vous savez dire pourquoi vous la posez. Ce thème en compte 18 de vérifiées, rangées selon qu’elles ouvrent une introduction, posent une notion, formulent la tension du sujet ou ferment une conclusion.

Faut-il citer un auteur en dissertation de HGGSP ?

Ce n’est jamais obligatoire, et une copie sans citation peut obtenir la meilleure note. Une citation reliée au sujet en une phrase valorise la copie ; une citation plaquée la dessert.

Où placer une citation dans une copie ?

En première phrase d’introduction, pour ouvrir ; au seuil d’une partie, pour poser la notion qu’elle va traiter ; en conclusion, pour élargir. Jamais au milieu d’un paragraphe, où elle interrompt la démonstration au lieu de la servir.

Comment savoir si une citation est exacte ?

En la lisant dans son texte source, et non dans un recueil. Les citations de ce site ont été confrontées à un texte officiel, à la ressource d’accompagnement du programme ou à une édition dont le traducteur est nommé. Dans le doute, écrivez l’idée sans les guillemets.

Pour aller plus loin