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HGGSP Révision

Que dit André Chastel ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient André Chastel, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Une société ne se reconnaît un patrimoine qu’au prix qu’elle accepte de payer : sa perte lui coûterait, et sa conservation lui coûte aussi. La notion s’est formée en France par couches successives, religieuse, monarchique et familiale d’abord, nationale, administrative et savante ensuite.

Elle est développée dans La notion de patrimoine, avec Jean-Pierre Babelon, Liana Levi, 1980.

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Ouvrir l’axe des tensions : protéger n’est pas un principe abstrait, c’est un arbitrage budgétaire et un renoncement à d’autres usages du même espace.
  • Montrer que le mot a changé de contenu avant de changer d’échelle : il a désigné le bien de famille avant de désigner le bien de la nation.
  • Justifier que l’on raisonne en acteurs et en coûts plutôt qu’en valeur intrinsèque.

Ce qu’on lui oppose

Mesurer le patrimoine au sacrifice consenti avantage les sociétés riches : un État qui ne peut pas payer n’a pas moins de biens à garder, il a moins de moyens de les tenir. La formule décrit mieux la France que les pays où la protection dépend d’une aide internationale.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Chastel, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

Dans toute société le patrimoine se reconnaît au fait que sa perte constitue un sacrifice et que sa conservation suppose des sacrifices.

Jean-Pierre Babelon et André Chastel, La notion de patrimoine, 1980

La définition déplace la question : ce qui fait un patrimoine n’est pas l’âge d’un bien, c’est le prix qu’une société accepte de payer pour le garder. Le sujet cesse alors d’être une affaire de goût pour devenir un problème d’arbitrage, entre des budgets, des usages du sol et des habitants.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Mesurer le patrimoine au sacrifice consenti avantage les sociétés qui peuvent payer. Un État dont la protection dépend d’une aide extérieure n’a pas moins de biens à garder, il a moins de moyens de les tenir.

Les notions rattachées à Chastel

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Patrimoine Ensemble des biens, des lieux et des pratiques qu’une société choisit de conserver et de transmettre parce qu’elle leur reconnaît une valeur commune.
  • Héritage Ensemble de ce qu’une génération reçoit de celles qui l’ont précédée, biens, savoirs et traces, qu’elle l’ait voulu ou non.
  • Conservation Ensemble des mesures qui maintiennent un bien dans l’état où il se trouve et ralentissent sa dégradation, sans rien reconstituer.
  • Conflit d’usage Opposition entre des acteurs qui veulent affecter un même espace ou un même bien à des fonctions incompatibles entre elles.
  • Patrimonialisation Processus par lequel un objet, un lieu ou une pratique ordinaire est reconnu comme digne d’être gardé, puis protégé, montré et transmis.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
PatrimoineLa construction et l’élargissement de la notion de patrimoine : de la transmission entre individus à l’héritage au profit de l’humanitéÉtablir que la notion a changé d’échelle et de contenu, du bien de famille au bien reconnu comme commun, et qu’elle est donc construite et datée.
PatrimoineLe tourisme culturel, entre valorisation et protection. Venise, entre valorisation touristique et protection du patrimoine.Peser ce que la fréquentation touristique apporte au financement d’un site et ce qu’elle lui coûte, en usure des lieux, en logement et en vie des habitants.
PatrimoineUrbanisation, développement économique et préservation du patrimoine. Paris entre protection et nouvel urbanisme.Montrer que protéger un tissu urbain ancien entre en concurrence avec les besoins de logement, de bureaux et de transport, et que l’arbitrage passe par la règle d’urbanisme.

Qui écrit, et à quelle époque

Historien de l’art, 1912-1990.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit André Chastel ?

Une société ne se reconnaît un patrimoine qu’au prix qu’elle accepte de payer : sa perte lui coûterait, et sa conservation lui coûte aussi. La notion s’est formée en France par couches successives, religieuse, monarchique et familiale d’abord, nationale, administrative et savante ensuite.

Que peut-on opposer à Chastel ?

Mesurer le patrimoine au sacrifice consenti avantage les sociétés riches : un État qui ne peut pas payer n’a pas moins de biens à garder, il a moins de moyens de les tenir. La formule décrit mieux la France que les pays où la protection dépend d’une aide internationale.

Dans quel thème de HGGSP citer Chastel ?

La référence sert dans le thème patrimoine. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.

Quelle citation de Chastel retenir ?

« Dans toute société le patrimoine se reconnaît au fait que sa perte constitue un sacrifice et que sa conservation suppose des sacrifices. » La définition déplace la question : ce qui fait un patrimoine n’est pas l’âge d’un bien, c’est le prix qu’une société accepte de payer pour le garder. Le sujet cesse alors d’être une affaire de goût pour devenir un problème d’arbitrage, entre des budgets, des usages du sol et des habitants.

Pour aller plus loin