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HGGSP Révision

Que dit François Hartog ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient François Hartog, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Chaque société articule à sa façon le passé, le présent et l’avenir : c’est ce qu’il appelle un régime d’historicité. Depuis la fin du XXe siècle domine le présentisme, un rapport au temps où le présent s’étend, où l’avenir cesse d’orienter le récit, et où l’on se tourne vers la préservation, le patrimoine et la commémoration.

Elle est développée dans Régimes d’historicité. Présentisme et expériences du temps, 2003.

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Expliquer pourquoi les commémorations, les mémoriaux et les demandes de reconnaissance se multiplient à partir des années 1970 et 1980.
  • Replacer la montée des questions mémorielles dans une transformation générale du rapport au temps, et non dans la seule actualité politique.
  • Donner à une conclusion une ouverture qui ne soit pas une formule creuse.
  • Expliquer l’accélération de la protection depuis les années 1980 par un rapport au temps, et non par un goût ou une mode.
  • Relier le thème du patrimoine à celui des mémoires : les deux inflations sont contemporaines et procèdent du même mouvement.
  • Fermer une conclusion sur ce que le fait de tout conserver dit d’une société incertaine de son avenir.

Ce qu’on lui oppose

Le diagnostic est large et difficile à établir sur des faits précis. On peut lui opposer que commémorer est justement un rapport actif au passé, et que l’essor des travaux d’historiens sur les périodes les plus sombres ne signale pas un présent refermé sur lui-même.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Hartog, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

Au cours de ces années [1980], la vague patrimoniale, en phase avec celle de la mémoire, a pris de plus en plus d’ampleur jusqu’à tendre vers cette limite que serait le “tout-patrimoine”.

François Hartog, Régimes d’historicité, 2003

L’élargissement de la protection n’est pas un goût d’époque. Il traduit un rapport au temps où le présent, incertain de son avenir, garde tout ce qui passe. Cela explique que des lavoirs, des usines et des savoir-faire soient entrés en quelques décennies dans un domaine longtemps réservé au château et à l’église.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La thèse cadre un devoir, elle ne le démontre pas. Elle n’explique pas pourquoi tel bien est protégé et tel autre non, question à laquelle seuls des acteurs et des procédures identifiés répondent. Une copie qui s’en contente reste au commentaire général.

Les notions rattachées à Hartog

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Mémoire Rapport vécu et sélectif qu’un individu ou un groupe entretient avec son passé, chargé d’émotion, et qui se transforme selon les besoins du présent.
  • Histoire Récit du passé établi par une enquête méthodique, à partir de sources critiquées et datées, et soumis à la discussion des chercheurs.
  • Commémoration Cérémonie publique et répétée par laquelle une collectivité rappelle un événement de son passé et affirme le sens qu’elle veut lui donner.
  • Devoir de mémoire Obligation morale, portée par des associations puis reprise par des États, de se souvenir des victimes d’un crime de masse et de transmettre ce qui leur est arrivé.
  • Patrimoine Ensemble des biens, des lieux et des pratiques qu’une société choisit de conserver et de transmettre parce qu’elle leur reconnaît une valeur commune.
  • Patrimonialisation Processus par lequel un objet, un lieu ou une pratique ordinaire est reconnu comme digne d’être gardé, puis protégé, montré et transmis.
  • Muséification Évolution d’un lieu habité qui, à force d’être protégé et montré aux visiteurs, perd ses fonctions ordinaires et ne vit plus que de sa propre visite.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Histoire et mémoiresLa différence entre histoire et mémoirePoser la distinction sans laquelle tout le reste du thème se dérègle : d’un côté un récit soumis à la critique des sources et au débat savant, de l’autre un rapport au passé vécu, sélectif et pluriel.
PatrimoineLa construction et l’élargissement de la notion de patrimoine : de la transmission entre individus à l’héritage au profit de l’humanitéÉtablir que la notion a changé d’échelle et de contenu, du bien de famille au bien reconnu comme commun, et qu’elle est donc construite et datée.
PatrimoineLa gestion du patrimoine français : évolutions d’une politique publique.Suivre la formation d’un droit et d’une administration du patrimoine, puis le partage de la charge entre l’État, les collectivités territoriales et des financements privés.

Qui écrit, et à quelle époque

Historien français, né en 1946.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit François Hartog ?

Chaque société articule à sa façon le passé, le présent et l’avenir : c’est ce qu’il appelle un régime d’historicité. Depuis la fin du XXe siècle domine le présentisme, un rapport au temps où le présent s’étend, où l’avenir cesse d’orienter le récit, et où l’on se tourne vers la préservation, le patrimoine et la commémoration.

Que peut-on opposer à Hartog ?

Le diagnostic est large et difficile à établir sur des faits précis. On peut lui opposer que commémorer est justement un rapport actif au passé, et que l’essor des travaux d’historiens sur les périodes les plus sombres ne signale pas un présent refermé sur lui-même.

Dans quel thème de HGGSP citer Hartog ?

La référence sert dans les thèmes histoire et mémoires, patrimoine. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.

Quelle citation de Hartog retenir ?

« Au cours de ces années [1980], la vague patrimoniale, en phase avec celle de la mémoire, a pris de plus en plus d’ampleur jusqu’à tendre vers cette limite que serait le “tout-patrimoine”. » L’élargissement de la protection n’est pas un goût d’époque. Il traduit un rapport au temps où le présent, incertain de son avenir, garde tout ce qui passe. Cela explique que des lavoirs, des usines et des savoir-faire soient entrés en quelques décennies dans un domaine longtemps réservé au château et à l’église.

Pour aller plus loin