Que dit Annette Wieviorka ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose
Ce que soutient Annette Wieviorka, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.
Sa thèse
Le procès Eichmann, en 1961, ouvre ce qu’elle nomme l’ère du témoin : la parole des survivants, longtemps peu écoutée, devient centrale dans la connaissance du génocide et plus encore dans sa transmission, jusqu’à faire du témoin une figure sociale.
Elle est développée dans L’Ère du témoin, 1998.
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Dater et expliquer le moment où la mémoire du génocide devient publique, au lieu de la supposer présente dès 1945.
- Poser la question de la valeur du témoignage pour l’historien : source irremplaçable, il se critique comme toute autre source.
- Interroger ce que la littérature et le cinéma apportent à la connaissance de ce passé, et ce qu’ils ne peuvent pas remplacer.
Ce qu’on lui oppose
On peut lui opposer que le recueil des témoignages a fait progresser la recherche autant que la transmission, et que l’expression risque de laisser croire à un excès de parole là où, pendant des décennies, c’est le silence qui a dominé.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les citations de Wieviorka, vérifiées
Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.
Quand le romancier s’attaque à l’histoire, il a le droit d’en faire ce qu’il veut, mais cela n’a d’intérêt que s’il nous dévoile une vérité qui échappe à l’historien
Annette Wieviorka, Formule citée par la fiche ressource Éduscol du thème, à propos du roman Jan Karski de Yannick Haenel
La question n’est donc pas de savoir si un roman ou un film a le droit de s’écarter des faits, mais ce qu’il atteint que l’enquête historique n’atteint pas. C’est le seul critère qui permette de discuter une œuvre sans la corriger comme un manuel.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La phrase ne condamne pas la fiction. Elle refuse seulement qu’on lui demande de tenir le rôle d’une démonstration historique.
Les notions rattachées à Wieviorka
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Témoignage Récit que fait une personne de ce qu’elle a vécu ou vu, et que le chercheur traite comme une source, avec ses apports et ses limites.
- Témoin Personne qui a vécu ou vu un événement et qui en rend compte, devant un tribunal, une caméra ou un chercheur, à partir de ce qu’elle a gardé en mémoire.
- Shoah Mot hébreu signifiant catastrophe, employé pour désigner l’extermination des Juifs d’Europe organisée par le régime nazi et ses complices.
- Devoir de mémoire Obligation morale, portée par des associations puis reprise par des États, de se souvenir des victimes d’un crime de masse et de transmettre ce qui leur est arrivé.
- Mémorialisation Processus par lequel un événement se fixe dans des monuments, des musées, des plaques et des sites aménagés pour être vus et visités.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| Histoire et mémoires | Juger les crimes nazis après Nuremberg | Montrer que les procès postérieurs au premier grand procès international ont fait avancer le droit, mais aussi la connaissance du génocide et sa reconnaissance publique. |
| Histoire et mémoires | Le génocide dans la littérature et le cinéma | Montrer que la fiction et le documentaire diffusent la mémoire du génocide bien au-delà du cercle savant, et poser la question de leur valeur pour l’historien. |
Qui écrit, et à quelle époque
Historienne française, née en 1948.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit Annette Wieviorka ?
Le procès Eichmann, en 1961, ouvre ce qu’elle nomme l’ère du témoin : la parole des survivants, longtemps peu écoutée, devient centrale dans la connaissance du génocide et plus encore dans sa transmission, jusqu’à faire du témoin une figure sociale.
Que peut-on opposer à Wieviorka ?
On peut lui opposer que le recueil des témoignages a fait progresser la recherche autant que la transmission, et que l’expression risque de laisser croire à un excès de parole là où, pendant des décennies, c’est le silence qui a dominé.
Dans quel thème de HGGSP citer Wieviorka ?
La référence sert dans le thème histoire et mémoires. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.
Quelle citation de Wieviorka retenir ?
« Quand le romancier s’attaque à l’histoire, il a le droit d’en faire ce qu’il veut, mais cela n’a d’intérêt que s’il nous dévoile une vérité qui échappe à l’historien » La question n’est donc pas de savoir si un roman ou un film a le droit de s’écarter des faits, mais ce qu’il atteint que l’enquête historique n’atteint pas. C’est le seul critère qui permette de discuter une œuvre sans la corriger comme un manuel.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème histoire et mémoires Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème histoire et mémoires Les notions du thème, définies pour être employées en copie.