Aller au contenu
HGGSP Révision

Que dit Bertrand Badie ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Bertrand Badie, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Accumuler des moyens ne garantit plus d’obtenir un résultat. Les États les mieux dotés se heurtent à des situations qu’aucune supériorité matérielle ne règle, en sorte que la puissance classique se retourne en impuissance.

Elle est développée dans L’impuissance de la puissance (2004).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Fournir la nuance attendue en fin de copie : dire ce que les moyens ne suffisent pas à produire.
  • Expliquer pourquoi une supériorité militaire écrasante ne met pas fin à un conflit ni ne stabilise un pays.
  • Distinguer les moyens de la puissance et le résultat obtenu, distinction qui manque à presque toutes les copies.

Ce qu’on lui oppose

La formule est efficace, et peut le devenir trop. Elle ne dit pas que les moyens ne servent à rien : les États qui en manquent restent les premiers à subir les décisions des autres.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Badie, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

L’impuissance de la puissance

Bertrand Badie, titre de son essai, Fayard, 2004

Le titre pose en trois mots la tension du thème. Un État peut réunir tous les moyens et n’obtenir aucun des résultats qu’il cherchait. C’est la nuance que le correcteur attend en fin de copie, à condition de l’appuyer sur un cas précis et non sur la formule seule.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La formule ne dit pas que les moyens sont inutiles. Les États qui en manquent restent les premiers à subir les décisions des autres. Ne la citez pas pour conclure que la puissance n’existerait plus.

Les notions rattachées à Badie

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Puissance Capacité d’un État à imposer sa volonté aux autres, à résister à la leur et à peser sur le cours des affaires du monde.
  • Hard power Capacité d’un État à obtenir ce qu’il veut par la contrainte, en employant la force armée, la menace ou la pression sur les échanges.
  • Unilatéralisme Manière d’agir d’un État qui décide et intervient seul, sans rechercher l’accord des autres ni passer par les institutions communes.
  • Multilatéralisme Manière de traiter les affaires du monde à plusieurs, par la négociation dans des institutions communes et selon des règles acceptées par tous les participants.
  • Acteur non étatique Organisation qui pèse sur les relations internationales sans être un État ni dépendre de lui, comme une entreprise, une association ou un groupe armé.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Puissances internationalesIdentification des fondements et des manifestations de la puissance à l’échelle internationale dans les champs diplomatique (y compris au sein des institutions internationales), militaire (défense du territoire, capacité de projection…), culturel, économique et financier, en prenant appui sur des exemples contemporains.Montrer qu’une puissance se lit dans plusieurs champs à la fois, et qu’aucun d’eux ne suffit seul à la caractériser.
Puissances internationalesUne puissance qui se reconstruit après l’éclatement d’un empire : la Russie depuis 1991.Montrer qu’un État peut retrouver des attributs de premier rang après la disparition de l’ensemble dont il était le centre, et que ce redressement a ses limites.
Puissances internationalesUnilatéralisme et multilatéralisme : un débat internationalFaire comprendre qu’un État de premier rang peut agir seul ou passer par les institutions communes, et que ce choix est lui-même discuté.
Puissances internationalesPoints d’appui et zones d’influence des États-Unis dans un monde multipolaire.Montrer comment des alliances, des implantations et des relais entretiennent une influence mondiale alors que d’autres pôles s’affirment.

Qui écrit, et à quelle époque

Politiste français, né en 1950.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Bertrand Badie ?

Accumuler des moyens ne garantit plus d’obtenir un résultat. Les États les mieux dotés se heurtent à des situations qu’aucune supériorité matérielle ne règle, en sorte que la puissance classique se retourne en impuissance.

Que peut-on opposer à Badie ?

La formule est efficace, et peut le devenir trop. Elle ne dit pas que les moyens ne servent à rien : les États qui en manquent restent les premiers à subir les décisions des autres.

Dans quel thème de HGGSP citer Badie ?

La référence sert dans le thème puissances internationales. Elle y est attendue sur 4 jalons du programme.

Quelle citation de Badie retenir ?

« L’impuissance de la puissance » Le titre pose en trois mots la tension du thème. Un État peut réunir tous les moyens et n’obtenir aucun des résultats qu’il cherchait. C’est la nuance que le correcteur attend en fin de copie, à condition de l’appuyer sur un cas précis et non sur la formule seule.

Pour aller plus loin