Les citations à connaître : puissances internationales
Les citations du thème « Analyser les dynamiques des puissances internationales », rangées par ce qu’elles servent à faire dans une copie, avec pour chacune sa source et l’amorce qui la relie au sujet. 21 entrées vérifiées.
Ce qui compte n’est pas la citation, c’est l’amorce
Une citation ne rapporte aucun point par elle-même. Ce qui en rapporte, c’est la phrase qui la suit : celle qui dit pourquoi elle est là et ce que le sujet en fait. Chaque citation ci-dessous est donc donnée avec son amorce, déjà écrite.
Une citation posée sans lien avec le sujet est un ornement, et le correcteur la sanctionne : il y voit un élève qui a appris une phrase et qui cherche où la caser. Mieux vaut aucune citation qu’une citation plaquée.
Toutes les formulations ci-dessous ont été confrontées à une source, et la source est donnée. En cas de doute sur les mots exacts, écrivez l’idée sans les guillemets : une citation approximative, ou mise dans la bouche du mauvais auteur, est la faute qu’un correcteur voit le plus vite.
Sur quoi repose la puissance d’un État sur la scène internationale, et qu’est-ce qui la fait grandir, se déplacer ou reculer ?
Pour ouvrir une introduction
Ces citations se placent en première phrase. Posez le texte, puis reliez-le au sujet dès la phrase suivante : c’est ce lien que le correcteur attend, et il ne se devine pas.
J’appelle puissance sur la scène internationale la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités.
Raymond Aron, Paix et guerre entre les nations, 1962
Cette définition déplace le regard, et c’est pour cela qu’elle est utile. Elle ne demande pas ce qu’un État possède, mais ce qu’il obtient des autres. Un sujet sur les dynamiques des puissances se traite donc en comparant des trajectoires et des rapports de force, jamais en dressant l’inventaire des moyens d’un seul État.
Ce que soutient Raymond Aron par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Aron parle d’unités politiques, donc d’États. Ne vous servez pas de sa définition pour qualifier de puissance une entreprise du numérique : le programme réserve le mot aux États et à la scène internationale.
Power, like love, is easier to experience than to define or measure.
Joseph S. Nye, Understanding International Conflicts, 6e édition, 2006, chapitre 3
Introduisez-la en français, puis citez-la dans sa langue. Elle sert à ouvrir sur la difficulté même du sujet : chacun voit bien qu’un État est puissant, personne ne s’accorde sur ce qui le rend tel. Votre devoir consiste précisément à donner les critères qui manquent.
Ce que soutient Joseph S. Nye par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne vous arrêtez pas au constat. Une introduction qui dit que le mot est difficile à définir, puis s’en tient là, n’a rien défini. Enchaînez aussitôt sur les champs que le programme demande d’identifier : diplomatique, militaire, économique et financier, culturel.
L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres.
Charte des Nations unies, article 2, paragraphe 1, Charte des Nations unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945
Le droit pose donc l’égalité de tous les États. Le thème étudie exactement l’inverse : des rapports de force inégaux, où quelques États pèsent sur les décisions et où les autres les subissent. Tout le sujet tient dans cet écart entre une égalité de droit et une inégalité de fait.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : N’en concluez pas que le principe est sans effet. L’égalité souveraine fonde le vote à l’Assemblée générale, où chaque État dispose d’une voix, et c’est là que les États les moins dotés font entendre une position.
The relative strengths of the leading nations in world affairs never remain constant, principally because of the uneven rate of growth among different societies and of the technological and organizational breakthroughs which bring a greater advantage to one society than to another.
Paul Kennedy, The Rise and Fall of the Great Powers, 1987, introduction
La phrase donne à l’axe 1 son mécanisme. Un rang se perd parce que les autres avancent plus vite, et non parce qu’un peuple s’épuise. Vous pouvez donc traiter l’empire ottoman puis la Russie sans employer une seule fois le mot décadence, qui décrit sans rien expliquer.
Ce que soutient Paul Kennedy par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Kennedy ne dit pas qu’un recul est écrit d’avance. Il dit qu’il est relatif et qu’il tient à des rythmes de croissance inégaux. Une copie qui en tire l’annonce d’une chute prochaine des États-Unis lui fait dire ce qu’il n’écrit pas.
Il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de points différents, semblent s’avancer vers le même but : ce sont les Russes et les Anglo-Américains.
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, 1835
La phrase est écrite plus d’un siècle avant la guerre froide, et elle désigne déjà les deux États qui domineront la scène internationale après 1945. Elle vous permet d’ouvrir sur la longue durée des trajectoires de puissance, puis de poser la question du jalon : que reste-t-il de cette place à la Russie après 1991 ?
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne la transformez pas en prophétie. Tocqueville compare deux sociétés et leurs moyens d’action à son époque ; il ne prédit ni la bipolarité, ni la guerre froide, ni la disparition de l’URSS.
La langue de la République est le français.
Constitution de la Ve République, article 2, premier alinéa, alinéa ajouté à l’article 2 par la loi constitutionnelle du 25 juin 1992 ; le texte de 1958 ne le comportait pas
La phrase est courte, et c’est sa force. Elle rappelle qu’une langue n’est pas seulement parlée : elle est inscrite dans le droit d’un État, défendue par lui et diffusée par ses institutions. De là, vous passez sans transition aux instituts culturels et aux réseaux scolaires que les États financent à l’étranger.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : N’écrivez pas que la Constitution dit cela depuis 1958 : la phrase a été ajoutée en 1992, au moment où la question de la langue se pose dans un cadre européen élargi, et cette date fait partie de la démonstration. Retenez aussi que l’article vaut pour l’intérieur du pays : il ne dit rien de la place du français dans les organisations internationales, qui est la véritable question du jalon.
Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie.
Loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, article 1er, Loi n° 94-665 du 4 août 1994, dite loi Toubon
Un État écrit donc dans sa loi que sa langue le relie à d’autres États. La langue cesse d’être un simple fait de culture pour devenir un instrument de politique extérieure, et c’est exactement ce que le jalon demande d’établir.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le texte énonce une intention, pas un résultat. Pour démontrer une influence, il vous faut ensuite des faits : nombre d’élèves scolarisés en français, usage réel de la langue dans les organisations internationales, implantation des établissements culturels.
La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre.
Yves Lacoste, titre de son ouvrage, Maspero, 1976
Le titre soutient qu’une carte n’est jamais neutre : elle sert à agir. Appliquez-le au tracé des nouvelles routes de la Soie. Les cartes officielles montrent des corridors de coopération ; les mêmes tracés dessinent des ports, des détroits et des dépendances.
Ce que soutient Yves Lacoste par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce n’est pas une phrase sur les militaires. Lacoste vise le savoir géographique lui-même, longtemps produit pour les états-majors et les administrations. Ne la citez pas pour dire que la géographie serait une science de la guerre.
The immediate post-Cold War world is not multipolar. It is unipolar.
Charles Krauthammer, The Unipolar Moment, article paru dans Foreign Affairs, volume 70, numéro 1, 1990
Le texte paraît au moment même où l’URSS se défait. Il nomme une situation, et son titre dit déjà qu’elle ne durera pas : un moment, non un ordre. Toute la question de l’objet de travail conclusif est de savoir ce que ce moment est devenu.
Ce que soutient Charles Krauthammer par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce n’est pas un constat neutre. C’est une prise de position dans un débat politique américain, qui plaide pour que les États-Unis assument ce rôle. Précisez-le, sinon vous citez un argument en croyant citer une description.
la suprématie américaine d’aujourd’hui s’exerce aussi bien sur l’économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse qui submergent le monde
Hubert Védrine, propos publiés en 1999, alors qu’il est ministre des affaires étrangères, et repris depuis dans de nombreux ouvrages
Introduisez la citation par le nom, puis servez-vous de son contenu comme d’un plan. Védrine énumère les registres de la puissance américaine des années 1990 : l’économie, la monnaie, la technique, les armes, les manières de vivre, la langue, les images. Votre copie doit ensuite prouver chacun de ces points par un exemple, sinon vous n’avez fait que réciter une liste.
Ce que soutient Hubert Védrine par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La phrase décrit un moment, celui de la fin des années 1990, et non un état permanent du monde. L’employer au présent sans la dater revient à décrire un monde qui n’est plus celui du sujet.
If we have to use force, it is because we are America; we are the indispensable nation.
Madeleine Albright, secrétaire d’État des États-Unis, entretien à l’émission The Today Show, chaîne NBC, 19 février 1998
La phrase est prononcée par une responsable en fonction, à la télévision, pour justifier un recours possible à la force. Elle donne au débat du jalon sa formulation la plus nette : un État qui se juge indispensable se croit fondé à agir seul. C’est cette prétention que le multilatéralisme conteste.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : C’est un argument politique tenu dans une circonstance précise, non une doctrine officielle des États-Unis. Datez-la, dites à qui elle s’adresse, et rappelez que la politique extérieure américaine a varié depuis, entre engagement dans les institutions communes et action séparée.
The first and most obvious light in which the sea presents itself from the political and social point of view is that of a great highway; or better, perhaps, of a wide common, over which men may pass in all directions, but on which some well-worn paths show that controlling reasons have led them to choose certain lines of travel rather than others.
Alfred Thayer Mahan, The Influence of Sea Power upon History, 1660-1783, 1890, première phrase du chapitre premier
Deux idées tiennent dans cette phrase, et elles commandent tout le thème. La mer est un espace que personne ne possède. Mais on n’y circule pas n’importe où : des routes s’y sont imposées, et qui tient leurs passages resserrés tient le commerce des autres. C’est cette seconde idée qui fait entrer les détroits et les canaux dans un devoir sur la puissance.
Ce que soutient Alfred Thayer Mahan par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le livre est écrit pour convaincre les États-Unis de se doter d’une flotte de guerre : c’est un plaidoyer autant qu’une analyse, et on le cite en le disant. Quatorze ans plus tard, en 1904, Mackinder soutiendra exactement l’inverse.
Those far distant, storm-beaten ships, upon which the Grand Army never looked, stood between it and the dominion of the world.
Alfred Thayer Mahan, The Influence of Sea Power upon the French Revolution and Empire, 1793-1812, 1892
Mahan parle du blocus des ports français par la marine britannique, que la Grande Armée n’a jamais aperçue et qui l’a pourtant arrêtée. La formule sert dès qu’il faut expliquer qu’une force navale agit sans combattre, par sa seule présence prolongée. C’est le raisonnement que la dissuasion sous-marine reprendra un siècle et demi plus tard.
Ce que soutient Alfred Thayer Mahan par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle n’est pas tirée du livre de 1890, le plus connu, mais de la suite publiée en 1892 sur la Révolution et l’Empire. Donnez le bon titre, ou ne donnez que l’auteur et l’idée : une source fausse abîme une citation juste.
Pour poser une notion avec l’autorité d’un auteur
Ces citations ne remplacent pas une définition, elles la prolongent. Définissez d’abord avec vos mots, citez ensuite : l’inverse donne une copie qui récite sans comprendre.
Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.
Charte des Nations unies, article 2, paragraphe 4, Charte des Nations unies, 1945
Depuis 1945, la contrainte armée n’est plus un moyen ordinaire de la puissance : elle est en principe interdite. C’est ce qui rend l’axe 2 nécessaire. Un État qui veut peser sur les autres passe désormais par la langue, la monnaie, les techniques et les routes, parce que la voie la plus directe lui est fermée.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne présentez pas cet article comme une interdiction sans exception. La Charte prévoit elle-même deux ouvertures : la légitime défense et les mesures décidées par le Conseil de sécurité. C’est autour de ces exceptions que se tiennent les débats sur l’unilatéralisme.
Afin d’assurer l’action rapide et efficace de l’Organisation, ses Membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et reconnaissent qu’en s’acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité le Conseil de sécurité agit en leur nom.
Charte des Nations unies, article 24, paragraphe 1, Charte des Nations unies, 1945
Voilà ce que le multilatéralisme veut dire concrètement : quelques États décident, et tous les autres reconnaissent d’avance qu’ils décident en leur nom. La question du jalon devient nette. Agir avec les autres, c’est accepter d’être engagé par une décision que l’on n’a pas prise.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne confondez pas cette délégation avec un abandon de souveraineté. Les États restent maîtres de leurs alliances et de leur défense, et la Charte encadre strictement les mesures qui s’imposent à eux.
Les décisions du Conseil de sécurité sur toutes autres questions sont prises par un vote affirmatif de neuf de ses membres dans lequel sont comprises les voix de tous les membres permanents, étant entendu que, dans les décisions prises aux termes du Chapitre VI et du paragraphe 3 de l’Article 52, une partie à un différend s’abstient de voter.
Charte des Nations unies, article 27, paragraphe 3, Charte des Nations unies, 1945
L’inégalité des puissances est ici inscrite dans le texte lui-même. Cinq États peuvent bloquer seuls une décision de l’organe chargé de la paix. Citez la règle plutôt que le mot veto, qui ne figure pas dans la Charte, et vous montrez que vous avez lu le document.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le blocage n’est pas une sortie du multilatéralisme : il s’exerce à l’intérieur d’une institution commune et selon ses règles. Ne l’assimilez pas à l’unilatéralisme, qui consiste à agir sans passer par elle.
Certaines communautés qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules.
Pacte de la Société des Nations, article 22, Pacte de la Société des Nations, 28 juin 1919
Le texte enregistre la fin d’une puissance. Les anciennes provinces de l’empire ne deviennent pas des États libres : elles passent sous l’administration d’autres États. Le recul d’une puissance se mesure ainsi au droit que d’autres écrivent à sa place.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce texte est rédigé par les vainqueurs de 1918 et en porte le point de vue, jusque dans sa manière de hiérarchiser les peuples. Citez-le comme un document à critiquer, en disant qui l’écrit et dans quel intérêt, jamais comme une description neutre de la situation.
De super à hyper il y a, en français, une progression significative qui se comprend bien.
Hubert Védrine, Les limites à l’unilatéralisme de l’hyperpuissance, contribution au volume collectif Face aux désordres du monde, 2005
Celui qui a forgé le mot explique ici pourquoi il l’a préféré à un autre. Aucun terme hérité de la guerre froide ne rendait compte d’une avance simultanée sur les armes, l’économie, la monnaie, la langue et les images. Vous tenez de quoi qualifier précisément les années 1990, au lieu d’écrire superpuissance par habitude.
Ce que soutient Hubert Védrine par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Védrine a toujours dit que le terme était descriptif et non accusateur. Ne vous en servez pas pour ouvrir un réquisitoire : l’objet de travail conclusif attend un bilan, appuyé sur des faits, qui pèse les appuis et les limites.
Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord.
Traité de l’Atlantique Nord, article 5, Traité de l’Atlantique Nord, signé à Washington le 4 avril 1949
L’article montre comment une alliance devient un point d’appui durable. Les États-Unis n’occupent pas le territoire de leurs alliés : ils s’engagent, et cet engagement leur vaut des bases, des accords et une influence qui se prolonge en temps de paix. Une zone d’influence se construit par le droit autant que par la force.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Lisez la fin de la phrase. Chaque État reste juge de l’action qu’il jugera nécessaire, y compris de recourir ou non à la force armée. L’article 5 n’est donc pas une garantie automatique, et c’est ce qui nourrit les débats entre alliés.
Ces citations savent aussi poser une notion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.
- « J’appelle puissance sur la scène internationale la capacité d’une unité politique d’imposer sa volonté aux autres unités. » Raymond Aron.
- « Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie. » Loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française, article 1er.
- « la suprématie américaine d’aujourd’hui s’exerce aussi bien sur l’économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse qui submergent le monde » Hubert Védrine.
- « The first and most obvious light in which the sea presents itself from the political and social point of view is that of a great highway; or better, perhaps, of a wide common, over which men may pass in all directions, but on which some well-worn paths show that controlling reasons have led them to choose certain lines of travel rather than others. » Alfred Thayer Mahan.
Pour formuler la tension du sujet
Ces citations disent un paradoxe. Elles servent à écrire la problématique, et non à l’illustrer une fois qu’elle est posée.
L’impuissance de la puissance
Bertrand Badie, titre de son essai, Fayard, 2004
Le titre pose en trois mots la tension du thème. Un État peut réunir tous les moyens et n’obtenir aucun des résultats qu’il cherchait. C’est la nuance que le correcteur attend en fin de copie, à condition de l’appuyer sur un cas précis et non sur la formule seule.
Ce que soutient Bertrand Badie par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La formule ne dit pas que les moyens sont inutiles. Les États qui en manquent restent les premiers à subir les décisions des autres. Ne la citez pas pour conclure que la puissance n’existerait plus.
Who rules East Europe commands the Heartland: Who rules the Heartland commands the World-Island: Who rules the World-Island commands the World.
Halford Mackinder, Democratic Ideals and Reality, 1919
À Mahan, qui fait de la mer le lieu de la puissance, cette formule oppose un tout autre pari : le coeur du continent eurasiatique, hors d’atteinte depuis l’océan, commanderait le reste du monde. Toute théorie de la puissance désigne ainsi un espace décisif, et ce lieu se déplace avec la technique. La question du thème devient alors : où se trouve-t-il aujourd’hui ?
Ce que soutient Halford Mackinder par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle fait dériver la politique de la carte, ce que l’on appelle du déterminisme géographique et que les géographes ne suivent plus. Elle a de plus été reprise et déformée par d’autres courants au cours du XXe siècle : on la cite en la situant, jamais comme une loi.
Ces citations savent aussi formuler une tension. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.
- « Power, like love, is easier to experience than to define or measure. » Joseph S. Nye.
- « L’Organisation est fondée sur le principe de l’égalité souveraine de tous ses Membres. » Charte des Nations unies, article 2, paragraphe 1.
- « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » Charte des Nations unies, article 2, paragraphe 4.
- « Afin d’assurer l’action rapide et efficace de l’Organisation, ses Membres confèrent au Conseil de sécurité la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales et reconnaissent qu’en s’acquittant des devoirs que lui impose cette responsabilité le Conseil de sécurité agit en leur nom. » Charte des Nations unies, article 24, paragraphe 1.
- « Les décisions du Conseil de sécurité sur toutes autres questions sont prises par un vote affirmatif de neuf de ses membres dans lequel sont comprises les voix de tous les membres permanents, étant entendu que, dans les décisions prises aux termes du Chapitre VI et du paragraphe 3 de l’Article 52, une partie à un différend s’abstient de voter. » Charte des Nations unies, article 27, paragraphe 3.
- « The relative strengths of the leading nations in world affairs never remain constant, principally because of the uneven rate of growth among different societies and of the technological and organizational breakthroughs which bring a greater advantage to one society than to another. » Paul Kennedy.
- « Certaines communautés qui appartenaient autrefois à l’Empire ottoman, ont atteint un degré de développement tel que leur existence comme nations indépendantes peut être reconnue provisoirement, à la condition que les conseils et l’aide d’un mandataire guident leur administration jusqu’au moment où elles seront capables de se conduire seules. » Pacte de la Société des Nations, article 22.
- « La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre. » Yves Lacoste.
- « The immediate post-Cold War world is not multipolar. It is unipolar. » Charles Krauthammer.
- « If we have to use force, it is because we are America; we are the indispensable nation. » Madeleine Albright, secrétaire d’État des États-Unis.
- « Les parties conviennent qu’une attaque armée contre l’une ou plusieurs d’entre elles survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties, et en conséquence elles conviennent que, si une telle attaque se produit, chacune d’elles, dans l’exercice du droit de légitime défense, individuelle ou collective, reconnu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies, assistera la partie ou les parties ainsi attaquées en prenant aussitôt, individuellement et d’accord avec les autres parties, telle action qu’elle jugera nécessaire, y compris l’emploi de la force armée, pour rétablir et assurer la sécurité dans la région de l’Atlantique Nord. » Traité de l’Atlantique Nord, article 5.
- « Those far distant, storm-beaten ships, upon which the Grand Army never looked, stood between it and the dominion of the world. » Alfred Thayer Mahan.
Pour fermer une conclusion sans pirouette
Ces citations ouvrent sur une question voisine, jamais sur une morale. Une conclusion qui élargit vers un problème réel vaut mieux qu’une conclusion qui commente le monde.
Ces citations savent aussi fermer une conclusion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.
- « The relative strengths of the leading nations in world affairs never remain constant, principally because of the uneven rate of growth among different societies and of the technological and organizational breakthroughs which bring a greater advantage to one society than to another. » Paul Kennedy.
- « Il y a aujourd’hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de points différents, semblent s’avancer vers le même but : ce sont les Russes et les Anglo-Américains. » Alexis de Tocqueville.
- « L’impuissance de la puissance » Bertrand Badie.
Les auteurs de ce thème
Une citation se cite mieux quand on sait ce que son auteur soutient par ailleurs. Chaque page donne la thèse, ce qu’elle démontre et ce qu’on lui oppose.
- Raymond Aron : philosophe et sociologue français, 1905-1983.
- Bertrand Badie : politiste français, né en 1950.
- Olivier Bouquet : historien français, spécialiste de l’empire ottoman.
- Pierre Buhler : diplomate et universitaire français.
- Paul Kennedy : historien britannique, né en 1945.
- Charles Krauthammer : éditorialiste américain, 1950-2018.
- Yves Lacoste : géographe français, 1929-2026.
- Halford Mackinder : géographe et homme politique britannique, 1861-1947.
- Alfred Thayer Mahan : officier de marine et stratège américain, 1840-1914.
- Joseph S. Nye : politiste américain, 1937-2025.
- Susan Strange : universitaire britannique, économie politique internationale, 1923-1998.
- Hubert Védrine : diplomate et ancien ministre français, né en 1947.
Questions fréquentes
Quelle citation utiliser sur puissances internationales ?
Celle dont vous savez dire pourquoi vous la posez. Ce thème en compte 21 de vérifiées, rangées selon qu’elles ouvrent une introduction, posent une notion, formulent la tension du sujet ou ferment une conclusion.
Faut-il citer un auteur en dissertation de HGGSP ?
Ce n’est jamais obligatoire, et une copie sans citation peut obtenir la meilleure note. Une citation reliée au sujet en une phrase valorise la copie ; une citation plaquée la dessert.
Où placer une citation dans une copie ?
En première phrase d’introduction, pour ouvrir ; au seuil d’une partie, pour poser la notion qu’elle va traiter ; en conclusion, pour élargir. Jamais au milieu d’un paragraphe, où elle interrompt la démonstration au lieu de la servir.
Comment savoir si une citation est exacte ?
En la lisant dans son texte source, et non dans un recueil. Les citations de ce site ont été confrontées à un texte officiel, à la ressource d’accompagnement du programme ou à une édition dont le traducteur est nommé. Dans le doute, écrivez l’idée sans les guillemets.
Pour aller plus loin
- Toutes les citations de HGGSP Les onze thèmes du programme.
- Les auteurs de HGGSP Leur thèse, et ce qu’on leur oppose.
- Le lexique du thème puissances internationales Les notions du thème, définies pour être employées en copie.