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HGGSP Révision

Que dit Hubert Védrine ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Hubert Védrine, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 2 citations vérifiées, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Après la disparition de l’URSS, les États-Unis dominent à la fois par les armes, l’économie, la monnaie, la langue et les images. Aucun mot hérité de la guerre froide ne rend compte de cette avance sur tous les registres à la fois : il forge donc, à la fin des années 1990, le terme d’hyperpuissance.

Elle est développée dans Les limites à l’unilatéralisme de l’hyperpuissance, contribution au volume collectif Face aux désordres du monde (2005).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Qualifier avec précision le moment qui suit la guerre froide, au lieu d’écrire superpuissance par habitude.
  • Montrer qu’une domination se lit dans plusieurs champs à la fois, ce qu’attend le jalon sur les lieux et les formes de la puissance.
  • Dater une position au lieu de la décrire au présent : le mot désigne un moment, pas un état permanent du monde.

Ce qu’on lui oppose

Le mot a été forgé pour un moment précis et vieillit avec lui. L’affirmation d’autres pôles a rendu la description discutable, et l’employer au présent sans précaution revient à décrire le monde des années 1990.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Védrine, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

la suprématie américaine d’aujourd’hui s’exerce aussi bien sur l’économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse qui submergent le monde

Hubert Védrine, propos publiés en 1999, alors qu’il est ministre des affaires étrangères, et repris depuis dans de nombreux ouvrages

Introduisez la citation par le nom, puis servez-vous de son contenu comme d’un plan. Védrine énumère les registres de la puissance américaine des années 1990 : l’économie, la monnaie, la technique, les armes, les manières de vivre, la langue, les images. Votre copie doit ensuite prouver chacun de ces points par un exemple, sinon vous n’avez fait que réciter une liste.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La phrase décrit un moment, celui de la fin des années 1990, et non un état permanent du monde. L’employer au présent sans la dater revient à décrire un monde qui n’est plus celui du sujet.

De super à hyper il y a, en français, une progression significative qui se comprend bien.

Hubert Védrine, Les limites à l’unilatéralisme de l’hyperpuissance, contribution au volume collectif Face aux désordres du monde, 2005

Celui qui a forgé le mot explique ici pourquoi il l’a préféré à un autre. Aucun terme hérité de la guerre froide ne rendait compte d’une avance simultanée sur les armes, l’économie, la monnaie, la langue et les images. Vous tenez de quoi qualifier précisément les années 1990, au lieu d’écrire superpuissance par habitude.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Védrine a toujours dit que le terme était descriptif et non accusateur. Ne vous en servez pas pour ouvrir un réquisitoire : l’objet de travail conclusif attend un bilan, appuyé sur des faits, qui pèse les appuis et les limites.

Les notions rattachées à Védrine

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Hyperpuissance Terme forgé pour décrire un État sans rival à sa mesure, seul capable de peser dans tous les domaines à la fois après la disparition de son concurrent.
  • Superpuissance État dont les moyens militaires, économiques et culturels sont si supérieurs à ceux des autres qu’il peut agir sur toutes les parties du monde et dans tous les domaines.
  • Multipolarité Organisation des rapports entre États autour de plusieurs centres de décision d’importance comparable, qui se concurrencent et se surveillent sans qu’aucun l’emporte.
  • Unilatéralisme Manière d’agir d’un État qui décide et intervient seul, sans rechercher l’accord des autres ni passer par les institutions communes.
  • Soft power Capacité d’un État à obtenir des autres qu’ils veuillent la même chose que lui, par l’attrait de son mode de vie, de ses œuvres et de ses valeurs plutôt que par la contrainte.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Puissances internationalesLes lieux et les formes de la puissance aux États-Unis (siège de l’ONU, Hollywood, Massachusetts Institute of Technology…).Rassembler dans des lieux précis les différents ressorts de la puissance, pour cesser d’en parler seulement en général.
Puissances internationalesUnilatéralisme et multilatéralisme : un débat internationalFaire comprendre qu’un État de premier rang peut agir seul ou passer par les institutions communes, et que ce choix est lui-même discuté.
Puissances internationalesPoints d’appui et zones d’influence des États-Unis dans un monde multipolaire.Montrer comment des alliances, des implantations et des relais entretiennent une influence mondiale alors que d’autres pôles s’affirment.

Qui écrit, et à quelle époque

Diplomate et ancien ministre français, né en 1947.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Hubert Védrine ?

Après la disparition de l’URSS, les États-Unis dominent à la fois par les armes, l’économie, la monnaie, la langue et les images. Aucun mot hérité de la guerre froide ne rend compte de cette avance sur tous les registres à la fois : il forge donc, à la fin des années 1990, le terme d’hyperpuissance.

Que peut-on opposer à Védrine ?

Le mot a été forgé pour un moment précis et vieillit avec lui. L’affirmation d’autres pôles a rendu la description discutable, et l’employer au présent sans précaution revient à décrire le monde des années 1990.

Dans quel thème de HGGSP citer Védrine ?

La référence sert dans le thème puissances internationales. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.

Quelle citation de Védrine retenir ?

« la suprématie américaine d’aujourd’hui s’exerce aussi bien sur l’économie, la monnaie, la technologie, les domaines militaires que sur les modes de vie, la langue et les produits culturels de masse qui submergent le monde » Introduisez la citation par le nom, puis servez-vous de son contenu comme d’un plan. Védrine énumère les registres de la puissance américaine des années 1990 : l’économie, la monnaie, la technique, les armes, les manières de vivre, la langue, les images. Votre copie doit ensuite prouver chacun de ces points par un exemple, sinon vous n’avez fait que réciter une liste.

Pour aller plus loin