Que dit Paul Kennedy ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose
Ce que soutient Paul Kennedy, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.
Sa thèse
Le rang d’une puissance suit sa base économique, mais avec un décalage. Les engagements militaires pris au moment de l’essor se maintiennent quand l’économie a cessé de suivre, et cette surextension précipite le recul que l’État cherchait à éviter.
Elle est développée dans The Rise and Fall of the Great Powers (1987).
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Donner à l’axe 1 son mécanisme : expliquer un recul par l’écart entre les moyens et les engagements, et non par une décadence.
- Montrer qu’un recul se mesure par comparaison : un État peut produire davantage et perdre du rang si ses rivaux progressent plus vite.
- Peser, dans l’objet de travail conclusif, le coût d’entretien d’un réseau mondial de bases et d’alliances.
Ce qu’on lui oppose
Le recul américain qu’il annonçait à la fin des années 1980 n’est pas venu dans la décennie qui a suivi. Le modèle indique une tendance, il ne date pas un basculement : une copie qui s’en sert pour prédire se met en danger.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les citations de Kennedy, vérifiées
Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.
The relative strengths of the leading nations in world affairs never remain constant, principally because of the uneven rate of growth among different societies and of the technological and organizational breakthroughs which bring a greater advantage to one society than to another.
Paul Kennedy, The Rise and Fall of the Great Powers, 1987, introduction
La phrase donne à l’axe 1 son mécanisme. Un rang se perd parce que les autres avancent plus vite, et non parce qu’un peuple s’épuise. Vous pouvez donc traiter l’empire ottoman puis la Russie sans employer une seule fois le mot décadence, qui décrit sans rien expliquer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Kennedy ne dit pas qu’un recul est écrit d’avance. Il dit qu’il est relatif et qu’il tient à des rythmes de croissance inégaux. Une copie qui en tire l’annonce d’une chute prochaine des États-Unis lui fait dire ce qu’il n’écrit pas.
Les notions rattachées à Kennedy
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Déclin Recul durable du rang d’un État, de ses moyens et de son crédit, qui se mesure non dans l’absolu mais par rapport à ceux qui le concurrencent.
- Puissance Capacité d’un État à imposer sa volonté aux autres, à résister à la leur et à peser sur le cours des affaires du monde.
- Empire Ensemble politique étendu qui réunit sous une même autorité centrale des territoires et des peuples divers, gouvernés de façon inégale.
- Grande puissance État dont l’avis compte dans les affaires du monde en raison de ses moyens militaires, de son poids dans les échanges et de sa place dans les instances internationales.
- Projection de puissance Aptitude d’une armée à porter rapidement des forces loin de son territoire national, à les y maintenir et à les ravitailler aussi longtemps qu’il le faut.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| Puissances internationales | L’empire ottoman, de l’essor au déclin. | Établir sur un cas long qu’une puissance se construit, se maintient puis recule, et que ce recul s’explique par des choix et des rapports de force, non par une fatalité. |
| Puissances internationales | Une puissance qui se reconstruit après l’éclatement d’un empire : la Russie depuis 1991. | Montrer qu’un État peut retrouver des attributs de premier rang après la disparition de l’ensemble dont il était le centre, et que ce redressement a ses limites. |
| Puissances internationales | Points d’appui et zones d’influence des États-Unis dans un monde multipolaire. | Montrer comment des alliances, des implantations et des relais entretiennent une influence mondiale alors que d’autres pôles s’affirment. |
Qui écrit, et à quelle époque
Historien britannique, né en 1945.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit Paul Kennedy ?
Le rang d’une puissance suit sa base économique, mais avec un décalage. Les engagements militaires pris au moment de l’essor se maintiennent quand l’économie a cessé de suivre, et cette surextension précipite le recul que l’État cherchait à éviter.
Que peut-on opposer à Kennedy ?
Le recul américain qu’il annonçait à la fin des années 1980 n’est pas venu dans la décennie qui a suivi. Le modèle indique une tendance, il ne date pas un basculement : une copie qui s’en sert pour prédire se met en danger.
Dans quel thème de HGGSP citer Kennedy ?
La référence sert dans le thème puissances internationales. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.
Quelle citation de Kennedy retenir ?
« The relative strengths of the leading nations in world affairs never remain constant, principally because of the uneven rate of growth among different societies and of the technological and organizational breakthroughs which bring a greater advantage to one society than to another. » La phrase donne à l’axe 1 son mécanisme. Un rang se perd parce que les autres avancent plus vite, et non parce qu’un peuple s’épuise. Vous pouvez donc traiter l’empire ottoman puis la Russie sans employer une seule fois le mot décadence, qui décrit sans rien expliquer.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème puissances internationales Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème puissances internationales Les notions du thème, définies pour être employées en copie.