Aller au contenu
HGGSP Révision

Que dit Charles Krauthammer ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Charles Krauthammer, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

La fin de la guerre froide ne laisse pas un monde à plusieurs centres mais un monde à un seul, où les États-Unis peuvent agir sans attendre l’accord des autres. Il tient d’emblée cette situation pour un moment, et non pour un ordre durable.

Elle est développée dans The Unipolar Moment, article paru dans Foreign Affairs, volume 70, numéro 1 (1990).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Nommer la position des États-Unis après la guerre froide autrement qu’en recopiant les mots du sujet.
  • Donner au débat entre agir seul et agir avec les autres un défenseur identifié, ce qui évite de le traiter comme une opposition abstraite.
  • Rappeler que l’auteur lui-même tenait cette situation pour provisoire, ce qui ouvre la comparaison avec un monde à plusieurs pôles.

Ce qu’on lui oppose

C’est une prise de position dans un débat politique américain, non un constat neutre, et elle est écrite au moment même où l’URSS disparaît. Elle sous-estimait la capacité d’autres États à s’affirmer et le coût des interventions menées sans large accord.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Krauthammer, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

The immediate post-Cold War world is not multipolar. It is unipolar.

Charles Krauthammer, The Unipolar Moment, article paru dans Foreign Affairs, volume 70, numéro 1, 1990

Le texte paraît au moment même où l’URSS se défait. Il nomme une situation, et son titre dit déjà qu’elle ne durera pas : un moment, non un ordre. Toute la question de l’objet de travail conclusif est de savoir ce que ce moment est devenu.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce n’est pas un constat neutre. C’est une prise de position dans un débat politique américain, qui plaide pour que les États-Unis assument ce rôle. Précisez-le, sinon vous citez un argument en croyant citer une description.

Les notions rattachées à Krauthammer

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Unilatéralisme Manière d’agir d’un État qui décide et intervient seul, sans rechercher l’accord des autres ni passer par les institutions communes.
  • Multilatéralisme Manière de traiter les affaires du monde à plusieurs, par la négociation dans des institutions communes et selon des règles acceptées par tous les participants.
  • Hyperpuissance Terme forgé pour décrire un État sans rival à sa mesure, seul capable de peser dans tous les domaines à la fois après la disparition de son concurrent.
  • Superpuissance État dont les moyens militaires, économiques et culturels sont si supérieurs à ceux des autres qu’il peut agir sur toutes les parties du monde et dans tous les domaines.
  • Multipolarité Organisation des rapports entre États autour de plusieurs centres de décision d’importance comparable, qui se concurrencent et se surveillent sans qu’aucun l’emporte.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Puissances internationalesLes lieux et les formes de la puissance aux États-Unis (siège de l’ONU, Hollywood, Massachusetts Institute of Technology…).Rassembler dans des lieux précis les différents ressorts de la puissance, pour cesser d’en parler seulement en général.
Puissances internationalesUnilatéralisme et multilatéralisme : un débat internationalFaire comprendre qu’un État de premier rang peut agir seul ou passer par les institutions communes, et que ce choix est lui-même discuté.
Puissances internationalesPoints d’appui et zones d’influence des États-Unis dans un monde multipolaire.Montrer comment des alliances, des implantations et des relais entretiennent une influence mondiale alors que d’autres pôles s’affirment.

Qui écrit, et à quelle époque

Éditorialiste américain, 1950-2018.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Charles Krauthammer ?

La fin de la guerre froide ne laisse pas un monde à plusieurs centres mais un monde à un seul, où les États-Unis peuvent agir sans attendre l’accord des autres. Il tient d’emblée cette situation pour un moment, et non pour un ordre durable.

Que peut-on opposer à Krauthammer ?

C’est une prise de position dans un débat politique américain, non un constat neutre, et elle est écrite au moment même où l’URSS disparaît. Elle sous-estimait la capacité d’autres États à s’affirmer et le coût des interventions menées sans large accord.

Dans quel thème de HGGSP citer Krauthammer ?

La référence sert dans le thème puissances internationales. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.

Quelle citation de Krauthammer retenir ?

« The immediate post-Cold War world is not multipolar. It is unipolar. » Le texte paraît au moment même où l’URSS se défait. Il nomme une situation, et son titre dit déjà qu’elle ne durera pas : un moment, non un ordre. Toute la question de l’objet de travail conclusif est de savoir ce que ce moment est devenu.

Pour aller plus loin