Que dit Emmanuel Kant ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose
Ce que soutient Emmanuel Kant, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.
Sa thèse
La paix n’est pas l’état naturel qui reviendrait de lui-même une fois les armes déposées : elle doit être instituée. Kant en énonce les conditions, une constitution républicaine dans chaque État, une fédération d’États libres, et un droit du monde limité à l’hospitalité universelle.
Elle est développée dans Vers la paix perpétuelle (1795).
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Séparer nettement l’arrêt des combats et la construction de la paix, qui est la question même de l’axe 2.
- Donner l’ancêtre intellectuel de la Société des Nations puis de l’Organisation des Nations unies : une association permanente d’États libres, et non un empire mondial.
- Expliquer pourquoi un traité qui garde en réserve des motifs de guerre future n’est qu’une trêve, ce qui sert à évaluer n’importe quel règlement du programme.
Ce qu’on lui oppose
Le projet reste suspendu à la volonté des États, qui doivent consentir à la fédération sans pouvoir y être contraints. Les organisations nées de cette idée butent sur la même limite : elles ne disposent que des moyens que leurs membres veulent bien leur accorder.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les citations de Kant, vérifiées
Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.
L’état de paix parmi les hommes vivant les uns à côté des autres n’est pas un état de nature (status naturalis), lequel est bien plutôt un état de guerre, sinon toujours déclarée, du moins toujours menaçante. Il a donc besoin d’être établi.
Emmanuel Kant, Projet de paix perpétuelle, 1795, deuxième section, traduction de Jules Barni, 1853
La paix n’est donc pas ce qui reste quand les armes se taisent : c’est un ordre à construire, avec des règles et des garanties. C’est la question même de l’axe 2, et cela explique pourquoi un cessez-le-feu ne fait jamais une paix.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Kant n’imagine pas un État mondial. Il propose une fédération d’États demeurés libres, ce qui est aussi la limite qu’il lui assigne : rien n’y contraint un État qui refuse d’en faire partie. Les organisations nées de cette idée butent sur la même difficulté.
Les notions rattachées à Kant
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Paix Situation dans laquelle les armes se taisent durablement entre des groupes politiques, et où leurs différends se règlent par la négociation et par le droit.
- Traité Accord écrit conclu entre des États ou des organisations internationales, soumis au droit international et créant entre les parties des obligations juridiques.
- Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.
- Droit international Ensemble des règles qui régissent les rapports entre les États et les organisations qu’ils créent, issues des traités qu’ils signent et des coutumes qu’ils reconnaissent.
- Organisation internationale Institution permanente créée par plusieurs États au moyen d’un traité, dotée d’organes propres et chargée de traiter en commun des questions qui les dépassent.
- Sécurité collective Système dans lequel les États s’engagent à considérer l’agression de l’un d’eux comme dirigée contre tous et à y répondre ensemble, par des mesures coercitives ou par la force.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| Guerre et paix | Faire la paix par les traités : les traités de Westphalie (1648) | Montrer qu’une paix négociée entre souverains ne se contente pas d’arrêter la guerre : elle fixe un ordre entre États, au terme de négociations longues et menées pendant que les combats continuent. |
| Guerre et paix | Faire la paix par la sécurité collective : les actions de l’ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006) | Mesurer ce qu’une organisation internationale permanente peut faire pour prévenir et arrêter les conflits, et à quoi elle se heurte. |
Qui écrit, et à quelle époque
Philosophe prussien, 1724-1804.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit Emmanuel Kant ?
La paix n’est pas l’état naturel qui reviendrait de lui-même une fois les armes déposées : elle doit être instituée. Kant en énonce les conditions, une constitution républicaine dans chaque État, une fédération d’États libres, et un droit du monde limité à l’hospitalité universelle.
Que peut-on opposer à Kant ?
Le projet reste suspendu à la volonté des États, qui doivent consentir à la fédération sans pouvoir y être contraints. Les organisations nées de cette idée butent sur la même limite : elles ne disposent que des moyens que leurs membres veulent bien leur accorder.
Dans quel thème de HGGSP citer Kant ?
La référence sert dans le thème guerre et paix. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.
Quelle citation de Kant retenir ?
« L’état de paix parmi les hommes vivant les uns à côté des autres n’est pas un état de nature (status naturalis), lequel est bien plutôt un état de guerre, sinon toujours déclarée, du moins toujours menaçante. Il a donc besoin d’être établi. » La paix n’est donc pas ce qui reste quand les armes se taisent : c’est un ordre à construire, avec des règles et des garanties. C’est la question même de l’axe 2, et cela explique pourquoi un cessez-le-feu ne fait jamais une paix.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème guerre et paix Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème guerre et paix Les notions du thème, définies pour être employées en copie.