Le lexique de HGGSP : guerre et paix
Toutes les notions du thème « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution », rangées par nature et définies pour être employées en copie. 54 entrées.
À quoi sert ce vocabulaire
Comment les transformations de la guerre modifient-elles les conditions dans lesquelles on peut construire la paix ?
La précision du vocabulaire est ce qu’un correcteur vérifie en premier, et elle se joue dès l’introduction. Ces définitions sont écrites pour être recopiées telles quelles dans une introduction de dissertation.
Le thème est présenté en entier sur sa page de programme.
Acteurs
- Acteur non étatique Organisation qui pèse sur les relations internationales sans être un État ni dépendre de lui, comme une entreprise, une association ou un groupe armé.
- Casque bleu Militaire mis à la disposition de l’Organisation des Nations unies par son État d’origine et déployé dans une opération de maintien de la paix, sous un mandat défini.
- Société militaire privée Entreprise commerciale qui vend à des États, à des organisations ou à des firmes des prestations de sécurité armée, de garde, de formation ou de renseignement.
Notions
- Armistice Accord militaire qui suspend les combats sans régler le désaccord politique ni établir la paix par un texte négocié entre les gouvernements.
- Cessez-le-feu Arrêt des combats convenu entre les belligérants, en général sur une ligne fixée, qui suspend les hostilités sans régler le différend politique.
- Conflit Opposition durable entre des acteurs dont les intérêts ou les objectifs s’excluent. Elle peut rester politique, économique ou juridique, ou dégénérer en affrontement armé.
- Consolidation de la paix Ensemble des actions menées après un conflit pour rebâtir les institutions, la justice et l’économie d’un pays, afin que les combats ne reprennent pas.
- Crime contre l’humanité Acte grave, tel que le meurtre, la déportation ou la réduction en esclavage, commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique visant une population civile.
- Crime de guerre Violation grave des règles qui encadrent les conflits armés, comme le fait de viser délibérément des non-combattants ou de maltraiter des prisonniers.
- Diplomatie Conduite des relations entre États par la représentation permanente, la négociation et les traités, plutôt que par la force.
- Dissuasion Stratégie consistant à placer devant un adversaire éventuel la perspective de représailles si lourdes qu’il renonce à attaquer.
- Droit d’ingérence Possibilité, avancée à la fin du XXe siècle, pour des États ou des organisations d’intervenir dans un pays sans son accord lorsque sa population est en péril.
- Droit international Ensemble des règles qui régissent les rapports entre les États et les organisations qu’ils créent, issues des traités qu’ils signent et des coutumes qu’ils reconnaissent.
- Droit international humanitaire Ensemble des règles qui limitent les effets des conflits armés, en distinguant les combattants des personnes qui ne le sont pas et en encadrant les moyens de combat autorisés.
- Équilibre des puissances Situation dans laquelle plusieurs États de force comparable se surveillent et s’allient au besoin, de sorte qu’aucun ne parvienne à dominer les autres.
- État Groupement humain fixé sur un sol délimité et soumis à une autorité politique qui détient seule la contrainte légitime et se fait reconnaître par ses pairs.
- Génocide Ensemble d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel.
- Guérilla Forme de combat menée par de petits groupes mobiles qui harcèlent une armée régulière par des embuscades et des coups de main, puis se fondent dans la population.
- Guerre Affrontement armé, organisé et durable, entre des groupes politiques constitués, conduit par la violence collective en vue d’un but politique.
- Guerre asymétrique Forme d’affrontement armé où les adversaires disposent de moyens militaires sans commune mesure, ce qui conduit le plus faible à éviter le combat frontal et à viser les points vulnérables du plus fort.
- Guerre civile Affrontement armé qui oppose, à l’intérieur des frontières d’un même État, des groupes organisés se disputant le pouvoir ou la sécession d’un territoire.
- Guerre irrégulière Forme d’affrontement armé où l’un des adversaires refuse la bataille rangée, combat sans uniforme et se mêle à la population, en s’affranchissant des règles du droit des conflits armés.
- Guerre totale Forme d’affrontement armé où un État mobilise l’ensemble de ses ressources humaines, économiques et morales, et où la distinction entre le front et l’arrière s’efface.
- Légitime défense Droit reconnu par la Charte des Nations unies à un État victime d’une agression armée de riposter par la force, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité prenne les mesures nécessaires.
- Ligne de cessez-le-feu Tracé provisoire fixé par un accord d’arrêt des combats, qui sépare les forces en présence sans valoir reconnaissance d’une limite entre États.
- Maintien de la paix Déploiement, avec l’accord des parties, de forces internationales chargées de surveiller un cessez-le-feu, de séparer les belligérants et d’accompagner un règlement politique.
- Médiation Intervention d’un tiers accepté par les parties, qui les aide à renouer le dialogue et leur propose une solution sans pouvoir la leur imposer.
- Multilatéralisme Manière de traiter les affaires du monde à plusieurs, par la négociation dans des institutions communes et selon des règles acceptées par tous les participants.
- Nation Communauté humaine qui se pense unie par une histoire, une culture ou un vouloir-vivre commun, et qui revendique le droit de se gouverner elle-même.
- Organisation internationale Institution permanente créée par plusieurs États au moyen d’un traité, dotée d’organes propres et chargée de traiter en commun des questions qui les dépassent.
- Paix Situation dans laquelle les armes se taisent durablement entre des groupes politiques, et où leurs différends se règlent par la négociation et par le droit.
- Puissance Capacité d’un État à imposer sa volonté aux autres, à résister à la leur et à peser sur le cours des affaires du monde.
- Responsabilité de protéger Principe selon lequel il revient à la communauté des États d’agir lorsqu’un gouvernement manque au devoir d’épargner à sa population les crimes les plus graves, ou en est l’auteur.
- Sanction internationale Mesure coercitive non militaire, décidée par un État ou par une organisation, qui prive un pays d’échanges commerciaux, financiers ou diplomatiques afin de le contraindre à changer de conduite.
- Sécurité collective Système dans lequel les États s’engagent à considérer l’agression de l’un d’eux comme dirigée contre tous et à y répondre ensemble, par des mesures coercitives ou par la force.
- Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.
- Terrorisme Emploi organisé de la violence contre des personnes, souvent des civils, par un groupe qui cherche moins à vaincre militairement qu’à frapper les esprits et à contraindre un gouvernement.
- Traité Accord écrit conclu entre des États ou des organisations internationales, soumis au droit international et créant entre les parties des obligations juridiques.
- Traité de paix Acte négocié qui met fin juridiquement à une guerre entre États et en règle les suites, notamment le tracé des limites et le sort des populations.
- Veto Faculté reconnue à chacun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité d’empêcher, par son seul vote négatif, l’adoption d’une résolution de fond.
Institutions
- Conseil de sécurité Organe restreint des Nations unies chargé du maintien de la paix, seul habilité à décider des mesures de contrainte qui s’imposent à tous les États membres. 1945.
- Cour internationale de justice Organe judiciaire principal des Nations unies, qui tranche les litiges entre États acceptant sa compétence et rend des avis à la demande d’organes habilités. 1945.
- Cour pénale internationale (CPI) Juridiction permanente qui juge les personnes accusées de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou d’agression, lorsque les États ne le font pas eux-mêmes. 1998.
- Cour pénale internationale (CPI) Juridiction permanente siégeant à La Haye, née d’un traité, qui juge des individus accusés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’agression. 1998.
- ONU Institution créée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité entre les États, favoriser leur coopération et faire respecter des principes communs, et qui réunit la quasi-totalité des pays. 1945.
- OTAN Alliance militaire fondée en 1949 entre des États d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord, dont les membres s’engagent à porter secours à celui qui serait attaqué. 1949.
Concepts
- Friction Écart entre le plan conçu et son exécution sur le terrain, produit par le hasard, la fatigue, le renseignement incomplet et la peur, et qui rend l’action militaire plus difficile qu’en théorie. Rattaché à Carl von Clausewitz.
- Guerre absolue Modèle théorique de l’affrontement armé porté à son extrême, où chaque adversaire pousse la violence à son comble parce que rien ne vient la limiter. Rattaché à Carl von Clausewitz.
- Hard power Capacité d’un État à obtenir ce qu’il veut par la contrainte, en employant la force armée, la menace ou la pression sur les échanges. Rattaché à Joseph Nye.
- Soft power Capacité d’un État à obtenir des autres qu’ils veuillent la même chose que lui, par l’attrait de son mode de vie, de ses œuvres et de ses valeurs plutôt que par la contrainte. Rattaché à Joseph Nye.
Processuss
- Internationalisation d’un conflit Processus par lequel un affrontement d’abord intérieur à un pays attire des puissances extérieures qui le financent, l’arment ou y engagent leurs propres forces.
- Prolifération nucléaire Diffusion progressive de l’arme atomique à de nouveaux États, malgré les traités qui cherchent à en limiter le nombre de détenteurs.
- Radicalisation Processus par lequel une personne ou un groupe adopte une vision du monde qui justifie l’usage de la violence pour atteindre un but politique ou religieux.
- Réconciliation Processus par lequel des groupes qui se sont affrontés rétablissent une coexistence durable, en reconnaissant les faits passés et en organisant la justice ou le pardon.
Ce qu’il ne faut pas confondre
Ces distinctions sont celles qui coûtent le plus de points. Chacune a sa page, où les deux notions sont définies et confrontées.
- Acteur non étatique et ong : L’association humanitaire n’est qu’un exemple de la catégorie, et sans doute pas celui qui pèse le plus lourd.
- Acteur non étatique et firme transnationale : L’entreprise poursuit un but lucratif et n’entend pas gouverner ; sa taille suffit pourtant à contraindre les États qui l’accueillent.
- Acteur non étatique et organisation internationale : Une organisation internationale est créée par des États et composée d’eux : elle n’entre donc pas dans cette catégorie, malgré son autonomie.
- Acteur non étatique et état : Ces intervenants peuvent disposer de moyens considérables, mais aucun ne détient le monopole de la contrainte légitime sur un territoire.
- Armistice et traité de paix : Le premier arrête les armes, le second clôt le conflit en droit : on peut vivre des décennies avec le premier et sans le second.
- Armistice et traité : L’un est militaire et suspend ; l’autre est politique et clôt. Confondre les deux fait croire qu’une guerre s’achève le jour où l’on cesse de tirer.
- Armistice et cessez-le-feu : L’armistice est un acte formel et général ; le cessez-le-feu peut n’être qu’une trêve locale et révocable.
- Casque bleu et maintien de la paix : L’un est l’homme, l’autre est l’opération et le mandat qui fixe ce qu’il a le droit de faire.
- Casque bleu et onu : L’organisation ne dispose d’aucune armée propre : elle emprunte ses contingents aux États, qui peuvent les retirer.
- Cessez-le-feu et paix : Les armes se taisent dans les deux cas, mais seul un règlement politique transforme cette suspension en paix.
- Conflit et guerre : Le conflit désigne l’opposition elle-même ; la guerre désigne la forme armée et organisée qu’elle peut prendre.
- Conseil de sécurité et onu : Le tout et la partie : l’organe restreint décide, l’Assemblée générale débat et recommande sans pouvoir contraindre.
- Conseil de sécurité et droit de veto : L’un est l’organe, l’autre la faculté dont y disposent ses cinq membres permanents, et qui explique ses blocages.
- Conseil de sécurité et veto : L’organe est l’institution, la faculté d’empêchement est le mécanisme qui explique ses blocages.
- Consolidation de la paix et maintien de la paix : Le maintien sépare des combattants ; la consolidation s’attaque aux causes qui les avaient armés.
- Consolidation de la paix et réconciliation : La consolidation est un chantier institutionnel et matériel ; la réconciliation est un travail sur les mémoires et sur la justice rendue aux victimes.
- Cour internationale de justice et différend territorial : Elle est l’enceinte, le désaccord est l’objet : elle ne peut être saisie que si les deux parties acceptent sa compétence.
- Cour pénale internationale (CPI) et crime contre l’humanité : L’institution ne définit pas les crimes : elle applique les qualifications inscrites dans son statut, qui lui préexistent.
- Cour pénale internationale (CPI) et droit international : La juridiction juge des personnes, alors que le droit international régit d’abord les rapports entre États.
- Cour pénale internationale (CPI) et tribunal pénal international pour l’ex-yougoslavie (tpiy) : L’une est permanente et née d’un traité que les États ratifient ; l’autre avait été créée pour un conflit précis et a cessé d’exister.
- Cour pénale internationale (CPI) et justice pénale internationale : Elle est aujourd’hui l’institution centrale de cet ensemble, mais l’ensemble ne se réduit pas à elle.
- Cour pénale internationale (CPI) et unesco : L’Unesco inscrit, alerte et coordonne les secours ; la sanction pénale d’une destruction relève d’une juridiction, pas d’elle.
- Crime contre l’humanité et génocide : La qualification la plus grave exige la preuve d’une intention de détruire un groupe comme tel ; l’autre n’exige que le caractère généralisé ou systématique de l’attaque.
- Crime contre l’humanité et crime de guerre : L’un est lié à la conduite des hostilités, l’autre à une politique dirigée contre des civils, en temps de guerre comme en temps de paix.
- Crime de guerre et droit international humanitaire : La règle et sa sanction ne se confondent pas : la seconde n’existe que parce que la première a été posée.
Questions fréquentes
Quelles notions faut-il connaître sur guerre et paix ?
Ce thème mobilise 54 notions, institutions, concepts et processus. Les plus structurantes sont acteur non étatique, armistice, casque bleu, cessez-le-feu.
Faut-il apprendre les définitions par coeur ?
Il faut pouvoir les écrire sans hésiter en introduction, ce qui n’est pas la même chose que les réciter. Une définition sue à peu près se voit immédiatement dans une copie.
Pour aller plus loin
- Le lexique complet Les onze thèmes du programme.