Le lexique de HGGSP : guerre et paix
Toutes les notions du thème « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution », rangées par nature et définies pour être employées en copie. 115 entrées.
À quoi sert ce vocabulaire
Comment les transformations de la guerre modifient-elles les conditions dans lesquelles on peut construire la paix ?
La précision du vocabulaire est ce qu’un correcteur vérifie en premier, et elle se joue dès l’introduction. Ces définitions sont écrites pour être recopiées telles quelles dans une introduction de dissertation.
Le thème est présenté en entier sur sa page de programme.
Notions
- Acteur Personne, groupe, entreprise, association ou État qui dispose de moyens d’agir sur un espace ou sur une situation, et dont les décisions pèsent assez pour infléchir le cours des choses.
- Arbitrage Mode de règlement d’un différend dans lequel les parties conviennent de s’en remettre à un tiers qu’elles ont choisi, et acceptent d’avance de tenir sa sentence pour obligatoire.
- Armistice Accord militaire qui suspend les combats sans régler le désaccord politique ni établir la paix par un texte négocié entre les gouvernements.
- Asymétrie Écart considérable de moyens, de statut ou de vulnérabilité entre deux adversaires, qui interdit au plus faible de combattre le plus fort sur son terrain et le pousse à déplacer la lutte ailleurs.
- Cessez-le-feu Arrêt des combats convenu entre les belligérants, en général sur une ligne fixée, qui suspend les hostilités sans régler le différend politique.
- Combattant Membre des forces armées d’une partie à un conflit, qui a le droit de prendre part aux hostilités et peut légalement être visé pour cela ; capturé, il relève du statut de prisonnier de guerre et n’est pas jugé pour sa seule participation.
- Complémentarité Principe qui réserve à une juridiction internationale les seules affaires qu’un État n’a pas la volonté ou les moyens de juger lui-même, la compétence des tribunaux nationaux demeurant la règle.
- Conflictualité Ensemble des tensions et des affrontements, ouverts ou latents, qui traversent durablement un espace : guerres déclarées, guerres civiles, luttes menées par acteurs interposés et crises diplomatiques.
- Conflit Opposition durable entre des acteurs dont les intérêts ou les objectifs s’excluent. Elle peut rester politique, économique ou juridique, ou dégénérer en affrontement armé.
- Conflit armé Situation dans laquelle des hostilités opposent par la force soit deux États, soit un État et un groupe organisé, soit deux groupes. Le droit humanitaire s’y applique dès les premiers combats, sans attendre aucune déclaration.
- Conflit asymétrique Affrontement armé opposant une armée d’État régulière à un adversaire bien plus faible en moyens, qui refuse la bataille rangée et cherche à épuiser la volonté de son ennemi plutôt qu’à le vaincre sur le terrain.
- Conflit de haute intensité Affrontement armé de grande ampleur entre armées d’État, qui engage des moyens lourds, épuise les stocks en quelques semaines, provoque des pertes massives et suppose la mobilisation de toute une société. Il s’oppose aux engagements limités des opérations extérieures.
- Conflit gelé Affrontement armé interrompu par un cessez-le-feu ou un armistice, mais jamais clos par un traité : les positions se figent, une entité souvent non reconnue s’installe, et les combats peuvent reprendre des années plus tard.
- Conscription Obligation faite par la loi aux jeunes gens d’un pays d’accomplir un service militaire, l’armée étant dès lors recrutée dans la population entière et non plus engagée contre solde.
- Consolidation de la paix Ensemble des actions menées après un conflit pour rebâtir les institutions, la justice et l’économie d’un pays, afin que les combats ne reprennent pas.
- Crime contre l’humanité Acte grave, tel que le meurtre, la déportation ou la réduction en esclavage, commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique visant une population civile.
- Crime contre l’humanité Meurtre, extermination, déportation, réduction en esclavage, torture ou persécution, commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique visant une population civile. Défini à Nuremberg en 1945, repris par le Statut de Rome en 1998, il est imprescriptible.
- Crime de guerre Violation grave des règles qui encadrent les conflits armés, comme le fait de viser délibérément des non-combattants ou de maltraiter des prisonniers.
- Cyberguerre Affrontement mené dans l’espace numérique, où des attaques informatiques visent les réseaux, les données et les infrastructures d’un adversaire pour le désorganiser sans l’envahir.
- Diplomatie Conduite des relations entre États par la représentation permanente, la négociation et les traités, plutôt que par la force.
- Dissuasion Stratégie consistant à placer devant un adversaire éventuel la perspective de représailles si lourdes qu’il renonce à attaquer.
- Droit d’ingérence Possibilité, avancée à la fin du XXe siècle, pour des États ou des organisations d’intervenir dans un pays sans son accord lorsque sa population est en péril.
- Droit des conflits armés Ensemble des règles internationales qui limitent la conduite des hostilités : elles protègent les civils, les blessés et les prisonniers, encadrent les moyens de combat autorisés, et s’imposent aux deux camps sans jamais dire lequel a raison de se battre.
- Droit des gens Ensemble des règles que les nations souveraines reconnaissent comme s’imposant dans leurs rapports mutuels, en particulier à la guerre, avant que l’expression ne cède la place au vocabulaire juridique international moderne.
- Droit international Ensemble des règles qui régissent les rapports entre les États et les organisations qu’ils créent, issues des traités qu’ils signent et des coutumes qu’ils reconnaissent.
- Droit international humanitaire Ensemble des règles qui limitent les effets des conflits armés, en distinguant les combattants des personnes qui ne le sont pas et en encadrant les moyens de combat autorisés.
- Économie de guerre Organisation d’un pays dont la production, les échanges et la main-d’oeuvre sont subordonnés aux besoins de ses armées, au prix d’un rationnement et d’un contrôle étroit des prix.
- Embargo Interdiction, décidée par un ou plusieurs États ou par une organisation internationale, d’exporter vers un pays visé ou d’en importer certaines marchandises, voire toutes. C’est une arme économique employée pour contraindre un gouvernement sans livrer bataille.
- Équilibre des puissances Situation dans laquelle plusieurs États de force comparable se surveillent et s’allient au besoin, de sorte qu’aucun ne parvienne à dominer les autres.
- État Groupement humain fixé sur un sol délimité et soumis à une autorité politique qui détient seule la contrainte légitime et se fait reconnaître par ses pairs.
- État d’urgence Régime d’exception déclaré par le gouvernement en cas de péril imminent ou de calamité publique, qui transfère à l’autorité administrative des pouvoirs de police d’ordinaire soumis au juge : perquisitions, assignations à résidence, interdiction de réunion.
- État défaillant Pays dont le pouvoir central n’assure plus ses fonctions élémentaires : il ne contrôle pas tout son territoire, ne fait plus respecter la loi, laisse des groupes armés s’y installer et ne rend plus les services de base à sa population.
- Génocide Ensemble d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel.
- Guérilla Forme de combat menée par de petits groupes mobiles qui harcèlent une armée régulière par des embuscades et des coups de main, puis se fondent dans la population.
- Guerre Affrontement armé, organisé et durable, entre des groupes politiques constitués, conduit par la violence collective en vue d’un but politique.
- Guerre asymétrique Forme d’affrontement armé où les adversaires disposent de moyens militaires sans commune mesure, ce qui conduit le plus faible à éviter le combat frontal et à viser les points vulnérables du plus fort.
- Guerre civile Affrontement armé qui oppose, à l’intérieur des frontières d’un même État, des groupes organisés se disputant le pouvoir ou la sécession d’un territoire.
- Guerre froide Affrontement mondial durable entre les États-Unis et l’URSS, de 1947 à 1991, mené par la course aux armements, la propagande et des conflits périphériques, sans combat direct entre les deux rivaux.
- Guerre hybride Stratégie qui combine des moyens armés limités et des moyens non armés, économiques, informationnels et numériques, pour affaiblir un adversaire en restant sous le seuil de l’affrontement déclaré.
- Guerre informationnelle Emploi de contenus diffusés dans l’espace public afin d’affaiblir un adversaire, en agissant sur ce que ses populations croient plutôt que sur ses forces armées.
- Guerre interétatique Conflit armé opposant les forces régulières de deux ou plusieurs États souverains, chacun engageant son armée au nom de sa politique, et que le droit international encadre par des conventions et par le traité qui y met fin.
- Guerre irrégulière Forme d’affrontement armé où l’un des adversaires refuse la bataille rangée, combat sans uniforme et se mêle à la population, en s’affranchissant des règles du droit des conflits armés.
- Guerre préventive Offensive armée lancée la première contre un État jugé dangereux à terme, sans que son attaque soit imminente. Le droit international ne l’admet pas : la Charte n’autorise la force qu’en riposte à une agression armée ou sur mandat du Conseil de sécurité.
- Guerre régulière Forme d’affrontement armé opposant des forces étatiques identifiables, portant l’uniforme, encadrées par une hiérarchie et tenues d’appliquer le droit des conflits armés.
- Guerre totale Forme d’affrontement armé où un État mobilise l’ensemble de ses ressources humaines, économiques et morales, et où la distinction entre le front et l’arrière s’efface.
- Impunité Situation dans laquelle l’auteur d’un crime échappe à toute poursuite et à toute peine, soit parce que le droit y fait obstacle, soit parce que la volonté politique ou les moyens judiciaires manquent.
- Infrastructure critique Installation dont l’arrêt désorganiserait aussitôt la vie d’un pays, comme un réseau électrique, un hôpital ou un système bancaire, et que l’État soumet pour cette raison à des obligations de protection.
- Ingérence Intervention d’un État ou d’une organisation dans les affaires intérieures d’un autre État, sans le consentement de celui-ci et en dehors de tout mandat qu’il aurait accordé.
- Ingérence humanitaire Intervention d’États ou d’organisations sur le territoire d’un pays sans l’accord de son gouvernement, au motif de porter secours à des populations en danger. Elle heurte de front la souveraineté, et le Conseil de sécurité ne l’a jamais nommée ainsi.
- Justice Institution qui établit des faits selon des règles de preuve, applique la loi et rend une décision qui tranche ; par extension, ce qu’une société estime dû aux victimes, et qui déborde largement la salle d’audience.
- Le politique Sphère des décisions qui engagent une collectivité entière : qui commande, au nom de quoi, et pour quelle fin. C’est elle qui fixe à la guerre son but, décide de son commencement et peut seule y mettre un terme.
- Légitime défense Droit reconnu par la Charte des Nations unies à un État victime d’une agression armée de riposter par la force, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité prenne les mesures nécessaires.
- Ligne de cessez-le-feu Tracé provisoire fixé par un accord d’arrêt des combats, qui sépare les forces en présence sans valoir reconnaissance d’une limite entre États.
- Maintien de la paix Déploiement, avec l’accord des parties, de forces internationales chargées de surveiller un cessez-le-feu, de séparer les belligérants et d’accompagner un règlement politique.
- Mandat Charge confiée par la Société des Nations à un État vainqueur de 1918 pour administrer un territoire détaché des empires ottoman et allemand, sous son contrôle et jusqu’à ce que ce territoire soit jugé capable de se gouverner seul.
- Médiation Intervention d’un tiers accepté par les parties, qui les aide à renouer le dialogue et leur propose une solution sans pouvoir la leur imposer.
- Militarisme Doctrine et pratique qui donnent à l’armée, à ses chefs et à ses valeurs une place prépondérante dans l’État et dans la société, et qui font de la préparation à la guerre un ressort ordinaire de la politique.
- Multilatéralisme Manière de traiter les affaires du monde à plusieurs, par la négociation dans des institutions communes et selon des règles acceptées par tous les participants.
- Nation Communauté humaine qui se pense unie par une histoire, une culture ou un vouloir-vivre commun, et qui revendique le droit de se gouverner elle-même.
- Nationalisme Doctrine politique qui érige la nation en valeur suprême et subordonne tout le reste à son unité, à sa grandeur et à son indépendance, quitte à écarter ceux qu’elle juge étrangers à elle.
- Négociation Discussion directe entre des parties opposées, menée pour obtenir un accord que ni l’une ni l’autre n’obtiendrait par la seule force.
- Non-ingérence Principe selon lequel aucun État ne peut se mêler des affaires intérieures d’un autre. La Charte des Nations unies le prolonge en interdisant à l’Organisation elle-même d’intervenir dans ce qui relève essentiellement de la compétence nationale d’un État.
- Ordre international Manière dont les rapports entre États sont réglés à une époque donnée : les principes admis, les institutions chargées de les faire respecter, et l’équilibre des puissances qui les soutient.
- Organisation internationale Institution permanente créée par plusieurs États au moyen d’un traité, dotée d’organes propres et chargée de traiter en commun des questions qui les dépassent.
- Paix Situation dans laquelle les armes se taisent durablement entre des groupes politiques, et où leurs différends se règlent par la négociation et par le droit.
- Puissance Capacité d’un État à imposer sa volonté aux autres, à résister à la leur et à peser sur le cours des affaires du monde.
- Raison d’État Principe selon lequel l’intérêt supérieur de la collectivité autorise ceux qui gouvernent à s’affranchir des règles morales et juridiques ordinaires, le salut public primant alors sur la loi commune.
- Représentation Image collective qu’une société se fait d’une réalité, façonnée par les récits, les oeuvres et les médias, et qui oriente les conduites autant que la réalité elle-même.
- Responsabilité Fait de devoir répondre d’un acte devant un juge, devant l’opinion ou devant l’histoire, ce qui fonde une obligation de réparer, une peine ou un blâme, et suppose que l’on ait pu agir autrement.
- Responsabilité de protéger Principe selon lequel il revient à la communauté des États d’agir lorsqu’un gouvernement manque au devoir d’épargner à sa population les crimes les plus graves, ou en est l’auteur.
- Responsabilité pénale individuelle Règle selon laquelle une personne physique répond devant un juge des actes qu’elle a commis ou ordonnés, sans pouvoir s’abriter derrière l’ordre reçu ni derrière l’État au nom duquel elle a agi.
- Rivalité Situation où plusieurs acteurs poursuivent un même avantage que l’un ne peut obtenir qu’au détriment des autres, sans que la force soit employée.
- Sanction internationale Mesure coercitive non militaire, décidée par un État ou par une organisation, qui prive un pays d’échanges commerciaux, financiers ou diplomatiques afin de le contraindre à changer de conduite.
- Secret Information qu’un pouvoir soustrait volontairement à la circulation, dont la divulgation est punie, et qui sépare ceux qui savent de ceux qui doivent ignorer.
- Sécurité collective Système dans lequel les États s’engagent à considérer l’agression de l’un d’eux comme dirigée contre tous et à y répondre ensemble, par des mesures coercitives ou par la force.
- Sécurité humaine Approche qui déplace la protection de l’État vers les personnes elles-mêmes, et prend pour menaces la faim, la maladie, le chômage, la violence quotidienne, la répression et la dégradation de l’environnement autant que l’agression venue du dehors.
- Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.
- Technologie duale Se dit d’un savoir-faire ou d’un matériel qui sert aussi bien à un usage civil qu’à un usage militaire, si bien qu’on ne peut en contrôler l’exportation sans gêner l’industrie.
- Terrorisme Emploi organisé de la violence contre des personnes, souvent des civils, par un groupe qui cherche moins à vaincre militairement qu’à frapper les esprits et à contraindre un gouvernement.
- Trafic Commerce clandestin de biens dont la vente est interdite ou réglementée : ici, objets archéologiques et oeuvres volés ou issus de fouilles illégales, qui rejoignent un marché légal après falsification de leur origine.
- Traité Accord écrit conclu entre des États ou des organisations internationales, soumis au droit international et créant entre les parties des obligations juridiques.
- Traité de paix Acte négocié qui met fin juridiquement à une guerre entre États et en règle les suites, notamment le tracé des limites et le sort des populations.
- Veto Faculté reconnue à chacun des cinq membres permanents du Conseil de sécurité d’empêcher, par son seul vote négatif, l’adoption d’une résolution de fond.
- Victoire Issue d’un affrontement armé où un camp impose durablement sa volonté à l’autre ; longtemps identifiée à la destruction de l’armée adverse et à la signature du vaincu, elle se mesure aussi à l’obtention du but politique poursuivi.
Acteurs
- Acteur non étatique Organisation qui pèse sur les relations internationales sans être un État ni dépendre de lui, comme une entreprise, une association ou un groupe armé.
- Acteur privé Entreprise, fondation ou personne qui pèse sur les relations entre États sans relever d’une puissance publique, et qui poursuit d’abord ses fins propres.
- Armée régulière Force combattante permanente, entretenue et commandée par un État, hiérarchisée, portant l’uniforme et soumise au droit des conflits armés, ce qui lui donne un statut reconnu par les traités comme par ses adversaires.
- Casque bleu Militaire mis à la disposition de l’Organisation des Nations unies par son État d’origine et déployé dans une opération de maintien de la paix, sous un mandat défini.
- Milice Groupe armé organisé en dehors de l’armée régulière, recruté sur une base locale, partisane ou confessionnelle, et qui combat pour son propre compte ou pour celui d’un pouvoir qui préfère ne pas l’assumer.
- Société militaire privée Entreprise commerciale qui vend à des États, à des organisations ou à des firmes des prestations de sécurité armée, de garde, de formation ou de renseignement.
Processuss
- Attribution Désignation publique, par un État, de celui qu’il tient pour l’auteur d’une action hostile menée à travers les réseaux, à partir d’indices techniques, de renseignement et d’une décision politique.
- Bipolarisation Processus par lequel un système international se range progressivement derrière deux pôles rivaux, chaque État étant conduit à choisir un camp, à s’aligner sur son modèle et à entrer dans ses alliances.
- Coopération internationale Action conduite en commun par plusieurs États, ou par les organisations qu’ils ont créées, pour obtenir un résultat qu’aucun d’eux n’atteindrait seul.
- Internationalisation d’un conflit Processus par lequel un affrontement d’abord intérieur à un pays attire des puissances extérieures qui le financent, l’arment ou y engagent leurs propres forces.
- Militarisation Processus par lequel un espace, une activité ou une société se trouve peu à peu organisé en fonction des besoins des forces armées et de la préparation d’un affrontement.
- Normalisation Rétablissement de relations diplomatiques ordinaires entre deux États jusque-là hostiles, marqué par la reconnaissance mutuelle, l’échange d’ambassades et l’ouverture des échanges, sans qu’un différend territorial soit nécessairement réglé.
- Processus de paix Enchaînement d’étapes négociées par lesquelles des belligérants passent de l’affrontement armé à un règlement politique, chaque étape devant créer la confiance nécessaire à la suivante.
- Prolifération nucléaire Diffusion progressive de l’arme atomique à de nouveaux États, malgré les traités qui cherchent à en limiter le nombre de détenteurs.
- Radicalisation Processus par lequel une personne ou un groupe adopte une vision du monde qui justifie l’usage de la violence pour atteindre un but politique ou religieux.
- Réconciliation Processus par lequel des groupes qui se sont affrontés rétablissent une coexistence durable, en reconnaissant les faits passés et en organisant la justice ou le pardon.
- Sortie de guerre Période de transition qui suit l’arrêt des combats, pendant laquelle une société démobilise ses armées, reconvertit sa production, juge les crimes commis et rétablit un ordre civil.
Concepts
- Centre de gravité Point d’où un adversaire tire sa force et sa cohésion : son armée principale, sa capitale, l’alliance qui le soutient ou l’opinion de son peuple. L’effort militaire doit converger vers lui, car sa perte fait vaciller tout l’édifice. Rattaché à Carl von Clausewitz.
- Friction Écart entre le plan conçu et son exécution sur le terrain, produit par le hasard, la fatigue, le renseignement incomplet et la peur, et qui rend l’action militaire plus difficile qu’en théorie. Rattaché à Carl von Clausewitz.
- Guerre absolue Modèle théorique de l’affrontement armé porté à son extrême, où chaque adversaire pousse la violence à son comble parce que rien ne vient la limiter. Rattaché à Carl von Clausewitz.
- Hard power Capacité d’un État à obtenir ce qu’il veut par la contrainte, en employant la force armée, la menace ou la pression sur les échanges. Rattaché à Joseph Nye.
- Monopole de la violence légitime Situation où l’État seul peut employer la contrainte physique sur son territoire et autoriser d’autres à le faire, toute force armée échappant à cette autorisation étant tenue pour illégale. Rattaché à Max Weber.
- Montée aux extrêmes Dynamique par laquelle deux adversaires, chacun craignant d’être débordé, augmentent sans fin leurs efforts et leur emploi de la force, jusqu’aux limites que seule la réalité leur impose. Rattaché à Carl von Clausewitz.
- Soft power Capacité d’un État à obtenir des autres qu’ils veuillent la même chose que lui, par l’attrait de son mode de vie, de ses œuvres et de ses valeurs plutôt que par la contrainte. Rattaché à Joseph Nye.
- Trinité clausewitzienne Modèle en trois pôles qui décrit un conflit armé par le jeu du peuple et de ses passions, de l’armée et de son art du hasard, et du gouvernement qui fixe le but politique ; leur équilibre varie, aucun des trois ne disparaît. Rattaché à Carl von Clausewitz.
Institutions
- Conseil de sécurité Organe restreint des Nations unies chargé du maintien de la paix, seul habilité à décider des mesures de contrainte qui s’imposent à tous les États membres. 1945.
- Cour internationale de justice Organe judiciaire principal des Nations unies, qui tranche les litiges entre États acceptant sa compétence et rend des avis à la demande d’organes habilités. 1945.
- Cour pénale internationale (CPI) Juridiction permanente qui juge les personnes accusées de génocide, de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou d’agression, lorsque les États ne le font pas eux-mêmes. 1998.
- Cour pénale internationale (CPI) Juridiction permanente siégeant à La Haye, née d’un traité, qui juge des individus accusés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’agression. 1998.
- ONU Institution créée en 1945 pour maintenir la paix et la sécurité entre les États, favoriser leur coopération et faire respecter des principes communs, et qui réunit la quasi-totalité des pays. 1945.
- OTAN Alliance militaire fondée en 1949 entre des États d’Europe occidentale et d’Amérique du Nord, dont les membres s’engagent à porter secours à celui qui serait attaqué. 1949.
Ce qu’il ne faut pas confondre
Ces distinctions sont celles qui coûtent le plus de points. Chacune a sa page, où les deux notions sont définies et confrontées.
- Acteur et acteur non étatique : La forme non étatique est une catégorie particulière, définie par ce qu’elle n’est pas : ni État, ni organisation créée par des États.
- Acteur et acteur privé : Le caractère privé dit qui possède et qui décide ; le mot seul ne préjuge de rien, un ministère y entre au même titre qu’une entreprise ou une association.
- Acteur non étatique et ong : L’association humanitaire n’est qu’un exemple de la catégorie, et sans doute pas celui qui pèse le plus lourd.
- Acteur non étatique et firme transnationale : L’entreprise poursuit un but lucratif et n’entend pas gouverner ; sa taille suffit pourtant à contraindre les États qui l’accueillent.
- Acteur non étatique et organisation internationale : Une organisation internationale est créée par des États et composée d’eux : elle n’entre donc pas dans cette catégorie, malgré son autonomie.
- Acteur non étatique et état : Ces intervenants peuvent disposer de moyens considérables, mais aucun ne détient le monopole de la contrainte légitime sur un territoire.
- Acteur privé et firme transnationale : Toutes ne sont pas implantées dans plusieurs pays : la firme transnationale est le cas particulier de celle qui organise sa production à l’échelle de plusieurs États.
- Acteur non étatique et acteur privé : La catégorie la plus large comprend aussi les organisations non gouvernementales, les groupes armés et les autorités religieuses, qui ne recherchent pas un profit.
- Arbitrage et médiation : Le médiateur propose et ne tranche pas ; ici le tiers rend une sentence que les parties se sont engagées à respecter avant même de la connaître.
- Arbitrage et négociation : La négociation se passe de tiers : les parties décident elles-mêmes, et rien ne s’impose à elles tant qu’elles n’ont pas signé.
- Arbitrage et justice pénale internationale : Un tribunal pénal juge des personnes et prononce des peines ; ce mécanisme-ci règle un désaccord entre États et ne condamne personne.
- Armée régulière et société militaire privée : La seconde combat sous contrat et pour un profit, sans porter la responsabilité de l’État ; la première engage cet État, qui répond de ses actes devant le droit.
- Armée régulière et guerre régulière : La seconde est une forme de conflit ; la première est l’acteur qui la mène, et il lui arrive aujourd’hui de livrer des affrontements qui n’ont plus rien de régulier.
- Armistice et traité de paix : Le premier arrête les armes, le second clôt le conflit en droit : on peut vivre des décennies avec le premier et sans le second.
- Armistice et traité : L’un est militaire et suspend ; l’autre est politique et clôt. Confondre les deux fait croire qu’une guerre s’achève le jour où l’on cesse de tirer.
- Armistice et cessez-le-feu : L’armistice est un acte formel et général ; le cessez-le-feu peut n’être qu’une trêve locale et révocable.
- Asymétrie et guerre asymétrique : Le mot défini ici nomme le rapport de force lui-même, qui existe même sans combat ; la guerre du même nom désigne la forme d’affrontement qui en découle.
- Asymétrie et rivalité : Une rivalité oppose des acteurs qui se disputent le même objet, fussent-ils de force comparable ; l’écart de moyens est un constat tout différent.
- Attribution et cyberattaque : L’une est l’acte hostile lui-même ; l’autre est le geste politique qui en désigne l’auteur, souvent des mois plus tard et sans livrer l’ensemble des preuves.
- Attribution et renseignement : Le renseignement fournit les éléments et reste secret ; la désignation de l’auteur est un acte public, décidé par le pouvoir politique et destiné à produire un effet diplomatique.
- Bipolarisation et bipolarité : La seconde est l’état atteint, celui d’un monde à deux pôles ; la première est le mouvement qui y conduit, avec ses ralliements, ses ruptures et ses pays qui refusent de choisir.
- Bipolarisation et zone d’influence : La seconde désigne l’espace tenu par un pôle ; la première désigne la dynamique d’ensemble, qui touche aussi les États restés en dehors de ces espaces.
- Casque bleu et maintien de la paix : L’un est l’homme, l’autre est l’opération et le mandat qui fixe ce qu’il a le droit de faire.
- Casque bleu et onu : L’organisation ne dispose d’aucune armée propre : elle emprunte ses contingents aux États, qui peuvent les retirer.
- Centre de gravité et guerre absolue : La guerre absolue est un modèle théorique de violence poussée à son terme ; il s’agit ici d’un outil d’analyse qui sert à choisir où porter l’effort dans une guerre réelle.
Questions fréquentes
Quelles notions faut-il connaître sur guerre et paix ?
Ce thème mobilise 115 notions, institutions, concepts et processus. Les plus structurantes sont acteur, acteur non étatique, acteur privé, arbitrage.
Faut-il apprendre les définitions par coeur ?
Il faut pouvoir les écrire sans hésiter en introduction, ce qui n’est pas la même chose que les réciter. Une définition sue à peu près se voit immédiatement dans une copie.
Pour aller plus loin
- Le lexique complet Les onze thèmes du programme.