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HGGSP Révision

Les citations à connaître : guerre et paix

Les citations du thème « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution », rangées par ce qu’elles servent à faire dans une copie, avec pour chacune sa source et l’amorce qui la relie au sujet. 19 entrées vérifiées.

Ce qui compte n’est pas la citation, c’est l’amorce

Une citation ne rapporte aucun point par elle-même. Ce qui en rapporte, c’est la phrase qui la suit : celle qui dit pourquoi elle est là et ce que le sujet en fait. Chaque citation ci-dessous est donc donnée avec son amorce, déjà écrite.

Une citation posée sans lien avec le sujet est un ornement, et le correcteur la sanctionne : il y voit un élève qui a appris une phrase et qui cherche où la caser. Mieux vaut aucune citation qu’une citation plaquée.

Toutes les formulations ci-dessous ont été confrontées à une source, et la source est donnée. En cas de doute sur les mots exacts, écrivez l’idée sans les guillemets : une citation approximative, ou mise dans la bouche du mauvais auteur, est la faute qu’un correcteur voit le plus vite.

Comment les transformations de la guerre modifient-elles les conditions dans lesquelles on peut construire la paix ?

Pour ouvrir une introduction

Ces citations se placent en première phrase. Posez le texte, puis reliez-le au sujet dès la phrase suivante : c’est ce lien que le correcteur attend, et il ne se devine pas.

La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens.

Carl von Clausewitz, De la guerre, livre I, ouvrage publié à partir de 1832 ; formulation retenue par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

La formule suppose deux choses : un État qui fixe un but, et une armée qui l’exécute. Elle est écrite au lendemain des guerres napoléoniennes. Or les conflits ouverts depuis la fin de la guerre froide opposent de plus en plus souvent des adversaires dont l’un n’est pas un État.

Ce que soutient Carl von Clausewitz par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : On la cite presque toujours pour dire que la guerre sert la politique. Elle dit aussi que la guerre n’a aucun sens hors de cette fin. Et le mot politique désigne à l’époque de Clausewitz la politique extérieure, non la vie des partis : l’employer au sens courant fait perdre le bénéfice de la référence. Les traductions diffèrent sur le début de la phrase, certaines écrivant que la guerre n’est que la simple continuation de la politique : la forme donnée ici est celle du programme.

La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté.

Carl von Clausewitz, De la guerre, 1832, traduction de Denise Naville, Éditions de Minuit, 1955

La définition tient dans un but : obtenir de l’autre ce qu’il refuse. Elle ne dit rien de la forme des combats, ni de la qualité de celui qui les mène. C’est ce qui permet de l’éprouver sur des conflits que Clausewitz n’a pas connus, où l’on ne cherche ni la bataille ni la capitulation d’une armée.

Ce que soutient Carl von Clausewitz par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle ne fait pas de l’anéantissement de l’ennemi le but de la guerre : détruire les forces adverses est un moyen de plier une volonté, parmi d’autres. Selon les traductions, le mot est « adversaire » ou « ennemi » ; la ressource officielle du programme écrit « ennemi ». Le sens ne change pas, la formulation si.

La guerre n’est rien d’autre qu’un duel à une plus vaste échelle.

Carl von Clausewitz, De la guerre, 1832, traduction de Denise Naville, Éditions de Minuit, 1955

Un duel oppose deux adversaires qui se reconnaissent, acceptent des règles et savent quand il prend fin. Les trois conditions manquent dans les conflits du second jalon de l’axe 1. C’est là, avant toute considération sur les armements, que le modèle se fissure.

Ce que soutient Carl von Clausewitz par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’image dit la structure de l’affrontement, pas sa moralité. Clausewitz ne présente pas la guerre comme un combat loyal, ni comme un combat équilibré.

La guerre est un caméléon.

Carl von Clausewitz, De la guerre, 1832 ; formule citée sous cette forme abrégée par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

L’image dit que la guerre change d’apparence selon l’époque, selon les acteurs et selon les moyens dont ils disposent. Le thème demande précisément de mesurer ces changements de visage, puis de se demander ce qui, dessous, ne change pas.

Ce que soutient Carl von Clausewitz par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le caméléon change de couleur, pas de nature. La formule ne dit donc pas que la guerre serait devenue autre chose, ni que le raisonnement de Clausewitz aurait cessé de valoir : elle dit que ses formes varient. La phrase est plus longue dans l’ouvrage : citez-la dans la forme courte que le programme retient, et n’allongez pas la formule de vous-même.

Nous éprouvons aujourd’hui de la difficulté à nommer “guerre” ces conflits de ruse et, quand nous le faisons, nous les prenons pour ce qu’ils ne sont pas : des guerres “classiques” que la force brute, celle des bombes par exemple, serait en mesure de régler.

Jean-Vincent Holeindre, Cité par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

La phrase désigne une erreur de méthode avant de désigner une erreur militaire : la façon dont on nomme un conflit décide des moyens qu’on lui applique. C’est pourquoi une supériorité écrasante en armement ne suffit pas à clore ces guerres.

Ce que soutient Jean-Vincent Holeindre par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle ne dit pas que ces conflits ne sont pas des guerres. Elle dit qu’ils ne sont pas des guerres classiques, ce qui est l’inverse et engage tout le raisonnement du second jalon de l’axe 1.

Paix impossible, guerre improbable

Raymond Aron, Le Grand Schisme, 1948, titre du premier chapitre

Aron nomme ainsi la situation ouverte après 1945 : deux camps qui ne peuvent ni s’entendre ni s’affronter directement. La formule pose qu’entre la guerre et la paix il existe des états intermédiaires, et c’est exactement ce que le thème passe son temps à examiner.

Ce que soutient Raymond Aron par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle décrit un moment daté, le début de la guerre froide. L’appliquer aux conflits actuels oblige à dire ce qui a changé, à commencer par le fait que les belligérants ne sont plus deux blocs d’États.

La guerre, c’est la paix

George Orwell, 1984, 1949, traduction française d’Amélie Audiberti, 1950

C’est un slogan de propagande dans un roman, et il porte parce qu’il énonce une chose exacte : un pouvoir peut tirer sa stabilité intérieure d’un état de guerre permanent. La question du thème est justement de savoir où finit la guerre et où commence la paix.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne la présentez jamais comme une analyse d’Orwell sur les relations internationales. C’est la devise d’un régime imaginaire, citée pour ce qu’elle révèle et non pour ce qu’elle affirme. Des traductions plus récentes écrivent « Guerre est paix » : indiquez celle que vous citez.

Les Hautes Parties contractantes déclarent solennellement au nom de leurs peuples respectifs qu’elles condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu’instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles.

Pacte Briand-Kellogg, Article premier, Paris, 27 août 1928

Le texte prend le contrepied exact de la définition classique : la guerre cesse d’être un instrument légitime de la politique d’un État. Onze ans plus tard, la Seconde Guerre mondiale commence. La question posée est celle des moyens dont un engagement a besoin pour être tenu.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le pacte ne prévoit ni juge ni sanction. On ne peut donc pas en faire l’abolition de la guerre. On peut en faire le moment où le recours à la guerre cesse d’être tenu pour un droit ordinaire des États, ce que la Charte de 1945 reprendra en se donnant des moyens.

Mais l’Europe évita l’oppression, sortit libre de cette guerre affreuse où elle s’était considérée, pour la première fois, comme un ensemble politique

Friedrich von Schiller, Histoire de la guerre de Trente Ans, publiée en 1790, extrait reproduit par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

Schiller écrit près d’un siècle et demi après les faits. Il fait de la guerre de Trente Ans le moment où les États d’Europe se découvrent liés les uns aux autres. C’est très exactement ce que les traités de 1648 mettent en forme : non pas la fin d’une guerre seulement, mais un ordre entre puissances.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce n’est pas un témoignage, c’est un jugement rétrospectif d’écrivain, écrit à la veille des bouleversements révolutionnaires. Employez-le pour dire comment on a interprété 1648, non pour établir ce qui s’est passé. La phrase se poursuit dans l’original : ne la refermez pas par un point qui lui donnerait l’allure d’une conclusion.

Qu’il y ait une paix Chrétienne, universelle, et perpétuelle, et une amitié vraye et sincère

Traité de Münster, Article premier, 24 octobre 1648

Le traité s’ouvre donc sur une déclaration d’intention, et non sur un partage de territoires. Il dit ce qu’une paix négociée prétend fonder : un état durable entre souverains, et non le simple arrêt des combats. L’orthographe est celle du XVIIe siècle et se recopie telle quelle.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le mot chrétienne indique l’espace où le traité s’applique et le vocabulaire de l’époque. Il ne fait pas de cette paix une affaire de religion, alors que les traités organisent précisément la coexistence des confessions dans l’Empire.

La paix de Westphalie et le système “westphalien” qui en découla introduisirent les concepts directeurs des relations internationales modernes : l’équilibre des puissances, l’inviolabilité de la souveraineté nationale et le principe de non-ingérence dans les affaires d’autrui.

Arnaud Blin, Le désarroi de la puissance. Les États-Unis vers la « guerre permanente » ?, article en ligne sur le site Diploweb, extrait reproduit par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

Trois principes, donc, et non un événement fondateur. C’est la façon la plus sûre de traiter le jalon : montrer ce que les traités installent durablement dans les relations entre États, sans faire de 1648 la naissance instantanée de l’État souverain.

Ce que soutient Arnaud Blin par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La ressource officielle qui cite ce passage ajoute aussitôt que cette mise en place fut en réalité plus progressive. Les États de l’Empire n’obtiennent pas la pleine souveraineté en 1648, et l’expression système westphalien est une lecture faite après coup.

L’état de paix parmi les hommes vivant les uns à côté des autres n’est pas un état de nature (status naturalis), lequel est bien plutôt un état de guerre, sinon toujours déclarée, du moins toujours menaçante. Il a donc besoin d’être établi.

Emmanuel Kant, Projet de paix perpétuelle, 1795, deuxième section, traduction de Jules Barni, 1853

La paix n’est donc pas ce qui reste quand les armes se taisent : c’est un ordre à construire, avec des règles et des garanties. C’est la question même de l’axe 2, et cela explique pourquoi un cessez-le-feu ne fait jamais une paix.

Ce que soutient Emmanuel Kant par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Kant n’imagine pas un État mondial. Il propose une fédération d’États demeurés libres, ce qui est aussi la limite qu’il lui assigne : rien n’y contraint un État qui refuse d’en faire partie. Les organisations nées de cette idée butent sur la même difficulté.

Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances

Charte des Nations unies, Préambule, San Francisco, 26 juin 1945

La phrase dit d’où vient l’Organisation : de deux guerres mondiales, et de la volonté d’empêcher la troisième. Elle explique du même coup pourquoi la sécurité collective a d’abord été pensée contre la guerre entre États, et pourquoi elle se trouve démunie devant les conflits internes.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le préambule énonce un but, jamais un pouvoir. Les moyens de l’Organisation sont fixés plus loin dans la Charte, et ils dépendent de ce que les États membres consentent à lui accorder.

Les États-Unis ont besoin de l’ONU et l’ONU a besoin des États-Unis.

Kofi Annan, Propos cités par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

La phrase énonce une dépendance réciproque, et c’est là que se joue tout le jalon. L’Organisation n’a ni armée ni ressources propres : son action tient au consentement de ses membres les plus puissants. Annan a pourtant buté sur ces mêmes États-Unis, dont l’adhésion au multilatéralisme est restée conditionnelle.

Ce que soutient Kofi Annan par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce n’est pas le constat d’une entente. C’est l’énoncé d’une contrainte, et donc de la limite de ce qu’un secrétaire général peut faire. La rappeler évite de raconter les mandats d’Annan comme une suite de succès, ou comme un échec continu.

Pour poser une notion avec l’autorité d’un auteur

Ces citations ne remplacent pas une définition, elles la prolongent. Définissez d’abord avec vos mots, citez ensuite : l’inverse donne une copie qui récite sans comprendre.

Les États parties au Traité s’engagent à ne mettre sur orbite autour de la Terre aucun objet porteur d’armes nucléaires ou de tout autre type d’armes de destruction massive, à ne pas installer de telles armes sur des corps célestes et à ne pas placer de telles armes, de toute autre manière, dans l’espace extra-atmosphérique.

Traité sur l’espace extra-atmosphérique, Article IV du traité du 27 janvier 1967

L’interdiction est précise, et sa précision fait sa limite. Elle vise les armes de destruction massive, et elles seules. Rien dans cet article n’interdit un satellite d’observation militaire, un brouilleur, ni une arme antisatellite tirée depuis le sol : l’espace est donc militarisé de longue date sans être armé au sens du traité.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : C’est l’article qui sépare les deux mots que les copies confondent. Se servir de l’espace pour observer, guider et communiquer est ancien et licite ; y placer des armes est ce que ce texte prohibe, et pour une seule catégorie d’armes.

La tactique est la théorie de l’emploi des forces au combat, alors que la stratégie est celle de l’emploi des combats en vue de la décision finale.

Carl von Clausewitz, De la guerre, 1832, cité par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

La distinction sert à ne pas confondre gagner des batailles et gagner une guerre. Napoléon remporte l’essentiel de ses batailles et perd ses guerres. C’est le niveau stratégique, et derrière lui le but politique, qui décide de l’issue.

Ce que soutient Carl von Clausewitz par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le langage courant appelle stratégie tout plan un peu élaboré. Le mot a ici un sens étroit : l’agencement des combats en vue de la décision. Une copie qui l’emploie au sens courant perd le bénéfice de la référence.

La guerre irrégulière […] se présente sous une déconcertante multiplicité de figures

Hubert Krolikowski, Cité par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

Guérilla, guerre asymétrique, résistance, guerre non conventionnelle, terrorisme, opérations spéciales : ce sont les figures que la ressource officielle range sous ce seul terme. Le mot n’est donc pas un synonyme de terrorisme, et une copie gagne à dire lequel de ces visages elle décrit.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’irrégularité dit comment on combat, hors de la bataille rangée. Elle ne dit ni le rapport de forces, que désigne l’asymétrie, ni le procédé qui vise l’opinion, que désigne le terrorisme.

Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Charte des Nations unies, Article 2, paragraphe 4, 26 juin 1945

C’est la règle qui permet de qualifier une invasion et d’y répondre au nom du droit, et non de la seule force. Elle fournit la base juridique de la réaction internationale à l’invasion du Koweït en 1990.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’interdiction connaît deux exceptions inscrites dans la Charte elle-même : la légitime défense de l’article 51, et une décision du Conseil de sécurité. Écrire que la Charte interdit toute guerre est faux, et se voit immédiatement.

Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’oeuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité

Conseil de sécurité des Nations unies, Résolution 242, préambule, 22 novembre 1967

La résolution installe le cadre juridique auquel les négociations ultérieures se réfèrent encore. Elle montre aussi la limite de l’outil : un texte adopté à l’unanimité peut rester sans application pendant des décennies.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le texte français et le texte anglais ne disent pas la même chose sur l’étendue du retrait demandé au premier paragraphe, et cette différence a nourri des lectures opposées. Une copie signale ce point ; elle ne le tranche pas.

Ces citations savent aussi poser une notion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Carl von Clausewitz.
  • « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté. » Carl von Clausewitz.
  • « Qu’il y ait une paix Chrétienne, universelle, et perpétuelle, et une amitié vraye et sincère » Traité de Münster.
  • « La paix de Westphalie et le système “westphalien” qui en découla introduisirent les concepts directeurs des relations internationales modernes : l’équilibre des puissances, l’inviolabilité de la souveraineté nationale et le principe de non-ingérence dans les affaires d’autrui. » Arnaud Blin.
  • « L’état de paix parmi les hommes vivant les uns à côté des autres n’est pas un état de nature (status naturalis), lequel est bien plutôt un état de guerre, sinon toujours déclarée, du moins toujours menaçante. Il a donc besoin d’être établi. » Emmanuel Kant.

Pour formuler la tension du sujet

Ces citations disent un paradoxe. Elles servent à écrire la problématique, et non à l’illustrer une fois qu’elle est posée.

Ces citations savent aussi formuler une tension. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « Les États parties au Traité s’engagent à ne mettre sur orbite autour de la Terre aucun objet porteur d’armes nucléaires ou de tout autre type d’armes de destruction massive, à ne pas installer de telles armes sur des corps célestes et à ne pas placer de telles armes, de toute autre manière, dans l’espace extra-atmosphérique. » Traité sur l’espace extra-atmosphérique.
  • « La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens. » Carl von Clausewitz.
  • « La guerre n’est rien d’autre qu’un duel à une plus vaste échelle. » Carl von Clausewitz.
  • « Nous éprouvons aujourd’hui de la difficulté à nommer “guerre” ces conflits de ruse et, quand nous le faisons, nous les prenons pour ce qu’ils ne sont pas : des guerres “classiques” que la force brute, celle des bombes par exemple, serait en mesure de régler. » Jean-Vincent Holeindre.
  • « Paix impossible, guerre improbable » Raymond Aron.
  • « La guerre, c’est la paix » George Orwell.
  • « Les Hautes Parties contractantes déclarent solennellement au nom de leurs peuples respectifs qu’elles condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu’instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles. » Pacte Briand-Kellogg.
  • « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » Charte des Nations unies.
  • « Les États-Unis ont besoin de l’ONU et l’ONU a besoin des États-Unis. » Kofi Annan.
  • « Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’oeuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité » Conseil de sécurité des Nations unies.

Pour fermer une conclusion sans pirouette

Ces citations ouvrent sur une question voisine, jamais sur une morale. Une conclusion qui élargit vers un problème réel vaut mieux qu’une conclusion qui commente le monde.

Ces citations savent aussi fermer une conclusion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « La guerre est un caméléon. » Carl von Clausewitz.
  • « Mais l’Europe évita l’oppression, sortit libre de cette guerre affreuse où elle s’était considérée, pour la première fois, comme un ensemble politique » Friedrich von Schiller.
  • « L’état de paix parmi les hommes vivant les uns à côté des autres n’est pas un état de nature (status naturalis), lequel est bien plutôt un état de guerre, sinon toujours déclarée, du moins toujours menaçante. Il a donc besoin d’être établi. » Emmanuel Kant.
  • « Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances » Charte des Nations unies.

Les auteurs de ce thème

Une citation se cite mieux quand on sait ce que son auteur soutient par ailleurs. Chaque page donne la thèse, ce qu’elle démontre et ce qu’on lui oppose.

  • Kofi Annan : diplomate ghanéen, secrétaire général de l’onu, 1938-2018.
  • Raymond Aron : philosophe et sociologue français, 1905-1983.
  • Élie Barnavi : historien israélien de l’occident moderne, né en 1946.
  • Arnaud Blin : historien et politologue franco-américain, né en 1960.
  • Carl von Clausewitz : officier et théoricien prussien, 1780-1831.
  • Hugo Grotius : juriste et diplomate des provinces-unies, 1583-1645.
  • Jean-Vincent Holeindre : politiste français, spécialiste de la stratégie.
  • Mary Kaldor : universitaire britannique, spécialiste des conflits, née en 1946.
  • Emmanuel Kant : philosophe prussien, 1724-1804.
  • Gilles Kepel : politiste et islamologue français, né en 1955.
  • Henry Laurens : historien français du monde arabe contemporain, né en 1954.
  • Bruno Tertrais : politiste français, spécialiste du nucléaire.

Questions fréquentes

Quelle citation utiliser sur guerre et paix ?

Celle dont vous savez dire pourquoi vous la posez. Ce thème en compte 19 de vérifiées, rangées selon qu’elles ouvrent une introduction, posent une notion, formulent la tension du sujet ou ferment une conclusion.

Faut-il citer un auteur en dissertation de HGGSP ?

Ce n’est jamais obligatoire, et une copie sans citation peut obtenir la meilleure note. Une citation reliée au sujet en une phrase valorise la copie ; une citation plaquée la dessert.

Où placer une citation dans une copie ?

En première phrase d’introduction, pour ouvrir ; au seuil d’une partie, pour poser la notion qu’elle va traiter ; en conclusion, pour élargir. Jamais au milieu d’un paragraphe, où elle interrompt la démonstration au lieu de la servir.

Comment savoir si une citation est exacte ?

En la lisant dans son texte source, et non dans un recueil. Les citations de ce site ont été confrontées à un texte officiel, à la ressource d’accompagnement du programme ou à une édition dont le traducteur est nommé. Dans le doute, écrivez l’idée sans les guillemets.

Pour aller plus loin