Que dit Gilles Kepel ? Sa thèse et ce qu’on lui oppose
Ce que soutient Gilles Kepel, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose.
Sa thèse
Le passage des mouvements islamistes à la violence armée internationale traduit leur échec à prendre le pouvoir dans leurs propres pays : faute d’avoir emporté les sociétés, l’action se déplace vers l’attentat spectaculaire mené au loin. La violence relève donc d’une trajectoire idéologique et politique datable, non d’un surgissement sans histoire.
Elle est développée dans Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme (2000).
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Dater et situer le mouvement dont Al-Qaida puis Daech sont issus, ce qui évite de traiter le terrorisme comme un phénomène hors du temps.
- Établir que ces organisations poursuivent un projet politique, et donc qu’on peut légitimement les confronter au modèle de Clausewitz au lieu de les en écarter d’emblée.
- Distinguer les deux organisations du jalon : Al-Qaida vise à frapper, Daech a cherché en outre à tenir un territoire et à se donner les attributs d’un État.
- Faire la jonction avec le second jalon de l’objet de travail conclusif : c’est dans l’Irak d’après l’intervention de 2003 que Daech se constitue, ce qui montre comment le règlement d’une guerre prépare le conflit suivant.
Ce qu’on lui oppose
D’autres chercheurs, au premier rang desquels Olivier Roy, expliquent l’engagement violent par une révolte qui emprunte un vocabulaire religieux plutôt que par la diffusion d’une doctrine. Le désaccord entre ces deux lectures est ouvert et documenté : une copie gagne à le signaler comme un débat, et non à trancher.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les notions rattachées à Kepel
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Terrorisme Emploi organisé de la violence contre des personnes, souvent des civils, par un groupe qui cherche moins à vaincre militairement qu’à frapper les esprits et à contraindre un gouvernement.
- Radicalisation Processus par lequel une personne ou un groupe adopte une vision du monde qui justifie l’usage de la violence pour atteindre un but politique ou religieux.
- Guerre irrégulière Forme d’affrontement armé où l’un des adversaires refuse la bataille rangée, combat sans uniforme et se mêle à la population, en s’affranchissant des règles du droit des conflits armés.
- Acteur non étatique Organisation qui pèse sur les relations internationales sans être un État ni dépendre de lui, comme une entreprise, une association ou un groupe armé.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| Guerre et paix | Le modèle de Clausewitz à l’épreuve des « guerres irrégulières » : d’Al-Qaida à Daech | Éprouver ce modèle sur des conflits où l’un des adversaires n’est pas un État, pour voir ce qui en subsiste et ce qu’il n’explique plus. |
| Guerre et paix | Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003) et leurs prolongements : d’une guerre interétatique à un conflit asymétrique | Relier la façon dont une guerre est réglée à la nature du conflit qui lui succède, et éprouver ainsi la portée du multilatéralisme. |
Qui écrit, et à quelle époque
Politiste et islamologue français, né en 1955.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit Gilles Kepel ?
Le passage des mouvements islamistes à la violence armée internationale traduit leur échec à prendre le pouvoir dans leurs propres pays : faute d’avoir emporté les sociétés, l’action se déplace vers l’attentat spectaculaire mené au loin. La violence relève donc d’une trajectoire idéologique et politique datable, non d’un surgissement sans histoire.
Que peut-on opposer à Kepel ?
D’autres chercheurs, au premier rang desquels Olivier Roy, expliquent l’engagement violent par une révolte qui emprunte un vocabulaire religieux plutôt que par la diffusion d’une doctrine. Le désaccord entre ces deux lectures est ouvert et documenté : une copie gagne à le signaler comme un débat, et non à trancher.
Dans quel thème de HGGSP citer Kepel ?
La référence sert dans le thème guerre et paix. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème guerre et paix Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème guerre et paix Les notions du thème, définies pour être employées en copie.