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HGGSP Révision

Que dit Jean-Vincent Holeindre ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Jean-Vincent Holeindre, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

La ruse est une composante permanente de la guerre, et non un travers des conflits récents : elle économise la force quand on en a peu, et elle permet au plus faible de refuser la bataille que le plus fort recherche. Traiter ces conflits de ruse comme des guerres classiques conduit à leur appliquer des moyens qui ne les règlent pas.

Elle est développée dans La Ruse et la force. Une autre histoire de la stratégie (2017).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Expliquer pourquoi une écrasante supériorité militaire ne met pas fin à une guerre irrégulière.
  • Montrer que l’irrégularité est ancienne, ce qui évite d’opposer un passé de guerres réglées à un présent de guerres informes.
  • Nuancer le second jalon de l’axe 1 : ce n’est pas Clausewitz qui est démenti, c’est l’usage étroit qu’on fait de lui.

Ce qu’on lui oppose

Insister sur la continuité de la ruse peut conduire à sous-estimer ce que la mondialisation change réellement : circulation des armes et des combattants, financement par des réseaux, portée mondiale donnée à un attentat par sa diffusion.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Holeindre, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

Nous éprouvons aujourd’hui de la difficulté à nommer “guerre” ces conflits de ruse et, quand nous le faisons, nous les prenons pour ce qu’ils ne sont pas : des guerres “classiques” que la force brute, celle des bombes par exemple, serait en mesure de régler.

Jean-Vincent Holeindre, Cité par la ressource d’accompagnement du programme, 2022

La phrase désigne une erreur de méthode avant de désigner une erreur militaire : la façon dont on nomme un conflit décide des moyens qu’on lui applique. C’est pourquoi une supériorité écrasante en armement ne suffit pas à clore ces guerres.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle ne dit pas que ces conflits ne sont pas des guerres. Elle dit qu’ils ne sont pas des guerres classiques, ce qui est l’inverse et engage tout le raisonnement du second jalon de l’axe 1.

Les notions rattachées à Holeindre

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Guerre irrégulière Forme d’affrontement armé où l’un des adversaires refuse la bataille rangée, combat sans uniforme et se mêle à la population, en s’affranchissant des règles du droit des conflits armés.
  • Guerre asymétrique Forme d’affrontement armé où les adversaires disposent de moyens militaires sans commune mesure, ce qui conduit le plus faible à éviter le combat frontal et à viser les points vulnérables du plus fort.
  • Guérilla Forme de combat menée par de petits groupes mobiles qui harcèlent une armée régulière par des embuscades et des coups de main, puis se fondent dans la population.
  • Terrorisme Emploi organisé de la violence contre des personnes, souvent des civils, par un groupe qui cherche moins à vaincre militairement qu’à frapper les esprits et à contraindre un gouvernement.
  • Acteur non étatique Organisation qui pèse sur les relations internationales sans être un État ni dépendre de lui, comme une entreprise, une association ou un groupe armé.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Guerre et paixEssai d’une typologie : nature des conflits, acteurs et modes de résolutionSe donner une grille de lecture qui relie la nature d’un conflit, les acteurs engagés et la façon dont on peut y mettre fin.
Guerre et paixLe modèle de Clausewitz à l’épreuve des « guerres irrégulières » : d’Al-Qaida à DaechÉprouver ce modèle sur des conflits où l’un des adversaires n’est pas un État, pour voir ce qui en subsiste et ce qu’il n’explique plus.

Qui écrit, et à quelle époque

Politiste français, spécialiste de la stratégie.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Jean-Vincent Holeindre ?

La ruse est une composante permanente de la guerre, et non un travers des conflits récents : elle économise la force quand on en a peu, et elle permet au plus faible de refuser la bataille que le plus fort recherche. Traiter ces conflits de ruse comme des guerres classiques conduit à leur appliquer des moyens qui ne les règlent pas.

Que peut-on opposer à Holeindre ?

Insister sur la continuité de la ruse peut conduire à sous-estimer ce que la mondialisation change réellement : circulation des armes et des combattants, financement par des réseaux, portée mondiale donnée à un attentat par sa diffusion.

Dans quel thème de HGGSP citer Holeindre ?

La référence sert dans le thème guerre et paix. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.

Quelle citation de Holeindre retenir ?

« Nous éprouvons aujourd’hui de la difficulté à nommer “guerre” ces conflits de ruse et, quand nous le faisons, nous les prenons pour ce qu’ils ne sont pas : des guerres “classiques” que la force brute, celle des bombes par exemple, serait en mesure de régler. » La phrase désigne une erreur de méthode avant de désigner une erreur militaire : la façon dont on nomme un conflit décide des moyens qu’on lui applique. C’est pourquoi une supériorité écrasante en armement ne suffit pas à clore ces guerres.

Pour aller plus loin