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HGGSP Révision

Que dit Garrett Hardin ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Garrett Hardin, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 2 citations vérifiées, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Une ressource ouverte à tous et que personne ne régule est vouée à l’épuisement. Chaque usager a intérêt à prélever davantage, puisqu’il empoche seul le gain tandis que la dégradation se répartit sur l’ensemble des usagers.

Elle est développée dans The Tragedy of the Commons, article paru dans la revue Science (1968).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Expliquer la surpêche en haute mer par un mécanisme, et non par la mauvaise volonté supposée des pêcheurs.
  • Faire comprendre pourquoi la liberté de la haute mer, tenue pendant des siècles pour un acquis, est devenue un problème de protection.
  • Donner sa raison d’être à la négociation sur la biodiversité marine au-delà des juridictions nationales.
  • Expliquer par un même mécanisme la surpêche, le recul d’une forêt et la pollution de l’atmosphère, qui n’appartient à personne.
  • Poser le problème de fond de toute négociation climatique : un État supporte seul le coût de ses efforts et en partage le bénéfice avec tous les autres.
  • Donner sa portée à la question de la règle et de la propriété dans un conflit d’usage, au lieu de s’en tenir aux acteurs en présence.

Ce qu’on lui oppose

Le raisonnement confond deux choses : une ressource ouverte à tous sans aucune règle, et une ressource gérée collectivement par des règles. Ostrom a montré, cas à l’appui, que des usagers savent s’organiser eux-mêmes, et qu’il existe donc une autre issue que la privatisation ou la mise sous tutelle d’un État.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Hardin, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

Freedom in a commons brings ruin to all.

Garrett Hardin, The Tragedy of the Commons, article paru dans la revue Science le 13 décembre 1968

La haute mer est exactement le cas que décrit cette phrase. Chacun y prélève pour son compte, tandis que l’épuisement se répartit sur tous. La liberté qui fonde le droit de la mer depuis le XVIIe siècle est ainsi devenue le problème que la négociation doit résoudre, et non plus l’acquis qu’elle doit protéger.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le raisonnement vaut pour une ressource ouverte sans aucune règle, non pour une ressource gérée en commun. Elinor Ostrom a montré, cas à l’appui, que des usagers savent se donner des règles : il existe donc une autre issue que la privatisation ou la mise sous tutelle d’un État. Hardin a lui-même reconnu plus tard que son article aurait dû parler de biens communs non gérés.

Freedom in a commons brings ruin to all.

Garrett Hardin, The Tragedy of the Commons, revue Science, 1968

Le raisonnement vaut pour un pâturage ouvert à tous et sans règle ; il vaut donc aussi pour l’atmosphère, qui n’appartient à personne. Il énonce le problème de fond de toute négociation climatique : un État supporte seul le coût de son effort et en partage le bénéfice avec tous les autres.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elinor Ostrom a établi que la démonstration ne tient que pour une ressource en libre accès, sans règle ni surveillance, situation rare. Citez Hardin, puis l’objection : une copie qui s’arrête à la tragédie fait passer pour une loi générale ce qui est un cas particulier.

Les notions rattachées à Hardin

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Haute mer Partie des océans qui échappe à toute appropriation par les États et reste ouverte à la navigation, à la pêche et à la recherche pour tous.
  • Res communis Se dit d’un espace ouvert à l’usage de tous, qu’aucun État ne peut s’attribuer, et dont chacun peut user sans en priver les autres.
  • Gouvernance mondiale Ensemble des règles, des institutions et des négociations par lesquelles les États et d’autres acteurs tentent de régler en commun des problèmes qui dépassent les frontières.
  • Patrimoine commun de l’humanité Statut juridique reconnu à certains espaces et à certaines ressources qui échappent à toute appropriation nationale, dont l’exploitation est encadrée et dont les bénéfices doivent profiter à tous les peuples.
  • Tragédie des communs Situation où une ressource ouverte à tous se dégrade parce que chaque usager a intérêt à prélever davantage sans supporter seul le coût de l’épuisement.
  • Communs Ressource partagée qu’un groupe d’usagers administre lui-même, par des règles qu’il s’est données, sans propriété privée ni tutelle extérieure.
  • Ressource naturelle Élément d’un milieu qu’une société prélève et transforme parce qu’elle lui trouve un usage : l’eau, le bois, les sols, les minerais, le charbon ou le pétrole.
  • Gouvernance climatique Ensemble des règles, des institutions et des négociations par lesquelles des États et d’autres acteurs tentent de conduire ensemble l’action contre le réchauffement.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Espaces de conquêteRivalités et coopérations dans le partage, l’exploitation et la préservation des ressources des mers et des océans : de la création des zones économiques exclusives (Convention de Montego Bay) à la gestion commune de la biodiversité (conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, BBNJ : Biological diversity beyond national juridiction).Suivre la construction lente d’un droit qui découpe d’abord des espaces au profit des États riverains, puis tente de protéger ce qui n’appartient à aucun d’eux.
EnvironnementDéfinitions, représentations, évolutions de la notion d’environnement : une construction historique, sociale et politiqueMontrer que la façon de nommer et de se représenter le milieu commande déjà ce que la société décidera d’en faire.
EnvironnementExploiter et protéger une ressource « naturelle » : la forêt française depuis ColbertMontrer sur un cas français que l’exploitation et la protection d’une même ressource sont réclamées par des acteurs aux intérêts opposés, et que la puissance publique arbitre selon les besoins de son temps.

Qui écrit, et à quelle époque

Biologiste et écologue américain, 1915-2003.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Garrett Hardin ?

Une ressource ouverte à tous et que personne ne régule est vouée à l’épuisement. Chaque usager a intérêt à prélever davantage, puisqu’il empoche seul le gain tandis que la dégradation se répartit sur l’ensemble des usagers.

Que peut-on opposer à Hardin ?

Le raisonnement confond deux choses : une ressource ouverte à tous sans aucune règle, et une ressource gérée collectivement par des règles. Ostrom a montré, cas à l’appui, que des usagers savent s’organiser eux-mêmes, et qu’il existe donc une autre issue que la privatisation ou la mise sous tutelle d’un État.

Dans quel thème de HGGSP citer Hardin ?

La référence sert dans les thèmes espaces de conquête, environnement. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.

Quelle citation de Hardin retenir ?

« Freedom in a commons brings ruin to all. » La haute mer est exactement le cas que décrit cette phrase. Chacun y prélève pour son compte, tandis que l’épuisement se répartit sur tous. La liberté qui fonde le droit de la mer depuis le XVIIe siècle est ainsi devenue le problème que la négociation doit résoudre, et non plus l’acquis qu’elle doit protéger.

Pour aller plus loin