Le lexique de HGGSP : espaces de conquête
Toutes les notions du thème « De nouveaux espaces de conquête », rangées par nature et définies pour être employées en copie. 50 entrées.
À quoi sert ce vocabulaire
Comment l’océan et l’espace extra-atmosphérique, longtemps hors de portée, sont-ils devenus des lieux où se joue la puissance des États ?
La précision du vocabulaire est ce qu’un correcteur vérifie en premier, et elle se joue dès l’introduction. Ces définitions sont écrites pour être recopiées telles quelles dans une introduction de dissertation.
Le thème est présenté en entier sur sa page de programme.
Institutions
- Agence spatiale européenne Organisme intergouvernemental qui conduit les programmes d’exploration, de lancement et d’observation menés en commun par plusieurs États d’Europe. 1975.
- Autorité internationale des fonds marins Organisme créé par la convention sur le droit de la mer pour délivrer les permis de recherche et d’exploitation minière dans les profondeurs océaniques situées hors de toute juridiction nationale, et pour en partager les bénéfices. 1994.
- NASA Agence civile chargée du programme spatial des États-Unis, créée en réponse aux premiers succès soviétiques et longtemps vitrine de la rivalité entre les deux Grands. 1958.
- Organisation des Nations unies Institution mondiale créée après la Seconde Guerre mondiale pour maintenir la paix et la sécurité entre les États, et qui abrite l’essentiel des négociations sur les espaces échappant à toute appropriation. 1945.
- Tribunal international du droit de la mer Juridiction permanente siégeant à Hambourg, chargée de régler les différends entre États sur l’application de la convention qui répartit les espaces océaniques. 1996.
Processuss
- Arsenalisation de l’espace Déploiement effectif d’armes en gravitation autour de la Terre ou conçues pour frapper des cibles situées au-delà de l’atmosphère, franchissement que le droit en vigueur n’interdit que pour les armes de destruction massive.
- Conteneurisation Généralisation d’une boîte aux dimensions normalisées pour le transport des marchandises, qui a fait chuter le coût et la durée des ruptures de charge entre le navire, le train et le camion.
- Littoralisation Concentration croissante des hommes, des villes et des activités sur les bandes côtières, sous l’effet de l’ouverture des économies sur le large.
- Maritimisation Poids croissant des mers et des océans dans les échanges, l’approvisionnement et les stratégies des États, à mesure que la production se disperse à travers le monde.
- Militarisation de l’espace Usage du milieu situé au-delà de l’atmosphère à des fins de défense, par des engins d’observation, d’écoute, de guidage et de télécommunication, sans qu’une arme y soit placée.
- Mondialisation Processus d’intégration croissante des économies et des sociétés, par la multiplication des échanges de biens, de capitaux, d’informations et de personnes à l’échelle de la planète.
- New Space Recomposition du secteur spatial marquée par l’arrivée d’entreprises privées qui conçoivent, financent et exploitent leurs propres lanceurs, au lieu de rester les fournisseurs des agences publiques.
Notions
- Câble sous-marin Liaison physique posée sur le fond des océans, qui achemine la quasi-totalité des données numériques échangées entre les continents.
- Course aux armements Rivalité dans laquelle deux États accroissent sans cesse leurs forces militaires, chacun répondant à l’effort de l’autre, sans que la sécurité de l’un ni de l’autre s’en trouve améliorée.
- Débris spatiaux Objets hors d’usage laissés en gravitation autour de la Terre, étages de fusées, engins morts et fragments de collision, qui menacent les missions en cours.
- Déni d’accès Ensemble de moyens militaires destinés à empêcher une force adverse d’entrer dans un espace maritime ou aérien et d’y manoeuvrer librement.
- Détroit Passage maritime resserré entre deux terres, qui met en relation deux mers et dont le contrôle donne un moyen de pression sur la navigation mondiale.
- Dissuasion nucléaire Stratégie qui consiste à empêcher une attaque en garantissant à l’agresseur éventuel des dommages inacceptables, grâce à une force atomique capable de riposter en toutes circonstances.
- Droit de la mer Branche des règles internationales qui répartit les compétences des États sur les espaces marins selon l’éloignement de la côte.
- Espace extra-atmosphérique Milieu situé au-delà de la couche d’air qui entoure la Terre, où aucun État ne peut revendiquer de souveraineté et que tous ont le droit d’explorer et d’utiliser.
- Frontière Ligne qui sépare deux souverainetés et marque l’endroit où s’arrête la compétence d’un État pour laisser place à celle d’un autre.
- Gouvernance mondiale Ensemble des règles, des institutions et des négociations par lesquelles les États et d’autres acteurs tentent de régler en commun des problèmes qui dépassent les frontières.
- Haute mer Partie des océans qui échappe à toute appropriation par les États et reste ouverte à la navigation, à la pêche et à la recherche pour tous.
- Liberté de navigation Principe selon lequel les bâtiments de tout État peuvent circuler sur les mers en dehors des eaux placées sous pleine souveraineté, sans avoir à demander d’autorisation.
- Ligne de base Tracé de référence, suivant en principe la laisse de basse mer le long des côtes, à partir duquel se mesure la largeur des espaces maritimes reconnus à un État.
- Mer territoriale Bande maritime large de douze milles marins au plus, mesurée depuis la côte, sur laquelle l’État riverain exerce sa souveraineté, sous réserve du passage inoffensif des navires étrangers.
- Multilatéralisme Manière de traiter les affaires du monde à plusieurs, par la négociation dans des institutions communes et selon des règles acceptées par tous les participants.
- Orbite géostationnaire Trajectoire circulaire parcourue dans le plan de l’équateur, à une altitude telle qu’un satellite y demeure en permanence à la verticale du même lieu de la Terre.
- Patrimoine commun de l’humanité Statut juridique reconnu à certains espaces et à certaines ressources qui échappent à toute appropriation nationale, dont l’exploitation est encadrée et dont les bénéfices doivent profiter à tous les peuples.
- Pavillon de complaisance Immatriculation d’un navire dans un État choisi pour la faiblesse de ses exigences fiscales, sociales et techniques, sans lien réel entre ce pays et le propriétaire.
- Piraterie Attaque menée en mer par des acteurs privés contre un navire, à des fins de vol, de rançon ou de détournement de sa cargaison.
- Plateau continental Prolongement immergé de la masse terrestre d’un État, sur lequel il détient des droits exclusifs d’exploration et d’exploitation du sol et du sous-sol marins.
- Point de passage stratégique Détroit, canal ou couloir maritime resserré par lequel transite une part majeure des échanges du monde, et dont le contrôle donne un moyen de pression.
- Porte-avions Grand bâtiment de guerre servant de base flottante à un groupe aérien, ce qui permet à un État d’intervenir très loin de ses côtes sans dépendre d’une escale alliée.
- Projection de puissance Aptitude d’une armée à porter rapidement des forces loin de son territoire national, à les y maintenir et à les ravitailler aussi longtemps qu’il le faut.
- Puissance Capacité d’un État à imposer sa volonté aux autres, à résister à la leur et à peser sur le cours des affaires du monde.
- Res communis Se dit d’un espace ouvert à l’usage de tous, qu’aucun État ne peut s’attribuer, et dont chacun peut user sans en priver les autres.
- Res nullius Se dit d’un espace ou d’un bien qui n’appartient à personne et que le premier occupant peut donc s’approprier.
- Satellite artificiel Engin placé par une fusée sur une trajectoire fermée autour de la Terre, où il assure des fonctions d’observation, de télécommunication, de guidage ou de renseignement.
- Sous-marin nucléaire lanceur d’engins Bâtiment de guerre à propulsion atomique conçu pour rester très longtemps immergé et emporter des missiles balistiques, ce qui rend la riposte d’un État impossible à neutraliser d’un seul coup.
- Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.
- Territoire Portion d’espace terrestre, maritime et aérien qu’une société ou un État s’approprie, délimite, aménage et charge de sens.
- Thalassocratie État dont la prééminence repose sur la maîtrise des mers, de leurs routes et de leurs escales, bien plus que sur l’étendue de son domaine continental.
- Zone contiguë Bande de mer située au-delà des eaux souveraines et jusqu’à vingt-quatre milles marins de la côte, où l’État riverain fait respecter ses règles douanières, fiscales, sanitaires et migratoires.
- Zone économique exclusive Bande maritime s’étendant jusqu’à deux cents milles marins des côtes, où l’État riverain détient seul le pouvoir d’explorer et d’exploiter les ressources, sans y être souverain.
Acteurs
- État riverain Pays dont le territoire borde une mer ou un océan, et qui détient de ce fait des compétences particulières sur les eaux situées devant ses côtes.
- Firme transnationale Entreprise qui produit et vend dans plusieurs États par des filiales installées à l’étranger, et qui organise son activité à l’échelle du monde.
Concepts
- Hard power Capacité d’un État à obtenir ce qu’il veut par la contrainte, en employant la force armée, la menace ou la pression sur les échanges. Rattaché à Joseph Nye.
- Sea power Ensemble formé par une marine de guerre, une flotte de commerce, des ports et des bases, dont la réunion assure à un État la maîtrise des routes océaniques et la prospérité qui en découle. Rattaché à Alfred Thayer Mahan.
- Soft power Capacité d’un État à obtenir des autres qu’ils veuillent la même chose que lui, par l’attrait de son mode de vie, de ses œuvres et de ses valeurs plutôt que par la contrainte. Rattaché à Joseph Nye.
Ce qu’il ne faut pas confondre
Ces distinctions sont celles qui coûtent le plus de points. Chacune a sa page, où les deux notions sont définies et confrontées.
- Agence spatiale européenne et nasa : Celle-ci dépend d’un accord entre plusieurs États et n’est pas un service de l’Union européenne, ce que les copies confondent souvent.
- Agence spatiale européenne et multilatéralisme : Elle est un exemple de coopération, non la méthode elle-même : on la cite pour illustrer, pas pour définir.
- Arsenalisation de l’espace et militarisation de l’espace : Le premier terme suppose des armes placées ou dirigées là-haut, le second se contente d’un usage de soutien : les copies traitent les deux comme un seul fait.
- Arsenalisation de l’espace et course aux armements : Le franchissement désigne un seuil, la rivalité un mécanisme : c’est la seconde qui rend le premier tentant pour chacun.
- Autorité internationale des fonds marins et tribunal international du droit de la mer : L’un administre une ressource et délivre des permis, l’autre juge des litiges : deux organismes distincts, issus du même texte.
- Autorité internationale des fonds marins et patrimoine commun de l’humanité : L’organisme n’est pas le statut : il est l’instrument par lequel ce statut devient une pratique.
- Câble sous-marin et satellite artificiel : La quasi-totalité des données intercontinentales passe par ces liaisons physiques, non par les relais placés autour de la Terre.
- Câble sous-marin et point de passage stratégique : Le raisonnement est le même, l’objet non : ce sont des flux d’informations, et non de marchandises, qui se concentrent en quelques atterrages.
- Conteneurisation et maritimisation : Ce procédé technique est l’une des causes du recours massif à la mer ; il n’en est pas la définition.
- Course aux armements et dissuasion nucléaire : La stratégie recherche un équilibre stable ; cette surenchère est ce qui se produit quand chacun tente de le rompre à son profit.
- Débris spatiaux et satellite artificiel : Un engin en service se déplace sur commande ; ces objets-ci ne répondent plus et ne peuvent plus être écartés d’une trajectoire.
- Débris spatiaux et new space : La multiplication des lancements privés aggrave le problème, mais celui-ci lui est antérieur et tient d’abord aux programmes publics.
- Déni d’accès et projection de puissance : C’est la réponse défensive à cette capacité : des missiles côtiers et des mines coûtent bien moins cher qu’un groupe aéronaval.
- Déni d’accès et souveraineté : Le procédé est militaire, non juridique : il vise des eaux où l’État n’a souvent aucun titre à interdire le passage.
- Détroit et mer territoriale : Quand il est très étroit, il peut être entièrement couvert par les eaux souveraines des riverains, ce qui n’interdit pas le passage en transit.
- Détroit et point de passage stratégique : Tous ne sont pas des enjeux mondiaux : seuls le deviennent ceux que le trafic emprunte massivement et que l’on peut fermer.
- Dissuasion nucléaire et projection de puissance : L’une vise à ne jamais servir et protège le territoire national, l’autre sert effectivement et agit au loin : ce sont deux fonctions distinctes de la marine.
- Droit de la mer et frontière maritime : Le cadre général fixe les catégories d’espaces ; la ligne convenue entre deux voisins en répartit ensuite l’étendue.
- Droit de la mer et souveraineté : Ce cadre n’abolit pas la souveraineté, il la gradue : pleine près des côtes, réduite à quelques compétences au large, inexistante en haute mer.
- Droit de la mer et liberté de navigation : La liberté de circuler n’est qu’un des principes que ce cadre pose ; il en organise beaucoup d’autres, dont l’exploitation et la protection des ressources.
- Espace extra-atmosphérique et haute mer : Les deux échappent à l’appropriation, mais les océans sont régis par un texte détaillé et une juridiction, ce dont l’autre milieu ne dispose pas.
- Espace extra-atmosphérique et territoire : Y installer une base ou y planter un drapeau ne crée aucun titre : le droit en vigueur exclut toute revendication nationale.
- État riverain et zone économique exclusive : Ses droits sur cet espace portent sur les ressources ; il ne peut pas y interdire le passage des navires étrangers.
- État riverain et pavillon de complaisance : Le pays qui borde la mer et celui qui immatricule le navire sont deux acteurs distincts, souvent situés à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.
- Firme transnationale et gafam : Les cinq entreprises désignées par l’acronyme sont des cas particuliers, très récents et concentrés sur un seul secteur.
Questions fréquentes
Quelles notions faut-il connaître sur espaces de conquête ?
Ce thème mobilise 50 notions, institutions, concepts et processus. Les plus structurantes sont agence spatiale européenne, arsenalisation de l’espace, autorité internationale des fonds marins, câble sous-marin.
Faut-il apprendre les définitions par coeur ?
Il faut pouvoir les écrire sans hésiter en introduction, ce qui n’est pas la même chose que les réciter. Une définition sue à peu près se voit immédiatement dans une copie.
Pour aller plus loin
- Le lexique complet Les onze thèmes du programme.