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HGGSP Révision

Que dit Hugo Grotius ? Sa thèse et ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Hugo Grotius, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose.

Sa thèse

La mer ne peut appartenir à personne. Elle est trop vaste pour être occupée, et l’usage que l’on en fait ne prive pas les autres du leur : elle doit donc rester ouverte à la navigation et au commerce de tous.

Elle est développée dans Mare liberum (1609).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Dater l’origine du principe de liberté de la haute mer, que la convention de Montego Bay reprend encore près de quatre siècles plus tard.
  • Montrer que le droit de la mer naît d’un conflit d’intérêts commerciaux et non d’un idéal désintéressé : le texte défend l’accès des Provinces-Unies au commerce des Indes contre les prétentions ibériques.
  • Opposer le régime de l’océan à celui de la terre ferme, où la souveraineté d’un État sur un espace délimité est la règle.

Ce qu’on lui oppose

Selden lui répond qu’un État peut parfaitement exercer son autorité sur les eaux qui le bordent. L’histoire leur a donné raison à tous les deux : le droit actuel superpose des espaces appropriés près des côtes et une haute mer que nul ne peut s’attribuer.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les notions rattachées à Grotius

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Haute mer Partie des océans qui échappe à toute appropriation par les États et reste ouverte à la navigation, à la pêche et à la recherche pour tous.
  • Liberté de navigation Principe selon lequel les bâtiments de tout État peuvent circuler sur les mers en dehors des eaux placées sous pleine souveraineté, sans avoir à demander d’autorisation.
  • Res communis Se dit d’un espace ouvert à l’usage de tous, qu’aucun État ne peut s’attribuer, et dont chacun peut user sans en priver les autres.
  • Droit de la mer Branche des règles internationales qui répartit les compétences des États sur les espaces marins selon l’éloignement de la côte.
  • Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Espaces de conquêteLes dernières frontières ?Interroger la formule : ces milieux ne sont ni vides ni sans règles, ils sont déjà parcourus, exploités et partiellement partagés, ce qui interdit de les traiter comme des terres neuves.
Espaces de conquêteRivalités et coopérations dans le partage, l’exploitation et la préservation des ressources des mers et des océans : de la création des zones économiques exclusives (Convention de Montego Bay) à la gestion commune de la biodiversité (conférence intergouvernementale sur la biodiversité marine, BBNJ : Biological diversity beyond national juridiction).Suivre la construction lente d’un droit qui découpe d’abord des espaces au profit des États riverains, puis tente de protéger ce qui n’appartient à aucun d’eux.

Qui écrit, et à quelle époque

Juriste et diplomate néerlandais, 1583-1645.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Hugo Grotius ?

La mer ne peut appartenir à personne. Elle est trop vaste pour être occupée, et l’usage que l’on en fait ne prive pas les autres du leur : elle doit donc rester ouverte à la navigation et au commerce de tous.

Que peut-on opposer à Grotius ?

Selden lui répond qu’un État peut parfaitement exercer son autorité sur les eaux qui le bordent. L’histoire leur a donné raison à tous les deux : le droit actuel superpose des espaces appropriés près des côtes et une haute mer que nul ne peut s’attribuer.

Dans quel thème de HGGSP citer Grotius ?

La référence sert dans les thèmes espaces de conquête, les frontières. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.

Pour aller plus loin