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HGGSP Révision

Que dit Hannah Arendt ? Sa thèse et ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Hannah Arendt, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose.

Sa thèse

Rendant compte du procès d’Eichmann à Jérusalem, en 1961, elle décrit un accusé qui se présente en exécutant appliqué, sans haine affichée ni pensée propre. Elle en tire l’idée que des crimes immenses peuvent être commis par des hommes ordinaires insérés dans une administration, ce qu’elle nomme la banalité du mal.

Elle est développée dans Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal, 1963.

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Poser la question de la responsabilité individuelle à l’intérieur d’un appareil d’État, qui est celle que la justice doit trancher.
  • Montrer qu’un procès ne produit pas qu’une peine : il ouvre un débat public et des interprétations qui débordent largement le prétoire.
  • Relier le procès à la mémoire, cette audience ayant fait entendre les survivants et déplacé la place du génocide dans la conscience publique.

Ce qu’on lui oppose

La formule est très contestée par les historiens. Les documents étudiés depuis, en particulier les entretiens accordés par Eichmann en Argentine avant son arrestation, montrent un homme convaincu et engagé, qui a composé au procès le personnage du fonctionnaire obéissant. L’expression décrit une attitude à la barre plus qu’elle n’explique le génocide.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les notions rattachées à Arendt

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Crime contre l’humanité Acte grave, tel que le meurtre, la déportation ou la réduction en esclavage, commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique visant une population civile.
  • Génocide Ensemble d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel.
  • Témoignage Récit que fait une personne de ce qu’elle a vécu ou vu, et que le chercheur traite comme une source, avec ses apports et ses limites.
  • Témoin Personne qui a vécu ou vu un événement et qui en rend compte, devant un tribunal, une caméra ou un chercheur, à partir de ce qu’elle a gardé en mémoire.
  • Shoah Mot hébreu signifiant catastrophe, employé pour désigner l’extermination des Juifs d’Europe organisée par le régime nazi et ses complices.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Histoire et mémoiresLes notions de crime contre l’humanité et de génocide, et le contexte de leur élaborationMontrer que les catégories juridiques existantes ne suffisaient plus à nommer les violences commises contre des populations civiles, et que les qualifications forgées ensuite ont une histoire datée.
Histoire et mémoiresJuger les crimes nazis après NurembergMontrer que les procès postérieurs au premier grand procès international ont fait avancer le droit, mais aussi la connaissance du génocide et sa reconnaissance publique.

Qui écrit, et à quelle époque

Philosophe et théoricienne politique, 1906-1975.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Hannah Arendt ?

Rendant compte du procès d’Eichmann à Jérusalem, en 1961, elle décrit un accusé qui se présente en exécutant appliqué, sans haine affichée ni pensée propre. Elle en tire l’idée que des crimes immenses peuvent être commis par des hommes ordinaires insérés dans une administration, ce qu’elle nomme la banalité du mal.

Que peut-on opposer à Arendt ?

La formule est très contestée par les historiens. Les documents étudiés depuis, en particulier les entretiens accordés par Eichmann en Argentine avant son arrestation, montrent un homme convaincu et engagé, qui a composé au procès le personnage du fonctionnaire obéissant. L’expression décrit une attitude à la barre plus qu’elle n’explique le génocide.

Dans quel thème de HGGSP citer Arendt ?

La référence sert dans le thème histoire et mémoires. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.

Pour aller plus loin