Que dit Jean Baubérot ? Sa thèse et ce qu’on lui oppose
Ce que soutient Jean Baubérot, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose.
Sa thèse
La laïcité française ne s’est pas établie d’un coup : elle s’est construite par seuils successifs, et elle se décline aujourd’hui en plusieurs interprétations concurrentes à l’intérieur d’un même pays. Elle ne se confond ni avec l’hostilité aux croyances ni avec le recul de la pratique.
Elle est développée dans Les sept laïcités françaises (2015) ; Histoire de la laïcité en France.
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Dater la laïcité française au lieu de la traiter comme un principe intemporel : un premier seuil au tournant de la Révolution et du Concordat, un deuxième avec les lois scolaires puis la séparation, un troisième depuis la fin du XXe siècle.
- Répondre à un sujet qui oppose le cas français aux autres régimes en montrant que le premier n’est pas unifié et qu’il fait lui-même l’objet d’un débat interne.
- Éviter la faute la plus coûteuse du thème : traiter la laïcité et la sécularisation comme un seul et même mouvement.
Ce qu’on lui oppose
Le découpage en seuils est un idéal type et non une chronologie stricte : il éclaire des tendances, il ne date pas des ruptures nettes. On lui oppose aussi que la pluralité des interprétations n’efface pas l’existence d’un cadre juridique commun.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les notions rattachées à Baubérot
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Laïcité Principe d’organisation politique reposant sur la séparation de l’État et des cultes, la neutralité de la puissance publique, l’égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions et la liberté de croire ou non.
- Laïcisation Processus juridique par lequel l’État retire aux autorités de culte les fonctions publiques qu’elles exerçaient, en particulier l’enseignement, l’état civil et l’assistance.
- Sécularisation Mouvement par lequel les croyances et les institutions de foi perdent de leur emprise sur les conduites individuelles et sur l’organisation de la vie collective.
- Neutralité Obligation faite à l’État et à ses agents de ne privilégier ni défavoriser aucune conviction, et de traiter également les usagers du service public.
- Liberté de conscience Faculté reconnue à chacun de choisir ses convictions, de croire, de ne pas croire ou de changer d’avis en la matière, sans avoir à s’en justifier devant l’État.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| États et religions | Des relations de natures différentes entre États et religions sur le plan du droit public (séparation, religion officielle…) à partir d’exemples | Il installe la typologie juridique qui sert dans toute la suite du thème : séparation, reconnaissance de plusieurs cultes, religion établie, et tous les régimes intermédiaires. |
| États et religions | Des degrés variables de libertés de conscience et religieuse (respect de la liberté de croire ou de ne pas croire, de changer de religion, laïcité…) à partir d’exemples | Il montre que la liberté reconnue à l’individu de croire, de ne pas croire ou de changer de conviction ne se déduit pas du seul statut juridique des cultes. |
| États et religions | La laïcité en Turquie : l’abolition du califat en 1924 par Mustapha Kemal | Il montre qu’un État peut rompre par la loi et par en haut avec une institution religieuse, puis placer l’administration du culte sous son autorité au lieu de s’en séparer. |
Qui écrit, et à quelle époque
historien et sociologue, né en 1941.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit Jean Baubérot ?
La laïcité française ne s’est pas établie d’un coup : elle s’est construite par seuils successifs, et elle se décline aujourd’hui en plusieurs interprétations concurrentes à l’intérieur d’un même pays. Elle ne se confond ni avec l’hostilité aux croyances ni avec le recul de la pratique.
Que peut-on opposer à Baubérot ?
Le découpage en seuils est un idéal type et non une chronologie stricte : il éclaire des tendances, il ne date pas des ruptures nettes. On lui oppose aussi que la pluralité des interprétations n’efface pas l’existence d’un cadre juridique commun.
Dans quel thème de HGGSP citer Baubérot ?
La référence sert dans le thème états et religions. Elle y est attendue sur 3 jalons du programme.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème états et religions Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème états et religions Les notions du thème, définies pour être employées en copie.