Le lexique de HGGSP : états et religions
Toutes les notions du thème « Analyser les relations entre États et religions », rangées par nature et définies pour être employées en copie. 46 entrées.
À quoi sert ce vocabulaire
Comment les États et les religions se lient, se séparent ou se redéfinissent les uns par rapport aux autres, et pourquoi ce rapport reste un enjeu politique ?
La précision du vocabulaire est ce qu’un correcteur vérifie en premier, et elle se joue dès l’introduction. Ces définitions sont écrites pour être recopiées telles quelles dans une introduction de dissertation.
Le thème est présenté en entier sur sa page de programme.
Notions
- Anticléricalisme Courant politique qui combat l’emprise des autorités de culte sur l’État, sur l’école et sur la vie publique, sans nécessairement combattre la foi elle-même.
- Apostasie Abandon public de la foi que l’on professait, protégé dans les États qui garantissent la liberté de conscience et puni dans d’autres.
- Athéisme Position de celui qui affirme que Dieu n’existe pas, distincte du simple doute, et protégée par la liberté de conscience au même titre que la foi.
- Blasphème Parole ou représentation tenue pour une offense au sacré, punie par la loi dans certains États et retirée du code pénal dans d’autres.
- Césaropapisme Situation dans laquelle le souverain temporel dirige aussi l’institution de culte, nomme ses chefs et intervient dans les questions de doctrine.
- Charia Ensemble des normes tirées des textes fondateurs de l’islam et de leur interprétation par les savants, dont l’application par les États varie fortement.
- Cléricalisme Influence exercée par les autorités de culte sur les affaires publiques, sur l’école ou sur la vie politique, au-delà du domaine spirituel.
- Concordat Accord conclu entre un État et le Saint-Siège pour organiser le statut des cultes sur son territoire, notamment la nomination et la rémunération des ministres.
- Confession Branche particulière d’une même tradition de foi, distinguée des autres par sa doctrine, son organisation et ses rites.
- Dogme Vérité posée comme non discutable par une autorité de foi, que les fidèles sont tenus d’admettre et que la discussion savante ne peut remettre en cause.
- Droit divin Doctrine selon laquelle le souverain tient son pouvoir de Dieu seul, n’en répond que devant lui et ne peut donc être jugé par ses sujets.
- Fait religieux Ensemble observable des croyances, des pratiques, des institutions et des symboles par lesquels des groupes humains organisent leur rapport au sacré, pris comme objet d’étude et non comme une vérité à partager.
- Fondamentalisme Courant qui tient les textes sacrés pour la source littérale de toute vérité et de toute règle, y compris en matière scientifique et politique.
- Gallicanisme Doctrine qui affirme l’autonomie de l’Église de France face à Rome et reconnaît au roi un pouvoir sur son organisation.
- Intégrisme Attitude qui refuse toute adaptation d’une tradition de foi au monde présent et veut en maintenir la lettre dans la vie sociale et politique.
- Laïcité Principe d’organisation politique reposant sur la séparation de l’État et des cultes, la neutralité de la puissance publique, l’égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions et la liberté de croire ou non.
- Liberté de conscience Faculté reconnue à chacun de choisir ses convictions, de croire, de ne pas croire ou de changer d’avis en la matière, sans avoir à s’en justifier devant l’État.
- Liberté de culte Droit de pratiquer sa foi, seul ou avec d’autres, en privé comme en public, et d’accomplir les rites de sa tradition sans entrave de la puissance publique.
- Magistère Autorité reconnue à une institution de foi pour dire ce qui doit être cru et enseigné, et pour trancher les différends de doctrine.
- Nationalisme religieux Doctrine qui identifie l’appartenance à la nation à celle d’une confession, et fait de cette confession le critère de la pleine citoyenneté.
- Neutralité Obligation faite à l’État et à ses agents de ne privilégier ni défavoriser aucune conviction, et de traiter également les usagers du service public.
- Oumma Communauté de tous les croyants de l’islam, par-delà les appartenances ethniques, tribales et nationales.
- Pluralisme religieux Coexistence, dans une même société, de plusieurs traditions de foi et de convictions non croyantes, reconnue et organisée par le droit.
- Prosélytisme Activité qui vise à convaincre autrui d’adopter une foi, encadrée ou interdite par certains États, protégée par d’autres au titre de la liberté d’expression.
- Régime de séparation Statut juridique dans lequel la puissance publique ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, mais en garantit le libre exercice.
- Religion Système organisé de croyances et de pratiques rapportant l’existence humaine à une réalité tenue pour supérieure, et rassemblant en une communauté durable ceux qui y adhèrent.
- Religion officielle Culte que la loi fondamentale d’un État désigne comme celui de la nation, qui bénéficie d’un statut privilégié et dont les autorités sont associées à la vie publique.
- Retour du religieux Thèse selon laquelle la foi aurait regagné en visibilité publique et en poids politique depuis la fin du XXe siècle, thèse discutée parmi les chercheurs.
- Sacre Cérémonie religieuse au cours de laquelle un souverain reçoit l’onction et les insignes du pouvoir, ce qui donne à son autorité une origine tenue pour divine.
- Schisme Rupture durable de l’unité d’une même tradition de foi, qui donne naissance à des Églises séparées reconnaissant chacune sa propre autorité.
- Sécularisme Régime dans lequel l’État reconnaît et protège également toutes les confessions au lieu de se tenir à distance de chacune d’elles, sans en établir aucune.
- Statut personnel Ensemble des règles de mariage, de filiation et de succession appliquées à un individu selon la communauté de foi à laquelle il est rattaché.
- Théocratie Système de gouvernement dans lequel l’autorité suprême est exercée au nom de Dieu par des chefs qui tirent leur légitimité de leur fonction sacerdotale.
- Tolérance Concession par laquelle un pouvoir laisse subsister des cultes qu’il n’approuve pas, sans les reconnaître à égalité avec celui qu’il soutient.
- Ultramontanisme Position qui reconnaît au pape une autorité supérieure à celle des Églises nationales et des souverains dans le gouvernement de l’Église.
Institutions
- Califat Régime dans lequel un chef unique, tenu pour successeur du Prophète, exerce le gouvernement de la communauté des croyants et une autorité en matière de foi. 632.
- Saint-Siège Autorité centrale de l’Église catholique, dotée de la personnalité juridique internationale, qui entretient des relations diplomatiques avec de nombreux États.
Acteurs
- Clergé Corps des personnes consacrées, distinctes des simples fidèles, chargées d’administrer les rites et d’encadrer une communauté selon une hiérarchie établie.
- Groupe de pression confessionnel Association qui cherche à peser sur les décisions publiques et sur les campagnes électorales au nom de convictions de foi partagées par ses membres.
- Minorité religieuse Groupe dont la foi n’est pas celle de la majorité de la population d’un État, et dont la situation réelle dépend de la protection que le droit lui accorde.
- Oulémas Savants reconnus, dans l’islam, pour leur connaissance des textes et du droit, et dont l’autorité repose sur ce savoir et non sur une ordination.
Concepts
- Désenchantement du monde Recul de l’explication magique et surnaturelle de la réalité, remplacée par la rationalisation savante et technique des conduites et des institutions. Rattaché à Max Weber.
- Religion civile Ensemble de croyances, de rites et de symboles partagés qui sacralisent la communauté politique elle-même et soudent les citoyens autour de valeurs communes. Rattaché à Jean-Jacques Rousseau.
Processuss
- Laïcisation Processus juridique par lequel l’État retire aux autorités de culte les fonctions publiques qu’elles exerçaient, en particulier l’enseignement, l’état civil et l’assistance.
- Sacralisation Processus par lequel une personne, un lieu ou un pouvoir se voit attribuer un caractère sacré qui le met hors d’atteinte de la critique ordinaire.
- Sécularisation Mouvement par lequel les croyances et les institutions de foi perdent de leur emprise sur les conduites individuelles et sur l’organisation de la vie collective.
Ce qu’il ne faut pas confondre
Ces distinctions sont celles qui coûtent le plus de points. Chacune a sa page, où les deux notions sont définies et confrontées.
- Anticléricalisme et athéisme : L’anticléricalisme vise un pouvoir social, l’athéisme une croyance : des croyants ont été anticléricaux.
- Anticléricalisme et laïcisation : L’anticléricalisme est le combat politique ; la laïcisation est la suite de lois qu’il obtient.
- Apostasie et schisme : Un individu quitte sa foi, un groupe rompt avec une autorité : le premier cas est une apostasie, le second un schisme.
- Apostasie et liberté de conscience : C’est le cas limite qui permet de mesurer cette liberté : là où le changement de conviction est puni, la liberté proclamée n’est pas réelle.
- Athéisme et laïcité : Un État laïque n’est pas athée : il ne prend pas position sur l’existence de Dieu, il garantit à chacun de le faire.
- Athéisme et sécularisation : La perte d’emprise sociale des institutions de foi n’équivaut pas à la négation de Dieu : on peut cesser de pratiquer sans cesser de croire.
- Apostasie et blasphème : L’un vise ce que l’on dit du sacré, l’autre ce que l’on cesse de croire.
- Blasphème et liberté de conscience : La question n’est pas de savoir si l’offense existe, mais si l’État la sanctionne : c’est là que les régimes se séparent.
- Califat et oumma : Le califat est l’institution qui prétend gouverner ; la communauté des croyants est le corps qu’elle prétend gouverner.
- Califat et césaropapisme : Le calife ne soumet pas une Église préexistante : il réunit dès l’origine la conduite de la communauté et l’autorité de succession, sans institution de culte séparée à dominer.
- Césaropapisme et théocratie : Le césaropapisme fait du chef politique le maître du culte ; la théocratie fait du chef de culte le maître de l’État.
- Césaropapisme et gallicanisme : Le gallicanisme limite l’autorité romaine au profit du roi et de l’Église du royaume ; le césaropapisme va plus loin et place l’institution de culte sous la main du souverain.
- Charia et statut personnel : La charia est un corpus de normes ; le statut personnel est la part de ces normes qu’un État choisit d’appliquer, souvent limitée au droit de la famille.
- Charia et oulémas : Le corpus ne parle pas de lui-même : ce sont les savants qui l’interprètent, et leurs écoles divergent.
- Clergé et oulémas : Le clergé suppose une ordination et une hiérarchie ; les oulémas tiennent leur autorité de leur savoir reconnu, sans ordination.
- Clergé et cléricalisme : Le clergé est un corps social ; le cléricalisme est l’influence que ce corps exerce sur les affaires publiques.
- Cléricalisme et théocratie : Le cléricalisme est une influence sur des gouvernants qui restent civils ; la théocratie remet le gouvernement lui-même aux autorités de culte.
- Concordat et régime de séparation : Le concordat lie l’État et une autorité de culte par un contrat ; la séparation dénoue ce lien et rend les cultes à eux-mêmes.
- Concordat et religion officielle : Un concordat organise un culte sans nécessairement l’établir ; une religion officielle est inscrite comme telle dans la loi fondamentale.
- Confession et religion : Le catholicisme et le protestantisme sont deux confessions d’une même religion : le christianisme.
- Confession et schisme : La confession est le résultat, le schisme est la rupture qui l’a produite.
- Désenchantement du monde et sécularisation : Le désenchantement porte sur les manières d’expliquer le réel ; la sécularisation porte sur le poids social des institutions de foi. On peut expliquer le réel par la science et rester pratiquant.
- Dogme et magistère : Le dogme est le contenu ; le magistère est l’autorité qui le proclame et le garde.
- Dogme et fondamentalisme : Le dogme est un énoncé de foi que toute tradition établie comporte ; le fondamentalisme est une manière de lire les textes à la lettre, y compris contre le savoir établi.
- Droit divin et sacre : Le droit divin est la doctrine qui fonde le pouvoir ; le sacre est la cérémonie qui la met en scène et la rend visible.
Questions fréquentes
Quelles notions faut-il connaître sur états et religions ?
Ce thème mobilise 46 notions, institutions, concepts et processus. Les plus structurantes sont anticléricalisme, apostasie, athéisme, blasphème.
Faut-il apprendre les définitions par coeur ?
Il faut pouvoir les écrire sans hésiter en introduction, ce qui n’est pas la même chose que les réciter. Une définition sue à peu près se voit immédiatement dans une copie.
Pour aller plus loin
- Le lexique complet Les onze thèmes du programme.