Les citations à connaître : états et religions
Les citations du thème « Analyser les relations entre États et religions », rangées par ce qu’elles servent à faire dans une copie, avec pour chacune sa source et l’amorce qui la relie au sujet. 20 entrées vérifiées.
Ce qui compte n’est pas la citation, c’est l’amorce
Une citation ne rapporte aucun point par elle-même. Ce qui en rapporte, c’est la phrase qui la suit : celle qui dit pourquoi elle est là et ce que le sujet en fait. Chaque citation ci-dessous est donc donnée avec son amorce, déjà écrite.
Une citation posée sans lien avec le sujet est un ornement, et le correcteur la sanctionne : il y voit un élève qui a appris une phrase et qui cherche où la caser. Mieux vaut aucune citation qu’une citation plaquée.
Toutes les formulations ci-dessous ont été confrontées à une source, et la source est donnée. En cas de doute sur les mots exacts, écrivez l’idée sans les guillemets : une citation approximative, ou mise dans la bouche du mauvais auteur, est la faute qu’un correcteur voit le plus vite.
Comment les États et les religions se lient, se séparent ou se redéfinissent les uns par rapport aux autres, et pourquoi ce rapport reste un enjeu politique ?
Pour ouvrir une introduction
Ces citations se placent en première phrase. Posez le texte, puis reliez-le au sujet dès la phrase suivante : c’est ce lien que le correcteur attend, et il ne se devine pas.
Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Article 10, 26 août 1789
Deux expressions font tout le texte. « Même religieuses » range la croyance parmi les opinions ordinaires, et non au-dessus d’elles. « L’ordre public » lui pose aussitôt une limite. Un sujet sur les libertés de conscience revient toujours à ce partage : jusqu’où l’État protège-t-il une conviction, et à partir d’où encadre-t-il sa manifestation ?
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’article ne fonde pas la laïcité, qui n’existe pas encore comme régime juridique. Il protège les opinions dans un pays où le catholicisme reste alors la religion dominante. En faire l’acte de naissance de la séparation est un anachronisme.
La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.
Loi du 9 décembre 1905, Loi concernant la séparation des Églises et de l’État, article 1er
La loi ne commence pas par une interdiction, elle commence par une garantie. La séparation n’y est pas une mise à l’écart du religieux : elle est le moyen de traiter également tous les cultes. C’est ce sens qu’un devoir doit établir avant de comparer la France à un autre régime, sous peine de plaquer un jugement sur des situations qui ne se ressemblent pas.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : On cite souvent 1905 pour dire que l’État se dresse contre les religions. Son premier article dit l’inverse : il garantit l’exercice des cultes. La restriction ne vient qu’ensuite, et au seul nom de l’ordre public.
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.
Constitution de la Cinquième République, Constitution du 4 octobre 1958, article 1er ; ces trois phrases figuraient à l’article 2 dans le texte de 1958 et sont devenues l’article 1er lors de la révision constitutionnelle de 1995
La dernière phrase est celle qu’on oublie de citer. Le même article qui déclare la République laïque lui ordonne de respecter toutes les croyances. La laïcité y est donc définie comme une garantie donnée aux convictions, et non comme une défiance à leur endroit : c’est de là qu’il faut partir pour la comparer à un État qui reconnaît officiellement une religion.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’adjectif figure déjà dans la Constitution de 1946. Ne présentez pas 1958 comme la date d’entrée de la laïcité dans le droit constitutionnel français.
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites.
Déclaration universelle des droits de l’homme, Article 18, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948
Le texte distingue trois libertés que les copies confondent : celle de penser et de croire, celle de changer de religion ou de conviction, et celle de la manifester en public. Cette liste est l’outil de comparaison le plus sûr du thème, parce qu’elle permet de classer les États sans les juger : on regarde, une à une, laquelle est reconnue et laquelle ne l’est pas. Beaucoup de pays garantissent la première et refusent la deuxième.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La Déclaration n’a pas par elle-même de force contraignante. Elle offre une grille de comparaison, non un moyen de sanction. Ne l’employez pas comme si les États étaient tenus de l’appliquer.
politiques de la distinction
Jane Burbank et Frederick Cooper, Empires. De la Chine ancienne à nos jours, 2011 ; expression citée par la fiche ressource Éduscol du thème
L’expression désigne l’art de gouverner différemment des peuples différents plutôt que de les uniformiser. Elle commande tout l’axe 1 : la religion monothéiste fournit à l’empereur comme au calife une justification universelle et, dans le même geste, des intermédiaires pour administrer la diversité. On ne raconte donc pas trois histoires séparées, on compare trois façons d’associer un pouvoir et une autorité de croyance.
Ce que soutient Jane Burbank et Frederick Cooper par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’expression décrit une pratique de gouvernement, non une tolérance au sens moderne. Distinguer des groupes sert ici à les administrer, et non à leur reconnaître des droits égaux.
la religion de l’État turc est l’islam
Constitution de la République turque de 1924, Article 2 ; traduction française donnée par la fiche ressource Éduscol du thème
La phrase figure dans la Constitution votée l’année même où le califat est aboli. Elle interdit de raconter la laïcité turque comme une rupture d’un seul geste : la mention n’est retirée qu’en 1928, et la laïcité ne devient un principe constitutionnel qu’en 1937. Un devoir sur la Turquie se joue exactement dans cet écart entre la suppression d’une institution et la construction d’un régime.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La suppression de cet article ne produit pas une séparation à la française. L’État turc ne quitte pas le terrain religieux, il l’administre : la Direction des affaires religieuses, créée elle aussi en 1924, nomme et rémunère le personnel du culte.
Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof
Premier amendement à la Constitution des États-Unis, Déclaration des droits, ratifiée le 15 décembre 1791
En français : le Congrès ne fera aucune loi relative à l’établissement d’une religion, ni n’en interdira le libre exercice. Deux interdictions, donc, et non une seule. Tout le jalon américain tient dans la tension entre elles : la première empêche un culte d’État, la seconde protège une visibilité publique du religieux que la première se contente de ne pas financer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le texte s’adresse au Congrès fédéral. Il n’a été rendu opposable aux États fédérés que par la jurisprudence du XXe siècle. Écrire que les États-Unis sont séparés des Églises depuis 1791 fait disparaître cent cinquante ans d’histoire. Les traductions françaises varient aussi beaucoup : citez le texte ou donnez-en le sens, jamais une version approximative entre guillemets.
La religion, qui, chez les Américains, ne se mêle jamais directement au gouvernement de la société, doit donc être considérée comme la première de leurs institutions politiques ; car si elle ne leur donne pas le goût de la liberté, elle leur en facilite singulièrement l’usage.
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, tome I, 1835
Tocqueville renverse l’idée qu’une séparation affaiblirait la croyance. Parce qu’elle ne gouverne pas, la religion n’a pas à répondre des fautes du pouvoir, et elle garde son autorité sur les esprits. C’est la contre-épreuve exacte du raisonnement qui associe modernité et recul du religieux, et c’est pourquoi cette phrase ouvre bien un devoir sur l’axe 2.
Ce que soutient Alexis de Tocqueville par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le tableau date des années 1830 et décrit une société protestante et plurielle. Il ne dit rien de la politisation confessionnelle des dernières décennies. Ne le citez pas comme une description du présent américain.
The First Amendment has erected a wall between church and state. That wall must be kept high and impregnable.
Cour suprême des États-Unis, opinion du juge Hugo Black, Everson v. Board of Education, 1947
En français : le premier amendement a dressé un mur entre l’Église et l’État, et ce mur doit être tenu haut et infranchissable. La Cour reprend ici l’image employée par Thomas Jefferson en 1802 et l’étend aux États fédérés. Or la même décision autorise le remboursement du transport scolaire vers des écoles confessionnelles : c’est ce décalage entre la fermeté de la formule et la souplesse de son application qui fait la matière du jalon.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne présentez pas 1947 comme le moment où les États-Unis deviennent laïques. La décision tranche un point de financement et pose une doctrine que la jurisprudence suivante n’a cessé de rediscuter.
I believe in an America where the separation of church and state is absolute
John F. Kennedy, Discours devant la Greater Houston Ministerial Association, 12 septembre 1960
En français : je crois en une Amérique où la séparation de l’Église et de l’État est absolue. Le candidat doit cette phrase à sa confession, car on le soupçonne, parce qu’il est catholique, de dépendre de Rome. Elle montre que la séparation américaine n’est pas seulement un principe de droit : elle est aussi un argument de campagne, et l’appartenance religieuse d’un candidat était encore, en 1960, un obstacle à surmonter.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : N’en concluez pas que le religieux se retire alors du débat public. Les décennies suivantes voient au contraire des mouvements confessionnels peser lourdement sur les campagnes électorales.
there actually exists alongside of and rather clearly differentiated from the churches an elaborate and well-institutionalized civil religion in America
Robert Bellah, Civil Religion in America, revue Daedalus, 1967
En français : il existe bien, à côté des Églises et clairement distincte d’elles, une religion civile élaborée et solidement institutionnalisée en Amérique. Le mot distincte est décisif. Il permet de soutenir qu’un État séparé des cultes peut sacraliser la nation elle-même sans établir aucune religion, ce que montrent la mention « under God » ajoutée au serment d’allégeance en 1954 et la devise « In God We Trust » adoptée en 1956.
Ce que soutient Robert Bellah par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La religion civile n’est pas une religion officielle. Confondre les deux conduit à écrire que les États-Unis auraient un culte d’État, ce que le premier amendement interdit précisément.
WE, THE PEOPLE OF INDIA, having solemnly resolved to constitute India into a SOVEREIGN SOCIALIST SECULAR DEMOCRATIC REPUBLIC
Préambule de la Constitution de l’Inde, Constitution entrée en vigueur le 26 janvier 1950 ; les mots socialist et secular y ont été insérés par la révision de 1976
Le mot que la copie doit retenir est secular, et non laïque. L’État indien ne se sépare pas des religions : il s’engage à les reconnaître toutes également et il intervient dans leurs affaires au nom de l’égalité des citoyens. Traduire ce mot par laïcité, c’est manquer d’un seul coup tout l’objet de travail conclusif.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le terme ne figure pas dans le texte adopté en 1950 : il y a été ajouté en 1976. Écrire que l’Inde s’est proclamée séculière dès son indépendance est une faute de date facile à éviter.
As from the fifteenth day of August, nineteen hundred and forty-seven, two independent Dominions shall be set up in India, to be known respectively as India and Pakistan.
Indian Independence Act, Loi du Parlement britannique du 18 juillet 1947, article 1er
En français : à compter du quinze août mil neuf cent quarante-sept, deux dominions indépendants seront établis en Inde, connus respectivement sous les noms d’Inde et de Pakistan. Le texte ne nomme aucune religion, et pourtant le partage qui le suit sépare des populations selon leur appartenance confessionnelle. Un devoir sur l’Inde et le Pakistan part de cet écart entre la sobriété du droit et ce que la partition a produit.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Restez sobre : les déplacements de population et les violences qui accompagnent la partition se mentionnent sans détail ni chiffre incertain. Ne présentez pas non plus le Pakistan comme un État théocratique dès 1947 : il naît comme dominion, et son statut de république islamique vient d’une constitution ultérieure.
Pour poser une notion avec l’autorité d’un auteur
Ces citations ne remplacent pas une définition, elles la prolongent. Définissez d’abord avec vos mots, citez ensuite : l’inverse donne une copie qui récite sans comprendre.
La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.
Loi du 9 décembre 1905, Loi concernant la séparation des Églises et de l’État, article 2
Reconnaître, salarier, subventionner : trois liens que l’État défait d’un coup, et qui donnent la mesure exacte du régime précédent. La comparaison avec un autre pays gagne à se faire sur ces trois points séparément, car un État peut en couper un et conserver les deux autres. C’est le cas de l’Allemagne, où l’administration fiscale perçoit un impôt d’Église pour le compte des communautés religieuses qui ont le statut de collectivité de droit public.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne rien reconnaître ne veut pas dire ignorer. L’État continue de rencontrer les cultes comme associations, comme propriétaires et comme interlocuteurs. Le droit local d’Alsace-Moselle échappe d’ailleurs à cette loi.
processus de dé-théologisation des formes de légitimation politique, de désintrication des normes du savoir, du pouvoir et des mœurs vis-à-vis de la ou des religions dominantes
Jean-Claude Monod, Sécularisation et laïcité, 2007 ; passage cité par la fiche ressource Éduscol du thème
Monod appelle ce mouvement la sécularisation-liquidation, et il lui oppose une sécularisation-transfert, par laquelle des formes héritées du religieux passent dans le politique au lieu d’en disparaître. Le couple est décisif, parce qu’un même pays relève souvent des deux à la fois : les États-Unis ont retiré au pouvoir fédéral toute justification théologique et sacralisent pourtant la nation elle-même.
Ce que soutient Jean-Claude Monod par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne faites pas de la sécularisation un synonyme de recul de la croyance. Monod décrit un déplacement des justifications du pouvoir, pas une statistique de pratique religieuse.
Il y a donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas précisément comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle.
Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre IV, chapitre 8, 1762 ; orthographe modernisée
C’est ici que naît l’idée de religion civile, que Robert Bellah reprendra deux siècles plus tard pour décrire les États-Unis. Rousseau la conçoit comme un ensemble d’articles fixés par le souverain ; Bellah la constate comme un fait social que personne n’a décrété. Comparer les deux emplois est une bonne façon de conclure un devoir sur l’axe 2.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Les deux usages ne se recouvrent pas. Chez Rousseau, la religion civile est prescrite par le pouvoir. Aux États-Unis, elle n’est inscrite dans aucun texte et se lit dans des serments, des devises et des cérémonies.
Subject to public order, morality and health and to the other provisions of this Part, all persons are equally entitled to freedom of conscience and the right freely to profess, practise and propagate religion.
Constitution de l’Inde, Article 25, premier alinéa ; le texte officiel écrit le verbe à l’anglaise, practise
En français : sous réserve de l’ordre public, de la morale et de la santé, toutes les personnes ont un droit égal à la liberté de conscience et le droit de professer, de pratiquer et de propager librement une religion. Le troisième verbe est celui qui compte. Le droit de convertir est protégé par la Constitution, et il est aussi ce que plusieurs États de l’Union encadrent par des lois sur la conversion : la question des minorités religieuses se joue là.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La liberté reconnue s’exerce sous réserve de l’ordre public, de la morale et de la santé. Ne présentez pas l’article comme une garantie sans limite : ces réserves sont exactement ce sur quoi s’appuient les restrictions.
pour assurer à ces personnes un traitement égal, pour perpétuer la valeur d’égalité en citoyenneté, l’État doit intervenir dans les religions organisées hiérarchiquement
Rajeev Bhargava, La constitution laïque de l’Inde, revue Transeuropéennes, 2003 ; passage cité par la fiche ressource Éduscol du thème
Bhargava nomme ce régime une distance réglée par des principes. L’État indien ne se tient pas à l’écart : il se réserve d’intervenir, ou de s’abstenir, selon ce que commandent l’égalité des citoyens et la protection des personnes. C’est la réponse la plus solide à un sujet qui demande en quoi le sécularisme indien diffère de la laïcité française.
Ce que soutient Rajeev Bhargava par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La distance réglée suppose un État arbitre impartial. Lorsque le pouvoir se réclame d’une majorité confessionnelle, le même droit d’intervenir peut servir à l’avantager. La nuance attendue est là, et non dans un jugement porté sur un gouvernement.
Ces citations savent aussi poser une notion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.
- « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
- « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public. » Loi du 9 décembre 1905.
- « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Constitution de la Cinquième République.
- « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. » Déclaration universelle des droits de l’homme.
- « politiques de la distinction » Jane Burbank et Frederick Cooper.
- « Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof » Premier amendement à la Constitution des États-Unis.
- « there actually exists alongside of and rather clearly differentiated from the churches an elaborate and well-institutionalized civil religion in America » Robert Bellah.
- « WE, THE PEOPLE OF INDIA, having solemnly resolved to constitute India into a SOVEREIGN SOCIALIST SECULAR DEMOCRATIC REPUBLIC » Préambule de la Constitution de l’Inde.
Pour formuler la tension du sujet
Ces citations disent un paradoxe. Elles servent à écrire la problématique, et non à l’illustrer une fois qu’elle est posée.
cette imbrication étroite entre la nature temporelle de la papauté et sa mission spirituelle eut pour effet de l’inclure dans le conseil des États en lui conférant une arme redoutée par ceux-ci - celle de la double appartenance des sujets des princes : nationaux et chrétiens
Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, 1994 ; passage cité par la fiche ressource Éduscol du thème
Le couronnement de 800 donne à Charlemagne une légitimité impériale, mais il donne aussi au pape un territoire à faire protéger et une place parmi les puissances. La phrase nomme ce que le souverain y perd : ses sujets relèvent désormais de deux autorités à la fois. C’est cette double appartenance qui rendra possibles les conflits ultérieurs entre les papes et les empereurs.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne lisez pas la formule comme une victoire de la papauté. Levillain décrit une position ambiguë, temporelle autant que spirituelle, qui sera reprochée à la papauté autant qu’elle la sert.
la religion de la sortie de la religion
Marcel Gauchet, Le Désenchantement du monde. Une histoire politique de la religion, 1985 ; formule employée à propos du christianisme
Gauchet désigne ainsi le christianisme, qui aurait rendu pensable un ordre humain que le sacré ne règle plus. La formule ferme bien un devoir, à condition d’en dire aussitôt la limite : elle est tirée d’une histoire occidentale et ne vaut pas comme loi générale. La Turquie, les États-Unis et l’Inde suffisent à montrer trois trajectoires qu’elle n’explique pas.
Ce que soutient Marcel Gauchet par ailleurs dit comment l’employer.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Sortir de la religion ne signifie pas que les croyances disparaissent. Gauchet parle du principe qui organise la vie collective, non du nombre de croyants. Confondre ces deux plans est la faute la plus fréquente de tout le thème.
Ces citations savent aussi formuler une tension. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.
- « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » Loi du 9 décembre 1905.
- « processus de dé-théologisation des formes de légitimation politique, de désintrication des normes du savoir, du pouvoir et des mœurs vis-à-vis de la ou des religions dominantes » Jean-Claude Monod.
- « la religion de l’État turc est l’islam » Constitution de la République turque de 1924.
- « La religion, qui, chez les Américains, ne se mêle jamais directement au gouvernement de la société, doit donc être considérée comme la première de leurs institutions politiques ; car si elle ne leur donne pas le goût de la liberté, elle leur en facilite singulièrement l’usage. » Alexis de Tocqueville.
- « The First Amendment has erected a wall between church and state. That wall must be kept high and impregnable. » Cour suprême des États-Unis, opinion du juge Hugo Black.
- « I believe in an America where the separation of church and state is absolute » John F. Kennedy.
- « pour assurer à ces personnes un traitement égal, pour perpétuer la valeur d’égalité en citoyenneté, l’État doit intervenir dans les religions organisées hiérarchiquement » Rajeev Bhargava.
- « As from the fifteenth day of August, nineteen hundred and forty-seven, two independent Dominions shall be set up in India, to be known respectively as India and Pakistan. » Indian Independence Act.
Pour fermer une conclusion sans pirouette
Ces citations ouvrent sur une question voisine, jamais sur une morale. Une conclusion qui élargit vers un problème réel vaut mieux qu’une conclusion qui commente le monde.
Ces citations savent aussi fermer une conclusion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.
- « Il y a donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas précisément comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle. » Jean-Jacques Rousseau.
- « la religion de la sortie de la religion » Marcel Gauchet.
Les auteurs de ce thème
Une citation se cite mieux quand on sait ce que son auteur soutient par ailleurs. Chaque page donne la thèse, ce qu’elle démontre et ce qu’on lui oppose.
- Alexis de Tocqueville : historien et homme politique, 1805-1859.
- Jean Baubérot : historien et sociologue, né en 1941.
- Robert Bellah : sociologue américain, 1927-2013.
- Rajeev Bhargava : théoricien du politique, né en 1954.
- Jane Burbank et Frederick Cooper : historiens des empires.
- José Casanova : sociologue des religions, né en 1951.
- Gilbert Dagron : historien byzantiniste, 1932-2015.
- Marcel Gauchet : philosophe et historien, né en 1946.
- Danièle Hervieu-Léger : sociologue des religions, née en 1947.
- Christophe Jaffrelot : politiste, spécialiste de l’asie du sud, né en 1964.
- Max Weber : sociologue allemand, 1864-1920.
- Jean-Claude Monod : philosophe.
Questions fréquentes
Quelle citation utiliser sur états et religions ?
Celle dont vous savez dire pourquoi vous la posez. Ce thème en compte 20 de vérifiées, rangées selon qu’elles ouvrent une introduction, posent une notion, formulent la tension du sujet ou ferment une conclusion.
Faut-il citer un auteur en dissertation de HGGSP ?
Ce n’est jamais obligatoire, et une copie sans citation peut obtenir la meilleure note. Une citation reliée au sujet en une phrase valorise la copie ; une citation plaquée la dessert.
Où placer une citation dans une copie ?
En première phrase d’introduction, pour ouvrir ; au seuil d’une partie, pour poser la notion qu’elle va traiter ; en conclusion, pour élargir. Jamais au milieu d’un paragraphe, où elle interrompt la démonstration au lieu de la servir.
Comment savoir si une citation est exacte ?
En la lisant dans son texte source, et non dans un recueil. Les citations de ce site ont été confrontées à un texte officiel, à la ressource d’accompagnement du programme ou à une édition dont le traducteur est nommé. Dans le doute, écrivez l’idée sans les guillemets.
Pour aller plus loin
- Toutes les citations de HGGSP Les onze thèmes du programme.
- Les auteurs de HGGSP Leur thèse, et ce qu’on leur oppose.
- Le lexique du thème états et religions Les notions du thème, définies pour être employées en copie.