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HGGSP Révision

Que dit Jean-Claude Monod ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Jean-Claude Monod, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Le mot sécularisation recouvre deux processus qu’il faut séparer. L’un met hors jeu les justifications théologiques du pouvoir, du savoir et des moeurs. L’autre est un transfert : des formes héritées du religieux passent dans des domaines devenus autonomes, à commencer par le politique.

Elle est développée dans Sécularisation et laïcité (2007).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Montrer qu’un État séparé des cultes peut continuer de sacraliser ses propres symboles, ce qui prépare exactement l’étude de la religion civile américaine.
  • Répondre à un sujet sur la sécularisation en distinguant ce qui a disparu et ce qui a seulement changé de place.
  • Nuancer l’idée d’un simple retrait du religieux : la modernité politique hérite de formes qu’elle transforme.

Ce qu’on lui oppose

La thèse du transfert est discutée : voir partout un héritage religieux revient à faire du politique moderne une théologie déguisée et efface ce qu’il a d’inédit.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Monod, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

processus de dé-théologisation des formes de légitimation politique, de désintrication des normes du savoir, du pouvoir et des mœurs vis-à-vis de la ou des religions dominantes

Jean-Claude Monod, Sécularisation et laïcité, 2007 ; passage cité par la fiche ressource Éduscol du thème

Monod appelle ce mouvement la sécularisation-liquidation, et il lui oppose une sécularisation-transfert, par laquelle des formes héritées du religieux passent dans le politique au lieu d’en disparaître. Le couple est décisif, parce qu’un même pays relève souvent des deux à la fois : les États-Unis ont retiré au pouvoir fédéral toute justification théologique et sacralisent pourtant la nation elle-même.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne faites pas de la sécularisation un synonyme de recul de la croyance. Monod décrit un déplacement des justifications du pouvoir, pas une statistique de pratique religieuse.

Les notions rattachées à Monod

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Sécularisation Mouvement par lequel les croyances et les institutions de foi perdent de leur emprise sur les conduites individuelles et sur l’organisation de la vie collective.
  • Laïcité Principe d’organisation politique reposant sur la séparation de l’État et des cultes, la neutralité de la puissance publique, l’égalité des citoyens quelles que soient leurs convictions et la liberté de croire ou non.
  • Sacralisation Processus par lequel une personne, un lieu ou un pouvoir se voit attribuer un caractère sacré qui le met hors d’atteinte de la critique ordinaire.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
États et religionsDes relations de natures différentes entre États et religions sur le plan du droit public (séparation, religion officielle…) à partir d’exemplesIl installe la typologie juridique qui sert dans toute la suite du thème : séparation, reconnaissance de plusieurs cultes, religion établie, et tous les régimes intermédiaires.
États et religionsLa laïcité en Turquie : l’abolition du califat en 1924 par Mustapha KemalIl montre qu’un État peut rompre par la loi et par en haut avec une institution religieuse, puis placer l’administration du culte sous son autorité au lieu de s’en séparer.

Qui écrit, et à quelle époque

philosophe.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Jean-Claude Monod ?

Le mot sécularisation recouvre deux processus qu’il faut séparer. L’un met hors jeu les justifications théologiques du pouvoir, du savoir et des moeurs. L’autre est un transfert : des formes héritées du religieux passent dans des domaines devenus autonomes, à commencer par le politique.

Que peut-on opposer à Monod ?

La thèse du transfert est discutée : voir partout un héritage religieux revient à faire du politique moderne une théologie déguisée et efface ce qu’il a d’inédit.

Dans quel thème de HGGSP citer Monod ?

La référence sert dans le thème états et religions. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.

Quelle citation de Monod retenir ?

« processus de dé-théologisation des formes de légitimation politique, de désintrication des normes du savoir, du pouvoir et des mœurs vis-à-vis de la ou des religions dominantes » Monod appelle ce mouvement la sécularisation-liquidation, et il lui oppose une sécularisation-transfert, par laquelle des formes héritées du religieux passent dans le politique au lieu d’en disparaître. Le couple est décisif, parce qu’un même pays relève souvent des deux à la fois : les États-Unis ont retiré au pouvoir fédéral toute justification théologique et sacralisent pourtant la nation elle-même.

Pour aller plus loin