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HGGSP Révision

Que dit Robert Bellah ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Robert Bellah, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

À côté des Églises existe aux États-Unis une religion civile : un ensemble de croyances, de symboles et de rites qui sacralise la nation elle-même sans se confondre avec aucune confession. Elle donne au pouvoir un langage commun, mais elle fournit aussi de quoi le juger.

Elle est développée dans Civil Religion in America, article paru dans la revue Daedalus (1967).

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Nommer précisément ce que les copies décrivent vaguement comme la religiosité américaine : mentions de Dieu dans le serment et sur la monnaie, discours d’investiture, lieux de mémoire nationaux.
  • Montrer qu’un régime de séparation peut sacraliser la communauté politique sans établir aucun culte.
  • Distinguer la religion civile d’une religion officielle, ce qui est la nuance attendue sur ce jalon.

Ce qu’on lui oppose

La notion est discutée : on lui reproche d’être trop large, de ranger sous un même mot des usages politiques du sacré très différents, et de lisser les conflits religieux réels de la société américaine. L’expression elle-même vient de Rousseau, qui lui donnait un tout autre contenu.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Bellah, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

there actually exists alongside of and rather clearly differentiated from the churches an elaborate and well-institutionalized civil religion in America

Robert Bellah, Civil Religion in America, revue Daedalus, 1967

En français : il existe bien, à côté des Églises et clairement distincte d’elles, une religion civile élaborée et solidement institutionnalisée en Amérique. Le mot distincte est décisif. Il permet de soutenir qu’un État séparé des cultes peut sacraliser la nation elle-même sans établir aucune religion, ce que montrent la mention « under God » ajoutée au serment d’allégeance en 1954 et la devise « In God We Trust » adoptée en 1956.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La religion civile n’est pas une religion officielle. Confondre les deux conduit à écrire que les États-Unis auraient un culte d’État, ce que le premier amendement interdit précisément.

Les notions rattachées à Bellah

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Religion civile Ensemble de croyances, de rites et de symboles partagés qui sacralisent la communauté politique elle-même et soudent les citoyens autour de valeurs communes.
  • Sacralisation Processus par lequel une personne, un lieu ou un pouvoir se voit attribuer un caractère sacré qui le met hors d’atteinte de la critique ordinaire.
  • Régime de séparation Statut juridique dans lequel la puissance publique ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte, mais en garantit le libre exercice.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
États et religionsÉtats et religions dans la politique intérieure des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondialeIl montre qu’une séparation juridique ancienne entre l’État fédéral et les cultes n’empêche pas le religieux de peser lourdement dans le débat politique.

Qui écrit, et à quelle époque

sociologue américain, 1927-2013.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Robert Bellah ?

À côté des Églises existe aux États-Unis une religion civile : un ensemble de croyances, de symboles et de rites qui sacralise la nation elle-même sans se confondre avec aucune confession. Elle donne au pouvoir un langage commun, mais elle fournit aussi de quoi le juger.

Que peut-on opposer à Bellah ?

La notion est discutée : on lui reproche d’être trop large, de ranger sous un même mot des usages politiques du sacré très différents, et de lisser les conflits religieux réels de la société américaine. L’expression elle-même vient de Rousseau, qui lui donnait un tout autre contenu.

Dans quel thème de HGGSP citer Bellah ?

La référence sert dans le thème états et religions. Elle y est attendue sur un jalon du programme.

Quelle citation de Bellah retenir ?

« there actually exists alongside of and rather clearly differentiated from the churches an elaborate and well-institutionalized civil religion in America » En français : il existe bien, à côté des Églises et clairement distincte d’elles, une religion civile élaborée et solidement institutionnalisée en Amérique. Le mot distincte est décisif. Il permet de soutenir qu’un État séparé des cultes peut sacraliser la nation elle-même sans établir aucune religion, ce que montrent la mention « under God » ajoutée au serment d’allégeance en 1954 et la devise « In God We Trust » adoptée en 1956.

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