Que dit John Perry Barlow ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose
Ce que soutient John Perry Barlow, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 1 citation vérifiée, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.
Sa thèse
Le cyberespace ne relève d’aucun territoire, donc d’aucun gouvernement. Les États du monde matériel n’y ont ni légitimité ni moyen d’agir, et ceux qui l’habitent doivent s’y donner leurs propres règles.
Elle est développée dans Déclaration d’indépendance du cyberespace, 1996.
Ce que cette thèse permet de démontrer
Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.
- Ouvrir l’objet de travail conclusif sur la promesse initiale d’un réseau sans frontières, pour montrer ensuite ce qu’elle est devenue.
- Nommer la thèse que le reste du cours réfute : les câbles, les centres de données et les droits nationaux ramènent le cyberespace au sol.
- Faire apparaître un acteur que les copies oublient, les promoteurs du réseau eux-mêmes, porteurs d’un projet politique et non d’une simple technique.
Ce qu’on lui oppose
Le texte est démenti par les faits. Le cyberespace repose sur des installations situées quelque part, des États y filtrent les contenus et imposent la localisation des données sur leur territoire, et quelques entreprises privées y exercent un pouvoir que ce texte n’avait pas envisagé.
C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.
Les citations de Barlow, vérifiées
Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.
Governments of the Industrial World, you weary giants of flesh and steel, I come from Cyberspace, the new home of Mind.
John Perry Barlow, A Declaration of the Independence of Cyberspace, Davos, 8 février 1996
Le texte annonce un espace que les États ne pourraient ni borner ni gouverner. L’objet de travail conclusif consiste précisément à montrer ce qu’est devenue cette promesse : des câbles, des centres de données, des droits nationaux et quelques entreprises dominantes.
Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Les traductions françaises qui circulent diffèrent les unes des autres : citez l’original, ou rendez l’idée sans guillemets. Et n’en faites pas une description du cyberespace : c’est un texte militant, que les faits ont démenti.
Les notions rattachées à Barlow
Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.
- Cyberespace Espace formé par les réseaux mondiaux, par les installations matérielles qui les portent, par les données qui y circulent et par les acteurs qui s’y activent.
- Souveraineté numérique Capacité d’un État à garder la maîtrise des données, des réseaux et des outils informatiques utilisés sur son territoire, plutôt que de dépendre d’entreprises étrangères.
- Souveraineté Caractère d’un État qui détient sur son territoire le pouvoir suprême, ne relève d’aucune autorité extérieure et se voit reconnu comme tel par les autres États.
- Géant du numérique Entreprise privée de dimension mondiale qui possède des plateformes, des services en ligne et des installations de stockage, au point de peser sur les États eux-mêmes.
- Centre de données Bâtiment regroupant des milliers de serveurs où sont stockées et traitées les informations des entreprises, des administrations et des particuliers.
Où placer cette référence dans le programme
Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.
| Thème | Jalon | Ce que le jalon sert à démontrer |
|---|---|---|
| La connaissance | Le cyberespace, entre réseaux et territoires (infrastructures, acteurs, liberté ou contrôle des données…). | Il oblige à rappeler que ce qui paraît immatériel repose sur des installations situées quelque part, donc sur des territoires, des droits nationaux et des rapports de force. |
Qui écrit, et à quelle époque
Militant américain des libertés numériques, 1947-2018.
Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.
Questions fréquentes
Que dit John Perry Barlow ?
Le cyberespace ne relève d’aucun territoire, donc d’aucun gouvernement. Les États du monde matériel n’y ont ni légitimité ni moyen d’agir, et ceux qui l’habitent doivent s’y donner leurs propres règles.
Que peut-on opposer à Barlow ?
Le texte est démenti par les faits. Le cyberespace repose sur des installations situées quelque part, des États y filtrent les contenus et imposent la localisation des données sur leur territoire, et quelques entreprises privées y exercent un pouvoir que ce texte n’avait pas envisagé.
Dans quel thème de HGGSP citer Barlow ?
La référence sert dans le thème la connaissance. Elle y est attendue sur un jalon du programme.
Quelle citation de Barlow retenir ?
« Governments of the Industrial World, you weary giants of flesh and steel, I come from Cyberspace, the new home of Mind. » Le texte annonce un espace que les États ne pourraient ni borner ni gouverner. L’objet de travail conclusif consiste précisément à montrer ce qu’est devenue cette promesse : des câbles, des centres de données, des droits nationaux et quelques entreprises dominantes.
Pour aller plus loin
- Tous les auteurs de HGGSP Leur thèse en une phrase, thème par thème.
- Les citations du thème la connaissance Rangées par usage, chacune avec son amorce.
- Le lexique du thème la connaissance Les notions du thème, définies pour être employées en copie.