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HGGSP Révision

Que dit Raphael Lemkin ? Sa thèse et ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Raphael Lemkin, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose.

Sa thèse

Les catégories du droit existant ne permettaient pas de nommer la destruction d’un groupe comme tel. Il forge donc un mot nouveau pour désigner le projet de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux, et fait porter l’incrimination sur l’intention visant ce groupe, non sur le seul nombre des victimes.

Elle est développée dans Axis Rule in Occupied Europe, 1944, où le mot est proposé ; la notion est reprise par la convention des Nations unies de 1948.

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Établir que le vocabulaire juridique des crimes de masse a une histoire, et qu’il naît d’un manque constaté au sortir de la Seconde Guerre mondiale.
  • Tenir la distinction que les copies manquent le plus souvent : ce qui sépare le génocide du crime contre l’humanité est l’intention de détruire un groupe comme tel, non un degré de gravité.
  • Comprendre pourquoi cette qualification est si difficile à obtenir devant un tribunal, puisque c’est l’intention qu’il faut prouver.

Ce qu’on lui oppose

Le juriste Hersch Lauterpacht, qui construit au même moment la notion de crime contre l’humanité, objecte que le sujet du droit ne peut être que l’individu et qu’un groupe se définit mal juridiquement. Raisonner par groupes risque en outre de reprendre la catégorisation imposée par les criminels eux-mêmes.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les notions rattachées à Lemkin

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Génocide Ensemble d’actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux comme tel.
  • Crime contre l’humanité Acte grave, tel que le meurtre, la déportation ou la réduction en esclavage, commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique visant une population civile.
  • Crime de masse Catégorie descriptive employée par les chercheurs pour désigner une violence organisée, exercée à très grande échelle sur des populations civiles, avant toute qualification par un juge.
  • Imprescriptibilité Caractère de certaines infractions qui peuvent être poursuivies et jugées sans limite de délai, le passage du temps n’éteignant pas l’action publique.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
Histoire et mémoiresLes notions de crime contre l’humanité et de génocide, et le contexte de leur élaborationMontrer que les catégories juridiques existantes ne suffisaient plus à nommer les violences commises contre des populations civiles, et que les qualifications forgées ensuite ont une histoire datée.

Qui écrit, et à quelle époque

Juriste polonais puis américain, 1900-1959.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Raphael Lemkin ?

Les catégories du droit existant ne permettaient pas de nommer la destruction d’un groupe comme tel. Il forge donc un mot nouveau pour désigner le projet de détruire un groupe national, ethnique, racial ou religieux, et fait porter l’incrimination sur l’intention visant ce groupe, non sur le seul nombre des victimes.

Que peut-on opposer à Lemkin ?

Le juriste Hersch Lauterpacht, qui construit au même moment la notion de crime contre l’humanité, objecte que le sujet du droit ne peut être que l’individu et qu’un groupe se définit mal juridiquement. Raisonner par groupes risque en outre de reprendre la catégorisation imposée par les criminels eux-mêmes.

Dans quel thème de HGGSP citer Lemkin ?

La référence sert dans le thème histoire et mémoires. Elle y est attendue sur un jalon du programme.

Pour aller plus loin