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HGGSP Révision

Que dit Henry David Thoreau ? Sa thèse, ses citations, ce qu’on lui oppose

Ce que soutient Henry David Thoreau, en une phrase, puis ce que cette thèse permet de démontrer dans une copie et ce qu’on lui oppose. 2 citations vérifiées, chacune avec l’amorce qui la relie au sujet.

Sa thèse

Vivre au contact des bois rend à l’individu une autonomie de jugement que la ville lui retire. Ce n’est pas une préférence de paysage mais une position morale : ce qui reste sauvage dans un pays est ce qui le sauve.

Elle est développée dans Walden ou la vie dans les bois, 1854.

Ce que cette thèse permet de démontrer

Une référence ne vaut que par ce qu’elle fait avancer dans un paragraphe. Voici les démonstrations que celle-ci autorise, et qu’une copie peut conduire jusqu’au bout.

  • Donner une origine intellectuelle datée à la façon américaine de se représenter la nature, au lieu d’en faire un trait de caractère national.
  • Montrer que la protection des espaces se prépare dans la littérature et la peinture avant de devenir une politique publique.
  • Séparer le sauvage, qui est une valeur, de l’espace protégé, qui est un dispositif juridique.

Ce qu’on lui oppose

Cette exaltation du sauvage suppose des espaces vides. Elle passe sous silence les populations qui vivaient dans les vallées ensuite classées, et une copie qui la reprend sans le dire manque la moitié du dossier.

C’est cette objection qui distingue une copie qui cite d’une copie qui pense. Convoquez la thèse, montrez ce qu’elle explique, puis dites où elle s’arrête : le correcteur voit alors un élève qui a lu, et non un élève qui a retenu un nom.

Les citations de Thoreau, vérifiées

Chaque citation est donnée avec son amorce, c’est-à-dire la phrase qui la relie au sujet. Sans elle, la citation reste un ornement, et le correcteur le sanctionne.

in Wildness is the preservation of the World

Henry David Thoreau, Walking, essai publié en 1862

Ce qui sauve le monde, dit-il, c’est le caractère sauvage, une qualité et non un territoire. Un demi-siècle plus tard, les États-Unis feront l’inverse en traçant sur des cartes des périmètres protégés : c’est ce passage d’une valeur morale à un dispositif juridique que le thème demande d’analyser.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Deux fautes courantes. La phrase vient de l’essai Walking, non de Walden, où on la place presque toujours. Et Thoreau écrit Wildness, le caractère sauvage, non wilderness, l’espace sauvage : la confusion est ancienne, très répandue, et un correcteur informé la relève.

I went to the woods because I wished to live deliberately, to front only the essential facts of life

Henry David Thoreau, Walden, 1854, chapitre II

Le retrait dans les bois est présenté comme une expérience morale, non comme un goût du paysage : il s’agit de vivre à dessein et de n’affronter que l’essentiel. C’est cette lecture de la nature comme lieu d’exercice de soi qui prépare, aux États-Unis, l’idée qu’un espace mérite d’être soustrait à l’usage commun.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Thoreau n’est pas un militant de la protection de l’environnement : la notion n’existe pas encore de son vivant. Faites-en une source des représentations américaines de la nature, jamais un précurseur des politiques publiques.

Les notions rattachées à Thoreau

Ces notions du lexique sont celles que la thèse met en jeu. Les employer sans savoir les définir revient à citer un auteur sans l’avoir lu, et cela se voit dès l’introduction.

  • Wilderness Représentation d’une contrée sauvage et vierge de toute présence humaine, qui a servi aux États-Unis à justifier la mise à part de certains espaces.
  • Nature Ce qu’une société se représente comme extérieur à elle et non produit par elle. Le partage entre ce qui en relève et ce qui n’en relève pas change selon les époques et les cultures.
  • Préservation Doctrine qui veut soustraire certains espaces à toute mise en valeur, pour les maintenir dans l’état où on les a trouvés et pour leur valeur propre.
  • Peuples autochtones Groupes humains installés sur un territoire avant sa colonisation, qui y maintiennent des institutions, des langues et des usages propres, parfois reconnus par un statut particulier.

Où placer cette référence dans le programme

Un auteur ne se place pas partout. Voici les jalons du programme où la référence est attendue, avec ce que chacun sert à démontrer.

ThèmeJalonCe que le jalon sert à démontrer
EnvironnementDéfinitions, représentations, évolutions de la notion d’environnement : une construction historique, sociale et politiqueMontrer que la façon de nommer et de se représenter le milieu commande déjà ce que la société décidera d’en faire.
EnvironnementL’environnement aux États-Unis : entre protection de la nature, exploitation des ressources et transformation des milieux depuis le XIXe siècle ; les rôles respectifs de l’État fédéral et des États fédérésMontrer que la décision environnementale s’y partage entre plusieurs niveaux de pouvoir, ce qui produit des politiques contrastées à l’intérieur d’un même pays.

Qui écrit, et à quelle époque

Écrivain américain, 1817-1862.

Cette ligne sert à situer, pas à être recopiée. Ce qu’un correcteur attend d’une référence, ce n’est pas une date de naissance : c’est la thèse, et ce qu’elle démontre du sujet posé.

Questions fréquentes

Que dit Henry David Thoreau ?

Vivre au contact des bois rend à l’individu une autonomie de jugement que la ville lui retire. Ce n’est pas une préférence de paysage mais une position morale : ce qui reste sauvage dans un pays est ce qui le sauve.

Que peut-on opposer à Thoreau ?

Cette exaltation du sauvage suppose des espaces vides. Elle passe sous silence les populations qui vivaient dans les vallées ensuite classées, et une copie qui la reprend sans le dire manque la moitié du dossier.

Dans quel thème de HGGSP citer Thoreau ?

La référence sert dans le thème environnement. Elle y est attendue sur 2 jalons du programme.

Quelle citation de Thoreau retenir ?

« in Wildness is the preservation of the World » Ce qui sauve le monde, dit-il, c’est le caractère sauvage, une qualité et non un territoire. Un demi-siècle plus tard, les États-Unis feront l’inverse en traçant sur des cartes des périmètres protégés : c’est ce passage d’une valeur morale à un dispositif juridique que le thème demande d’analyser.

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