HGGSP ou LLCE : la langue est-elle le bon critère ?
Beaucoup d’élèves choisissent LLCE parce qu’ils réussissent en langue vivante. C’est le raisonnement qui déçoit le plus souvent, parce que la spécialité n’évalue pas ce que le tronc commun évaluait.
Le piège du « je suis bon en anglais »
En langue vivante de tronc commun, on est jugé sur sa capacité à comprendre et à se faire comprendre. En LLCE, on est jugé sur ce qu’on est capable de dire d’une oeuvre, dans cette langue. La seconde compétence ne découle pas de la première.
Un élève très à l’aise à l’oral peut se retrouver en difficulté devant un roman du dix-neuvième siècle ou un article dense. À l’inverse, un élève à l’accent hésitant mais qui lit volontiers réussira très bien.
Ce que LLCE exige vraiment
La spécialité porte sur une langue choisie (anglais, allemand, espagnol, italien, et selon les établissements d’autres langues vivantes ou régionales). Le cours se fait dans cette langue, et le programme s’organise en thématiques déclinées en axes.
- Travailler la langue à un niveau littéraire. On lit des oeuvres, et pas seulement des extraits choisis pour être faciles. S’y ajoutent le cinéma, la peinture, la presse, les discours.
- Connaître les cultures, pas seulement la langue. L’histoire, la société et les débats des pays concernés font partie du programme.
- Rédiger dans la langue cible. Une synthèse, un commentaire, un essai. La correction grammaticale compte, mais l’idée compte davantage.
- Parler pour analyser. L’oral n’est pas une conversation : c’est un exposé argumenté, tenu dans la langue.
Une spécialité distincte, anglais, monde contemporain, traite des questions actuelles du monde anglophone plutôt que de la littérature. Elle est plus proche des sujets de HGGSP, mais elle se fait en anglais, et tous les lycées ne la proposent pas.
Le rapport à la langue en HGGSP
En HGGSP, tout se passe en français. Les documents étudiés peuvent être d’origine étrangère, mais ils sont traduits, et l’épreuve ne demande à aucun moment de lire ou de rédiger dans une langue étrangère.
Les langues n’y sont pas inutiles pour autant. Qui lit la presse étrangère dispose d’exemples que ses camarades n’ont pas, et voit comment un même événement se raconte différemment selon le pays. C’est un avantage réel, jamais exigé.
Ce que la matière demande est ailleurs : analyser des situations, mobiliser des exemples datés et localisés, construire un raisonnement. Voir la spé HGGSP est-elle difficile.
Les deux épreuves
| HGGSP | LLCE | |
|---|---|---|
| Nature | Écrite, coefficient 16 | Écrite et orale, coefficient 16 |
| Langue | Français | La langue de la spécialité |
| Exercices | Une dissertation, au choix entre deux sujets, et une étude critique de document ou de documents | Un travail écrit à partir de documents, un exercice de passage d’une langue à l’autre, et un oral d’analyse |
Une différence pratique mérite attention : LLCE comporte un oral, HGGSP non. Pour un élève que l’oral met en confiance, c’est un argument. Pour un élève que l’oral paralyse, c’en est un aussi, en sens inverse.
La complémentarité pour qui vise l’international
Ensemble, elles forment un dossier cohérent pour un projet tourné vers l’étranger : relations internationales, commerce, traduction, journalisme, études à l’étranger. HGGSP fournit la compréhension des enjeux, LLCE la langue dans laquelle on les discute.
- Instituts d’études politiques et cursus internationaux : voir HGGSP et Sciences Po.
- Écoles de journalisme : suivre une actualité étrangère dans sa langue est un vrai atout. Voir HGGSP et les écoles de journalisme.
- Classes préparatoires littéraires : les langues y pèsent lourd. Voir HGGSP et les prépas.
Comment trancher si vous devez choisir
| Ce qui vous décrit | Ce qui en découle |
|---|---|
| Vous lisez ou regardez des choses en langue étrangère par goût | LLCE tiendra ses promesses |
| Vous êtes bon en langue mais vous ne lisez jamais dans cette langue | C’est le profil qui déçoit le plus souvent en LLCE |
| Vous voulez comprendre les conflits, les frontières, les puissances | HGGSP |
| Vous voulez travailler dans un environnement étranger | Les deux, si l’emploi du temps le permet |
| L’oral vous met en confiance | LLCE le valorise, HGGSP ne l’évalue pas |
Un dernier point : abandonner LLCE en fin de première ne fait pas perdre la langue, le tronc commun de langues vivantes continue en terminale. Abandonner HGGSP ne fait pas perdre l’histoire-géographie non plus. Voir garder ou abandonner HGGSP.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre HGGSP et LLCE ?
LLCE étudie une langue étrangère à un niveau littéraire et culturel, en travaillant des oeuvres dans cette langue. HGGSP analyse des situations du monde contemporain, en français.
Faut-il être bilingue pour prendre LLCE ?
Non, mais il faut aimer lire dans la langue et accepter des textes exigeants. Une bonne moyenne en langue vivante de tronc commun ne prédit pas la réussite : l’exercice n’est pas le même.
Peut-on prendre HGGSP et LLCE ensemble ?
Oui, et c’est une combinaison cohérente pour un projet international : relations internationales, journalisme, études à l’étranger. HGGSP apporte les enjeux, LLCE la langue.
LLCE a-t-elle un oral au baccalauréat ?
Oui, son évaluation comporte une partie orale en plus de l’écrit, ce qui n’est pas le cas de HGGSP, dont l’épreuve est uniquement écrite. Les modalités exactes sont à confirmer pour votre session.
Perd-on la langue si on abandonne LLCE en fin de première ?
Non. Les langues vivantes du tronc commun continuent en terminale pour tous les élèves. L’abandon fait perdre l’approfondissement littéraire, pas la pratique de la langue.