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HGGSP Révision

Les citations à connaître : la démocratie

Les citations du thème « Comprendre un régime politique : la démocratie », rangées par ce qu’elles servent à faire dans une copie, avec pour chacune sa source et l’amorce qui la relie au sujet. 20 entrées vérifiées.

Ce qui compte n’est pas la citation, c’est l’amorce

Une citation ne rapporte aucun point par elle-même. Ce qui en rapporte, c’est la phrase qui la suit : celle qui dit pourquoi elle est là et ce que le sujet en fait. Chaque citation ci-dessous est donc donnée avec son amorce, déjà écrite.

Une citation posée sans lien avec le sujet est un ornement, et le correcteur la sanctionne : il y voit un élève qui a appris une phrase et qui cherche où la caser. Mieux vaut aucune citation qu’une citation plaquée.

Toutes les formulations ci-dessous ont été confrontées à une source, et la source est donnée. En cas de doute sur les mots exacts, écrivez l’idée sans les guillemets : une citation approximative, ou mise dans la bouche du mauvais auteur, est la faute qu’un correcteur voit le plus vite.

À quoi reconnaît-on qu’un régime est démocratique, et qu’est-ce qui, hier comme aujourd’hui, le fragilise ?

Pour ouvrir une introduction

Ces citations se placent en première phrase. Posez le texte, puis reliez-le au sujet dès la phrase suivante : c’est ce lien que le correcteur attend, et il ne se devine pas.

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

Constitution de la Ve République, Article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958

La fiche ressource du programme propose d’ouvrir le thème sur les articles premiers de plusieurs constitutions, puis de les confronter aux institutions réelles de chaque pays. Faites de même : partez du texte, et montrez aussitôt qu’il ne suffit pas.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le mot démocratique figure aussi dans l’article premier de constitutions de régimes très différents les uns des autres. Une qualification inscrite dans un texte ne qualifie donc pas un régime. Ce qui le qualifie, c’est la manière dont le pouvoir s’acquiert, se limite et se perd.

Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Constitution de la Ve République, Article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958

Une définition de la démocratie inscrite dans le droit en vigueur vaut mieux qu’une définition de manuel : elle est datée, opposable, et vous pouvez la confronter aux institutions que le même texte organise ensuite.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La formule n’a pas été forgée par les rédacteurs de 1958. Elle vient du discours prononcé par Abraham Lincoln à Gettysburg en 1863. Attribuez-la à la Constitution si vous la citez comme un texte de droit, et à Lincoln si vous commentez la phrase elle-même.

Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Article 16, 26 août 1789

L’article pose deux conditions, et deux seulement. Vous tenez donc une grille immédiate pour comparer des régimes qui, tous, se disent constitutionnels : cherchez la garantie des droits, cherchez la séparation des pouvoirs.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’article ne dit pas qu’un régime remplissant ces deux conditions serait démocratique. Il énonce les exigences de l’État de droit. La souveraineté du peuple et le suffrage universel sont une autre exigence, que la Déclaration formule dans un autre article.

La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Déclaration universelle des droits de l’homme, Article 21, paragraphe 3, texte adopté le 10 décembre 1948

Le texte ne se contente pas d’exiger des élections. Il en fixe les qualités : honnêtes, périodiques, au suffrage égal, à bulletin secret. C’est exactement le niveau de précision qui permet de comparer des régimes qui organisent tous des scrutins.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La Déclaration universelle n’a pas par elle-même de force obligatoire pour les États. Elle vaut comme référence commune, et non comme un texte que l’on invoquerait devant un juge au même titre qu’un traité ratifié.

Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

Montesquieu, De l’esprit des lois, livre XI, chapitre 4, 1748

Le critère est mécanique, et c’est ce qui le rend utile : un régime se juge à ses freins, non à ses déclarations. De chaque pouvoir, demandez alors ce qui l’arrête, et qui l’arrête.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Montesquieu ne parle pas ici de démocratie mais de gouvernement modéré. Il écrit d’ailleurs dans le même chapitre que la démocratie et l’aristocratie ne sont pas des États libres par leur nature. Sa phrase est un critère de l’État de droit, pas de la souveraineté populaire.

Ainsi, la voie du sort pour la désignation des magistrats est une institution démocratique. Le principe de l’élection, au contraire, est oligarchique.

Aristote, La Politique, livre VI, chapitre VII, dans la traduction de Jules Barthélemy-Saint-Hilaire

Aristote ne juge pas un régime sur ce qu’il proclame, mais sur la façon dont il pourvoit ses charges. Le critère reste opérant : demandez qui peut accéder aux fonctions publiques, et par quelle voie on y accède.

Ce que soutient Aristote par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le passage ne fait pas l’éloge du tirage au sort. Aristote décrit un procédé de classement des régimes, dans un développement où il explique comment on mélange l’oligarchie et la démocratie. Il définit, il ne recommande pas.

Si la décision était celle de la majorité, elle était aussitôt acceptée comme émanant d’un démos unanime.

Claude Mossé, Regards sur la démocratie athénienne, 2013

Athènes ne se contentait pas de compter les voix : elle tenait la décision de la majorité pour la parole du corps civique entier. Toute la difficulté de l’axe tient dans ce passage, celui qui transforme une addition de voix en décision commune.

Ce que soutient Claude Mossé par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Cette unanimité qualifie le résultat, elle ne décrit pas les débats, que l’on sait vifs. Elle ne valait par ailleurs qu’à l’intérieur d’un corps de citoyens étroit, dont étaient écartés les femmes, les étrangers établis dans la cité et les esclaves.

Le but des anciens était le partage du pouvoir social entre tous les citoyens d’une même patrie. C’était là ce qu’ils nommaient liberté. Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances.

Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, discours prononcé à l’Athénée royal de Paris en 1819

Constant ne compare pas deux degrés de liberté : il compare deux objets. Les uns voulaient décider ensemble, les autres veulent être protégés. Le sujet consiste alors à savoir si le second tient sans le premier.

Ce que soutient Benjamin Constant par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : On lui fait dire que la liberté des Anciens serait périmée. Il soutient l’inverse dans sa conclusion : les deux libertés se combinent, et la liberté politique demeure la garantie de la liberté individuelle.

Le danger de la liberté antique était qu’attentifs uniquement à s’assurer le partage du pouvoir social, les hommes ne fissent trop bon marché des droits et des jouissances individuelles. Le danger de la liberté moderne, c’est qu’absorbés dans la jouissance de notre indépendance privée, et dans la poursuite de nos intérêts particuliers, nous ne renoncions trop facilement à notre droit de partage dans le pouvoir politique.

Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, discours prononcé à l’Athénée royal de Paris en 1819

La phrase donne le paradoxe tout fait : chaque forme de liberté porte sa propre menace. Une copie qui part de là s’interdit d’emblée de présenter la démocratie représentative comme un progrès sans revers.

Ce que soutient Benjamin Constant par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le danger que Constant désigne vient des citoyens eux-mêmes, non de représentants infidèles. C’est un renoncement, et c’est plus exigeant à démontrer : il ne suffit pas d’invoquer un taux d’abstention pour l’établir.

Le peuple anglais pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre III, chapitre 15, 1762

Rousseau attaque la représentation au moment où elle s’installe en Europe. La question du devoir devient alors précise : le vote suffit-il à rendre un peuple souverain entre deux scrutins ?

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Rousseau ne plaide pas ici pour la démocratie au sens où vous l’entendez. Ce qu’il refuse de déléguer, c’est la souveraineté, c’est-à-dire le pouvoir de faire la loi. Il admet en revanche que l’application des lois soit confiée à quelques-uns.

La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum.

Constitution de la Ve République, Article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958

Un seul alinéa contient les deux formes que l’axe 1 oppose. La France n’a pas choisi entre représentation et décision directe : elle a inscrit les deux dans la même phrase, et c’est ce dosage qui se discute.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le référendum de l’article 11 est décidé au sommet de l’État. Ne le présentez pas comme un instrument que les citoyens déclencheraient eux-mêmes, ni comme l’équivalent d’une démocratie directe.

Au-dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leurs jouissances, et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, second volume, quatrième partie, chapitre VI, 1840

Tocqueville décrit une menace sans coup de force ni ennemi déclaré. Le sujet des reculs démocratiques cesse alors d’être une histoire de coups d’État : il devient l’étude de ce qu’un régime peut se faire à lui-même.

Ce que soutient Alexis de Tocqueville par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce pouvoir n’est pas une dictature, et Tocqueville prend soin de le dire : les anciens mots de despotisme et de tyrannie, écrit-il, ne conviennent pas, car la chose est nouvelle. En faire une annonce des régimes du XXe siècle est un contresens.

La forme politique de l’État espagnol est la Monarchie parlementaire.

Constitution espagnole de 1978, Article 1er, traduction citée par la fiche ressource d’accompagnement du programme

Une monarchie peut donc être une démocratie. La phrase écarte d’emblée la confusion la plus fréquente, celle qui ferait de la république le critère du régime démocratique, et elle date l’aboutissement de la transition espagnole.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La formule dit la forme de l’État, pas son degré de démocratie. Un régime se qualifie par le pluralisme, des élections libres et la limitation du pouvoir par le droit, jamais par le titre que porte le chef de l’État.

Le fonctionnement de l’Union est fondé sur la démocratie représentative. Les citoyens sont directement représentés, au niveau de l’Union, au Parlement européen.

Traité sur l’Union européenne, Article 10, paragraphe 1 et première phrase du paragraphe 2, rédaction issue du traité de Lisbonne, en vigueur depuis 2009

Le traité répond lui-même au reproche que l’on adresse à l’Union. Le devoir consiste alors à mesurer l’écart entre ce que le texte organise et ce que les citoyens perçoivent, sans confondre les deux.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le même article ajoute que les États membres sont représentés au Conseil par leurs gouvernements, eux-mêmes démocratiquement responsables soit devant leurs parlements nationaux, soit devant leurs citoyens. La légitimité de l’Union est donc double, directe et indirecte : ne réduisez pas la question au seul Parlement européen.

Pour poser une notion avec l’autorité d’un auteur

Ces citations ne remplacent pas une définition, elles la prolongent. Définissez d’abord avec vos mots, citez ensuite : l’inverse donne une copie qui récite sans comprendre.

Il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice.

Montesquieu, De l’esprit des lois, livre XI, chapitre 6, 1748

La phrase nomme le pouvoir que les copies oublient. Un régime peut tenir des élections régulières, avoir un parlement et une opposition, et n’être pas un État de droit si ses juges dépendent de celui qui gouverne.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La séparation décrite est un équilibre, non un cloisonnement. Aucun régime existant ne sépare complètement les trois pouvoirs, et le régime parlementaire repose au contraire sur la collaboration de l’exécutif et du législatif.

L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités.

Traité sur l’Union européenne, Article 2, première phrase, rédaction issue du traité de Lisbonne, en vigueur depuis 2009

La démocratie n’est pas ici un idéal, c’est une condition juridique d’appartenance. C’est ce qui relie l’axe 2 et l’objet de travail conclusif : le Portugal et l’Espagne ont adhéré aux Communautés européennes en 1986, une fois redevenus des démocraties.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : N’inversez pas la chronologie. Les transitions ibériques ont commencé bien avant l’adhésion et se sont jouées d’abord à l’intérieur de chaque pays. La perspective européenne les a accompagnées, elle ne les a pas provoquées.

Ces citations savent aussi poser une notion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. » Constitution de la Ve République.
  • « Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. » Constitution de la Ve République.
  • « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
  • « La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. » Déclaration universelle des droits de l’homme.
  • « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. » Montesquieu.
  • « Ainsi, la voie du sort pour la désignation des magistrats est une institution démocratique. Le principe de l’élection, au contraire, est oligarchique. » Aristote.
  • « Si la décision était celle de la majorité, elle était aussitôt acceptée comme émanant d’un démos unanime. » Claude Mossé.
  • « Le but des anciens était le partage du pouvoir social entre tous les citoyens d’une même patrie. C’était là ce qu’ils nommaient liberté. Le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées ; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances. » Benjamin Constant.
  • « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. » Constitution de la Ve République.
  • « La forme politique de l’État espagnol est la Monarchie parlementaire. » Constitution espagnole de 1978.
  • « Le fonctionnement de l’Union est fondé sur la démocratie représentative. Les citoyens sont directement représentés, au niveau de l’Union, au Parlement européen. » Traité sur l’Union européenne.

Pour formuler la tension du sujet

Ces citations disent un paradoxe. Elles servent à écrire la problématique, et non à l’illustrer une fois qu’elle est posée.

Many forms of Government have been tried, and will be tried in this world of sin and woe. No one pretends that democracy is perfect or all-wise. Indeed, it has been said that democracy is the worst form of Government except all those other forms that have been tried from time to time.

Winston Churchill, Discours à la Chambre des communes, 11 novembre 1947

La phrase dit en substance que la démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous ceux que l’on a essayés. Elle ne fait donc pas l’éloge du régime, elle le défend par comparaison. Elle sert en conclusion, quand vous avez établi les fragilités de la démocratie sans vouloir finir sur elles.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Churchill ne revendique pas la formule : il la donne pour une chose que l’on a dite. N’écrivez pas qu’il l’affirme, écrivez qu’il la reprend. La citation circule par ailleurs raccourcie, réduite à sa seconde moitié, ce qui lui fait perdre la précaution qui la précède.

S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes.

Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, livre III, chapitre 4, 1762

La formule pose la difficulté centrale de l’axe : le régime réputé le plus juste est aussi tenu pour le moins praticable. Reste à établir si l’obstacle tient au nombre des citoyens ou à ce que la participation leur coûte.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le mot démocratie n’a pas ici le sens que vous lui donnez. Rousseau désigne la forme du gouvernement, c’est-à-dire l’exécution des lois confiée au peuple entier. Le régime fondé sur la souveraineté du peuple, lui, ne porte pas ce nom chez lui.

En Amérique, la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Au-dedans de ces limites l’écrivain est libre ; mais malheur à lui s’il ose en sortir.

Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique, premier volume, deuxième partie, chapitre VII, 1835

La contrainte décrite ici n’est pas une loi, c’est une opinion. Le devoir se déplace donc des institutions vers les conditions concrètes du pluralisme : une liberté garantie par les textes peut se trouver limitée par le poids du nombre.

Ce que soutient Alexis de Tocqueville par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne confondez pas cette tyrannie de la majorité avec le despotisme tutélaire, que Tocqueville décrit cinq ans plus tard. La première vient de la société et pèse sur les esprits ; le second vient du pouvoir et prend en charge les existences.

Ces citations savent aussi formuler une tension. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « Il n’y a point encore de liberté, si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice. » Montesquieu.
  • « Le danger de la liberté antique était qu’attentifs uniquement à s’assurer le partage du pouvoir social, les hommes ne fissent trop bon marché des droits et des jouissances individuelles. Le danger de la liberté moderne, c’est qu’absorbés dans la jouissance de notre indépendance privée, et dans la poursuite de nos intérêts particuliers, nous ne renoncions trop facilement à notre droit de partage dans le pouvoir politique. » Benjamin Constant.
  • « Le peuple anglais pense être libre ; il se trompe fort, il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement ; sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. » Jean-Jacques Rousseau.
  • « Au-dessus de ceux-là, s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leurs jouissances, et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. » Alexis de Tocqueville.

Pour fermer une conclusion sans pirouette

Ces citations ouvrent sur une question voisine, jamais sur une morale. Une conclusion qui élargit vers un problème réel vaut mieux qu’une conclusion qui commente le monde.

Loin donc, Messieurs, de renoncer à aucune des deux espèces de liberté dont je vous ai parlé, il faut, je l’ai démontré, apprendre à les combiner l’une avec l’autre.

Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, discours prononcé à l’Athénée royal de Paris en 1819

C’est la dernière phrase de la démonstration, et elle referme le débat sans le trancher. Elle sert donc en conclusion, une fois que vous avez montré que participation directe et représentation ne s’excluent pas.

Ce que soutient Benjamin Constant par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Elle ne renvoie pas les deux libertés dos à dos. Constant vient d’établir que la liberté individuelle est la véritable liberté moderne, et il ajoute que la liberté politique en est la garantie et reste indispensable.

Ces citations savent aussi fermer une conclusion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « Many forms of Government have been tried, and will be tried in this world of sin and woe. No one pretends that democracy is perfect or all-wise. Indeed, it has been said that democracy is the worst form of Government except all those other forms that have been tried from time to time. » Winston Churchill.
  • « S’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes. » Jean-Jacques Rousseau.
  • « L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’État de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. » Traité sur l’Union européenne.

Les auteurs de ce thème

Une citation se cite mieux quand on sait ce que son auteur soutient par ailleurs. Chaque page donne la thèse, ce qu’elle démontre et ce qu’on lui oppose.

Questions fréquentes

Quelle citation utiliser sur la démocratie ?

Celle dont vous savez dire pourquoi vous la posez. Ce thème en compte 20 de vérifiées, rangées selon qu’elles ouvrent une introduction, posent une notion, formulent la tension du sujet ou ferment une conclusion.

Faut-il citer un auteur en dissertation de HGGSP ?

Ce n’est jamais obligatoire, et une copie sans citation peut obtenir la meilleure note. Une citation reliée au sujet en une phrase valorise la copie ; une citation plaquée la dessert.

Où placer une citation dans une copie ?

En première phrase d’introduction, pour ouvrir ; au seuil d’une partie, pour poser la notion qu’elle va traiter ; en conclusion, pour élargir. Jamais au milieu d’un paragraphe, où elle interrompt la démonstration au lieu de la servir.

Comment savoir si une citation est exacte ?

En la lisant dans son texte source, et non dans un recueil. Les citations de ce site ont été confrontées à un texte officiel, à la ressource d’accompagnement du programme ou à une édition dont le traducteur est nommé. Dans le doute, écrivez l’idée sans les guillemets.

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