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HGGSP Révision

Les citations à connaître : les frontières

Les citations du thème « Étudier les divisions politiques du monde : les frontières », rangées par ce qu’elles servent à faire dans une copie, avec pour chacune sa source et l’amorce qui la relie au sujet. 25 entrées vérifiées.

Ce qui compte n’est pas la citation, c’est l’amorce

Une citation ne rapporte aucun point par elle-même. Ce qui en rapporte, c’est la phrase qui la suit : celle qui dit pourquoi elle est là et ce que le sujet en fait. Chaque citation ci-dessous est donc donnée avec son amorce, déjà écrite.

Une citation posée sans lien avec le sujet est un ornement, et le correcteur la sanctionne : il y voit un élève qui a appris une phrase et qui cherche où la caser. Mieux vaut aucune citation qu’une citation plaquée.

Toutes les formulations ci-dessous ont été confrontées à une source, et la source est donnée. En cas de doute sur les mots exacts, écrivez l’idée sans les guillemets : une citation approximative, ou mise dans la bouche du mauvais auteur, est la faute qu’un correcteur voit le plus vite.

Pourquoi les États tracent-ils des frontières, et que devient une frontière quand on la franchit, quand on la conteste ou quand on cherche à la dépasser ?

Pour ouvrir une introduction

Ces citations se placent en première phrase. Posez le texte, puis reliez-le au sujet dès la phrase suivante : c’est ce lien que le correcteur attend, et il ne se devine pas.

La frontière est une isobare politique, qui fixe, pour un temps, l’équilibre entre deux pressions : équilibre de masses, équilibre de forces.

Jacques Ancel, Géographie des frontières, Gallimard, 1938, p. 194-195

Ancel emprunte le mot à la météorologie : une isobare relie les points de même pression, et se déplace quand la pression change. Une frontière ne serait donc pas un héritage du sol mais l’état provisoire d’un rapport de forces. Tout le thème revient à mesurer ce qui, dans un tracé, tient et ce qui cède.

Ce que soutient Jacques Ancel par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La formule dit que la frontière est instable, elle ne dit pas qu’elle est illégitime. Ancel écrit contre les géographes qui déduisaient un tracé du relief, pas contre le droit international : il laisse justement de côté le rôle des traités et des tiers, qui pèse lourd dans les cas du programme.

Good fences make good neighbours.

Robert Frost, Mending Wall, recueil North of Boston, 1914, orthographe de l’édition londonienne d’origine ; les éditions américaines impriment neighbors

Une bonne clôture ferait un bon voisin : la séparation protégerait la relation. Le thème vous demande d’éprouver cette idée sur des cas réels, où la même ligne peut éteindre un différend ou entretenir une hostilité pendant des décennies.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le vers n’est pas la thèse du poème. C’est le voisin du narrateur qui répète ce proverbe ; le narrateur, lui, doute que le mur serve à quelque chose. Citer la formule comme un éloge des barrières, c’est la retourner contre son propre texte.

Les Puissances signataires du présent Acte reconnaissent l’obligation d’assurer, dans les territoires occupés par elles, sur les côtes du Continent africain, l’existence d’une autorité suffisante pour faire respecter les droits acquis et, le cas échéant, la liberté du commerce et du transit dans les conditions où elle serait stipulée.

Acte général de la conférence africaine de Berlin, chapitre VI, article 35, Berlin, 26 février 1885

L’article ne trace aucune frontière. Il pose une condition : pour qu’une occupation soit reconnue par les autres puissances, il faut y exercer une autorité réelle. Le partage se joue donc après la conférence et loin d’elle, sur le terrain.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne dites pas que Berlin a découpé l’Afrique à la règle. La conférence règle les rapports entre Européens, la navigation et la liberté du commerce, et fixe les conditions de reconnaissance des occupations. Les tracés viennent ensuite, par accords entre puissances et par des missions de délimitation.

tous les États membres s’engagent à respecter les frontières existant au moment où ils ont accédé à l’indépendance

Organisation de l’unité africaine, résolution AHG/Res. 16 (I), Litiges frontaliers entre États africains, première session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement, Le Caire, 17 au 21 juillet 1964, formule citée en français par la Cour internationale de justice en 1986

Ce sont les États africains eux-mêmes qui décident de garder les tracés hérités de la colonisation. Le choix n’est donc pas subi, il est calculé : la stabilité l’emporte sur la révision, au moment précis où le continent compte le plus grand nombre d’États nouveaux.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La résolution ne dit pas que ces frontières sont justes, ni qu’elles épousent les sociétés. Elle dit qu’on ne les rouvrira pas. Confondre les deux fait écrire que l’Afrique aurait approuvé le découpage colonial.

Les États participants tiennent mutuellement pour inviolables toutes leurs frontières ainsi que celles de tous les États d’Europe et s’abstiennent donc maintenant et à l’avenir de tout attentat contre ces frontières.

Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, principe III, Helsinki, 1er août 1975

Des États des deux blocs signent ensemble, au milieu de la guerre froide. Ils ne redessinent rien : ils s’engagent à ne plus toucher aux lignes existantes. C’est le moment où la reconnaissance devient l’objet même de la diplomatie européenne.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Inviolable ne veut pas dire immuable. Le principe premier du même Acte final admet que les frontières peuvent être modifiées par des moyens pacifiques et par voie d’accord, ce qui a rendu possible, quinze ans plus tard, l’unification allemande.

Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté.

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, article 89, Montego Bay, 10 décembre 1982

Une phrase suffit à retourner le thème. Partout ailleurs, le monde est découpé par des lignes de souveraineté ; ici, le droit interdit de tracer. Les divisions politiques du monde se comprennent donc aussi par ce qui leur échappe.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Absence de souveraineté ne veut dire ni absence de règle ni absence de contrôle. En haute mer, un navire relève de la juridiction de l’État dont il bat le pavillon.

La Zone et ses ressources sont le patrimoine commun de l’humanité.

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, article 136, Montego Bay, 10 décembre 1982

Le droit invente ici une catégorie qui n’appartient à personne et revient à tous. Les grands fonds échappent à la fois à la souveraineté et à l’appropriation : c’est le point le plus éloigné du monde des frontières, et il figure au programme.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La Zone désigne les fonds marins et leur sous-sol au-delà des juridictions nationales, non la haute mer qui les recouvre. Les deux régimes se superposent sans se confondre.

Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

Déclaration universelle des droits de l’homme, article 13, paragraphe 2, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 10 décembre 1948

Le texte reconnaît un droit de sortir, et aucun droit d’entrer. Toute la difficulté du contrôle aux frontières tient dans cette dissymétrie : partir est un droit, être admis reste une décision de l’État d’arrivée.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : N’en tirez pas un droit à l’immigration. Le droit international laisse à chaque État la compétence d’admettre ou non les étrangers, sous réserve des engagements qu’il a pris, notamment en matière d’asile.

Les frontières intérieures peuvent être franchies en tout lieu sans qu’un contrôle des personnes soit effectué.

Convention d’application de l’accord de Schengen, article 2, paragraphe 1, signée le 19 juin 1990

Une phrase abolit le poste-frontière. Elle ne supprime pourtant pas le contrôle : elle le déplace, vers la limite extérieure d’un côté, vers les consulats et les fichiers de l’autre. Votre devoir commence exactement là.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Cet article a été remplacé. Depuis 2006, le principe figure dans le code frontières Schengen, et c’est ce texte qu’il faut citer pour décrire la situation actuelle.

L’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes, en liaison avec des mesures appropriées en matière de contrôle des frontières extérieures, d’asile, d’immigration ainsi que de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène.

Traité sur l’Union européenne, article 3, paragraphe 2, version consolidée

Une seule phrase relie les deux moitiés de l’objet de travail conclusif : l’ouverture intérieure et le contrôle extérieur y sont posés comme les deux faces d’un même dispositif. Vous y trouverez l’articulation de votre plan.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’espace de liberté, de sécurité et de justice n’est pas l’espace Schengen. Les deux ne réunissent pas les mêmes États, et le second compte des pays qui ne sont pas membres de l’Union.

From Stettin in the Baltic to Trieste in the Adriatic, an iron curtain has descended across the Continent.

Winston Churchill, discours The Sinews of Peace, Fulton (Missouri), 5 mars 1946

Churchill décrit une coupure du continent en deux blocs, de la Baltique à l’Adriatique. Ce n’est pas une frontière au sens du droit : elle ne sépare pas deux souverainetés, elle en aligne plusieurs de chaque côté. Elle sert donc à montrer qu’une ligne peut organiser un espace avant d’exister juridiquement.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne faites pas du rideau de fer une frontière du thème, et n’attribuez pas l’expression à ce discours : elle lui est antérieure. Fulton lui donne sa portée politique, il ne l’invente pas.

Conscients que les problèmes des espaces marins sont étroitement liés entre eux et doivent être envisagés dans leur ensemble

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, Préambule de la convention signée à Montego Bay le 10 décembre 1982

Les négociateurs ont mis neuf ans à écrire cette convention, et ils commencent par avertir qu’on ne peut pas traiter la mer par morceaux. La navigation, la pêche, les fonds, la recherche et la pollution ne se séparent pas. C’est exactement ce que le sujet vous demande de tenir ensemble, au lieu d’aligner des paragraphes indépendants.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Vous citez un considérant du préambule, donc une proposition et non une phrase autonome : introduisez-la, ne la posez pas seule. Rappelez-vous aussi qu’un préambule éclaire l’intention des parties et n’a pas la force obligatoire d’un article.

Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté.

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, Article 89 de la convention de Montego Bay, 1982

La phrase paraît régler la question ; elle la déplace. Ce que le droit refuse à la souveraineté, il l’accorde ailleurs sous forme de droits sur les ressources, dans des espaces mesurés depuis la côte. Les rivalités maritimes ne portent donc presque jamais sur la haute mer elle-même, mais sur l’endroit où elle commence.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’article ne vaut que pour la haute mer. Écrire qu’aucun État n’est souverain en mer est faux : dans sa mer territoriale, l’État riverain l’est pleinement, sol et espace aérien compris.

The existence of an area of free land, its continuous recession, and the advance of American settlement westward, explain American development.

Frederick Jackson Turner, The Significance of the Frontier in American History, communication de 1893

De cette thèse vient l’habitude d’appeler l’océan et l’espace de nouvelles frontières. Or elle repose sur une idée que le thème oblige à examiner : celle d’une étendue libre, que l’on occuperait sans rien prendre à personne. Vérifier cette idée sur les deux milieux, c’est déjà problématiser le sujet.

Ce que soutient Frederick Jackson Turner par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’expression suppose un espace vide, ce qu’aucun des deux milieux n’est. L’océan est parcouru, exploité et partagé par le droit ; les orbites utiles sont encombrées et les fréquences attribuées. Turner lui-même est critiqué pour avoir présenté l’avancée vers l’ouest comme une conquête sur du vide.

Pour poser une notion avec l’autorité d’un auteur

Ces citations ne remplacent pas une définition, elles la prolongent. Définissez d’abord avec vos mots, citez ensuite : l’inverse donne une copie qui récite sans comprendre.

Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Charte des Nations unies, article 2, paragraphe 4, San Francisco, 26 juin 1945

Depuis 1945, la conquête ne fabrique plus de titre : une frontière déplacée par la force n’a pas à être reconnue par les autres États. Les cas du programme se règlent donc par la négociation, ou ne se règlent pas du tout.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : L’interdiction vise l’emploi de la force, pas toute modification de frontière. Un tracé peut changer par accord entre les États concernés, et plusieurs l’ont fait depuis.

La souveraineté de l’État côtier s’étend, au-delà de son territoire et de ses eaux intérieures et, dans le cas d’un État archipel, de ses eaux archipélagiques, à une zone de mer adjacente désignée sous le nom de mer territoriale.

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, article 2, paragraphe 1, Montego Bay, 10 décembre 1982

C’est la seule bande de mer où l’État commande comme sur son sol, et sa largeur ne dépasse pas douze milles marins. Au-delà, tout ce qu’il conserve relève du droit et non du territoire. Le jalon commence par cette marche d’escalier.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Même là, la souveraineté n’est pas entière : les navires de tous les États jouissent dans la mer territoriale d’un droit de passage inoffensif.

La zone économique exclusive ne s’étend pas au-delà de 200 milles marins des lignes de base à partir desquelles est mesurée la largeur de la mer territoriale.

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, article 57, Montego Bay, 10 décembre 1982

Retenez la mesure, mais retenez surtout ce qu’elle borne. L’article fixe la limite d’une zone de droits, pas celle d’un territoire : l’État y exploite des ressources, il n’y exerce pas la souveraineté.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne dites pas que la zone économique exclusive agrandit le territoire d’un État. C’est la faute la plus répandue du jalon, et elle défait tout le raisonnement sur le dépassement des frontières.

Les frontières intérieures peuvent être franchies en tout lieu sans que des vérifications aux frontières soient effectuées sur les personnes, quelle que soit leur nationalité.

Code frontières Schengen, règlement (UE) 2016/399, article 22

Lisez les quatre derniers mots. Le libre franchissement ne dépend pas de la nationalité : il vaut pour quiconque se trouve déjà dans l’espace. Le tri, lui, s’est fait avant, à la frontière extérieure ou au guichet du visa.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le même règlement autorise le rétablissement temporaire de contrôles aux frontières intérieures, et plusieurs États y ont recouru. Écrire que les frontières intérieures ont disparu est donc faux.

Les rochers qui ne se prêtent pas à l’habitation humaine ou à une vie économique propre n’ont pas de zone économique exclusive ni de plateau continental.

Convention des Nations unies sur le droit de la mer, Article 121, paragraphe 3, de la convention de Montego Bay, 1982

Une phrase de droit explique ici une politique entière. Puisqu’une île habitée ouvre droit à deux cent milles marins de zone économique exclusive et qu’un simple rocher n’ouvre droit à rien, l’enjeu se déplace sur la qualification des terres émergées. On comprend alors pourquoi tant d’États s’attachent à occuper, à agrandir et à peupler des récifs minuscules.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le texte ne dit pas qu’un rocher ne vaut rien : il conserve une mer territoriale. Il dit seulement qu’il n’engendre ni zone économique exclusive ni plateau continental. La nuance est exactement celle sur laquelle se jouent les contentieux maritimes.

L’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l’objet d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation ou d’occupation, ni par aucun autre moyen.

Traité sur l’espace extra-atmosphérique, Article II du traité du 27 janvier 1967

La règle interdit la souveraineté, elle n’interdit pas l’usage. Aucun État ne peut s’attribuer une orbite ni un cratère, mais rien n’empêche celui qui en a les moyens d’occuper les emplacements les plus utiles et d’y demeurer. La conquête se poursuit ainsi sous le droit, et non contre lui : c’est là toute la tension du thème.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : N’en concluez pas que l’espace serait géré en commun. Le traité écarte l’appropriation, il n’institue ni propriétaire ni gestionnaire, à la différence de ce que la convention de Montego Bay prévoit pour les grands fonds marins.

The frontier is the line of most rapid and effective Americanization.

Frederick Jackson Turner, The Significance of the Frontier in American History, communication de 1893

La phrase donne son sens au mot anglais. Chez Turner, la frontier n’est pas une limite entre deux États : c’est un front qui avance et qui transforme ceux qui le franchissent. Parler de dernière frontière, c’est donc annoncer un mouvement, pas un tracé.

Ce que soutient Frederick Jackson Turner par ailleurs dit comment l’employer.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne traduisez pas frontier par frontière. Le mot français désigne une limite entre deux souverainetés ; le mot anglais désigne ici une zone mouvante. La confusion ruine toute la démonstration de l’introduction du thème.

Ces citations savent aussi poser une notion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « La frontière est une isobare politique, qui fixe, pour un temps, l’équilibre entre deux pressions : équilibre de masses, équilibre de forces. » Jacques Ancel.
  • « Les États participants tiennent mutuellement pour inviolables toutes leurs frontières ainsi que celles de tous les États d’Europe et s’abstiennent donc maintenant et à l’avenir de tout attentat contre ces frontières. » Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe.
  • « Les frontières intérieures peuvent être franchies en tout lieu sans qu’un contrôle des personnes soit effectué. » Convention d’application de l’accord de Schengen.
  • « L’Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, au sein duquel est assurée la libre circulation des personnes, en liaison avec des mesures appropriées en matière de contrôle des frontières extérieures, d’asile, d’immigration ainsi que de prévention de la criminalité et de lutte contre ce phénomène. » Traité sur l’Union européenne.
  • « Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté. » Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

Pour formuler la tension du sujet

Ces citations disent un paradoxe. Elles servent à écrire la problématique, et non à l’illustrer une fois qu’elle est posée.

le maintien du statu quo territorial en Afrique apparaît souvent comme une solution de sagesse visant à préserver les acquis des peuples qui ont lutté pour leur indépendance et à éviter la rupture d’un équilibre qui ferait perdre au continent africain le bénéfice de tant de sacrifices

Cour internationale de justice, arrêt du 22 décembre 1986, Différend frontalier (Burkina Faso / République du Mali)

La Cour reconnaît que deux principes se heurtent : le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le respect des limites héritées. Elle donne l’avantage au second, non parce qu’il serait le plus juste, mais parce qu’il est le plus stable. C’est exactement le débat que ce jalon demande d’ouvrir.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : La phrase ne porte aucun jugement sur la colonisation. Elle porte sur les conséquences d’une remise en cause des tracés, et la Cour la formule dans une affaire précise, entre deux États qui lui avaient demandé de trancher.

Ils considèrent que leurs frontières peuvent être modifiées, conformément au droit international, par des moyens pacifiques et par voie d’accord.

Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, principe I, Helsinki, 1er août 1975

Le même texte qui déclare les frontières inviolables admet ici qu’elles peuvent changer. La contradiction n’est qu’apparente : ce qui est interdit, c’est la force, pas le changement. Vous tenez là le critère qui sépare une révision acceptée d’une conquête, et il commande la moitié de l’axe 2.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ne citez pas ce principe pour dire que l’Acte final aurait figé la carte de l’Europe. Quinze ans plus tard, l’unification allemande et la disparition de plusieurs États ont modifié des frontières sans que ce principe soit renversé.

L’Allemagne unie n’a aucune revendication territoriale quelle qu’elle soit envers d’autres États et n’en formulera pas à l’avenir.

Traité portant règlement définitif concernant l’Allemagne, article 1er, paragraphe 3, Moscou, 12 septembre 1990

Une phrase de renoncement referme un demi-siècle de contestation. La reconnaissance de la frontière n’a pas suivi la réunification : elle en a été la condition, exigée par les quatre puissances et par la Pologne.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Ce traité n’est pas le traité germano-polonais. Il lie les deux États allemands et les quatre puissances ; le même article prévoit que l’Allemagne et la Pologne confirmeront entre elles leur frontière par un traité, signé le 14 novembre 1990.

The Tribunal concluded that there was no legal basis for China to claim historic rights to resources within the sea areas falling within the “nine-dash line”.

Tribunal arbitral constitué en application de l’annexe VII de la convention sur le droit de la mer, Communiqué de presse du tribunal, diffusé par la Cour permanente d’arbitrage qui en tient le greffe, La Haye, 12 juillet 2016, affaire Philippines contre Chine

La sentence oppose deux fondements de la revendication maritime : le titre historique et le titre tiré de la convention. Elle tranche pour le second. On mesure alors la limite du droit international dans ce thème, puisque la Chine avait annoncé par avance qu’elle ne participerait pas à la procédure et qu’elle n’en accepterait pas l’issue.

Ce qu’il ne faut pas lui faire dire : Le tribunal a expressément dit qu’il ne se prononçait pas sur la souveraineté des terres émergées ni sur le tracé d’une frontière maritime : il statue sur des droits, pas sur des territoires. Rapportez la décision et les positions en présence, sans conclure vous-même sur le fond du différend.

Ces citations savent aussi formuler une tension. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « La frontière est une isobare politique, qui fixe, pour un temps, l’équilibre entre deux pressions : équilibre de masses, équilibre de forces. » Jacques Ancel.
  • « Good fences make good neighbours. » Robert Frost.
  • « Les Puissances signataires du présent Acte reconnaissent l’obligation d’assurer, dans les territoires occupés par elles, sur les côtes du Continent africain, l’existence d’une autorité suffisante pour faire respecter les droits acquis et, le cas échéant, la liberté du commerce et du transit dans les conditions où elle serait stipulée. » Acte général de la conférence africaine de Berlin.
  • « tous les États membres s’engagent à respecter les frontières existant au moment où ils ont accédé à l’indépendance » Organisation de l’unité africaine.
  • « Les Membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » Charte des Nations unies.
  • « Aucun État ne peut légitimement prétendre soumettre une partie quelconque de la haute mer à sa souveraineté. » Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
  • « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. » Déclaration universelle des droits de l’homme.
  • « Les frontières intérieures peuvent être franchies en tout lieu sans que des vérifications aux frontières soient effectuées sur les personnes, quelle que soit leur nationalité. » Code frontières Schengen.
  • « Conscients que les problèmes des espaces marins sont étroitement liés entre eux et doivent être envisagés dans leur ensemble » Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
  • « Les rochers qui ne se prêtent pas à l’habitation humaine ou à une vie économique propre n’ont pas de zone économique exclusive ni de plateau continental. » Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
  • « L’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes, ne peut faire l’objet d’appropriation nationale par proclamation de souveraineté, ni par voie d’utilisation ou d’occupation, ni par aucun autre moyen. » Traité sur l’espace extra-atmosphérique.
  • « The existence of an area of free land, its continuous recession, and the advance of American settlement westward, explain American development. » Frederick Jackson Turner.

Pour fermer une conclusion sans pirouette

Ces citations ouvrent sur une question voisine, jamais sur une morale. Une conclusion qui élargit vers un problème réel vaut mieux qu’une conclusion qui commente le monde.

Ces citations savent aussi fermer une conclusion. Elles sont détaillées plus haut, sous l’usage pour lequel elles servent d’abord, et c’est là que se trouve leur amorce.

  • « le maintien du statu quo territorial en Afrique apparaît souvent comme une solution de sagesse visant à préserver les acquis des peuples qui ont lutté pour leur indépendance et à éviter la rupture d’un équilibre qui ferait perdre au continent africain le bénéfice de tant de sacrifices » Cour internationale de justice.
  • « Ils considèrent que leurs frontières peuvent être modifiées, conformément au droit international, par des moyens pacifiques et par voie d’accord. » Acte final de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe.
  • « L’Allemagne unie n’a aucune revendication territoriale quelle qu’elle soit envers d’autres États et n’en formulera pas à l’avenir. » Traité portant règlement définitif concernant l’Allemagne.
  • « La Zone et ses ressources sont le patrimoine commun de l’humanité. » Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
  • « The Tribunal concluded that there was no legal basis for China to claim historic rights to resources within the sea areas falling within the “nine-dash line”. » Tribunal arbitral constitué en application de l’annexe VII de la convention sur le droit de la mer.

Les auteurs de ce thème

Une citation se cite mieux quand on sait ce que son auteur soutient par ailleurs. Chaque page donne la thèse, ce qu’elle démontre et ce qu’on lui oppose.

Questions fréquentes

Quelle citation utiliser sur les frontières ?

Celle dont vous savez dire pourquoi vous la posez. Ce thème en compte 25 de vérifiées, rangées selon qu’elles ouvrent une introduction, posent une notion, formulent la tension du sujet ou ferment une conclusion.

Faut-il citer un auteur en dissertation de HGGSP ?

Ce n’est jamais obligatoire, et une copie sans citation peut obtenir la meilleure note. Une citation reliée au sujet en une phrase valorise la copie ; une citation plaquée la dessert.

Où placer une citation dans une copie ?

En première phrase d’introduction, pour ouvrir ; au seuil d’une partie, pour poser la notion qu’elle va traiter ; en conclusion, pour élargir. Jamais au milieu d’un paragraphe, où elle interrompt la démonstration au lieu de la servir.

Comment savoir si une citation est exacte ?

En la lisant dans son texte source, et non dans un recueil. Les citations de ce site ont été confrontées à un texte officiel, à la ressource d’accompagnement du programme ou à une édition dont le traducteur est nommé. Dans le doute, écrivez l’idée sans les guillemets.

Pour aller plus loin